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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 22/29


Lundi 4 Septembre

Je décolle de bonne heure car l’étape à venir est longue, physique, et difficile en orient’. Bah, je trouve le moyen de merder direct : je passe près d’une heure à gagner l’Estany qui dort au pied du ressaut que je dois gravir, alors que, d’après le topo, en dix minutes ça devrait être bâclé…

J’ai bien quelques cairns au début mais bientôt je cherche mon cheminement dans des vallons encombrés de coulées de blocs humides, de buissons de rhodos avec leurs corolaires : les trous chafouins planqués sous le feuillage…  J’essaie d’accéder à la rive de l’étang en attaquant à partir de plusieurs directions, après de savantes manœuvres de contournement. Je suis en nage et ne me suis guère éloigné de mon point de départ…

Je m’entête et finis par forcer un passage qui me permet d’attaquer, sous la pluie, la montée vers le col. Une fois sur les hauteurs, je comprends ma cagade : il y avait deux étangs voisins à proximité et, une fois de plus, j’ai fait une confusion. Celui que j’ai visé est resté très sauvage, difficile d’accès. Le bon, l’Estany d’Airoto, est accessible depuis le refuge par une sente cairnée, évidente, que j’ai réussi à quitter dès le départ… Chapeau l’artiste !

Une fois sur le col, je vise, au loin, la Serra de Garrabea, crête caractéristique qui doit me donner le cap général dans la difficile traversée qui suit. Le descriptif est sommaire et, forcément, ça part en vrille. Une interminable succession de champs de blocs, de vallons, de crêtes parsème l’immense vallée au sein de laquelle il me faut dénicher l’Estany de Garrabea. Je progresse le nez dans le guidon car les nombreux replis du terrain font perdre la direction à suivre. Les éventuels points de repère se nichent derrière les ondulations du terrain. Ma boussole a la tête farcie de bulles d’air et l’aiguille me joue quelques tours lorsque je ne lui laisse pas assez de temps pour se stabiliser…

Je me retrouve finalement très très haut dans la pente, à l’aplomb de l’Estany dont je devrais normalement longer la rive… S’en suit une rocambolesque désescalade dans les ruptures de pente, parmi les herbes glissantes, les pierriers interminables, à slalomer entre de nombreuses petites falaises… Ça craint !

Ça fait quatre heures que je marche et j’en ai passé trois à faire l’équilibriste dans les blocs moussus et instables. Je suis cuit…

Mais je dois enchaîner. À partir de l’Estany de Garrabea, je retrouve du cairn. Je franchis un col, puis, après un long contournement sur les courbes, grâce à des sentes à moutons, j’atteins le Coll de l’Estany Pudo (2330 m), dernier gros relief avant de plonger sur le Port de la Bonaigua.

Il est temps de faire un break, recharger les batteries, physique et intellectuelle. Pause repas, vers 14 h, à l’aplomb de la route. J’hésite à remonter le goudron vers l’Ouest, sur un kilomètre, pour atteindre une possible cafétéria dans laquelle j’aurais peut-être du wifi.

Mais, finalement, je préfère éviter un aller-retour et traverse la route pour enquiller à l’arrache vers l’Est, sous une ligne haute tension, afin de démarrer l’étape suivante. La caisse est revenue, le cheminement devrait être plus simple, alors je me donne comme objectif le refuge Mataro, pour passer la prochaine nuit.

Je domine maintenant les lacets de la route et observe les petits vélos en contrebas. Le sentier que j’emprunte, balisé, limite balayé, ratissé, est bien reposant, physiquement et intellectuellement, en comparaison avec le cheminement barbare de la matinée… Je remonte le Vall de Gerber, dans un décor aquatico-minéral.

Au bout de trois heures, j’atteins enfin le refuge Mataro (2460 m), perché sur son promontoire.

C’était une belle grosse journée à fort tabassage, j’ai pas mal tapé dans les articulations. Demain, j’entre dans le parc national d’Aigüestortes, y’a encore de quoi faire, j’aviserai en fonction de la forme et de la météo…

Dans la soirée, deux solides gaillards Germaniques rallient le refuge, en provenance du Coll d’Amitges, mon premier objectif de la prochaine journée. Nous mangeons ensemble. Ils m’offrent un coup de rouge qu’ils ont acheté au refuge d’Amitges, ce midi. Après tant de jours d’abstinence, cette piquette Ibérique me semble un pur nectar…

Une chtite vidéo pour conclure :

 

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3 Réponses

  1. La photo des « sentes à moutons » est magnifique !!!

  2. waouh!!! Mikaël Jakson ne lui arrive pas à la cheville… Olive a encore des talents cachés qu’il s’était bien gardé de nous montrer!!!!(mais en revisionnant la ch’tite vidéo, pt’être qu’il a bien fait!! LOL),
    LYDIE

  3. Des paysages magnifiques!
    Le retour à la « civilisation » doit être difficile!
    Etonnant aussi la capacité d’Olive à danser avec ses genoux en carton et la fatigue! Et surtout de ne pas avoir peur de le partager …

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