Bienvenue sur le blog des Flying Avent’Hure

AGENDA :

Téléthon 2017 – Rendez-vous à la salle des fêtes d’Aigonnay, Dimanche 10 décembre, entre 9h et 12h, pour des C.O. « made in Flying » – Tout public

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NEWS : 

Les Feuilles d’Automne

Raid princes noirs de Camarsac

Raid Serial Azimut

Raid VGA 87

Oliv Transpyr dans les Pyrénées LA TOTALE

Transpyr : l’essentiel en images qui bougent toute seules

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Les Feuilles d’Automne 2017

Courant octobre, nous recevons une invitation – une CONVOCATION plutôt ! –  pour « Les feuilles d’Automne », le Trail’O de la jeune assoce EXPL’OR.

Contrairement à l’an passé, où nous étions venus en nombre à l’édition « zéro », un seul Flying, Oliv, n’a pas eu la présence d’esprit de sortir un joker valable pour échapper à une quarantaine de kilomètres TCC (tous cafouillages compris) de course à pied sur des terrains tarabiscotés.

Afin de se sentir moins isolé parmi la grosse trentaine de trailers affûtés, il a réussi à convaincre Lydie et les InoXs, en transit dans la région, de l’accompagner.

Au menu :

3 courtes C.O. toniques sur le site du Cébron : une mémo-photos, une C.O. balises, une C.O. postes permanents.

Un court Trail’O de 3 km qui amenait à St-Loup-sur-Thouet pour une C.O. photos.

Un copieux trail’O de 12,6 km.

Et pour finir, un enchaînement de six épreuves, sur un parcours de 14,2 km : road-book, couloir, azimuts, fléché allemand, mémo, balises cartées.

On pouvait tout faire, ou bien piocher dans ce copieux menu les sections qui nous intéressaient le plus. Le classement se faisant au nombre de « balises », puis au temps.

Au final, une très belle balade ludique, physique, bucolique, technique, cérébrale, bancale, pas banale, sous un soleil automnal, à travers gués, coteaux et prés, de château en château, le long de la vallée du Thouet.

Transpyr 2017 : l’essentiel en images qui bougent toute seules

Le récit complet de ces 29 jours est ici

Raid Prince noir (14 octobre 2017)

Les princes noirs organisent un raid cette année, pas question de le rater. D’autant qu’on garde un super souvenir d’une édition à laquelle nous avions participé avec Oliv  il y a une bonne dizaine d’année. Une fois les détails de garde d’enfant gérés, le repas de retrouvaille avec les anciens collègues la veille au soir,   nous voilà  Ju et moi à Camarsac prêt pour cette nouvelle édition menée de main de maitre par Julien et l’équipe des princes noirs.

La météo est superbe (à part un léger brouillard matinal), on va se régaler. Le programme du raid semble sympa, mais beaucoup de course à pieds, ce qui ne rassure pas Ju en raison  de tendinites aux tendons d’achile. On décide donc de gérer à pied et d’y aller tranquille afin de ménager les tendons, programme qui me convient bien.

Départ à 12h, Ju avale un sandwich, Vaness gère en avalant 2 smecta et une banane (objectif: éviter les problèmes intestinaux apparus lors des dernières courses).

Nous débutons par une CO de 3km autour du château, je gère l’orientation et envoie Ju pointer. Ca part dans tous les sens, on boucle la section dans le 1er tiers.

Nous enfourchons ensuite nos VTT pour 13 km de suivit d’itinéraire, cette fois c’est Ju qui prend la carte. On enchaine bien jusqu’à un petit bois où on va hésiter, prendre un mauvais chemin, faire demi tour… Les renards des vignes sont avec nous, ainsi que 2 autres équipes. On finit par se résoudre à prendre le chemin qu’on avait pris au départ et ensuite longer le champ. On a perdu un peu de temps mais Ju reste concentré et on poursuit sans embrouille. Il y a pas mal de dénivelé, je sens que les cuisses commencent à me manquer, la fatigue de la semaine et des raids des WE précédent se fait sentir.

Nous enchainons ensuite par 2km de trail jalonné où il faut courir dans un ruisseau. Ju qui souffre des tendons sort rapidement du ruisseau et le suit à distance, je finis par faire pareil et du coup nous ratons une balise qui était dans le ruisseau.

Nous retrouvons nos VTT pour 3.5km de road book qui nous emmènent au départ de la CO IOF. Je prends l’orientation et nous enchainons la CO sans encombre.

Avant de reprendre nos VTT, une équipe qui était devant nous est en galère de crevaison. Ju leur  propose donc de les dépanner et leur donne notre seule chambre à aire. Il est hyper serein, on a remis du produit anti crevaison dans les pneus donc il ne peut rein nous arriver.

Nous enfourchons les vélos pour 15km de suivit d’itinéraire. Je n’arrive plus à suivre Ju du coup on en profite pour tester la nouvelle laisse à chien tire-minette installée juste avant le raid, ça ne dure pas longtemps, les portions roulantes sont limitées et au bout de 10km Ju crève. Vu qu’on a donné notre seule chambre à air, on finit  cette section en regonflant tous les km, ce qui me laisse le temps de récupérer.

Nous arrivons finalement au château, y déposons (enfin) nos VTT pour une CO schaker. Principe bien sympa, la carte est découpée et mélangée et il faut refaire le puzzle pour rallier les balises. Cela nous amène dans Camarsac pour une CO de 5km. On tient le coup malgré les douleurs au tendons pour ju et la fatigue pour moi. J’ai des hauts et des bas, mais ça le fait. J’oriente et Ju pointe. A la fin de la CO un trail jalonné nous ramène au château, avec tir à l’arc pour Ju puis descente en rappel pour moi.

Il est environs 17h, nous repartons à 19h30 pour 16km de trail de nuit. On est déjà bien attaqués physiquement. On se repose comme on peut dans le berlingo entre les VTT, le volant et le levier de vitesse. Ju mange un énorme sandwich, moi j’ai prévu un mini sandwich que je peine à avaler, je paierais plus tard cette mauvaise gestion alimentaire.

Départ de la course de nuit légèrement retardé, plusieurs équipes du raid jettent l’éponge et soit ne font pas le trail, soit font juste les 2*3km de relais. Nous on décide de tout faire, par contre Ju a très mal, donc on ira cool et il ne veut même pas que j’emmène le tir minette, étant donné qu’à pieds je suis mieux que lui aujourd’hui (enfin ça c’était avant !).

Afin qu’il puisse soulager ses tendons nous décidons qu’il partira  en 1er sur son relais de 3km, puis j’enchainerais mon relais de 3km et nous partirons ensuite ensemble pour les 13km du trail.

La stratégie semble payante, nous courons à 11.5km/h sur les 7 ou 8  1er km  puis c’est le drame, je n’arrive plus à avancer, j’ai même du mal à marcher, Ju me pousse dans le dos. Il réalise que je fais une grosse hypo, je prends une barre, une pastille de dextrose et je subis pendant plusieurs km. Toutes les équipes que nous avions doublés nous repassent devant, j’ai du mal à remonter mais on continue à avancer…lentement. Je commence à reprendre un peu de jus à 1km de l’arrivée.

Je n’ai jamais eu d’hypo aussi intense, ça me servira de leçon, la prochaine fois je m’alimenterais correctement. D’autant que les parcours étaient assez exigeant avec du dénivelé et surtout beaucoup de course à pieds. Ju ne pouvait plus marcher le lendemain et à mis ses tendons au repos depuis le raid, sans aucune amélioration.

Malgré cela on a pris beaucoup de plaisir sur le raid, les parcours étaient vraiment chouettes, l’orga et les cartes au top, une super ambiance sur le raid et au repas de clôture, et un cadre magnifique du château de Camarsac.

Nous gagnons en mixte ce qui conclue bien ce très beau raid. Bravo aux organisateurs, on reviendra l’année prochaine !

Merci pour les photos partagées qui nous permettent d’illustrer ce petit compte rendu.

 

Oliv Transpyr dans les Pyrénées 29/29

Lundi 11 Septembre

Ça fait cinq jours que j’ai chopé ces fucking puces. J’ai de nouvelles piqûres, alors qu’il me semblait avoir bousillé tous les parasites adultes. Mais il suffit d’un seul sujet qui échappe au génocide, planqué dans un repli de tissus du duvet ou d’un vêtement pour relancer le cycle. Les œufs des premiers jours se sont transformés en larves qui se baladent sur mon corps.

Dans les conditions spartiates d’une traversée au long cours, les mesures d’hygiène ne sont pas suffisantes pour venir à bout du fléau. Je n’arrive pas à éradiquer l’invasion…

Alors je crois qu’il est temps de mettre fin à l’aventhure avant de devenir complètement fou et de contaminer le reste de la chaîne pyrénéenne.

J’avais envisagé des incidents qui auraient pu mettre un terme à cette traversée, mais ça, fallait l’inventer ! Je tire mon chapeau au Grand Argentier de l’Univers, celui qui, en coulisse, tire les ficelles, il a fait preuve de beaucoup de créativité…

Cette nuit, j’ai gardé mes vêtements dans mon duvet pour lutter contre le froid car, même à l’intérieur de la cabane, avec des braises dans la cheminée, j’ai bien caillé…

Marc, mon coloc’ descend de la mezzanine à 7 heures. Il n’a pas été piqué. C’est déjà ça. Je n’en fais pas profiter tout le monde…

Une heure plus tard, nous quittons Santa Ana et marchons ensemble une demi-heure avant que nos chemins se séparent, à une bifurcation.

Je continue seul de mon côté. Le temps est mauvais, il pleut, le vent est très fort par moments sur les versants les plus exposés.

Dans un passage enneigé, je croise un Américain qui parle bien Français et me recommande d’aller visiter, en passant, l’exposition sur la résistance au Franquisme, au musée de Bielsa. Comment lui expliquer, qu’en ce moment, j’ai d’autres priorités ?

Plus loin, dans un col, je tombe sur cinq Français parcourant un tronçon de la HRP. Ils font une pause. Une des femmes est frigorifiée. Ils me questionnent sur mon parcours. J’invoque un mal au genou insupportable pour justifier mon abandon. Limite, le leader du groupe, il me traiterait de fiotte ! J’aimerais bien qu’une puce lui saute dessus et vienne lui pondre dans le slip…

J’arrive à la mi-journée au refuge de Viados. C’est ici que j’arrête. Il me faut maintenant trouver une voiture qui me rapproche d’un grand axe, pour rentrer en France.

Afin de ne pas favoriser une dispersion des insectes, je confine mon matériel au maximum dans des sacs étanches et reste habillé en long. Puis j’attends à proximité des voitures stationnées en bord de piste. Le trafic est quasiment nul. Le temps passe… Un râteau… Puis le calme plat…

Deux jeunes femmes descendent à ma rencontre. Je leur baragouine un truc à base de « coche ? ». L’une des deux parle très bien Français, ça me permet d’arrêter de me ridiculiser. J’explique mon cas. Après une petite hésitation, elle envoie un SMS à son père qui doit venir les récupérer au camping fermé, plus bas sur la piste. Marché conclu ! Ils me déposeront sur le parking d’un restau, au bord de la grande route au Sud du tunnel de Bielsa.

Nous descendons tous les trois en papotant. Elles ont 26 ans et sont originaires d’un petit village près de Huesca. Sarah bosse à Barcelone. Avec sa copine Sylvia, elles viennent d’achever une rando de quatre jours, en boucle à partir du refuge de Viados.

Au camping, nous devons patienter une bonne heure, avant que la voiture arrive. Pendant que les filles font du stretching, je gère un thé en mettant à jour mon journal de bord.

Les parents débarquent et nous entamons la longue descente vers San Juan de Plan, sur la piste défoncée. Plus tard, nous arrivons à Salinas, sur le grand axe qui relie l’Espagne à la France. Au moment de prendre congé, la mère de Sarah puis les deux filles me claquent la bise, je n’ose penser qu’un insecte pourrait profiter de ce moment pour changer d’hébergement…

Je me poste au bord de la route, à l’entrée du parking. Il ne faut pas longtemps pour qu’une voiture s’arrête. Il s’agit d’un couple de trentenaires Français, Flora et Michel. Ils passent leurs vacances à Saint-Lary et traversent quasiment chaque jour la frontière pour trouver du soleil. Effectivement, lorsqu’on débouche de l’autre côté, en France, un épais brouillard nous accueille.

Ils me déposent à Saint-Lary en me laissant leur numéro de portable car ils se proposent, si je ne suis pas pris par un autre véhicule, de venir me récupérer pour manger et dormir dans leur location. C’est hyper sympa, mais de toutes façons, si je reste bloqué ici, je ne pourrai pas accepter leur invitation, j’irai planter la tente en pleine nature. Je n’ai pas l’intention de leur faire un cadeau empoisonné…

Je me poste en sortie de la petite ville et tend le pouce. Des tas de voitures passent sans s’arrêter. À cette heure-ci, peu de gens redescendent dans la vallée, la plupart des véhicules bouinent dans la ville. J’en profite pour appeler Lydie. En pleine conversation, je percute qu’il y a une pharmacie à côté, qu’il est presque 19 h et qu’elle va fermer, que je pourrai acheter un truc qui calme les démangeaisons avant de poursuivre la route…

C’est à cet instant qu’un véhicule s’arrête. Il s’agit d’un monstrueux 4×4 rustique, avec deux gugusses à l’intérieur. C’est donc en pleine conversation téléphonique que j’embarque, en laissant de côté l’option pharmacie.

Je raccroche et on fait connaissance. Les gars sont des montagnards du cru, un jeune au volant et un papy sur le siège passager, avec un  chien entre les jambes. Ils m’ont clairement pris en stop pour passer un bon moment en se foutant de ma gueule. Mais ils sont mal tombés : j’ai l’habitude des publics difficiles et bientôt c’est moi qui retourne la situation. Papy est à court de ptites provocs’ à deux balles. On deviendrait presque copains…

Le trajet ne dure pas longtemps, ils me déposent à l’entrée d’un petit bled, une dizaine de kilomètres plus bas, devant la maison du vieux. Le 4×4 s’en va et l’autre guignol, au lieu de rentrer chez lui, me saoule pour faire du stop à ma place : il me dit de me planquer le long de la palisse pendant qu’il arrête un véhicule pour moi. Comme il me fait marrer, je lui donne un quart d’heure et après je reprendrai les choses en main. Bien entendu, personne ne s’arrête et les conducteurs se font copieusement insulter. Faut dire qu’avec sa casquette sans âge, ses espadrilles, et son chien dépressif, il n’est pas très glamour…

Au bout de dix minutes, l’ancien en a marre, me dit au revoir, et traverse pour rentrer chez lui.

Je me poste au bord de la route à mon tour et la première voiture s’arrête. C’est un gros van Volkswagen, un peu ancien, conduit par une grande nana souriante d’une petite trentaine d’années. Hélène habite un tout petit village dans le coin, revient d’un trip en Amérique du Sud, a le projet de construire une cabane dans un cirque isolé de la montagne sur un terrain qui appartient à son petit ami pour y cultiver des légumes, m’invite à manger avec eux ce soir, y’aura des copains, des sportifs, à y dormir si besoin…

La perspective est tentante mais je ne vais pas pourrir leur maison, je lui dit que je préfère gagner du terrain avant que la nuit tombe complètement. Elle pousse donc plus loin sur la route et me dépose à l’entrée de Lannemezan. Avant de partir, elle me laisse, elle aussi, son numéro de portable et propose de venir me rechercher au cas où je galère à trouver une voiture. C’est après une longue accolade que je quitte Hélène des Bois. Pourvu que…

Il fait noir maintenant, il n’y a quasiment plus de trafic. Une nana qui balade son chien me dit que le stop c’est pas gagné, surtout pour un mec. Des phares à l’horizon. Je tends le pouce puis joins les mains dans un geste de supplique. Bingo ! Je suis embarqué par une quadra, boulangère, qui redescend d’un refuge en montagne où elle a été rendre visite et apporter des fruits à une copine. Elle me fait gagner pas mal de terrain et me dépose, les mains pleines de raisins de son jardin, au péage à l’Est de Tarbes.

Trois minutes plus tard, je saute dans un petit utilitaire conduit par Paolo, chanteur guitariste Brésilien, résidant à Toulouse, marié à une Bretonne avec qui il a deux enfants. Il est actuellement plombier et travaille pour une grosse société. Le lascar doit se rendre à Lescar, dans la banlieue de Pau, où l’attend un chantier.

Paolo me laisse au péage du nœud autoroutier à l’Ouest de Pau. La nuit est maintenant bien installée, le trafic très faible, d’autant que l’autoroute qui monte sur Bordeaux pratique des prix prohibitifs. Quelques camions, deux trois voitures… Une demi-heure passe, je me dis que je vais camper dans l’herbe de l’autre côté du rail de sécurité, quand une trentenaire, dans une poubelle, propose de me déposer vers Mont-de-Marsan. La conversation est riche mais difficile en raison du bruit combiné du moteur en surrégime, des tôles qui vibrent, de la ventilation à toc pour éviter que le pare-brise se couvre de buée…

La conductrice me dépose dans une station-service déserte. Je tente un camping-car qui fait du gazoil mais le type va dormir ici. Je prends un café à la machine et discute avec l’employé de la station. Il me dit que je suis joueur, le stop, sur cette autoroute ça ne prend pas, y’a jamais personne la nuit, je risque d’être là un bon moment…

Effectivement, y’a pas un chat. Je commence à sortir de la bouffe car je n’ai pas eu le temps de manger, ça s’est trop bien enchaîné… Soudain deux personnes entrent, puis quatre, puis une vingtaine… Il s’agit d’un bus Macron qui remonte sur Paris. Le chauffeur a accordé à ses passagers une pause de quinze minutes. Je l’approche discrétos et négocie. C’est pas facile, il a peur un moment que je sois un « client fantôme » payé par la compagnie. Finalement, je le convaincs de ma non-dangerosité et il m’embarque à l’arrache.

Il est environ une heure du mat’ quand le bus s’arrête à la gare routière de Bordeaux. Un autre chauffeur prend le relais et celui qui a conduit jusqu’ici propose de me rapprocher, dans sa voiture de fonction, soit de la gare, soit de la rocade. J’opte pour la rocade, pour essayer de choper une bagnole jusqu’à Niort.

Nous traversons une zone bien glauque, avec des prostituées blacks qui jalonnent le trottoir, elles ne sont pas de première fraîcheur… Puis il me laisse à un rond-point, près du Rungis local, en me souhaitant « bonne chance » mais je sens bien qu’au fond de lui, il n’y croit pas.

C’est vrai que, en pleine nuit, dans cet endroit sordide, habillé en noir, je ne suis pas glamour pour les rares voitures qui déboulent, à fond la caisse, de trois directions pour s’engager sur la rocade. J’envisage un moment de m’installer dans le godet d’un gros tractopelle voisin pour y attendre le lever du jour, mais c’est pas raisonnable.

Au bout d’une vingtaine de minutes, je change de tactique : repli sur la gare pour chopper un train. Je parcours donc à rebours la longue avenue des putes, en effectuant quelques traversées tactiques afin d’éviter des rencontres qui pourraient dégénérer. Il y a là quelques mecs patibulaires isolés, des groupes un peu énervés. Je la joue tactique, profil bas. Ne pas favoriser le contact…

Au terme de ce slalom géant que j’effectuerai sans chuter, j’atteins une zone moins crainteuse. J’entre dans la gare Saint-Jean au moment où l’équipe de sécurité vire tout le monde, principalement des zonards alcoolisés. Merde, ça ferme la nuit ! Pas de train avant demain matin. Me voilà en pleine rue avec des gens bien agités autour. Je vais finir par faire une mauvaise rencontre. Je ne voudrai pas me faire dépouiller de ma thune, ma carte bleue, mon téléphone obsolète et surtout des cartes mémoires avec les photos des Pyrénées, tout en me faisant, éventuellement, casser la gueule…

Tant pis, je décide de cramer du fric dans un hôtel. Je tente un Ibis. Complet. Un autre. Pareil. Tout est complet dans le coin. Finalement, je dégotterai une chambre à un prix indécent dans un Campanille. Mais si je traîne dehors, statistiquement, je vais avoir une situation compliquée à gérer et je risque de perdre beaucoup plus…

Je me sens plus en danger ici, qu’en pleine montagne, tout seul, il y a quelques heures !

Bienvenue dans le monde civilisé…

Une dernière chtite vidéo pour conclure :

 

Oliv Transpyr dans les Pyrénées 28/29

Dimanche 10 Septembre

Il a fait un temps épouvantable toute la nuit, un vrai froid de connard, et ça semble vouloir durer… J’ai dormi couvert à toc dans mon duvet de merde et j’ai, malgré cela, bien caillé. Difficile de fermer l’œil. En plus, la digestion de l’échec de la veille ne passait pas bien… Heureusement, malgré les assauts de la pluie et du vent, la tente est restée étanche.

Il faut raisonner à court terme : premier objectif, rallier le camping Aneto, à une petite heure. C’est un gros complexe, je devrai y trouver de quoi faire une lessive, un complément de ravitaillement, ainsi que du wifi. J’y aurai sûrement des prévisions météo récentes et pourrai aviser pour la suite. Si ça ne se dégage pas, j’y dormirai la nuit prochaine.

Je bâche sous la pluie et une heure plus tard arrive à l’accueil du camping Aneto.

La lessive est à 4 euros ! Le séchage, au même prix ! Ils sont dingues là-dedans ! Je prends juste une lessive, et pars à la recherche du troquet, le temps qu’elle se fasse.

Il y a là beaucoup d’agitation. Des groupes d’Espagnols, d’Allemands, principalement, qui braillent dans tous les sens, sous les tivolis de la terrasse, ainsi qu’à l’intérieur.

Tout près de l’entrée, une petite table, avec une place de libre. Je m’installe en face de mon clone. Pas au sens ressemblance physique, mais dans l’attitude : le mec est dans sa bulle, insensible au tumulte, tous ses appareils électriques en cours de recharge, le nez sur son portable à essayer de se connecter. Je le sens bien sur du long cours…

Je le branche, il s’extirpe de sa bulle. Effectivement, Marc est également engagé sur la Transpyr. Il est parti un jour après moi de Banyuls, a choisi un itinéraire plus direct, sans faire de crochets par les sommets. C’est un Français qui est installé au Japon et baroude pas mal de par le monde.

Je n’arrive pas à laisser un message sur le blog pour indiquer que tout va bien, malgré ma tentative ratée de passer en France, hier. Ça plante à chaque fois. J’espère que les infos météo ne sont pas trop alarmantes à la télé, que ça ne psychote pas trop du côté de Niort…

Il s’est arrêté de pleuvoir. Avec Marc, nous convenons de cheminer ensemble jusqu’à la cabane de Santa Ana, à une petite heure. Elle est rustique, mais semble propre. Une salle en bas, avec une cheminée, un banc, une table ainsi qu’un plancher-dortoir sur une mezzanine, à l’étage, en passant par l’extérieur.

À proximité de la cabane, il y a des tas de branchages coupés. J’attaque direct un feu qui va tourner tout le reste de la journée.

Nous étendons nos fringues mouillées.

Ma tente sèche à l’extérieur. Ça nous vaut la visite, courtoise mais ferme, de deux gardes féminines qui viennent stipuler l’interdiction de camper. Qu’elles se rassurent, nous les informons de notre intention de dormir dans la cabane.

Au loin, dans la direction que devons prendre, les sommets sont couverts de neige fraîche, qui est tombée cette nuit.

Nous avons le temps de discuter pas mal, avec Marc, et je me rends compte que je suis un dinosaure, au niveau tos :

– Il a le logiciel iPhiGéNie, avec toutes les cartes IGN des Pyrénées, peut connaître, à quelques mètres près, sa position à tout moment. J’ai des cartes papier pourries, collages bricolés à partir de différentes sources et différentes échelles.

– Il a un téléphone de secours, avec une carte pré-payée, pour passer des coups de fil urgents si nécessaire, à partir de l’Espagne. J’ai un forfait Free à 0 euros qui passe tout juste en France, et encore pas partout…

– Il a une balise de détresse, qu’il peut déclencher en cas de gros coup dur. Une liaison satellite informera une société d’assistance américaine qui mettra en action les secours les plus proches. J’ai mon pouce et mon index pour siffler fort.

– Il a une tente double parois, dans laquelle il peut se mouvoir. J’ai une tente de raid, juste un sarcophage, simple paroi.

– Il a un super duvet, chaud et léger, qui supporte des températures négatives. J’ai un pôv duvet de printemps, idéal jusqu’à 10 degrés.

– Il a des gants de ski, étanches. J’ai des petits gants de soie.

– Il a un système complexe de filtration instantanée de l’eau à base de filtres à charbon. J’ai des comprimés de Micropur, qu’il faut laisser agir 2 heures, dans l’idéal.

– Il a de la nourriture lyophilisée Japonaise qu’il s’est envoyé à différents endroits du parcours, avant de partir. Je gère la bouffe à l’arrache, en fonction des itinéraires que je privilégie.

Nous évoquons la suite de nos aventhures respectives. Demain, Marc visera le refuge de Viados, en deux jours, en transitant par le refuge Angel Örus. L’enneigement récent en altitude le fait quand même pas mal gamberger… Pour ma part, je n’ai pas encore pris de décision ferme, ça dépendra de comment je vais gérer le froid et les démangeaisons, cette nuit. Si c’est supportable, je continue comme lui. Si c’est moyen, je vise Hendaye au plus court et rallie Viados, en une étape, par le GR, plus au Nord. Si c’est trop merdique, je plie les gaules, soit en redescendant au camping Aneto, soit en allant jusqu’à Viados. Dans les deux cas, j’aurai une liaison routière.

Marc monte dormir sur la mezzanine, je me couche sur le sol, près du feu. La fumée est omniprésente dans la cabane et nous empêche de nous endormir. J’arrête d’alimenter le foyer pour que mon coloc’ cesse de tousser.

Le feu s’éteint, les heures passent. Je me rends compte que c’est pas facile de se gratter en mesure quand on claque des dents…

Une chtite vidéo pour conclure  :

 

Oliv Transpyr dans les Pyrénées 27/29

Samedi 9 Septembre

Petite nuit, nouvelles démangeaisons. Je n’ai pas tout éradiqué, les œufs pondus la première nuit se sont sûrement déjà transformés en larves à la faveur de la chaleur de mon corps. Ô m’fatigue chô bestiasses !

Les prévisions météo de la journée ne sont pas terribles :

– Les Aveyronnais qui m’ont pris en stop pour la navette ravitaillement, hier, parlaient d’un isotherme 0 vers 2400 mètres. Et je dois passer plus haut, au-delà de 2800 m…

– Le pêcheur de truites de Luchon, jeudi, m’avait fortement conseillé de rester sur le versant Espagnol le plus longtemps possible. Et mon itinéraire prévoit de me faire repasser en France…

– Le topo mentionne, pour cette section « temps correct recommandé ».

Sur l’autre plateau de la balance, je dispose des données suivantes :

– Le couple de HRPistes Français, croisés dans la montée à Mulleres, m’avait vendu la section Portillon-Gourgs Blancs comme incontournable.

– Les prévisions météo ne se vérifient pas toujours…

– Et « temps correct recommandé » est une recommandation, pas une obligation…

Il me faut prendre une décision. Soit je pars plein Sud, sur le goudron, pour commencer. Soit je pars O/NO dans la montagne. Soit je ne bouge pas et j’attends que la météo s’améliore.

Comme je ne suis pas venu là pour vendre des cravates, je compte sur ma baraka et tente le passage en force. Direction la montagne !

J’ai à peine le temps de plier ma tente que la pluie se met à tomber. J’attaque donc la montée du Vall de Remuñe en mode « couvert à toc ». Ça commence par un gourage d’iti’. J’ai paumé les deux traits rouges et merdouille une demi-heure dans la forêt, en bordure de torrent. Branchage du cerveau, demi-tour, et je recolle au balisage.

J’ai longtemps en point de mire un poncho qui marche à peine moins vite que moi. Je mets du temps à le rattraper. Il s’agit d’un Gallois d’une cinquantaine d’années qui fait une boucle à la journée. Nous cheminons une petite heure à portée de voix, échangeant quelques mots de-ci de-là. Lorsque nos chemins se séparent, à l’entrée du cirque de Remuñe, il me lance « All the Best ! »

J’attaque, dans un épais brouillard, la montée d’une pente de roches posées sur un sol instable de graviers détrempés par les précipitations. Je ne vois pas le sommet caractéristique de la Forca de Remuñe qui devrait guider mes pas, et progresse à l’aveugle, d’autant que les rares cairns sont très difficiles à distinguer dans cette purée de poix, petits tas de cailloux posés parmi un gigantesque tas de cailloux… Je vais me perdre un moment dans l’ascension sur des blocs, par le torrent, mais c’est pas pire…

J’émerge en haut du cirque pour me prendre un gros blizzard en plein dans la face. Vent fort, grésil. J’ai du mal à garder les yeux ouverts.  Je galère de droite et de gauche à la recherche de cairns introuvables… C’est dans ces conditions qu’un GPS pourrait être utile pour me faire coller à l’itinéraire théorique, mais j’ai pô.

Je suis bien couvert, pourtant le froid se fait cruellement sentir. L’extrémité de mes doigts devient insensible, le sang n’y arrive plus. J’insiste encore, retrouve du cairn, gagne du déniv’, reperds les cairns…

Je dois maintenant être tout près du Portal de Remuñe (2831 m) mais je ne sais pas par où finaliser l’ascension. Le topo ne m’aide pas suffisemment. Le doute finit par m’envahir. Si j’arrive à passer, j’ai encore 3 h 30 de navigation minimum, en ne faisant pas d’erreur, avec un point haut à 2983 m. Vu les conditions ici, je prends conscience que je ne pourrai pas encaisser pire, une température plus basse et un blizzard plus violent. J’ai un zeste de lucidité et décide, à contre cœur, de rebrousser chemin.

La descente est devenue hyper dangereuse. Les petites flaques d’eau entre les blocs sont gelées, tout est devenu hyper glissant. Ça craint !

Je me réfugie dans une petite cavité, sous la paroi, à l’aplomb du torrent, que j’avais repérée à la montée. Je dois prendre le temps de recharger la chaudière et retrouver des sensations dans mes mains pour poursuivre la descente dans la meilleures conditions de sécurité. Thé, thon, café, banane, thé, pain, café, orange, chocolat…

Je repars dans la tempête en sécurisant chaque pas, ce qui ne m’empêche pas de m’en prendre une, de temps en temps, mais rien de grave, j’arrive à gérer les atterrissages et le sac me protège le dos.

De retour sur le pla herbeux, en bas du cirque, les conditions deviennent plus clémentes, je suis sorti de la zone de turbulence…

L’espace d’un instant, j’envisage de planter un camp de base ici et d’attendre demain, voire un jour de plus, pour retenter de passer. Mais c’est sans garantie et mes jours de traversée sont maintenant comptés avec ces putains de bestioles qui se reproduisent et me bouffent le sang… Alors, je renonce aux Gourgs Blancs et me résous au plan B : le Sud.

Encore quelques heures de descente et je retrouve la forêt.

En me retournant, je vois que le ciel s’est provisoirement dégagé, laissant apercevoir la Forca de Remuñe qui est effectivement un bon point de repère. Le soleil semble se foutre de ma gueule…

Mais ça ne dure pas. Bientôt, un vent froid me pousse dans le dos, je me retourne et peux voir que, là-haut, c’est de nouveau le dawa…

Plus de dix heures après l’avoir quitté, je repasse à-côté de mon spot à dormage de la dernière nuit : une journée de cramée ! J’ai juste fait prendre l’air à mon sac-à-dos d’une vingtaine de kilos, chargé à toc des récentes courses.

J’ai maintenant plusieurs kilomètres de goudron à me farcir, en boitouillant, sous une pluie froide. Je vise le camping Aneto, point de départ vers le massif des Posets. De nombreuses voitures me doublent sans se poser de questions. Seul un camping-car s’arrêtera pour proposer de me véhiculer. Malgré la fatigue, je décline l’invitation. Même si ces kilomètres sont sans intérêt, je m’oblige à les faire à pied, sinon ma traversée ne serait, à mes yeux, pas valide.

Je constate que mes pompes commencent à être bien détruites. Des morceaux de semelle bringuebalent, que je sectionne à l’Opinel.

Je n’irai pas jusqu’au camping Aneto, j’en ai assez pour aujourd’hui, et fais halte au premier que je rencontre, sur le Plan de Senarta. C’est plus que rustique, mais je vais pouvoir y prendre une douche chaude. J’ai hâte de me débarrasser des saloperies qui me courent sur le corps…

Vu c’qui tombe en ce moment, en bas, dans la vallée, ça doit ramasser grave là-haut. J’ai rudement bien fait de ne pas insister davantage…

La pluie froide tombe sans discontinuer, le vent souffle toute la nuit, pliant les frêles arceaux de la tente.

Une chtite vidéo pour conclure  :

 

Oliv Transpyr dans les Pyrénées 26/29

Vendredi 8 Septembre

Je rumine toute la nuit cette histoire de puces, en me grattant le moins possible, mais il est difficile de résister, ça me rend dingue. Il doit subsister quelques spécimens dans mes vêtements, peut-être des larves ?

Le matin, je sors les couvertures dans lesquelles je m’étais emmitouflé et les inspecte consciencieusement sur l’esplanade rocheuse, à côté du refuge. Pas de parasite visible, je peux les ranger à l’intérieur.

Je suis toujours confronté au dilemme : continuer, en espérant arriver à éradiquer complètement l’invasion sur moi, mes vêtements, mon sac-à-dos, mon duvet, ma tente ? Sachant que je ne peux pas tout traiter en même temps… Ou bien décrocher, provisoirement, ou même définitivement ?

Je discute un moment avec Christophe, qui connaît assez bien le secteur, et évoque une possibilité d’échappatoire vers la France au niveau de l’Hospital de Benasque, au terme de ma prochaine étape. Cela emporte ma décision : je continue.

Nous partons donc ensemble pour une paire d’heures d’ascension jusqu’au Coret de Mulleres (2928 m), en suivant un cheminement cairné.

J’ai le souvenir de notre passage dans l’autre sens, avec Kikos, en juillet 2013, dans un environnement complètement enneigé nivelant tous les points de repère, où nous avions galéré en orientation, tellement l’itinéraire était peu évident.

Sur le col, nous nous délestons des sacs. C’est très exigu, nous les calons sérieusement. Puis nous attaquons la crête vers le Sud, jusqu’au Tuc de Mulleres (3010 m).

Encore un panorama de fou ! Des crêtes à perte de vue… Les différents plans s’affichent les uns derrière les autres, du plus sombre au plus clair.

Il y a déjà là un couple d’Espagnols. Lorsqu’il avise ma boussole-poignet, le gars me demande si je fais des raids. Ils sont eux même raiders, membre de l’assoce « Adventure Expérience », et ont participé deux fois au « Raid in France ».

L’Aneto semble tout proche et j’étudie avec l’Espagnol la possibilité d’un crochet par ce point culminant des Pyrénées, avant de descendre sur la Renclusa. Sa carte montre un cheminement possible au début, mais ça semble très compliqué ensuite. Je ne retiens donc pas cette option, d’autant que, vu d’ici, l’Aneto n’est pas très glamour, grosse masse sans élégance.

Après les traditionnelles photos sommitales, nous parcourons la crête dans l’autre sens et nous séparons au niveau des sacs. Christophe et les Espagnols basculent côté Français, à destination de leurs véhicules respectifs stationnés au tunnel de Viehla. Quant à moi, je m’engage dans une désescalade compliquée dans les blocs, côté Espagnol.

Il me faudra quatre heures pour atteindre la Besurta, terminus de la navette montant de Benasque. Il y a là un monde fou : beaucoup de randonneurs, certains descendant de l’Aneto, et également les organisateurs qui balisent le terrain, ainsi que des participants venus en repérage, d’un gros trail qui se déroulera le week-end à venir. Au loin, le glacier de l’Aneto brille dans le soleil.

Après une binouze réparatrice, j’attaque la longue piste à destination de l’Hospital de Benasque. Je suis doublé à deux reprise par le bus qui fait la navette, plein comme un œuf. Pour moi, pas question de shunter cette section chiante à l’aide d’un moyen mécanique, c’est pas dans l’esprit…

La navette vient de me doubler une troisième fois, je me dis que c’est peut-être la dernière, alors j’accélère le pas et claudique sur les derniers 500 m afin d’arriver au parking de l’Hospital de Benasque avant que les dernières voitures quittent les lieux. En effet, je n’ai plus de bouffe et dois d’urgence descendre en stop à Benasque pour ravitailler.

Un coffre ouvert, des piolets qui dépassent, je baragouine en Espagnol, ils se concertent en Français ! Des Aveyronnais, qui reviennent de l’Aneto. Ils acceptent de m’embarquer. Nous discutons pendant le trajet. D’après eux, l’Aneto était infaisable sans piolet-crampons, le glacier sommital étant particulièrement en mauvaise condition en ce moment.

Ils me déposent à Benasque, devant un supermercado, dans lequel je fais des grosses courses, pour quatre jours, car j’ai décidé de continuer, malgré les puces. C’est pas possible d’arrêter pour ça…

En sortant, je croise un couple de Hollandais. Le mec fait vraiment crade. Nous échangeons un petit moment. Ils randonnent d’Ouest en Est, ravitaillent ici, avant de monter sur l’Hospital de Benasque.

Je cherche un troquet pour avoir du wifi et conditionner mes volumineux achats au mieux dans mon sac. Un groupe bruyant débarque, genre Festival de Cannes, avec quelques gonzesses sublimes, grandes plantes en représentation, shorty ras la moule.

Un festival de cannes…

Il est temps de chercher à remonter là où les Aveyronnais m’ont chargé. Je me poste en bord de route, planque un peu mon gros sac et le carton de bouffe que je n’ai pas réussi à ranger, et tends le pouce. La troisième voiture, un gros 4×4 Volvo, s’arrête et m’embarque. Le conducteur s’exprime bien en Français, s’intéresse au sport en général. Il me parle, entre autre, du trail organisé ce week-end, qui est un gros évènement, de Kilian Jornet, qui est un enfant du pays…

Soudain, nous doublons les deux Hollandais qui marchent sur le côté de la route en tendant le pouce. Je lance une petite vanne dans leur direction, à travers la fenêtre ouverte. La conducteur me dit « Tou lé connais ? », s’arrête comme un barbare et embarque les deux Bataves, après avoir chargé leurs gros sacs dans le coffre.

Ça m’arrange un peu : je me dis que dans le cas peu probable où il retrouve plus tard des puces dans sa voiture, il pensera forcément qu’elles viennent du type au look craspouille. Hi hi hi !

Le gars arrive sur le parking du complexe hôtelier classieux de l’Hospital de Benasque et se gare comme un prince sur la place réservée number one, juste devant l’entrée, pour débarquer sa bande de pouilleux sous le regard perplexe de ses clients haut de gamme…

On a eu affaire au Big Boss du coin qui n’est apparemment pas sectaire. Une belle personne.

Les Hollandais, après beaucoup de tergiversations, prennent la dernière navette à destination de la Besurta afin de gagner le refuge de la Renclusa pour y passer la nuit.

De mon côté, je fais une grosse bouffe, un peu à l’écart du complexe, mais sous le regard courroucé de l’aide cuistot qui vient vider les poubelles (une pas-belle personne, çui-là), afin de m’alléger et entame, à la frontale, le début de l’étape suivante.

J’ai beaucoup de difficultés à trouver l’attaque du sentier vers le Vall de Remuñe. Je cafouille dans un coteau pentu, sur des herbes glissantes parsemées de trous, entre des bosquets de pins. J’essaie plusieurs attaques dans la zone décrite par le topo, à moins de cent mètres de l’extrémité de la route. Finalement, je trouverai le départ plus loin que prévu. Une demi-heure de cramée pour rien, entorse du genou évitée de justesse…

Je dégote le spot à dormage dans le premier kilomètre de la montée, sur un petit plat, au milieu de bouses de vaches, monte ma tente dans le halo de la frontale et me glisse avec inquiétude dans mon duvet.

La poudre a-telle fait effet ? M’empoisonne-t-elle également ? Ai-je bousillé tous les occupants indésirable ? De toute façon, ce n’est pas très important, dans la mesure où j’en ai certainement encore sur moi. Je m’apprête donc à une troisième nuit de merde, à essayer de ne pas me gratter au sang…

Une chtite vidéo pour conclure :

 

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