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HRP Transpyr 2018 – Mer 5 sept (20/20)

Un boulet local nous saoule

trajet 2018 étape 20 animée 

Énervés par la perspective d’arriver aujourd’hui à Hendaye, nous sommes debout de bonne heure et prêts à partir à 7 h. Nous avons une longue journée devant nous, sous un ciel couvert, avec la menace de l’orage toujours présente. Nous croisons encore des HRPistes au deuxième jour de leur traversée.

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Après le col de Lizuniaga, un boulet local nous saoule à une bifurque pour nous faire rebrousser chemin. Heureusement ses compagnons chasseurs sont moins autistes et on arrive à avoir des indications claires qui valident notre choix d’itinéraire.

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Le ciel étant très menaçant, nous shuntons la montée à la Rhune, par le Sud, côté Espagnol. Bien nous en prend car, peu avant le col d’Ibardin, les premiers coups de tonnerre se font entendre et ça se met à dégringoler sévère.

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Nous sommes contraints de mettre notre costume de pluie pour atteindre les ventas où nous faisons un break bière/chips au troquet, le temps que la perturbation passe pour aller sévir ailleurs, vers l’Est, éventuellement sur la tête de Dédé – hi hi hi… – qui a deux jours de retard sur nous, contraint de gérer ses étapes en fonction des possibilités d’hébergement et de repas en refuge.

Des touristes sortent des ventas les bras chargés de cartons de Ricard, de cartouches de cigarettes. Nous n’avons pas la même approche des vacances en montagne…

Une heure est passée et il fait de nouveau beau au-dessus de nous, le moment est venu d’attaquer la descente vers l’océan.

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Au pied du Xoldokogaina, nous faisons la liaison avec les InoXs venus à notre rencontre depuis Biriatou. Des vrais morbacs, ceux-là, pas facile de s’en débarrasser…

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Lorsqu’ils nous quittent pour reprendre leur voiture, SylvinoX nous annonce que c’est la dernière côte. Sauf qu’on va encore s’en taper des dizaines ! Pour rejoindre la plage, en coupant l’autoroute, la Nationale, on doit gravir des kilos de collines. C’est interminable !

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Annick est cuite, mais contente d’avoir fait le forcing hier, afin de pouvoir terminer sa traversée aujourd’hui, au bout de quarante jours. Elle bénéficie de petites poussettes dans les montées trop barbares, afin de la relancer.

Hendaye, enfin ! Mais ça n’est pas fini : une longue esplanade le long de la Bidassoa reste à parcourir.

En mode zombie, je rate la bifurque vers le centre ville qui coupe la pointe et part pour m’en rajouter une couche du côté du port. Heureusement, Annick a encore l’œil lucide et voit le fléchage du GR qui invite à tourner.

Derniers zig-zag dans la station balnéaire, la plage est bientôt en vue. Les InoXs sont là, à nous attendre. Ils ont été plus rapides en voiture…

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Derniers mètres sur la plage, puis dans l’océan. Je rends la liberté au galet que j’ai prélevé l’an passé, sur la plage de Banyuls.

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Photos souvenir. Binouzes offertes par nos anges gardiens des derniers jours, sur l’esplanade, à l’abri du vent.

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Je ne sais pas trop ce que ressentent Stéphane et Annick, c’est très intime comme sensations. Pour ma part, je suis assez distant, pas de grosse émotion comme j’avais pu en avoir en bouclant d’une traite, dans l’autre sens, avec Kikos, il y a cinq ans. Sûrement parce que ce n’est pas une véritable première, et surtout parce que je ne l’ai pas fait d’un seul tenant. Ça reste malgré tout un super voyage, extérieur comme intérieur, avec de belles rencontres, des moments forts, au contact de la nature dans un grand espace de liberté.

Le jour d’avant

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HRP Transpyr 2018 – Mar 4 sept (19/20)

trajet 2018 étape 19 animée

Ça va être tendu du string

 Plus l’habitude de dormir sur un sommier, dans un vrai lit. Le sol en terre avec les petits cailloux qui dépassent me manque. Je suis en voie de fakirisation…

Mon voisin de la chambre d’à-côté, qui prévoit de démarrer un tronçon de la HRP aujourd’hui, dort encore. Il n’est pas dans le bon timing, d’autant que le temps est à l’orage.

Départ commun à 7h20 avec Stéphane et Annick. En quittant le village, nous passons à côté d’un muret en réfection, en face d’une entreprise de maçonnerie. J’espère que ce n’est pas un pro qui a fait ça, sinon, la gueule de la pub… Jamais vu une retape aussi dégueulasse ! Un tel manque de sens esthétique laisse pantois. Le ciment gris dégueule de tous les interstices, les pierres sont posées n’importe comment les unes sur les autres, c’est à vomir.

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Bientôt, nous naviguons sur les crêtes frontalières, orientant à deux pour valider les choix d’itinéraire. Nous croisons quelques individuels et un groupe qui démarrent la grande traversée. Parmi eux un type high-tech qui nous fait l’article pour son purificateur d’eau qui lui permet de traiter même les eaux boueuses pour en faire un liquide consommable.

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Descente sur Elizondo. Il me semble entendre brailler « Oliv’ » dans la montagne. Je réponds à l’appel, puis plus rien derrière… À l’entrée de la petite ville, la voiture des InoXs est garée, en évidence. Ce sont sûrement eux qui ont cherché à me contacter dans la pampa, mais on s’est raté. Je leur laisse un mot sur le pare-brise ainsi qu’un SMS avec le tél d’Annick, le mien ne connectant pas en Espagne. Rendez-vous sur le parvis de l’église jusqu’à 13 h, après on sera repartis.

Nous faisons un petit complément de courses : pain, viennoiserie, puis nous nous installons sur les marches de l’église pour casser la croûte.

Les InoXs déboulent bientôt, les bras chargés de bières. Entre eux et les Aveyronnais le courant passe tout de suite. Photos souvenir avec un mec qui se tape l’incruste.

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Stéphane prend une heure pour dormir dans l’herbe. Nous repartons en début d’aprèm.

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Au Plan de Amezti, nous faisons connaissance d’une nana qui randonne à chwal. Ça doit être un super trip.

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Peu après, les InoXs en footing arrivent à contresens et font quelques kilomètres avec nous pour retourner à leur voiture. J’y reste un moment, afin de recharger mon appareil photo, pour pouvoir faire des clichés merdiques jusqu’au bout, pendant que Annick et Stéphane filent devant.

Je les reprends plus loin et nous cheminons plusieurs heures ensemble, à la recherche d’un spot à dormage avec de l’eau à proximité. Annick est cuite et se tape dedans pour enchaîner à chaque fois que les garçons relancent la machine.

Finalement, nous plantons le bivouac assez tard, à un carrefour, après le col Irazako. Mais la fontaine ne délivre pas d’eau, l’alimentation est coupée en amont, et nous sommes presque à sec. Pour ma part, il me reste un quart de litre pour me désaltérer, faire la soupe du soir et le café du matin. Ça va être tendu du string !

Nous sommes à une dizaine d’heures d’Hendaye.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

RAID DE LA PALMYRE

Samedi 20 Novembre 2018
Raid à La Palmyre.
Météo : idéale, ensoleillée, peu de vent.
Deux équipes des Flying engagées sur le Raid longue distance (3h) :

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Une équipe femme : Angélique, Florence, Céline et Maryse.

IMG_9311Une équipe mixte : Vanessa, Julien, Brévael et Moi (Thierry).

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Faire un Raid avec Les Frappier… La tâche me semblait compliquée vu leur niveau mais intéressante pour observer des champions de l’intérieur ! La présence de Brévael et ma bonne condition physique (selon moi) me rassuraient mais la pression était bien là !

Après le briefing, le départ est donné à 12h. Nous partons sur un petit trail de 1,5 km environ sur la plage. DSC_0015

Pour le moment, tout va bien ! Nous arrivons aux VTT dans les dix premières équipes !

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Nous sautons sur nos engins et quittons la plage pour nous rendre sur le site de notre VTT’O : la forêt du phare de la Coubre. Petite transition de 3km sur la piste cyclable, Julien donne le rythme (élevé !), nous dépassons plusieurs équipes du Raid court.

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Julien et Vaness récupèrent la carte, tracent le parcours et c’est parti pour la VTT’O de 2h dans des sentiers très peu roulants (beaucoup de sable !). Julien part comme un frelon, Vaness dans sa roue essaye de calmer ses ardeurs, Bréva s’accroche et moi, je suis déjà à la traîne dés les premiers hectomètres. Le cauchemar commence ! Manque de technique ou de niveau ? Matériel trop rudimentaire ? Hypoglycémie ? Ou tout à la fois. Vaness me fait ingurgiter toute sa pharmacie. Julien me tracte sur quelques portions. Bref, peu de répit. Julien oriente plutôt bien, Vaness pointe, Bréva suit et moi, je serre les dents en maudissant ce p…tain de sable. La seule perte de temps viendra d’une stratégie assez hasardeuse qui pour préserver les plus faibles (on se demande qui ?) veut que Julien fasse un aller-retour seul pointer une balise. Nous devons l’attendre à l’intersection suivante (mal définie). Conséquence, après une bonne dizaine de minutes, toujours pas de Julien dans les parages ! Vanessa décide de poursuivre notre chemin jusqu’au bout de notre allée très sablonneuse et là, MIRACLE ! Notre héros pointe le bout de son casque rouge. Nous repartons et finissons enfin cette VTT’O compliquée. On nous annonce que nous sommes alors la cinquième équipe mixte. MISÈRE !

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Retour sur la piste cyclable (fini le sable !), je peux enfin envoyer du steak. Nous rejoignons rapidement la plage pour le départ de la prochaine épreuve. Julien et Bréva partent sur le parcours Kayak dans la baie de Bonne Anse. DSC_0079

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Vaness et moi s’élançons sur une CO couloir. Je vais enfin pouvoir prouver à l’équipe que je ne suis pas qu’un boulet en faisant parler mes jambes ! Eh bien NON. Dès les premiers mètres, contractures au niveau des cuisses ! Je suis vraiment le boulet du jour. Vaness fait tout le job, elle oriente, pointe et moi, je suis comme une limace. La galère continue ! On finit laborieusement la CO avec deux équipiers des serials avec qui nous luttons au classement. Après la dernière dune, nous apercevons Bréva serein et Julien très excité, prêt à tuer une bénévole qui attendait pour lui donner sa carte de CO. Dans la précipitation, nous partons en kayak et après quelques coups de pagaies, Vaness se rend compte que Julien est parti sans prendre le doigt électronique : la caca, la cata, la catastrophe !

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Le récit des minutes suivantes est censuré, on ne souhaite pas divulguer les mots doux, appels et gestes de désespoirs fait par les 2 protagonistes… On peut juste dire que Ju a pu récupérer le doigt électronique (On vient de perdre encore 5 bonnes minutes !). Vaness et moi finissons notre parcours en Kayak. Plus qu’à attendre, les deux athlètes pour passer la ligne d’arrivée.
Nous finissons en 3h50min39s. Nous sommes 3ème au scratch et 3ème mixte. C’est inespéré vu les boulettes et notre progression peu rapide !

IMG_9324Les Filles terminent 9ème au scratch et 1ère féminine. Bravo les filles.

Merci aux Frappier et à Bréva pour le podium. Vraiment navré pour ma forme physique consternante. Ça restera quand même un super souvenir !

Merci aux INOX pour les photos, les encouragements, et l’apéro…

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Comme d’hab pour les Frappier, on finit l’apéro offert par l’orga, puis on file à l’apéro chez les inox, et on se finira chez Dav le frère de Vaness. On était aussi conviés chez les serials sur notre route du retour, notre état (de fatigue bien sur) ne nous a pas permis d’honorer leur invitation !

 

Première reco C.O. araignée raid F.A. 2018

Lydie et Oliv sont allés faire une première reco sur la C.O. araignée en cours de construction par LKT.

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En l’état, il y a 18 postes pour 4 km environ. Cette C.O. sera proposée aux Ultras et, éventuellement, aux Tits, en fonction de la zone retenue pour la VTT’O de ces derniers.

Premières impressions : le concept est bien sympa, les zones blanches apportent un peu de piment par rapport à une carte classique. C’est ludique, à la portée de tous car les postes ne sont pas abominablement techniques.

Un seul petit bémol : LKT n’a pas carté les spots à champignons et ceux-ci sont encore plus difficiles à trouver que les petits morceaux de rubalise souvent minuscules (Vaness a sûrement dû donner au traceur des consignes strictes pour économiser le plastique…)

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HRP Transpyr 2018 – Sam 25 août (9/20)

Pleine balle dans la poire

Petit déj au pied du géant. Vers 7h30, je vois partir Stéphane et Annick. Il me faut davantage de temps pour me préparer ce qui fait que j’attaque la montée au col des Mulets 20 mn plus tard.

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De l’autre côté, je tombe sur des marmottes en carton mises en place par l’office de tourisme pour amuser le touriste. Elles sont plus vraies que nature et font leur petit numéro spécialement pour moi.

J’ai à peu près la caisse, mais ça ne m’empêche pas de partir en glissades plusieurs fois dans la descente qui mène au refuge Wallon, une un peu plus fâcheuse que les autres : je dérape sur la gauche, plante mon bâton droit dans la terre pour reprendre l’équilibre, celui-ci ploie sous mon poids et comme je n’ai pas mis la dragonne je l’échappe sous la pression… alors il me revient pleine balle dans la poire et m’ouvre l’arête du nez… saignage… ça pique…

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J’arrive à Wallon vers midi. Il y a beaucoup d’agitation, les gardiens sont occupés à se foutre de la gueule d’un jeune apprenti berger qui s’agite dans tous les sens et sature l’écoute en conversant avec son père dans un talkie-walbie à propos de quelques brebis égarées. Ce petit gars qui fait l’important pour épater le touriste ne se rend pas compte du ridicule et se fait bien bâcher par des gardiens sans pitié.

Je mange dans mon coin, au bout de la terrasse, puis laisse un mot pour Dédé à l’accueil, lui donnant rendez-vous le lendemain, en fin de journée à Arrémoulit.

Puis j’entame une nouvelle montée, en direction du Port de Cambalès, entrecoupée d’un bain bien revigorant dans l’eau fraîche du lac du même nom.

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Vers 15h30, sous le col, à 2570m, je pose mon bivouac au bord du sentier, dans un tout petit espace ric-rac, au sein d’un vaste cirque.

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Le vent souffle fort, par rafales. j’espère que la tente va tenir… Bientôt, la brume monte et vient envelopper d’un écrin cotonneux ce petit îlot d’humanité perdu dans l’immensité minérale.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Ven 24 août (8/20)

Un Tchèque sans provisions

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À l’aube du huitième jour, je n’ai pas la caisse, le manque de sommeil se fait sentir.

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Avant de partir, j’apporte ma modeste contribution à un des graffitis qui « ornent » les murs de la cabane.

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Je rejoins le barrage d’Ossoue et remonte les Oulettes pour faire un premier break avant la passerelle.

Je me traîne dans la longue montée qui suit. Je croise quelques randonneurs qui redescendent de Baysselance. Au Pont de Neige, un groupe de djeuns font les guignols, en glissades sur le névé. J’apprendrai par la suite que l’Arthur du groupe s’est pris une grosse pelle plus bas, avant la passerelle, qui l’a mis groggy et ensanglanté…

Peu avant la bifurque d’accès au glacier d’Ossoue, au pied du Vignemale, je m’octroie une grosse heure de pause, bouffe et sieste.

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Après cette coupure réparatrice, je passe à proximité du refuge de Baysselance sans m’y arrêter, poursuis jusqu’à la Hourquette d’Ossoue avant de basculer dans la descente vers le refuge des Oulettes de Gaube.

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C’est laborieux, mais je gère à mon rythme. Je croise quelques randonneurs qui montent et suis repris pas un drôle de zèbre : un mec que j’entends arriver de loin, il est en grande conversation avec lui-même, s’invective, s’apostrophe en dévalant comme un pantin désarticulé les coudes du sentier, ses genoux déglingués l’envoyant valser de droite et de gauche, toujours à la limite de la rupture mais conservant malgré tout un incroyable équilibre… Cet OVNI passe sans m’accorder la moindre attention. Je reste scotché par le spectacle et accompagne le déglingo des yeux jusqu’à sa complète disparition.

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J’atteins le refuge en début d’après-midi. J’y prends une douche chaude mais chronométrée (4€ les 4 minutes…). Puis lessive, tentative de séchage, nouvelle sieste.

Je suis sans nouvelles des trois autres. J’ai navigué seul toute la journée mais, vu mon état de fatigue c’est préférable, je n’aurais pas été d’un commerce agréable…

Sur la terrasse, autour d’une bière, j’échange avec un jeune Tchèque qui a l’air aussi cramé que moi. Il shoote un maximum de sommets dans le coin et se tape bien dedans. Lui aussi commence à être un peu à court de vivres, un Tchèque sans provisions en quelque sorte…

Finalement, les Aveyronnais débarquent au refuge une paire d’heures après moi. J’attendais André mais ils m’informent que celui-ci reste dormir au refuge de Baysselance.

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Avec Stéphane, nous avons le temps d’échanger un bon moment autour de la législation, l’organisation de manifestations sportives, l’accidentologie…

Avant que les meilleurs spots soient pris d’assaut, je vais planter ma tente sur l’aire de bivouac, à quelques centaines de mètres, avant de revenir manger dans la salle hors-sac du refuge. J’en profite pour finir de recharger mon tél.

La nuit sera, pour une fois, plutôt correcte, la masse imposante du Vignemale veillant sur le sommeil des occupants de la petite dizaine de tentes disséminées dans la prairie.

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Le jour d’avant

Le jour d’après

HRP Transpyr 2018 – Jeu 23 août (7/20)

Comme les deux vieux du Muppet Show

Avec André, nous prenons la route à 7h45, direction le barrage des Gloriettes. Nous conversons au début, puis chacun prend son rythme propre et nous allons chasser-croiser tout au long de la journée.

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J’avance devant en allongeant le pas dans le vallon d’Estaubé pour faire une pause bullage au soleil d’une petite demi-heure, peu après la cabane où nous avions dormi avec Kikos lors de la traversée, dans l’autre sens, en 2013.

André me passe et attaque les lacets vers le col. Il tombe sur Stéphane et Annick, partis plus tôt que nous le matin.

Lorsque je repars, je les ai dans le collimateur, au loin, et tartine pour les rattraper en coupant les longs lacets, dré dans l’pentu. C’est clair que je m’éclate davantage dans les montées que dans les descentes…

Nous faisons la jonction un peu en dessous de la Hourquette d’Alans, tandis que des organisateurs balisent le sentier pour le Grand Raid des Pyrénées qui aura lieu le week-end suivant.

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Au col, je collationne. Puis c’est parti pour une longue descente vers Gavarnie. Le panorama est de toute beauté avec, au loin, la Brèche de Roland qui marque l’accès au Mont Perdu,  au Marboré…

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Au refuge des Espuguettes notre quatuor se reforme. Mes comparses consomment pendant que je fais un demi-somme.

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À leur table, de jeunes ayatollahs critiquent les trailers sur leur approche du milieu montagnard. Cet ostracisme démontre un manque d’ouverture d’esprit que je ne prends pas la peine de stigmatiser, le temps qui passe fera le boulot…

Nous repartons du refuge au même moment, mais en trois paquets : les Aveyronnais tartinent devant, direct sur Gavarnie, André tente un crochet plus près du cirque, quant à moi, je me traîne jusqu’à la ville touristique, à un petit rythme…

Courses de bouffe, gros gavage, puzzle de remplissage du sac, interrompu par un SMS de Kikos : il est en vacances dans le coin et propose de me rejoindre d’ici une grosse heure, si je stationne dans la station. Vendu ! Je l’attends.

Stéphane me cède une batterie d’appareil photos compatible avec le mien, qui me permettra d’avoir de l’autonomie jusqu’à la fin, si j’y arrive…

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Puis il part avec Annick planter la tente à la Grange de Hole, le terme de cette étape, où André est déjà installé en chambre.

Lorsque Kikos arrive, nous passons une bonne heure sur le muret, en centre bourg, à papoter comme les deux vieux du Muppet Show.

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Mais si je veux enchaîner, va falloir y aller ! Alors, on casse une croûte rapidos, puis il m’accompagne sur la route en montée jusqu’au départ du sentier où il me quitte pour retrouver la civilisation. L’idée qu’il porte mon gros sac sur ce tronçon ne nous a effleuré ni l’un, ni l’autre…

La route surplombe la Grange de Hole et j’adresse un salut de la main à Stéphane qui bouine devant sa tente, avant de partir à grandes enjambées dans la montagne, le ravito de Gavarnie ayant rechargé mes batteries à toc.

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Je prends rapidement de l’altitude, le jour décline, un vent frais souffle, l’organisme fonctionne bien, je vis un bon moment de solitude positive.

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Bientôt l’obscurité s’installe, à peine troublée par le faible éclairage de la lune, voilée par des nuages. Je visais la cabane de Lourdes mais, comme je ne veux pas user les piles de ma frontale, je m’arrête à la cabane de Sausse-Dessus, une heure avant.

C’est un abri très sommaire. Je vérifie scrupuleusement l’absence de puces avant de m’installer sur un horrible sommier métallique défoncé, sorte de trampoline qui s’épanchera toute la nuit en grincements douloureux, au rythme de mes innombrables gesticulations…

Le jour d’avant

Le jour d’après

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