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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 28/29


Dimanche 10 Septembre

Il a fait un temps épouvantable toute la nuit, un vrai froid de connard, et ça semble vouloir durer… J’ai dormi couvert à toc dans mon duvet de merde et j’ai, malgré cela, bien caillé. Difficile de fermer l’œil. En plus, la digestion de l’échec de la veille ne passait pas bien… Heureusement, malgré les assauts de la pluie et du vent, la tente est restée étanche.

Il faut raisonner à court terme : premier objectif, rallier le camping Aneto, à une petite heure. C’est un gros complexe, je devrai y trouver de quoi faire une lessive, un complément de ravitaillement – car pour m’extraire de la tempête d’hier j’ai bien décalqué mon stock – ainsi que du wifi. J’y aurai sûrement des prévisions météo récentes et pourrai aviser pour la suite. Si ça ne se dégage pas, j’y dormirai la nuit prochaine.

Je bâche sous la pluie et, une heure plus tard, arrive à l’accueil du camping Aneto.

La lessive est à 4 euros ! Le séchage, au même prix ! Ils sont dingues là-dedans ! Je prends juste une lessive, et pars à la recherche du troquet, le temps qu’elle se fasse.

Il y a là beaucoup d’agitation. Des groupes d’Espagnols, d’Allemands, principalement, qui braillent dans tous les sens, sous les tivolis de la terrasse, ainsi qu’à l’intérieur.

Tout près de l’entrée, une petite table, avec une place de libre. Je m’installe en face de mon clone. Pas au sens ressemblance physique, mais dans l’attitude : le mec est dans sa bulle, insensible au tumulte, tous ses appareils électriques en cours de recharge, le nez sur son portable à essayer de se connecter. Je le sens bien sur du long cours…

Je le branche, il s’extirpe de sa bulle. Effectivement, Marc est également engagé sur la Transpyr. Il est parti un jour après moi de Banyuls, a choisi un itinéraire plus direct, sans faire de crochets par les sommets. C’est un Français qui est installé au Japon et baroude pas mal de par le monde.

Je n’arrive pas à laisser un message sur le blog pour indiquer que tout va bien, malgré ma tentative ratée de passer en France, hier. Ça plante à chaque fois. J’espère que les infos météo ne sont pas trop alarmantes à la télé, que ça ne psychote pas trop du côté de Niort…

Il s’est arrêté de pleuvoir. Avec Marc, nous convenons de cheminer ensemble jusqu’à la cabane de Santa Ana, à une petite heure. Elle est rustique, mais semble propre. Une salle en bas, avec une cheminée, un banc, une table ainsi qu’un plancher-dortoir sur une mezzanine, à l’étage, en passant par l’extérieur.

À proximité de la cabane, il y a des tas de branchages coupés. J’attaque direct un feu qui va tourner tout le reste de la journée.

Nous étendons nos fringues mouillées.

Ma tente s’égoutte à l’extérieur. Ça nous vaut la visite, courtoise mais ferme, de deux gardes féminines qui viennent stipuler l’interdiction de camper. Qu’elles se rassurent, nous les informons de notre intention de dormir dans la cabane.

Au loin, dans la direction que devons prendre, les sommets sont couverts de neige fraîche, qui est tombée cette nuit.

Nous avons le temps de discuter pas mal, avec Marc, et je me rends compte que je suis un dinosaure, au niveau tos :

– Il a le logiciel iPhiGéNie, avec toutes les cartes IGN des Pyrénées, peut connaître, à quelques mètres près, sa position à tout moment. J’ai des cartes papier pourries, collages bricolés à partir de différentes sources et différentes échelles.

– Il a un téléphone de secours, avec une carte pré-payée, pour passer des coups de fil urgents si nécessaire, à partir de l’Espagne. J’ai un forfait Free à 0 euros qui passe tout juste en France, et encore pas partout…

– Il a une balise de détresse, qu’il peut déclencher en cas de gros coup dur. Une liaison satellite informera une société d’assistance américaine qui mettra en action les secours les plus proches. J’ai mon pouce et mon index pour siffler fort.

– Il a une tente double parois, dans laquelle il peut se mouvoir. J’ai une tente de raid, juste un sarcophage, simple paroi.

– Il a un super duvet, chaud et léger, qui supporte des températures négatives. J’ai un pôv duvet de printemps, idéal jusqu’à 10 degrés.

– Il a des gants de ski, étanches. J’ai des petits gants de soie.

– Il a un système complexe de filtration instantanée de l’eau à base de filtres à charbon. J’ai des comprimés de Micropur, qu’il faut laisser agir 2 heures dans l’idéal.

– Il a de la nourriture lyophilisée Japonaise qu’il s’est envoyé à différents endroits du parcours, avant de partir. Je gère la bouffe à l’arrache, en fonction des itinéraires que je privilégie.

Nous évoquons la suite de nos aventhures respectives. Demain, Marc visera le refuge de Viados, en deux jours, en transitant par le refuge Angel Örus. L’enneigement récent en altitude le fait quand même pas mal gamberger… Pour ma part, je n’ai pas encore pris de décision ferme, ça dépendra de comment je vais gérer le froid et les démangeaisons, cette nuit. Si c’est supportable, je continue comme lui. Si c’est moyen, je vise Hendaye au plus court et rallie Viados, en une étape, par le GR, plus au Nord. Si c’est trop merdique, je plie les gaules, soit en redescendant au camping Aneto, soit en allant jusqu’à Viados. Dans les deux cas, j’aurai une liaison routière.

Marc monte dormir sur la mezzanine, je me couche sur le sol, près du feu. La fumée est omniprésente dans la cabane et nous empêche de nous endormir. J’arrête d’alimenter le foyer pour que mon coloc’ cesse de tousser.

Le feu s’éteint, les heures passent. Je me rends compte que c’est pas facile de se gratter en mesure quand on claque des dents…

Une chtite vidéo pour conclure  :

 

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6 Réponses

  1. Le coup de la bouffe disséminée sur le parcours, c’est pas con ça !!!

  2. Le gars Marc, malgré tout son matos high-tech, as-tu au moins réussi à lui filer quelques puces, pour voir s’il avait une solution pour éradiquer ces sales bestioles ?

    • Quelle impatience !
      Tu le sauras au prochain épisode…

      • Nous sommes bientôt en novembre et nous avons commencé ta « série » en août, alors tu peux constater que je suis très patient, au contraire !!!

  3. salutos..on se pose des questions qu’est devenu notre héros?? est-il retourné chez les pucelles (qui sont les femelles des puces.).une fée l’a t-il transformé en « cairn »… ou a t’il rejoint une harde de chamois ?? et se déplace t’il à 4 pattes ..? ou au contraire devons nous déclencher le plan ORSEC …pôvre Lydie tu dois être inquiète…

  4. Pas du tout mon tonton. J’l’ai récupéré aux urgences de Niort le mardi 12 octobre, à 12h. Il m’attendait devant l’entrée, tout « pouilleux » comme un toutou qu’on sort de la SPA.
    Nous avons mis tout ce qui pouvait rentrer dans le congélateur pour tuer les sales bestioles et lentes.
    J’ai bien essayé d’y faire rentrer le garçon aussi mais y avait toujours un morceau qui empêchait la fermeture du congélo….
    Après, j’ai dû décontaminer la voiture, la chambre….
    En fin de compte, il semble que nous n’ayons eu aucune contamination. Quelle Histoire!!!!
    Lydie

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