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Bienvenue sur le blog des Flying Avent’Hure

A noter dans vos agendas:

le raid Flying 2019 se déroulera le 6 avril au départ de Augé

Le 9 décembre, à Aigonnay, nous organiserons comme chaque année des Courses d’Orientation au bénéfice du Téléthon

NIOUZES :

raid de La Palmyre

raid vga 87… la caca la caca la catastrophe…

HRP Transpyr 2018 * Ven 24 août (8/20) un Tchèque sans provisions * Sam 25 août (9/20) pleine balle dans la poire

RAID FLYING 2019

Recos et tests

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HRP Transpyr 2018 – Sam 25 août (9/20)

Pleine balle dans la poire

Petit déj au pied du géant. Vers 7h30, je vois partir Stéphane et Annick. Il me faut davantage de temps pour me préparer ce qui fait que j’attaque la montée au col des Mulets 20 mn plus tard.

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De l’autre côté, je tombe sur des marmottes mises en place par l’office de tourisme pour amuser le touriste. Elles sont plus vraies que nature et font leur petit numéro spécialement pour moi.

J’ai à peu près la caisse, mais ça ne m’empêche pas de partir en glissades plusieurs fois dans la descente qui mène au refuge Wallon, une un peu plus fâcheuse que les autres : je dérape sur la gauche, plante mon bâton droit dans la terre pour reprendre l’équilibre, celui-ci ploie sous mon poids et comme je n’ai pas mis la dragonne je l’échappe sous la pression… alors il me revient pleine balle dans la poire et m’ouvre l’arête du nez… saignage… ça pique…

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J’arrive à Wallon vers midi. Il y a beaucoup d’agitation, les gardiens sont occupés à se foutre de la gueule d’un jeune apprenti berger qui s’agite dans tous les sens et sature l’écoute en conversant avec son père dans un talkie-walbie à propos de quelques brebis égarées. Ce petit gars qui fait l’important pour épater le touriste ne se rend pas compte du ridicule et se fait bien bâcher par des gardiens sans pitié.

Je mange dans mon coin, au bout de la terrasse, puis laisse un mot pour Dédé à l’accueil, lui donnant rendez-vous le lendemain, en fin de journée à Arrémoulit.

Puis j’entame une nouvelle montée, en direction du Port de Cambalès, entrecoupée d’un bain bien revigorant dans l’eau fraîche du lac du même nom.

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Vers 15h30, sous le col, à 2570m, je pose mon bivouac au bord du sentier, dans un tout petit espace ric-rac, au sein d’un vaste cirque.

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Le vent souffle fort, par rafales. j’espère que la tente va tenir… Bientôt, la brume monte et vient envelopper d’un écrin cotonneux ce petit îlot d’humanité perdu dans l’immensité minérale.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

RAID DE LA PALMYRE

Samedi 20 Novembre 2018
Raid à La Palmyre.
Météo : idéale, ensoleillée, peu de vent.
Deux équipes des Flying engagées sur le Raid longue distance (3h) :

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Une équipe femme : Angélique, Florence, Céline et Maryse.

IMG_9311Une équipe mixte : Vanessa, Julien, Brévael et Moi (Thierry).

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Faire un Raid avec Les Frappier… La tâche me semblait compliquée vu leur niveau mais intéressante pour observer des champions de l’intérieur ! La présence de Brévael et ma bonne condition physique (selon moi) me rassuraient mais la pression était bien là !

Après le briefing, le départ est donné à 12h. Nous partons sur un petit trail de 1,5 km environ sur la plage. DSC_0015

Pour le moment, tout va bien ! Nous arrivons aux VTT dans les dix premières équipes !

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Nous sautons sur nos engins et quittons la plage pour nous rendre sur le site de notre VTT’O : la forêt du phare de la Coubre. Petite transition de 3km sur la piste cyclable, Julien donne le rythme (élevé !), nous dépassons plusieurs équipes du Raid court.

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Julien et Vaness récupèrent la carte, tracent le parcours et c’est parti pour la VTT’O de 2h dans des sentiers très peu roulants (beaucoup de sable !). Julien part comme un frelon, Vaness dans sa roue essaye de calmer ses ardeurs, Bréva s’accroche et moi, je suis déjà à la traîne dés les premiers hectomètres. Le cauchemar commence ! Manque de technique ou de niveau ? Matériel trop rudimentaire ? Hypoglycémie ? Ou tout à la fois. Vaness me fait ingurgiter toute sa pharmacie. Julien me tracte sur quelques portions. Bref, peu de répit. Julien oriente plutôt bien, Vaness pointe, Bréva suit et moi, je serre les dents en maudissant ce p…tain de sable. La seule perte de temps viendra d’une stratégie assez hasardeuse qui pour préserver les plus faibles (on se demande qui ?) veut que Julien fasse un aller-retour seul pointer une balise. Nous devons l’attendre à l’intersection suivante (mal définie). Conséquence, après une bonne dizaine de minutes, toujours pas de Julien dans les parages ! Vanessa décide de poursuivre notre chemin jusqu’au bout de notre allée très sablonneuse et là, MIRACLE ! Notre héros pointe le bout de son casque rouge. Nous repartons et finissons enfin cette VTT’O compliquée. On nous annonce que nous sommes alors la cinquième équipe mixte. MISÈRE !

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Retour sur la piste cyclable (fini le sable !), je peux enfin envoyer du steak. Nous rejoignons rapidement la plage pour le départ de la prochaine épreuve. Julien et Bréva partent sur le parcours Kayak dans la baie de Bonne Anse. DSC_0079

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Vaness et moi s’élançons sur une CO couloir. Je vais enfin pouvoir prouver à l’équipe que je ne suis pas qu’un boulet en faisant parler mes jambes ! Eh bien NON. Dès les premiers mètres, contractures au niveau des cuisses ! Je suis vraiment le boulet du jour. Vaness fait tout le job, elle oriente, pointe et moi, je suis comme une limace. La galère continue ! On finit laborieusement la CO avec deux équipiers des serials avec qui nous luttons au classement. Après la dernière dune, nous apercevons Bréva serein et Julien très excité, prêt à tuer une bénévole qui attendait pour lui donner sa carte de CO. Dans la précipitation, nous partons en kayak et après quelques coups de pagaies, Vaness se rend compte que Julien est parti sans prendre le doigt électronique : la caca, la cata, la catastrophe !

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Le récit des minutes suivantes est censuré, on ne souhaite pas divulguer les mots doux, appels et gestes de désespoirs fait par les 2 protagonistes… On peut juste dire que Ju a pu récupérer le doigt électronique (On vient de perdre encore 5 bonnes minutes !). Vaness et moi finissons notre parcours en Kayak. Plus qu’à attendre, les deux athlètes pour passer la ligne d’arrivée.
Nous finissons en 3h50min39s. Nous sommes 3ème au scratch et 3ème mixte. C’est inespéré vu les boulettes et notre progression peu rapide !

IMG_9324Les Filles terminent 9ème au scratch et 1ère féminine. Bravo les filles.

Merci aux Frappier et à Bréva pour le podium. Vraiment navré pour ma forme physique consternante. Ça restera quand même un super souvenir !

Merci aux INOX pour les photos, les encouragements, et l’apéro…

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Comme d’hab pour les Frappier, on finit l’apéro offert par l’orga, puis on file à l’apéro chez les inox, et on se finira chez Dav le frère de Vaness. On était aussi conviés chez les serials sur notre route du retour, notre état (de fatigue bien sur) ne nous a pas permis d’honorer leur invitation !

 

HRP Transpyr 2018 – Ven 24 août (8/20)

Un Tchèque sans provisions

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À l’aube du huitième jour, je n’ai pas la caisse, le manque de sommeil se fait sentir.

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Avant de partir, j’apporte ma modeste contribution à un des graffitis qui « ornent » les murs de la cabane.

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Je rejoins le barrage d’Ossoue et remonte les Oulettes pour faire un premier break avant la passerelle.

Je me traîne dans la longue montée qui suit. Je croise quelques randonneurs qui redescendent de Baysselance. Au Pont de Neige, un groupe de djeuns font les guignols, en glissades sur le névé. J’apprendrai par la suite que l’Arthur du groupe s’est pris une grosse pelle plus bas, avant la passerelle, qui l’a mis groggy et ensanglanté…

Peu avant la bifurque d’accès au glacier d’Ossoue, au pied du Vignemale, je m’octroie une grosse heure de pause, bouffe et sieste.

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après cette coupure réparatrice, je passe à proximité du refuge de Baysselance sans m’y arrêter, poursuis jusqu’à la Hourquette d’Ossoue avant de basculer dans la descente vers le refuge des Houlettes de Gaube.

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C’est laborieux, mais je gère à mon rythme. Je croise quelques randonneurs qui montent et suis repris pas un drôle de zèbre : un mec que j’entends arriver de loin, il est en grande conversation avec lui-même, s’invective, s’apostrophe en dévalant comme un pantin désarticulé les coudes du sentier, ses genoux déglingués l’envoyant valser de droite et de gauche, toujours à la limite de la rupture mais conservant malgré tout un incroyable équilibre… Cet OVNI passe sans m’accorder la moindre attention. Je reste scotché par le spectacle et accompagne le déglingo des yeux jusqu’à sa complète disparition.

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J’atteins le refuge en début d’après-midi. J’y prends une douche chaude mais chronométrée (4€ les 4 minutes…). Puis lessive, tentative de séchage, nouvelle sieste.

Je suis sans nouvelles des trois autres. J’ai navigué seul toute la journée mais, vu mon état de fatigue c’est préférable, je n’aurais pas été d’un commerce agréable…

Sur la terrasse, autour d’une bière, j’échange avec un jeune Tchèque qui a l’air aussi cramé que moi. Il shoote un maximum de sommets dans le coin et se tape bien dedans. Lui aussi commence à être un peu à court de vivres, un Tchèque sans provisions en quelque sorte…

Finalement, les Aveyronnais débarquent au refuge une paire d’heures après moi. J’attendais André mais ils m’informent que celui-ci reste dormir au refuge de Baysselance.

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Avec Stéphane, nous avons le temps d’échanger un bon moment autour de la législation, l’organisation de manifestations sportives, l’accidentologie…

Avant que les meilleurs spots soient pris d’assaut, je vais planter ma tente sur l’aire de bivouac, à quelques centaines de mètres, avant de revenir manger dans la salle hors-sac du refuge. J’en profite pour finir de recharger mon tél.

La nuit sera, pour une fois, plutôt correcte, la masse imposante du Vignemale veillant sur le sommeil des occupants de la petite dizaine de tentes disséminées dans la prairie.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Jeu 23 août (7/20)

Comme les deux vieux du Muppet Show

Avec André, nous prenons la route à 7h45, direction le barrage des Gloriettes. Nous conversons au début, puis chacun prend son rythme propre et nous allons chasser-croiser tout au long de la journée.

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J’avance devant en allongeant le pas dans le vallon d’Estaubé pour faire une pause bullage au soleil d’une petite demi-heure, peu après la cabane où nous avions dormi avec Kikos lors de la traversée, dans l’autre sens, en 2013.

André me passe et attaque les lacets vers le col. Il tombe sur Stéphane et Annick, partis plus tôt que nous le matin.

Lorsque je repars, je les ai dans le collimateur, au loin, et tartine pour les rattraper en coupant les longs lacets, dré dans l’pentu. C’est clair que je m’éclate davantage dans les montées que dans les descentes…

Nous faisons la jonction un peu en dessous de la Hourquette d’Alans, tandis que des organisateurs balisent le sentier pour le Grand Raid des Pyrénées qui aura lieu le week-end suivant.

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Au col, je collationne. Puis c’est parti pour une longue descente vers Gavarnie. Le panorama est de toute beauté avec, au loin, la Brèche de Roland qui marque l’accès au Mont Perdu,  au Marboré…

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Au refuge des Espuguettes notre quatuor se reforme. Mes comparses consomment pendant que je fais un demi-somme.

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À leur table, de jeunes ayatollahs critiquent les trailers sur leur approche du milieu montagnard. Cet ostracisme démontre un manque d’ouverture d’esprit que je ne prends pas la peine de stigmatiser, le temps qui passe fera le boulot…

Nous repartons du refuge au même moment, mais en trois paquets : les Aveyronnais tartinent devant, direct sur Gavarnie, André tente un crochet plus près du cirque, quant à moi, je me traîne jusqu’à la ville touristique, à un petit rythme…

Courses de bouffe, gros gavage, puzzle de remplissage du sac, interrompu par un SMS de Kikos : il est en vacances dans le coin et propose de me rejoindre d’ici une grosse heure, si je stationne dans la station. Vendu ! Je l’attends.

Stéphane me cède une batterie d’appareil photos compatible avec le mien, qui me permettra d’avoir de l’autonomie jusqu’à la fin, si j’y arrive…

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Puis il part avec Annick planter la tente à la Grange de Hole, le terme de cette étape, où André est déjà installé en chambre.

Lorsque Kikos arrive, nous passons une bonne heure sur le muret, en centre bourg, à papoter comme les deux vieux du Muppet Show.

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Mais si je veux enchaîner, va falloir y aller ! Alors, on casse une croûte rapidos, puis il m’accompagne sur la route en montée jusqu’au départ du sentier où il me quitte pour retrouver la civilisation. L’idée qu’il porte mon gros sac sur ce tronçon ne nous a effleuré ni l’un, ni l’autre…

La route surplombe la Grange de Hole et j’adresse un salut de la main à Stéphane qui bouine devant sa tente, avant de partir à grandes enjambées dans la montagne, le ravito de Gavarnie ayant rechargé mes batteries à toc.

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Je prends rapidement de l’altitude, le jour décline, un vent frais souffle, l’organisme fonctionne bien, je vis un bon moment de solitude positive.

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Bientôt l’obscurité s’installe, à peine troublée par le faible éclairage de la lune, voilée par des nuages. Je visais la cabane de Lourdes mais, comme je ne veux pas user les piles de ma frontale, je m’arrête à la cabane de Sausse-Dessus, une heure avant.

C’est un abri très sommaire. Je vérifie scrupuleusement l’absence de puces avant de m’installer sur un horrible sommier métallique défoncé, sorte de trampoline qui s’épanchera toute la nuit en grincements douloureux, au rythme de mes innombrables gesticulations…

Le jour d’avant

Le jour d’après

Raid VGA du 13 octobre 2018

1 équipe flying inscrite: ju et vaness.

Ca se présentait bien: Météo superbe annoncée pour ce raid, on est bien motivés et content de faire ce raid tous les 2.

Vendredi soir Ju rentre du boulot complètement HS avec un gros mal de gorge et de la fièvre. Je fais un tour dans notre pharmacie et le gave de médoc, « t’inquiète ça va le faire »…

On file à Civray pour y déposer Nolann, on fait le choix d’y dormir et de nous lever plus tôt pour finir la route samedi matin. Nuit horrible, Ju a de la fièvre et au réveil il ne se sent pas capable de faire un raid. Voyant ma déception, il prend un doliprane et on prend la route.

Nous arrivons sur place vers 8h30, récupérons les dossards et préparons notre matériel. Ju avance à 2km/h.

9h30, le raid est lancé, relais sur 2 cartes de co, Ju commence sur la carte aérienne, j’enchaine sur une carte IOF. Puis nous récupérons nos VTT et atteignons une CO azimut gérée à peu prés correctement. On remonte sur nos VTT en direction du stade de Saint Auvent.

CO photo avec 24 photos à reconnaitre, on est mauvais tous les 2 et passons de longues minutes devant chaque postes a essayer de retrouver la photo qui correspond.  Je m’énerve, ça me gonfle de perde du temps à chaque poste, du coup je fais n’importe quoi au niveau de l’orientation, oublie une balise nous obligeant à un aller-retour pas utile, plus choix d’itinéraires roquenbolesques qui nous font passer plusieurs fois aux même endroits. Ju finit pas râler! 2 équipes mixtes nous sont passées devant. On enchaine par un trail’O où dés la première balise je continue le gros n’importnawak, quand ça veut pas ça veut pas….

On retrouve nos vtt et enchainons road book et vtt’O sans trop de problème, bien que l’orientation soit moins fluide que d’habitude. L’échelle de la carte oblige Ju a s’arrêter plus souvent que d’habitude pour vérifier et lire la carte. On roule bien et on récupère notre retard et pointons à la 4eme place à la CO mémo sur un moto cross. On parvient à la boucler sans erreur en 2 fois.

Nous repartons en VTT jusqu’à un plan d’eau. CO avec tir à l’arc, Ju fait un sans faute au tir et nous enchainons la CO sans erreurs ni hésitations (enfin !!!). Dernier section VTT, on part  en compagnie de Yannis de l’ ARA, on fait un bout de chemin ensemble, et on merdouille ensemble et ratons  une balise sur la carte couloir, 30min de pénalité. A l’arrivée de la section on nous confirme l’oublie d’une balise, on comprend qu’on va plonger au classement. Il nous reste uns CO urbaine de 5km, Ju est cuit, je recupere le doigt sur une partie de la CO. Nous bouclons le raid en 4eme position et 1ere équipe mixte à l’arrivée, mais notre balise manquante nous fait nous classer 3eme en mixte.

C’était un beau raid avec des parcours sympa et vallonné, dommage que Ju n’ai pas plus pu en profiter. Nous regrettons aussi de ne pas avoir pu rester pour la remise des prix et le repas mais Ju avait de nouveau de la fièvre et n’avait qu’une envie, se coucher. Nous sommes donc rentrés…

Merci aux organisateurs.

 

HRP Transpyr 2018 – Mer 22 août (6/20)

Ça va péter, c’est sûr !

Nuit agitée : avec Stéphane, nous avons fait un concours de salto, double boucle piquée, triple axel, cascades bruyantes qui nous ont bien niqué le sommeil.

Ça doit être abominable une nuit en refuge gardé avec, en prime, les ronfleurs, péteurs, pisseurs récidivistes, tousseurs, somnambules…

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Nous prenons le petit déj sur la « terrasse » en regardant le soleil illuminer le fond du vallon. On en profite pour faire plus ample connaissance : mes colocs d’une nuit sont originaires de Millau, néo retraités tous les deux. Annick était médecin diabéto-endocrino, Stéphane a bossé à la DDJS où il s’occupait des éducateurs sportifs de pleine nature et des relations avec les collectivités. Il a un passé de sportif de haut niveau dans les sports aériens.

Après ce moment suspendu, ils prennent le chemin en direction des vestiges du refuge de Baroude, détruit par un incendie en 2014,  de l’autre côté de la frontière.

À priori, j’ai une journée cool devant moi, ayant entamé l’étape la veille.

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Quand André va me rejoindre, nous devons théoriquement aller jusqu’à Baroude où il devrait trouver un abri très sommaire, tandis que je planterai la tente. Il s’est équipé pour l’occasion d’un gigantesque morceau de carton, récupéré au supermercado de Parzan, destiné à l’isoler du froid pour la nuit spartiate à venir.

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Mais je compte lui proposer une modification du tempo, en profitant de la relative qualité de l’hébergement dans ce petit refuge pour la prochaine nuit, afin de faire une journée de repos avant d’attaquer une longue étape d’ici à La Chapelle de Héas, le jour suivant.

André surgit beaucoup plus tôt que je ne le pensais, vers 9h. Il est tombé sur mon refuge, niché dans les replis du terrain, un peu par hasard et a failli le dépasser sans me voir. J’aurais pu l’attendre un moment…

Ma proposition de glander là en profitant du cadre, pour attaquer de bonne heure demain, ne lui convient pas du tout, il a peur de s’ennuyer. Alors nous décidons d’enchaîner. En dix minutes chrono, j’ai replié tout mon barda et on décolle.

Je mange correctement depuis la veille, ce qui fait que j’ai la super grosse patate pour la montée au Port de Baroude. De là, nous basculons côté Français et plongeons sur l’emplacement des vestiges. Il y a subitement un monde fou ici ! Très fréquenté comme endroit…

Nous trouvons l’abri sommaire dont on nous avait parlé mais il n’est plus d’actualité d’y passer la prochaine nuit. Nous prenons la direction de la Hourquette de Chermentas.

Depuis le sentier en balcon, nous assistons au travail d’un berger et de ses deux chiens, occupés à regrouper des moutons égarés. Le jeune Pilou, en apprentissage, s’agite dans tous les sens, sans grand résultat. Alors, pour lui apprendre le job, le berger envoie sa mère (celle du chien, pas la sienne) lui montrer comment faut faire. C’est tout de suite beaucoup plus efficace.

À la Hourquette de Chermentas, j’ai bien envie de tenter de basculer sur le cirque de Troumousse, que je ne connais pas, mais l’itinéraire n’est pas décrit dans le topo, ça serait à l’arrache, à l’azimut, sans garantie que ça passe. Pour se donner de la sécurité, nous interrogeons le berger sur la météo à court terme. Il nous prédit que ça va péter, c’est sûr ! Mauvais présage confirmé par un père et son fils, en rando depuis Piau Engaly, qui ont des infos toutes fraîches sur les prévisions et annoncent l’orage pour 15 h.

Il est 13h15, on risque de cafouiller grave sur le cheminement, de se retrouver sur des crêtes au mauvais moment, d’autant que le berger n’a aucune info sur d’éventuelles cabanes de repli. C’est pas son secteur…

Rapide délibération et nous décidons de renoncer à cette option pour continuer en direction de la Hourquette de Héas où une possibilité de basculer sur Troumousse, décrite dans le topo celle-là, s’offrira à nous, si on peut passer avant l’orage.

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Une heure plus tard, nous y sommes et tombons sur Annick et Stéphane qui viennent d’en faire un, justement, de somme !

Stéphane, qui a une bonne connaissance du temps, en raison de son expérience de parapentiste et de pilote d’avion, estime que c’est pas bon et qu’il faut descendre au plus rapide.

Nous suivons son conseil, j’oublie Troumousse pour cette fois…

La descente se fait en ordre dispersé sous un ciel qui vire au noir, ponctuée de coups de semonce de l’orage qui, une fois de plus, n’éclate pas vraiment. Annick et Stéphane arrivent à la Chapelle de Héas un bon moment avant André. Quant à moi, je traîne la patte, comme d’hab, dans la longue descente douloureuse.

Je plante la tente au petit camping où on avait failli mourir électrocuté dans la douche, avec Kikos en 2013. Il y a eu quelques travaux de faits depuis et c’est devenu moins si pire…

Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Mar 21 août (5/20)

Une bonne tarte sur la joue

Chuis réveillé vers 4h30 : une mouche survivante du génocide de la veille squatte le conduit de mon oreille… Keskel fout là ? Elle semble s’y plaire et j’ai du mal à la déloger : l’introduction délicate d’un crayon la fait se terrer plus profond et je risque d’y laisser un tympan. Finalement, la solution viendra d’une bonne tarte que je m’inflige sur la joue et expulse l’indésirable.

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Comme je suis réveillé, j’en profite pour préparer un bout de texte que je compte envoyer à David dans la journée, lorsque j’aurai gagné Parzan où j’ai de grandes chances de trouver du Wi-Fi.

Pour une fois, l’intérieur de la tente est sec, c’est la première nuit sans condensation.

Je suis prêt à partir à 6h45. Pour un échauffement progressif des articulations, j’évite les shuntes du sentier et privilégie les lacets de la piste en descente, lorsqu’ils ne rallongent pas trop.

Assez vite, je trouve une fontaine accueillante où j’ablutionne : toilette, rasage, lessive…

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Plus loin, une belle montée en courbes de niveau, très agréable, conduit au Paso de los Caballos qui marque le début d’une interminable descente sur piste.

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À la mi-journée, après avoir ingurgité, sans plaisir, le fucking bocadillo acheté la veille, je squatte un tas de cailloux, à l’ombre, au bord du chemin, pour faire une sieste.

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Dans un demi-coma, je vois passer un couple avec lequel, nous ne le savons pas encore, je finirai la traversée, deux semaines plus tard…

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Après ce repos qui coupe bien la monotonie du tronçon, je réattaque la descente vers la vallée, le couteau entre les dents. Il faut finir !

Sur le parking en bas, je profite de la présence de véhicules stationnés pour parfaire le rasage à l’arrache du matin, à la faveur du large rétroviseur d’un combi VW. Il y avait, effectivement, de grosses retouches à faire… Je vais retrouver la civilisation, alors faut éviter d’avoir le look « homme des bois » si je veux pouvoir entrer dans les magasins sans me faire jeter des pierres par les touristes endimanchés, juste sortis de leur voiture pour ravitailler en alcool et bouffe avant de repasser la frontière. Déjà qu’avec la transpiration de la journée, il y aura l’odeur…

Une descente, à frôler les semi-remorques sur la route du tunnel de Bielsa, m’amène à un grand supermercado, à l’entrée de Parzan.

Les courses faites, je me pose à l’ombre et me gave de légumes, fruits, nougat. Pas vu de laitages… Au bout d’un moment un type vient sur moi et m’entreprend sur mon itinéraire, mon gros sac ayant attiré son attention.

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Il s’agit de Stéphane qui est sur la Transpyr depuis un mois en compagnie de sa femme Annick. C’est ce couple qui m’a passé dans la descente, avant de se poser plus bas dans une prairie afin de se requinquer. Après un bref échange, ils enchaînent plus bas dans le village, tandis que je reste là pour cueillir André.

Celui-ci débarque peu après et nous entrons ensemble dans Parzan, André à la recherche d’un hébergement pour la nuit, puisqu’il n’a pas réussi à le caler jusqu’à présent, moi à la recherche d’un bon gros yaourt, dans un autre magasin.

En sortant de ce petit complément de courses, je tombe sur une bande de gisants affalés sur le seuil, les traits tirés, les vêtements déguenillés, les bagages en souffrance. Il s’agit du rassemblement de randonneurs au long cours du secteur : André, Annick, Stéphane, en discussion matos avec deux jeunes Allemands.

Je pars à la recherche du seul troquet du coin avec le Wi Fi. André m’y rejoint après avoir calé son hébergement pour la nuit. Il m’apprend que je peux charger les cartes Espagnoles sur Iphigénie ce que je commence à faire mais le réseau étant trop faible, j’ai peu de résultat.

Avant d’attaquer l’étape suivante, je profite de la douche dans la chambre d’hôtel de mon comparse. Nous nous donnons rendez-vous demain sur l’iti ou, au pire, aux ruines de feu le refuge de Baroude (hi hi hi).

Je m’autorise alors 2 km de stop en compagnie d’une charmante famille Française pour m’amener au point où je suis arrivé sur la route, au bas de la piste, plus tôt dans la journée. Je reprends alors le goudron, mais dans l’autre sens, le long de la Nationale hyperfréquentée. C’est pas glamour mais ça fait partie du jeu. Suralimenté, j’ai la patate et avale  les cinq petits kilomètres en 40 minutes.

Pendant ce tronçon sans intérêt, je croise un couple de HRPiste – une Hollandaise et un Américain – dans l’autre sens qui, eux aussi,  jouent la continuité du fil. Nous papotons un gros quart d’heure dans une sorte d’Espéranto, assis sur la glissière de sécurité, dans le rugissement de moteur des véhicules qui montent et l’odeur de freins surchauffés de ceux qui descendent…

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Après les avoir quittés, je cherche un moment l’attaque de la suite dans un dégagement goudronné où trois canyonistes Espagnols tardent à se changer, ayant apparemment interprété mes hésitations de cheminement comme un stratagème de voyeur pervers…

Je finis par m’engager sur une piste bien sympa, en légère montée avec l’intention de planter ma tente plus haut dans le vallon, à proximité du Rio Barrosa.

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Mais, assez vite, le ciel se peint en noir et l’orage se met à gronder sur les crêtes à ma gauche. Ça, j’aime pas du tout ! Je relis le topo et la carte avec plus d’attention et découvre la présence d’un refuge non gardé au fond du vallon que je décide de gagner au plus vite.  Un fort vent commence à souffler, j’avance d’un pas pressé en m’attendant à ce que le ciel se  déchire à tout moment.

Le premier fracas du tonnerre me pète à la gueule juste au moment où arrive un solide gaillard qui redescend. Il m’annonce une bonne heure de marche pour atteindre le refuge.

C’est quoi que j’fais ? Je plante la tente dans le coin, au plus vite, au sec, avant que des trombes d’eau dégringolent ? Ou je tente le plan refuge, au risque d’être pris dans l’orage en cours de montée ? Je plante ou je tente, au risque de me planter ?

Va pour l’option 2 ! Alors, je tartine comme un malade, je ne sens plus mes genoux, survolant les inégalités du terrain, un leitmotiv revient en boucle dans ma tête : « lâche pas ! ».

Finalement l’orage se contentera de quelques coups de semonce au dessus de ma tête, avant d’aller s’égarer, plus à l’Ouest, sur le mont Perdu.

Je finis par atteindre le refugio de Barrosa, où sont déjà installés Stéphane et Annick. En regardant le soleil décliner, nous papotons sur le seuil un moment dans ce cadre majestueux au bout du bout du monde, avant de gagner nos bat-flancs afin de trouver un sommeil réparateur clôturant cette dure journée.

 

Le jour d’avant

Le jour d’après

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