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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 18/29


Jeudi 31 août

Réveil matinal, sous un ciel chargé. Il fait froid, va forcément pleuvoir, l’âne du refuge s’est mis à l’abri…

On s’habille à toc. Petit déj’ rapidement pris, pliage du tos et nous nous séparons : Bruno repart vers l’Est à destination de Mounicou où il va récupérer son camion pour rentrer sur Niort. Je file dans la direction opposée, en visant le refuge Enric Pujol.

À la bifurque que m’a indiquée Cécile, la gardienne du refuge, j’hésite un court instant. Le brouillard est épais, peut encore se densifier, je n’ai pas d’altimètre… Donc, sur un itinéraire pas évident, sans repérage sur le plan horizontal, ni vertical, c’est pas la peine de faire le malin, ça va forcément tourner au drame. Je sécurise, direction Noarre, par une large boucle Sud.

La pluie tombe en gouttes serrées. Je croise un trio de jeunes Espagnols, encapuchonnés sous des ponchos, qui espèrent boucler la HRP en 28 jours, en tartinant direct, sans faire de chichis par les sommets annexes.

À la mi-journée, j’entre dans le micro-village de Noarre, déserté. Seule, une cheminée laisse échapper un filet de fumée, unique présence humaine. Une grange est ouverte, je m’y réfugie à l’abri pour étendre mes affaires trempées, manger, boire chaud.

J’anticipe le séchage de mes pompes en fin de journée et embarque une brassée de foin à cet effet, que je complète plus tard avec un journal sollicité auprès des seuls humanoïdes présents, ceux de la maison dans laquelle la cheminée fonctionne.

Je repars sur un sentier herbeux, traverse un troupeau de magnifiques chevaux, sûrement destinés à la boucherie, poursuis dans un long et étroit cheminement enclavé dans les rochers. J’y détecte des traces de sangliers, très très fraîches, imprimées dans la boue. J’allume l’appareil photos et me tiens prêt à le dégainer au cas où ils décideraient de faire demi-tour…

Vers 15 h, j’aperçois un abri de berger, sur la Pleta del Fangassal, qui me semble en bon état.

J’y entre, par curiosité. Putain ! Un poêle ! Du bois sec ! Je suis à 1 h 30 environ d’Enric Pujol et ne sais pas dans quel état je vais trouver ce refuge. Je joue donc la sécurité en verrouillant la nuit dans cette cabane, où je pourrai faire un feu et sécher mes affaires, gorgées d’eau.

Je suis occupé à étendre mes vêtements et ma tente sur un fil, lorsque ça toque à la porte. Un berger, accompagné de son chien, vient me saluer.

Ils gardent un grand troupeau de moutons qui parsème les reliefs alentour de mouvantes tâches blanchâtres. Nous conversons un moment dans un sabir polyglotte, puis il retourne à sa surveillance. Je comprends qu’il ne dort pas ici.

Pendant que le poêle démarre, je pars en quête d’eau potable. Il n’y a qu’un seul cours d’eau à proximité. Mais, avec les nombreux moutons paissant en amont, ça craint… Je ne prends pas le risque et préfère souffrir un peu de la soif plutôt que de me coller la douve du foie.

Lorsque je regagne la cabane, un énorme patou blanc est lové à quelques mètres. Il soulève un œil en me voyant approcher et émet un léger grondement. Je cherche à l’approcher mais le grondement se fait beaucoup plus autoritaire, m’incitant à comprendre que je ne dois pas avancer davantage.

J’effectue donc une subtile manœuvre de contournement afin d’accéder à la porte de la cabane. La pièce a eu le temps de se réchauffer, il fait bon.

Ma nuit, sur la paillasse, sera régulièrement troublée par les activités complexes, à petits pas précipités, des rongeurs qui sont les véritables propriétaires des lieux. Mes victuailles, que j’avais pris soin d’accrocher au plafond, ne seront pas endommagées.

Une chtite vidéo pour terminer : 

 

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2 Réponses

  1. En fait c’est pour ça que tu es parti cet été : être seul pour passer au stade de retraité. Vivre cette expérience unique loin du tumulte aussi inconséquent que bruyant et inutile des élucubrations d’un Ju surexcité ou d’un LKT déjanté. Tu as bien fait et je te comprends.
    C’est toujours aussi agréable de te lire. Bravo !

    PS : sur la chtite vidéo, la première vache a l’air amoureuse…

    • Il faut de tout pour faire un monde…
      Le Créateur, dans sa grande sagesse, avait forcément un dessein lorsqu’il a conçu Ju et LKT, dessin incompréhensible pour nous autres, simples mortels…

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