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Bienvenue sur le blog des Flying Avent’Hure

A noter dans vos agendas

le raid Flying 2019 se déroulera le 6 avril au départ de Augé

Le 9 décembre, à Aigonnay, nous organiserons comme chaque année des Courses d’Orientation au bénéfice du Téléthon

NIOUZES :

Première reco C.O. araignée raid F.A. 2018

raid de La Palmyre

raid vga 87… la caca la caca la catastrophe…

HRP Transpyr 2018

Lun 3 sept (18/20) : Une scène digne de Tex Avery * Mar 4 sept (19/20) Ca va être tendu du string * Mer 5 sept (20/20) : Un boulet local nous saoule

 RAID FLYING 2019

Recos et tests

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HRP Transpyr 2018 – Mer 5 sept (20/20)

Un boulet local nous saoule

trajet 2018 étape 20 animée 

Énervés par la perspective d’arriver aujourd’hui à Hendaye, nous sommes debout de bonne heure et prêts à partir à 7 h. Nous avons une longue journée devant nous, sous un ciel couvert, avec la menace de l’orage toujours présente. Nous croisons encore des HRPistes au deuxième jour de leur traversée.

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Après le col de Lizuniaga, un boulet local nous saoule à une bifurque pour nous faire rebrousser chemin. Heureusement ses compagnons chasseurs sont moins autistes et on arrive à avoir des indications claires qui valident notre choix d’itinéraire.

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Le ciel étant très menaçant, nous shuntons la montée à la Rhune, par le Sud, côté Espagnol. Bien nous en prend car, peu avant le col d’Ibardin, les premiers coups de tonnerre se font entendre et ça se met à dégringoler sévère.

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Nous sommes contraints de mettre notre costume de pluie pour atteindre les ventas où nous faisons un break bière/chips au troquet, le temps que la perturbation passe pour aller sévir ailleurs, vers l’Est, éventuellement sur la tête de Dédé – hi hi hi… – qui a deux jours de retard sur nous, contraint de gérer ses étapes en fonction des possibilités d’hébergement et de repas en refuge.

Des touristes sortent des ventas les bras chargés de cartons de Ricard, de cartouches de cigarettes. Nous n’avons pas la même approche des vacances en montagne…

Une heure est passée et il fait de nouveau beau au-dessus de nous, le moment est venu d’attaquer la descente vers l’océan.

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Au pied du Xoldokogaina, nous faisons la liaison avec les InoXs venus à notre rencontre depuis Biriatou. Des vrais morbacs, ceux-là, pas facile de s’en débarrasser…

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Lorsqu’ils nous quittent pour reprendre leur voiture, SylvinoX nous annonce que c’est la dernière côte. Sauf qu’on va encore s’en taper des dizaines ! Pour rejoindre la plage, en coupant l’autoroute, la Nationale, on doit gravir des kilos de collines. C’est interminable !

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Annick est cuite, mais contente d’avoir fait le forcing hier, afin de pouvoir terminer sa traversée aujourd’hui, au bout de quarante jours. Elle bénéficie de petites poussettes dans les montées trop barbares, afin de la relancer.

Hendaye, enfin ! Mais ça n’est pas fini : une longue esplanade le long de la Bidassoa reste à parcourir.

En mode zombie, je rate la bifurque vers le centre ville qui coupe la pointe et part pour m’en rajouter une couche du côté du port. Heureusement, Annick a encore l’œil lucide et voit le fléchage du GR qui invite à tourner.

Derniers zig-zag dans la station balnéaire, la plage est bientôt en vue. Les InoXs sont là, à nous attendre. Ils ont été plus rapides en voiture…

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Derniers mètres sur la plage, puis dans l’océan. Je rends la liberté au galet que j’ai prélevé l’an passé, sur la plage de Banyuls.

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Photos souvenir. Binouzes offertes par nos anges gardiens des derniers jours, sur l’esplanade, à l’abri du vent.

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Je ne sais pas trop ce que ressentent Stéphane et Annick, c’est très intime comme sensations. Pour ma part, je suis assez distant, pas de grosse émotion comme j’avais pu en avoir en bouclant d’une traite, dans l’autre sens, avec Kikos, il y a cinq ans. Sûrement parce que ce n’est pas une véritable première, et surtout parce que je ne l’ai pas fait d’un seul tenant. Ça reste malgré tout un super voyage, extérieur comme intérieur, avec de belles rencontres, des moments forts, au contact de la nature dans un grand espace de liberté.

Le jour d’avant

HRP Transpyr 2018 – Mar 4 sept (19/20)

trajet 2018 étape 19 animée

Ça va être tendu du string

 Plus l’habitude de dormir sur un sommier, dans un vrai lit. Le sol en terre avec les petits cailloux qui dépassent me manque. Je suis en voie de fakirisation…

Mon voisin de la chambre d’à-côté, qui prévoit de démarrer un tronçon de la HRP aujourd’hui, dort encore. Il n’est pas dans le bon timing, d’autant que le temps est à l’orage.

Départ commun à 7h20 avec Stéphane et Annick. En quittant le village, nous passons à côté d’un muret en réfection, en face d’une entreprise de maçonnerie. J’espère que ce n’est pas un pro qui a fait ça, sinon, la gueule de la pub… Jamais vu une retape aussi dégueulasse ! Un tel manque de sens esthétique laisse pantois. Le ciment gris dégueule de tous les interstices, les pierres sont posées n’importe comment les unes sur les autres, c’est à vomir.

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Bientôt, nous naviguons sur les crêtes frontalières, orientant à deux pour valider les choix d’itinéraire. Nous croisons quelques individuels et un groupe qui démarrent la grande traversée. Parmi eux un type high-tech qui nous fait l’article pour son purificateur d’eau qui lui permet de traiter même les eaux boueuses pour en faire un liquide consommable.

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Descente sur Elizondo. Il me semble entendre brailler « Oliv’ » dans la montagne. Je réponds à l’appel, puis plus rien derrière… À l’entrée de la petite ville, la voiture des InoXs est garée, en évidence. Ce sont sûrement eux qui ont cherché à me contacter dans la pampa, mais on s’est raté. Je leur laisse un mot sur le pare-brise ainsi qu’un SMS avec le tél d’Annick, le mien ne connectant pas en Espagne. Rendez-vous sur le parvis de l’église jusqu’à 13 h, après on sera repartis.

Nous faisons un petit complément de courses : pain, viennoiserie, puis nous nous installons sur les marches de l’église pour casser la croûte.

Les InoXs déboulent bientôt, les bras chargés de bières. Entre eux et les Aveyronnais le courant passe tout de suite. Photos souvenir avec un mec qui se tape l’incruste.

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Stéphane prend une heure pour dormir dans l’herbe. Nous repartons en début d’aprèm.

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Au Plan de Amezti, nous faisons connaissance d’une nana qui randonne à chwal. Ça doit être un super trip.

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Peu après, les InoXs en footing arrivent à contresens et font quelques kilomètres avec nous pour retourner à leur voiture. J’y reste un moment, afin de recharger mon appareil photo, pour pouvoir faire des clichés merdiques jusqu’au bout, pendant que Annick et Stéphane filent devant.

Je les reprends plus loin et nous cheminons plusieurs heures ensemble, à la recherche d’un spot à dormage avec de l’eau à proximité. Annick est cuite et se tape dedans pour enchaîner à chaque fois que les garçons relancent la machine.

Finalement, nous plantons le bivouac assez tard, à un carrefour, après le col Irazako. Mais la fontaine ne délivre pas d’eau, l’alimentation est coupée en amont, et nous sommes presque à sec. Pour ma part, il me reste un quart de litre pour me désaltérer, faire la soupe du soir et le café du matin. Ça va être tendu du string !

Nous sommes à une dizaine d’heures d’Hendaye.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Lun 3 sept (18/20)

trajet 2018 étape 18 animée

Une scène digne de Tex Avery

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Réveillé tôt, après une nuit correcte sur la mezzanine du refuge, je pars à 7 h. Bientôt, je tombe sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle mais ça ne pélerine pas beaucoup, aujourd’hui…

Vers 10 h, je fais un break et en profite pour étudier les étapes à venir. Pendant cet intermède, je vois enfin passer un premier pèlerin, tout droit sorti du casting d’un préquel  du Nom de la Rose : queue-de-cheval, longue barbe, robe de bure, bâton en bois, pieds nus dans ses sandales…

Au col Lepœder, un peu plus loin, je taille la bavette avec un couple de Hongrois qui fait une pause. On groit qu’ils sont sur le chemin de Saint-Jacques, mais non, ils sont seulement partis de Saint-Jean-Pied-de-Port pour aller à Roncesvalles. Faut dire que des pieds de porc c’est pas pratique pour marcher en montagne et je comprends leur fatigue.

Bientôt, je repars, passe le col de Roncevaux et m’engage sur une petite route en montée. Je suis bien claqué et ne sais pas vraiment si je dors en marchant ou marche en dormant… Il est temps de faire une pause alors je me spote sur la terrasse de la baraque de chasse qui jouxte la route et démarre une sieste que j’espère réparatrice.

Ça ne dure pas plus de dix minutes : deux gardes débarquent en 4×4 et l’un deux entreprend de passer le rotofil dans les fougères qui entourent la baraque. Bon, j’ai compris, la sieste, c’est mort !

Je reprends donc la montée jusqu’à une zone plus pentue dont le revêtement est constitué de béton strié de larges rayures en diagonale destinées à évacuer les eaux de pluie et donner de l’accroche aux pneus des véhicules. Le second garde officie à proximité dans la réparation d’une palombière.

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Juste après le virage qui suit cette zone, je vois arriver un cycliste, sur un vélo de route, face à moi, qui plonge pleine balle dans la pente. J’entends alors un enchaînement rapide de sons qui me permettent d’imaginer une scène digne de Tex Avery : long hoquètement des freins serrés à mort sur la jante, puis bruit de casseroles à rebondissements, et enfin succession d’exclamations en Espagnol.

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Merde, j’ai raté la gamelle à dix secondes ! Je laisse le garde gérer le cascadeur et poursuis la montée…

Je ne suis pas le seul à manquer d’énergie : ce matin ma frontale s’est mise à clignoter et je ne suis pas certain qu’elle va pouvoir me gérer encore trois soirées. Ma cartouche de gaz est quasiment vide et mon téléphone était à plat hier. Pourtant je l’avais branché sur le chargeur solaire lorsqu’il n’était plus qu’à 15% mais il est passé rapidement à 8 puis à 0. C’est à se demander si ce n’était pas le téléphone qui chargeait le chargeur, voire même le téléphone qui rechargeait le soleil, hypothèse émise par PhilinoX qui vaut ce qu’elle vaut…

Je quitte la route pour un crochet vers la redoute du Lindus ou je fais la pause repas avec, comme plat principal, un sachet de salade de nouilles et dinde, gracieusement offert la veille par le sus-nommé PhilinoX, récupéré de longue date auprès d’un de ses deux fils champions du monde, et très peu périmé puisque la date de péremption n’était dépassée que de 1550 jours environ.

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J’ai un petit moment de doute…

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… mais j’ingurgite le truc, ça me fera ça de moins à porter.

Les premiers rots surviennent au bout de dix minutes, premiers vomissements dans la demi-heure, chiasse peu de temps après. Encore merci, PhilinoX !

Un peu perturbé par ces problèmes digestifs, je pars dans un beau plantage qui me bouffe une grosse heure. Déjà que l’étape est bien longue…

Mon Petit Génie ne m’est d’aucune utilité depuis belle lurette, me situant invariablement à l’Est du Pic du Midi d’Ossau, malgré toutes mes tentatives de rafraîchissement…

Recalage, descente interminable, passage en crête ponctué de palombières, rencontre d’un jeune Allemand au début de sa HRP, sur l’Errola, puis d’une vipère noire d’une quinzaine de centimètres sur un sentier dans les fougères (je n’ai pas eu le temps de la saisir aux deux extrémités pour la mesurer plus précisément) et c’est la descente finale sur les Aldudes sur un chemin indiqué facile mais que je trouve particulièrement casse-gueule, avec des ornières monstrueuses.

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Je fais de solides courses à l’épicerie du village avant d’aller saluer monsieur et madame Inda – nos dépanneurs de pain lors de la première tentative, en 2012, avec Kikos.

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Je me pose ensuite sur un banc près du monument aux morts pour faire ma soupe du soir, tout en ne sachant pas bien si je vais ensuite grimper un peu dans la montagne afin de planter la tente ou bien squatter l’église pour la nuit à venir…

Un SMS d’Annick et Stéphane m’apprend qu’ils sont, eux aussi, aux Aldudes, attablés au restau et qu’ils on trouvé un gîte à 10 euros la nuit, avec douche chaude.

En voilà un plan qu’il est bon ! Je plie mon barda et les y rejoins. Nous échangeons sur les journées passées depuis que nous nous sommes quittés aux Oulettes de Gaube, il y a plus d’une semaine puis je peux prendre une bonne douche chaude après un épisode où je me retrouve comme un con dans le couloir, ayant claqué la porte de ma chambre avec la clé à l’intérieur. Heureusement, la charmante Maïka est venue à mon secours…

Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Dim 2 sept (17/20)

trajet 2018 étape 17 animée

Cache-cache avec les vautours

Je suis réveillé sur le coup de 6 h par mon voisin d’écurie qui est sur le départ. Il s’agit d’un Stéphane, photographe de son état, qui se dépêche pour aller faire des clichés du lever de soleil sur le Pic d’Orhy.

Peu de temps après, je quitte Chalet Pedro en direction du sommet d’Occabé où je manque de me craquer en m’embarquant dans un hors piste bien barbare, un peu trop à l’Est dans les descentes entre prairies et bois. Mais je rectifie le tir assez vite et me recale sur le sommet pour basculer correctement sur le col d’Oraaté.

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Là, je tombe sur deux vans Volkswagen dont les occupants émergent au compte-goutte pour le petit déj’. Je négocie auprès d’eux une eau chaude pour mon thé sur leur gros réchaud, afin d’épargner ma cartouche qui paraît au bord de l’agonie et que je voudrais amener au bout.

S’en suit un des plus beaux moments de cette demi-traversée, sur la crête d’Urculu : pendant une demi-heure magique, je joue à cache-cache avec les vautours perchés qui décollent les uns après les autres à mon approche, pour se reposer un peu plus loin.

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C’est magnifique, dommage que j’aie un appareil photo de merde, y’avait moyen de faire des clichés de toute beauté.

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Mal remis de ces émotions, je réalise un craquage d’anthologie en enroulant beaucoup trop longtemps les courbes de niveau qui suivent, pour aller me perdre en hors carte.

Je me recale plus ou moins au contact d’un autochtone, qui apparemment est confronté pour la première fois à la lecture d’une carte, à proximité d’un troupeau de porcs qui se carapatent à mon approche.

Je rebrousse à travers les hautes fougères amoureuses en récoltant quelques tiques au passage, que j’explose avant qu’elles ne se tapent l’incruste, puis par une petite route jusqu’à un carrefour où je recolle à l’itinéraire prévu.

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Là, je prends un bain dans le ruisseau, avant d’enquiller jusqu’au col d’Errozaté où le topo décrit un itinéraire évident matérialisé par des panneaux et un balisage, qui s’avèrent inexistants dans la réalité… Ça me permet de cafouiller une nouvelle fois, en essayant d’abord au Sud en montée, avant de faire demi-tour, de retourner au col, pour attaquer un vallon, en montée encore une fois.

Soudain les fils de la même couleur se touchent là-haut, je reprends le topo à tête reposée et percute qu’il me faut DESCENDRE plutôt vers le Nord/Ouest. Je les accumule, les conneries, aujourd’hui…

Je pars donc dans la pente et finis par trouver une petite sente quasiment inexistante, casse-gueule, en dévers, les herbes grasses masquant les irrégularités du terrain ainsi que d’éventuels reptiles. Je ressors les bâtons pour l’occasion.

Je ne suis pas sûr d’être sur le bon iti mais mes doutes sont levés lorsque je tombe sur la plaque commémorative des victimes de l’écobuage dont j’avais découvert l’existence, avec Kikos dans l’autre sens. C’était beaucoup plus roulant à l’époque, apparemment, il n’y a plus grand monde qui emprunte ce sentier…

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C’est trop long, je n’ai pas l’intention de me laisser embarquer et descendre sur Béhérobie. Alors je me remets en long et pars à l’arrache dans les hautes fougères afin de gagner la petite passerelle de Chubigna.

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Le ruisseau traversé, je grimpe sur l’autre versant jusqu’à une résidence d’été où un groupe intergénérationnel de Basques Français casse la croûte. J’y refais mon stock d’eau.

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Une piste me conduit au col d’Orgambidé où je capte de nouveau. L’abri de chasseurs en tôle, dans lequel j’avais prévu de passer la nuit, est dorénavant fermé par un cadenas.

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Je vais donc pousser jusqu’au refuge non-gardé d’Azpegi, qui a l’air confortable.

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Il y a toujours ce petit suspense, en fin de journée, quand on s’approche d’un abri en dur qu’on a prévu d’investir pour la nuit, parfois avec la menace de l’orage au dessus de la tête, afin de s’épargner le montage de la tente, et que la main se dirige vers la poignée de la porte d’entrée. S’ouvrira ? s’ouvrira pas ?

Mais avant de reprendre la piste, petit bullage au soleil, bouquinage, en compagnie d’un chwal attiré par les odeurs de bouffe émanant de mon sac, lecture des SMS qui se sont accumulés ces derniers jours.

J’apprends que les InoXs sont à ma recherche et qu’ils m’ont loupé ce matin, vers Occabé. Je les contacte et nous convenons que je les attende ici pour l’apéro.

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Une grosse heure plus tard, ils débarquent et nous partageons le repas du soir. PhilinoX mitonne pour l’occasion des nouilles chinoises. C’est nippon, ni mauvais…

Lorsque le soleil passe derrière les reliefs, il fait brutalement plus froid et je les quitte en leur donnant rendez-vous à Elizondo, dans deux jours…

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Sam 1er septembre (16/20)

Un doux parfum fleuri de lessive

trajet 2018 étape 16 animée

Avant de décoller, je remonte faire une toilette et le plein d’eau à la cabane de berger un peu en amont de l’abri d’Ardané où j’ai passé la nuit. Pas un chat, à part quelques vaches apeurées…

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Je pars dans le brouillard, avec les pieds trempés. Il me reste environ six jours pour boucler la traversée, si tout se passe bien… Ça fait maintenant quatre ou cinq jours que je me passe totalement des bâtons, le terrain étant globalement moins chafouin.

Pour rallier le Port de Larrau, je reste sur la piste, la visibilité sur les crêtes étant nulle.

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Arrivé sur le parking, je termine le saucisson à la sciure que je trimbale depuis mon dernier gros ravito en Espagne, et dont je procrastine la mise à mort en raison de ses qualités gustatives en dessous de tout. Et bien, dans cette ambiance de fin du monde, il me paraît presque bon ! Incroyable…

Je suis claqué, par la journée d’hier, très longue et physique, et aussi par le froid glacial qui règne en maître depuis ce matin. Aussi, je me love en chien de fusil entre deux bagnoles sur le parking et pars en micro-sieste dans un brouillard cotonneux.

Je suis assez vite tiré du coma par des crissements sur le gravier. Alors que j’hiberne, un Ibère bienveillant se penche sur moi pour s’enquérir de mon état. Je le rassure et saute sur mes jambes pour repartir à l’attaque du Pic d’Orhy.

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Je suis habillé à toc, mais, dix minutes plus tard, je débouche au dessus du brouillard et repasse en mode tee-shirt.

Il y a du monde sur le sommet, normal, on est samedi.

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Je négocie un photo auprès d’une charmante Espagnole et bascule de l’autre côté, sur un beau parcours de crêtes.

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Plus bas, je pose le pied près d’un aspic, d’une quinzaine de centimètres, qui ondule dans le petit filet d’eau que je coupe, avant de fuir dans les herbes hautes.

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Lorsque j’arrive aux chalets d’Iraty, je reçois un SMS des Aveyronnais qui quittent l’endroit et me voient passer de loin. Ils visent Chalet Pedro pour la nuit à venir.

J’ai hâte d’investir l’épicerie du lieu afin d’y faire un complément de bouffe, même si j’y sais les prix prohibitifs, en me faisant quelques petits plaisirs avec des fruits, légumes, chocolat, gâteaux… Et bein, chuis pas déçu du voyage ! Quelques cartons vides font pitié au milieu des étals dégarnis, jamais vu ça depuis Varsovie pendant la dernière guerre…

J’achète la dernière Golden et du gel douche. La gueule des petits plaisirs…

Ensuite, j’arrive à négocier par téléphone auprès de la direction du complexe touristique l’accès à une douche chaude au gîte voisin. Ça, c’est bien cool !

Tant qu’à faire, je prends le temps de mettre mes affaires au propre : lessive en machine et sèche-linge sont à un prix correct, je ne m’en prive pas.

Je repars ensuite pour une paire d’heures de marche avant que la nuit tombe, mes vêtements exhalant un doux parfum fleuri de lessive qui ne laisse pas insensible un vieux randonneur Anglais, sûrement porté sur les garçons, qui me tient la jambe un peu longtemps, lorsque nous nous croisons sur un coude de chemin, dans le crépuscule naissant.

Avec ma nouvelle geek attitude, j’arrive à communiquer par SMS avec David, mon reporter, tout en cheminant. Je l’informe des évènements des derniers jours ainsi que de cette tardive rencontre et de son issue heureuse… Nous partons dans un échange de textos déjantés et grâce à ça, les derniers kilomètres de la journée passent plus vite.

À la frontale, je trouve une sorte de gîte en dur vers Chalet Pedro, genre étable à dinosaures : deux stalles immenses sur un sol béton séparées par un haut mur en parpaings. Pas trace de Stéphane et Annick à l’intérieur, je me demande où ils peuvent bien squatter pour la nuit…

Un repas vite avalé et je me glisse dans mon duvet. La nuit est déjà bien avancée lorsqu’une frontale se glisse dans le refuge, vissée sur la crâne d’un humanoïde, qui vient s’installer discrètement dans le box voisin du mien…

Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Ven 31 août (15/20)

trajet 2018 étape 15 animée

Un poisson rouge dans son bocal

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Je comprends maintenant pourquoi André se plaignait que sa voisine de couchage dans le dernier refuge, une Allemande, l’avait bourré de coups toute la nuit. C’est que le lascar est un putain de ronfleur, de niveau international !

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C’est la première nuit que je passe à ses côtés et je suis pas prêt de l’oublier… Je me suis, moi aussi, permis quelques poussettes amicales afin de faire caler, provisoirement, le moteur…

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Après cette nuit en pointillés, nous partons de bonne heure, car il y a moyen de bien galérer sur ce tronçon. Nous commençons par grimper une bonne demi-heure avant de consulter le Petit Génie qui nous assène direct que c’est pas bon du tout… Ça commence mal !

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J’étais parti en faisant entièrement confiance à mon coloc et son Iphigénie, sans vérifier le descriptif de l’iti sur mon topo, et en oubliant de recalibrer l’altimètre le matin au départ… Collector de conneries… La fête, koa…

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Bref conciliabule et nous optons chacun pour une option différente : André prévoit de repartir hors piste dans les courbes plutôt vers l’Est avec l’objectif de chercher l’accès à la Table des Trois Rois par le col d’Esqueste, avant de finir la journée à La Pierre Saint-Martin où il pourra trouver un repas et un hébergement.

Pour ma part, je pars à l’Ouest pour tenter le col au Nord des aiguilles d’Ansabère, et enchaîner sur La Table, avant de franchir le col des Ourtets et le col d’Anaye, pour finir, après une longue transversale, au refuge abandonné de Belagua.

Nous nous donnons rendez-vous le samedi soir à l’abri d’Ardané.

Je ne suis pas serein pour valider la bifurque vers le passage frontalier que j’ai dans le collimateur. Longtemps, je cafouille, hésite, tergiverse au pied des aiguilles, tente un truc, reviens sur mes pas, réessaie autrement… Le Petit Génie ne fonctionne pas sur mon tél, je dois me débrouiller avec un bout de carte pourri. J’ai l’impression d’être un poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal…

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Au bout d’un moment, je lâche l’affaire, tant pis ! Alors, je vise une sente cairnée qui grimpe au Sud des Aiguilles. Me voilà bientôt au col de Pétragème. C’était pas du tout prévu comme ça !

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Mais je ne regrette pas cette section car je peux observer des isards à la pelle, qui bondissent dans les pierriers.

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Je vais donc, maintenant, devoir chercher plus profondément en Espagne une possibilité d’accès à la Table des Trois Rois, par un large détour. Je pars au pif parce que je n’ai pas de bout de carte sur l’option que je prends. Je sais vaguement qu’il y a le refuge de Linza, plein Ouest, qui pourrait constituer un point d’arrêt ou d’attaque, c’est selon…

Une fois le col passé, se présente une très longue descente vers l’Ouest, sans possibilité apparente de franchir les impressionnants reliefs qui barrent sans discontinuer l’horizon au Nord…

Au bout de plusieurs heures, je tombe enfin sur le refuge, qui est desservi par une route goudronnée. Retour à la civilisation sur le parking rempli de voitures, après de nombreux jours en pleine pampa…

Je peux consulter des cartes et vois que je suis parti très à l’Ouest. Il est presque midi. Dans ces conditions, je décide d’abandonner le crochet par la Table qui nécessiterait de nombreuses heures à contresens, afin de tenter de rejoindre Belagua, à l’arrache, en coupant à travers un capharnaüm de monts et de vallées, en me guidant à l’aide de quelques photos de la carte sommaire, que j’ai consultée au refuge.

Je commence à suivre une vague pancarte en bois en direction d’un sommet voisin. La montée tabasse bien. Je croise une famille Espagnole dans l’autre sens avec qui je baragouine. Je pipe pas grand-chose à ce qu’ils me racontent mais extirpe du charabia un « Belagua, si ! » qui semble me conforter dans la direction  à prendre.

Je finis par atteindre le sommet de la Punta Txamantxoia et tente de suivre une crête, le cheminement n’est pas évident. Je cherche à coller au maximum à un azimut Nord/Ouest, tout en essayant de perdre de l’altitude en descendant progressivement dans la forêt. Mais c’est trop dense, je n’arrive pas à me frayer un passage dans les jeunes pousses serrées, les ruptures de pente, les mini falaises et suis contraint à reprendre les crêtes.

Au bout d’un moment, je surplombe une grosse construction, très loin, en bas dans la vallée. Je retente ma chance dans la forêt en suivant d’abord les voies d’eau à sec pour passer les zones très denses du haut. Plus bas, je trouve des grands arbres, ça passe un peu mieux.

Je consacre quasiment trois heures à descendre les presque mille mètres de dénivelé qui me mènent à une piste que j’enquille en gardant un cap N/O.

À une intersection, je suis pris d’une bonne  inspiration en prenant l’option de droite qui m’amène à un carrefour, au bord d’une route goudronnée, avec une carte sur un panneau d’information.

Ça me permet de me recaler, je suis sur la route après Belagua, qu’il va me falloir remonter vers la frontière. Je note que je dois passer près de la venta de Juan Pito et prévois d’y refaire un bon stock de vivres.

Quand j’y arrive, déception ! C’est juste un troquet restau et il n’y a pas grand-chose pour ravitailler. J’achète un bocadillo et des gâteaux secs qui devraient me permettre de faire la jonction jusqu’aux prochaines courses, aux chalets d’Iraty dans un jour ou deux…

Il n’y a plus lieu de faire halte à Belagua, trop à l’Est et je me colle une belle fin de journée en cherchant à rallier l’abri d’Ardané, un jour plus tôt que prévu. Je pars en direction de la frontière sur un sentier mal carté au début.

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Pendant quatre heures, je navigue en plein brouillard, avec un vent violent et dans le froid. Par chance, c’est balisé mais la visibilité est quasiment nulle. Je ne dois pas faire de connerie en orient’ si je veux atteindre l’abri et dormir en dur cette nuit…

Au col Uthu, j’amorce la dernière ligne droite, en hors piste. Il fait toujours aussi mauvais. La boussole pouce m’aide à garder un cap correct.

Soudain, j’ai du réseau, reçois plein de SMS et peux téléphoner en marchant. Ce qui fait que je perds la concentration et suis moins rigoureux en orient’. Je tombe sur la piste un virage trop haut.

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Je préfère sécuriser et rester dessus, en me rallongeant d’une paire de kilomètres dans un long lacet, plutôt que de repartir à l’arrache dans le brouillard, au risque de rater l’abri.

Deux minutes avant 21h, je pousse la porte de la cabane. Ça fait 13 heures que je marche, encore une belle journée…

Forcé par les circonstances, j’ai mis un jour à André et je pense qu’il y a maintenant peu de chances que nous arrivions ensemble à Hendaye… Un échange de SMS avec lui m’apprend que, lui aussi, s’est craqué autour de la Table et a terminé sa journée au refuge de l’Abérouat.

Bien claqué, je mets tout mon tos à sécher, puis j’expédie un repas du soir en repensant à l’expédition de 2012 avec Kikos qui avait trouvé son terme dans ce même lieu, en raison d’ampoules stratosphériques…

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Jeu 30 août (14/20)

trajet 2018 étape 14 animée

La caillitude a raison de notre détermination

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Départ à 7 h 45, pile poil, sur un bel itinéraire plus ou moins en courbes.

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Bientôt, nous dominons une bergerie où officient au moins trois Patous et deux Border Collies. Mais comment font-ils pour nourrir tous ces fauves ? Sont obligés de tuer au moins une brebis chaque jour pour confectionner leurs pâtées ?

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Plus loin, André manque de nous embarquer trop tôt sur l’Espagne, avant le Pic de Burcq, mais j’ai gardé un souvenir de la config du col de Pau et tire la sonnette d’alarme. Vérif à l’aide du Petit Génie, effectivement, c’est pô là…

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Peu de temps après, nous croisons une paire de HRPistes – un Français accompagné d’un Ricain – avec qui nous faisons échange d’infos et de shooting photo.

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Après le col, une longue descente, sur balisage d’abord, puis à l’arrache, nous permet de gagner un collet où l’on retrouve un bon sentier, de nouveau balisé, qui amène à l’ibon (lac) de Acherito.

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André ayant pris de l’avance, c’est au bord du lac qu’il m’attend pour faire la jonction. Il y a pas mal de monde autour du plan d’eau.

Nous hésitons à nous baquer avant de casse-croûter mais, comme on tergiverse trop longtemps, la caillitude a raison de notre détermination.

Après cette coupure, nous regagnons les crêtes afin de rebasculer en France. J’ai mon petit moment Nimportnawak où je prospecte un cheminement au dessus des abîmes, avant que le sage Dédé me recadre, bien conseillé par un groupe de randonneurs Français, habitués du secteur.

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Descente dans le cirque d’Ansabère, accompagnée par le ballet aérien de quelques vautours fauves.

Nous investissons l’abri rustique où nous allons passer la nuit puis je vais, avec appréhension, chercher de l’eau à la cabane du berger dont la réputation de mauvais coucheur fait la quasi unanimité.

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Celui-ci est en embuscade sieste mais répond de façon étonnamment courtoise à ma demande aquatique. Il ne doit pas se souvenir de l’épisode tendu que nous avions traversé lors de mon passage avec Kikos en 2013

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En fin de journée, nous faisons un feu pour nous réchauffer et cuisiner sans taper dans la cartouche de gaz.

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L’obscurité est déjà installée lorsque deux frontales descendent des hauteurs et viennent nous rejoindre. Il s’agit d’un couple d’Espagnols accompagnés d’un Golden retriever.

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Comme nous squattons le seul petit bat-flanc disponible, c’est à même le béton qu’ils posent leurs duvets.

Nous échangeons pas mal d’infos car, demain, nous devons être confrontés à un cheminement relativement technique…

Le jour d’avant

Le jour d’après

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