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Seud’Raid 2018


10 h, parking du péage de La Crèche. La voiture descendue des steppes glacées du Nord du département arrive avec, à son bord, mes trois équipiers pour la journée : Gill et Denis, les vieux crocos, renforcés par Gaël, un d’jeuns en stage de formation accélérée. J’embarque et on enquille l’autoroute direction Saintes.

Pendant que je fais connaissance avec Gaël à l’arrière (nous allons fonctionner en binôme sur ce raid, lorsque l’équipe sera scindée en deux), les deux virtuoses pianotent à l’avant sur le GPS dernière génération qui équipe le véhicule de Denis.

Ça semble compliqué, l’appareil refuse de se caler sur le port de Ribérou à Saujon. Gill tourne en rond, alors le Barbu prend les choses en main, tout en conduisant, sous le regard inquiet des passagers arrière doutant de sa capacité à rester concentré sur la conduite, à 130 sur l’autoroute, avec la remorque chargée de vélos qui slalome derrière… Dans le doute, je rédige un rapide testament au dos de mon certificat médical délivré par le bon Docteur Phen Tchop…

Euréka ! Le Barbu a trouvé une « rue du port » et valide la destination. On lui fait remarquer que c’est dans un bled qui s’appelle Corme-Ecluse mais il s’en fout, il a une rue du port, il est content…

On laisse tomber, le bled n’est pas loin de Saujon, au verra plus tard. Encore heureux, que l’ordi ne lui ait pas proposé le port de Brest, sinon on y serait encore…

Nous filons sur la N150, l’arrivée à Saujon est imminente. Soudain, le Barbu quitte la route principale sous l’injonction du GPS et nous voilà bientôt en pleine pampa, sur une route à peine assez large pour laisser passer le véhicule qui s’engage sous un pont pour se perdre dans des marais…

L’heure du briefing approche, il est temps de siffler la fin de la récré ! Gaël prend les choses en main avec le GPS de son tél et met un terme à la visite touristique pour nous guider au plus court vers notre destination.

Moi, je me dis qu’avec les deux guignols devant, la journée risque d’être riche en rebondissements, et je ne vais pas être déçu !

Je laisse le soin à Doudou, fan inconditionnel des Flyings dont le manque d’objectivité n’est plus à démontrer, de raconter la journée en détails.

Oliv

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Énorme !

Ce samedi 26 mai 2018 restera un jour historique dans le domaine du sport, que ce soit au plus haut niveau professionnel qu’au plus petit niveau amateur, eh oui, ce jour-là, 2 sexagénaires avec une cervelle de moineau font une bourde « énorme » sur le raid International de Saujon et le soir même, le gardien de Liverpool fait 2 bourdes « énormes » lors de la finale des chochottes, en football.

Comme quoi, çà peut arriver à tout le monde !

Nous allons ici nous intéresser uniquement au raid, comme tout le monde le sait, seul vrai sport de la planète où vous ne rencontrez que de vrais sportifs, beaux, forts et intell……, quoique !

Nous avons tellement d’anecdotes à vous raconter concernant le raid de Saujon, avant, pendant et après que nous n’allons relater que les principales car il nous faudrait un bouquin de 300 pages pour y caser tout ce qui nous est arrivé ou alors je lance l’idée de faire un week-end barbecue/bivouac avec toute la tribu raideurs de France, afin que chacun relate ses plus belles énormités en raid. Je pense fortement que Denis et moi ferions podium sur ce coup-là, voire même la médaille d’or !

Bref, en ce beau samedi de mai, après quelques péripéties routières pour arriver à Saujon, nous sommes la dernière équipe à valider notre dossard, normal les Sexa Piles se font attendre !

Nous arrivons quand même à être à peu près au point pour se placer sous l’arche de départ en même temps que tout le monde, nous chambrons un peu à droite , à gauche les copains raideurs, l’ambiance normale quoi ! Nous en rajoutons quand même une petite couche envers l’équipe de Marie, nous l’adorons tellement !

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1ère épreuve, 2 (Denis et Gill) partent pour une CO photos pendant que les 2 autres (Oliv’ et Gaël) font un petit tour de canoë sur la Seudre, après 35’ de combats chaque binôme se retrouve au point de départ pour inverser les rôles. Nous avions sans le vouloir très bien structuré nos binômes car aux 2 fois, nous arrivons pratiquement ensemble.

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Nous terminons cette 1ère épreuve en troisième position, quelques minutes après nos potes du RAB, mais surtout dans les talons de l’équipe de Marie, et là, dans ces cas-là Denis est intenable, il prend la carte du VTT qui suit, sans trop regarder ce qu’il faut faire, c’est un suivi d’itinéraire, mais il ne s’en apercevra que quelques minutes plus tard ; au début, il ne voit que les ronds des balises sur la carte et il embraye à fonds les ballons en passant par les routes qui l’intéressent, résultat, sur les 3 premières balises nous arrivons devant Marie, mais à chaque fois elle nous rattrape car nous jardinons légèrement pour trouver la toile orange et à chaque fois nous repartons avec son équipe, et bien sûr, çà chambre, normal !

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A la faveur d’un beau chemin assez roulant, Oliv’ met la surmultiplié, gros braquet, grosses cuisses et  nous faisons le trou, sauf que le trou vient aussi s’inviter dans le pneu de notre brave guerrier, arrêt, 1ère bombe (la DLC devait être dépassée depuis des lustres), 2ème bombe, c’est bon, mais pendant ce temps là l’équipe de Marie nous dépose et se fend bien la poire (pas le pneu). C’est peut-être le tournant du match ?

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Nous arrivons à la fin de ce VTT dans une belle propriété pour enchaîner sur une CO Azimut à pied, dans un petit bois, nous croisons Marie sur leur dernière balise quand nous, nous partons sur la 1ère, elle nous donne l’info qu’il est préférable d’être propre là-dessus, Oliv’ entend bien l’info, mais pour Denis, voir Marie, c’est comme « le double effet Kiss Cool », il fonce à fond les ballons (heureusement pas de bière). Oliv’ est obligé de lancer un grand cri de Tarzan pour calmer la troupe et l’effet est immédiat (Quelle autorité !) tout le monde revient aux fondamentaux et l’enchaînement des balises devient limpide, quel miracle !

Nous repartons ensuite sur un VTT Fléché Allemand, Oliv’ et Denis sont à la manœuvre. Sur la 1ère balise Denis et Oliv’ ne sont pas sur la même longueur d’onde, il s’avèrera que SKYROCK était bien la bonne, heureusement c’est sur cette onde que notre Tarzan de tout à l’heure était connecté et que tout le monde (car nous étions plusieurs équipes sur ce coup-là) l’a joué à la Jane.

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Sur ce fléché Allemand Gaël et moi avons le temps d’admirer le paysage, comme souvent dans ces cas-là, ma tête commence à changer de sport et à penser et que je suis sur une rando VTT entre copains, alors je me mets à raconter à Oliv’ des vieilles histoires de guerre (A nos âges, nous avons des souvenirs plein la tête). Oliv’ est obligé de me dire de la fermer, car il est en pleine concentration et il se pose de vraies questions sur le choix qu’ils viennent de faire dans cette belle forêt que nous traversons, Denis et lui ont le « trouillomètre » à zéro car il n’ont plus rien qui les rassure et les kilomètres s’enchaînent, les descentes aussi (tout le monde pense que s’il faut revenir en arrière, il va falloir les remonter), mais une 3ème fois nous faisons confiance à notre Tarzan National et bien nous en a pris car finalement « Eurêka » (Là, Tarzan s’était transformé en Archimède), vraiment faire un raid avec un tel équipier, c’est le pied, mais pas les genoux par contre, car de ce côté-là, c’est plutôt RoboCop et çà, çà l’énerve !

Nous enchaînons sur un road-Book : RAS, puis nous sommes invités sur un trail et c’est sur ce genre d’épreuve qu’Oliv’ échangerait bien volontiers ses 2 genoux pour un bon DTT (déambulateur tout terrain), vous savez un truc comme celui qu’il m’a offert début avril du côté d’Augé. Pour l’instant, il fait avec ce qu’il a, il serre les dents et il suit.

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La galère étant terminée, nous poursuivons sur un VTT’O, Gaël prend la carte, les balises s’enchaînent parfaitement, çà roule pas mal, Oliv’ a les grosses cuisses mais il s’arrache jusqu’au bout, nous arrivons à Saujon en 3ème position et tout va se jouer pour le podium, sur la dernière CO à pied dans et autour de Saujon, car nous sommes 3 équipes à poser nos VTT ensemble.

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Comme sur la 1ère épreuve, l’équipe est séparée, 2 binômes sur 2 CO différentes, nous reconstituons les mêmes duos qu’au début, au dernier moment, nous échangeons nos cartes, bien mal nous en a pris, il est là le tournant du match, çà c’est joué sur cet échange de carte … C’est sur cette dernière épreuve que le mot ENORME va prend tout son sens…

Le binôme Denis à la carte et moi au carton de pointage part gambader dans la campagne en traversant quelques conches au passage, normal, un raid sans vase, ce n’est pas un raid. Tout s’enchaîne parfaitement, Denis amène le duo pile poil à chaque fois sur la balise, je vérifie le numéro qui est affiché  à chaque balise (sur un format A4 SVP), avant de poinçonner le carton.

Sauf qu’à un moment donné nous nous tirons la bourre avec une équipe de jeunes et çà Denis il n’aime pas, pas question de se faire gratter par des petits jeunes, il accélère, je tire la langue et essaie de m’accrocher et arriva ce qui devait arriver, nous arrivons à 4 sur le fameux endroit où la balise 51 de notre carte est située à gauche d’un chemin, alors que la balise 50 (qui est sur l’autre carte de l’autre binôme) est sur la droite du chemin.

Nous sommes un peu dans le rouge, Denis m’indique qu’elle est à gauche, je m’y dirige, mais en même temps, il voit la balise de droite, il me crie dessus, « là, elle est là », avec la  dextérité d’un gymnase lors des championnats du monde, je change de barre et hop, je saute sur la droite pour poinçonner le carton et vlan, je ne vérifie pas le numéro sur le A4, le trou, je ne me souviens pas avoir vu le carton, bref l’énormité est dans la besace sans le savoir et nous rentrons vers la ligne d’arrivée fiers comme Artaban, pensant que nous sommes les champions du monde de CO, en ayant ramassé toutes les balises…

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Après un lancer de Charentaises (Original et sympatoche) où une fois de plus, nos 2 sexagénaires se font remarquer par de formidables lancers à la cime des arbres, ce qui a pour effet de faire atterrir les Charentaises à quelques mètres seulement alors que le but du jeu était de les lancer le plus loin possible et une bonne douche (chaude) durant laquelle Oliv’ pense avoir trouvé l’info du jour auprès d’une autre équipe et qui nous mettrait sur le podium.

Je commence à réfléchir aux petites conneries que je vais pouvoir faire et au chambrage qui va avec pour notre copine Marie lors du protocole podiumique, sauf que Denis a la bonne idée d’aller vérifier auprès des informaticiens du jour que nous avons bien toutes les balises.

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Et c’est là que le verdict tombe, il vous manque une balise, Denis sort la hache, menace le gars à la souris, le pauvre gars panique un peu, il glisse doucement sous la table et nous montre du bout des doigts qu’à la balise 51, nous avons pointé la balise 50, Denis remballe tout son matériel de guerre et nous repartons la « q…. entre les jambes » pour aller annonce la nouvelle à Oliv et Gaël qui sont les pieds en éventails devant la bourriche d’huîtres et la bière offerts par l’orga…

Pas fiers du tout, nous acceptons avec le sourire tous les quolibets venus de tous nos copains et je me dis que là, nous avons atteint le summum de la connerie faisable sur un raid, comme nous dit si bien Marie, « Même un Benjamin ne ferait pas une erreur pareille » et le pire, c’est qu’elle a raison, nous sommes bien les Champions du monde, mais bon la France n’a pas tant de champions du monde que çà, alors on ne va pas faire la fine bouche, pour une fois que l’on a une équipe Championne du Monde, fêtons là !!!

Gill (alias Doudou)

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2 Réponses

  1. Pour la balise 51, ils auraient pu prévoir un p’tit jaune anisé… comme ça Gil ne serait pas trompé et ça aurait été plu « fun »…
    Et puis chez Oliv, les pneus sont dans le même état que les genoux !
    Bravo à vous en tous cas

    • Tu as peut-être bien raison Alamo, car comme tu le sais, je ne bois pas d’alcool et là bizarrement le week-end dernier sur le raid de Vouvant, j’ai passé le vendredi et le samedi avec les bénévoles et nous avons fêté ma retraite et mes 60 ans, ils en ont profité pour me faire boire autant de bières en 2 jours qu’en 10 années avant et comme par miracle, sur le raid du dimanche, j’étais en forme et avec Oliv’ nous avons très bien orienté.
      Comme quoi ! je vais peut-être me mettre moi aussi aux boissons qui rendent joyeux !

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