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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 25/29


Jeudi 7 Septembre

Écrasé de fatigue, je me suis endormi comme une masse. Vers 5 h du mat’, je suis réveillé par des démangeaisons. Un coup de frontale me permet de constater que je ne suis plus tout seul dans mon duvet : quelques puces sautent dans la lumière, ce qui explique les boutons rouges que j’ai en haut des cuisses.

Je plie en vitesse pour quitter cette bicoque, c’est vraiment glauque comme endroit… Je confine mon duvet dans un grand sac poubelle. Avant de franchir le seuil, j’avise un sac plastique pendu près de la porte. À l’intérieur, un bidon de poudre antipuces pour les chiens. Dans le doute, j’en prélève une partie…

Je pars à la frontale dans les blocs, à la recherche du sentier, en amont. Je ne le retrouve pas, envisage un moment de l’avoir traversé et de me trouver déjà au-dessus. Dans ce cas, ce serait idiot de continuer à monter. Je me pose donc au milieu des rochers et attends le lever du jour en préparant mon petit déj’.

À la lumière du jour naissant, je peux me recaler par rapport à l’abri maudit et retrouve le sentier.

Plus loin, une source coule et je peux faire une toilette complète ainsi qu’un inventaire des dégâts. Je suis piqué également dans le bas du dos et sur les chevilles. Rien sur le zboub…

Peu de temps après, je croise un Allemand – un de plus – dans l’autre sens. Il s’agit de Ralph, de Hambourg, qui chemine exclusivement sur le GR. Nous sommes aujourd’hui, tous les deux, pile au milieu de notre traversée respective, endroit symbolique qui justifie une virile congratulation, ainsi qu’une petite photo souvenir. Peut-être Ralph a-t-il des puces depuis ce jour… Hi hi hi !

Dans la longue descente vers l’Hospital de Vielha, je discute avec un pêcheur de truites qui monte en direction des lacs d’altitude. Il vient de Luchon et m’informe que, de l’autre côté de la frontière, le temps est dégueulasse, il pleut sans discontinuer. Il me conseille fortement de rester le plus possible côté Espagnol. Il va falloir que j’étudie la suite du trajet en conséquence.

Pause repas sur le parking du refugi Sant Nicolau, abandonné et cadenassé, à l’extrémité Sud du tunnel de Viehla. Puis, j’attaque la piste en direction du refugi de Mulleres. Un ramasseur de champignons, qui descend de la montagne accompagné de son chien, fier comme s’il était propriétaire d’un bar-tabac, me montre, dans un large sourire édenté, les quelques cèpes contenus dans son sac en plastoc.

Maintenant, ça grimpe sec. Je suis claqué, j’ai faim, plus grand-chose à manger déjà, et gravement en carence de fruits.

Je traverse l’aire de pâturage d’un énorme troupeau de moutons.

Le berger, allongé à une vingtaine de mètres en contrebas du sentier est scotché lorsque je descend à sa rencontre pour lui serrer la main. Mais nous avons du mal à communiquer, la rencontre est de courte durée.

Plus loin, je croise trois jeunes Espagnols, en tenue de trail, qui redescendent du Tuc de Mulleres qu’ils ont gravi dans la journée, en étant partis très tôt ce matin, du parking. Ils me dépannent d’un sandwich au saucisson ainsi que d’une banane. Ils peuvent s’en passer, dans une heure ou deux, ils seront à leur véhicule.

Encore plus haut, un jeune couple de HRPistes Français, accompagné de deux amis qui les suivent depuis trois jours, me parlent, des étoiles plein les yeux de la section Gourgs Blancs – Portillon, à venir pour moi, qu’ils ont parcourue il y a peu. Apparemment, c’est un truc à ne pas rater, itinéraire à privilégier, donc.

Peu de temps après, deux autres randonneurs d’un certain âge, qui réalisent un tronçon de la HRP, me dépannent de fruits secs. C’est fou le monde qu’il y a, d’un seul coup ! Et des Français, qui plus est…

J’atteins le refuge de Mulleres en milieu d’après-midi. C’est tout pour aujourd’hui !

Maintenant, ma mission importante est de faire le point sur ce problème de parasites. Pendant une heure, j’inspecte mon duvet et scotche consciencieusement au sparadrap une vingtaine de puces que je déloge des replis du tissu dans lesquels elles se planquent. Puis je verse à l’intérieur la poudre pour les chiens que j’ai récupérée ce matin, renferme le tout dans un sac poubelle et secoue bien l’ensemble pour diffuser le produit. Je projette de ne pas m’en servir cette nuit, le temps d’exterminer complètement la vermine.

J’inspecte également l’intérieur de mon sac-à-dos, rien de visible à priori. Une nouvelle toilette complète à l’étang proche et je peux entrer dans le refuge en ayant pris le maximum de garanties pour ne pas l’infester. Mais je ne suis pas hyper serein quand même…

Je suis dans l’expectative sur la suite à donner. Si je n’arrive pas à solutionner complètement ce problème, je vais devoir regagner la France, pour trouver un médecin et une pharmacie. Soit en redescendant à rebours faire du stop à partir de tunnel de Viehla, soit en continuant vers l’Ouest, mais je ne visualise pas la prochaine échappatoire.

En fin de journée, un gars arrive. Il s’agit de Christophe, de Brive, qui s’est pris un râteau au printemps dans une tentative d’ascension du Tuc de Mulleres en raison du fort enneigement et vient retenter sa chance avec des conditions plus clémentes.

Sa carte est assez précise, je prends quelques photos pour la suite, au cas où… Nous mangeons ensemble. Je déciderai demain matin, en fonction de comment se sera passée la nuit, si je l’accompagne en direction du col, puis du Tuc, ou bien si je retourne sur Viehla. Le doute m’habite…

Je me couche dans les couvertures, habillé à toc, pantalon, doudoune, en espérant que je résisterai à l’envie de me gratter…

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