• Publicités

Oliv Transpyr dans les Pyrénées 16/29


Mardi 29 août

La nuit a été agitée, en raison des conditions météo. Pluie, grêle, vent ont bien essayé de défoncer notre tente, mais sans succès.

Le sommeil de Bruno a été perturbé par un cauchemar : il se faisait attaquer par un ours et hurlait mon prénom pour que je vienne à son secours ; ce cri primal l’a réveillé et ainsi sorti de ce combat sans issue.

Faut dire que l’ours est une préoccupation majeure dans le coin, beaucoup de gens en parlent, il y a des articles dans les journaux, des manifestations, des coups de fusil. Une attaque récente sur un troupeau qui a fait une soixantaine de victimes a contribué a jeter de l’huile sur le feu.

Je me souviens que « Cantine » avait prévenu, lorsque je l’ai croisé au refuge de l’étang Pinet : « Tu vas vers l’Ouest, vers Certascan ? Mais c’est le territoire de l’Ours, là-bas ! »… Hou là là, j’ai peur…

Bon, comme nous sommes encore vivants en ce beau matin, on va pouvoir enchaîner et s’offrir deux beaux sommets. Nous partons sur une petite sente relativement cairnée, à l’Ouest de l’étang, en suivant les indications du topo. Mais ça devient vite compliqué, ça ne nous paraît pas aussi limpide que décrit dans le texte…

Bientôt, nous nous trouvons séparés par un éperon, chacun pensant être sur le bon iti, et naviguons en solitaire pendant une vingtaine de minutes. Mais, je me rends vite compte que j’ai tout faux, lorsque je me retrouve dans des escalades/désescalades crainteuses. Du côté de Bruno c’est plus soft, mais ça ne colle pas bien quand même.

Nous faisons une jonction à un étang, sans trop savoir où on est. Un couple d’Espagnols, qui descend du col en face de nous, sort une carte assez précise et nous recale. C’est pas si pire… En fait, nous avons fait du hors-piste plein Sud, depuis l’étang d’Estats où nous avons bivouaqué (en croyant être à celui du Montcalm) jusqu’à celui de la Coumette d’Estats.

Nous laissons tomber nos gros sacs dans le pierrier et attaquons, légers, la montée vers le col de Riufred.

Direction gauche, dans un premier temps, pour grimper sur le Pic du Montcalm (3077 m). Là, Bruno est saisi par l’émotion, c’est son premier « 3000 ».

Il tombe dans mes bras, en pleurs. C’est touchant, mais je suis un peu gêné, d’autant qu’il y a du monde, un chien nous regarde. Son maître, un papy à béret, à qui je demande la météo, prévient que ça devrait se dégrader rapidement sur les sommets.

Ensuite, il nous faut repasser au col, pour attaquer, de l’autre côté de la frontière, le Pica d’Estats. L’arête est effilée comme une lame de couteau, il y a du monde et peu de place. Pour accéder à la croix, nous prenons un ticket, comme à la poissonnerie du Leclerc.

Le paysage est sublime, mais nous ne lambinons pas trop car je suis convaincu que, pour les histoires de météo, les papys à béret sont aussi fiables que des grenouilles.

Nous redescendons jusqu’à nos sacs et cassons la croûte. Bien requinqués, nous grimpons plein Sud, afin de franchir le Port de Sotlo, et repasser en Espagne.

Un petit peu de suivi de balisage, que nous devons quitter au bout d’une grosse heure pour une vague sente dans la pampa. Cette fois encore, un couple de jeunes Espagnols, qui termine une rando de cinq jours en autonomie, nous montre la carte du coin pour qu’on puisse repérer précisément l’endroit où nous devons décrocher. Je prends quelques photos par sécurité, car la suite est assez fine en orient’. Bruno valide avec son altimètre.

Nous naviguons maintenant dans du hors-piste à travers cols, laquets, loin des sentiers battus. Les isards sont nombreux dans ce secteur peu visité.

Je préviens Bruno, lorsque nous abordons une zone de rochers clairsemés entourés de rhododendrons, de faire bien gaffe aux trous masqués dans le sol. Il me répond « oui, oui », genre « tu vas pas m’la faire », avant de se péter la gueule en se prenant le pied dans un trou… Hi hi hi, je me marre… Il se relève comme un prince.

Malgré un petit cafouillage sur la fin, on se sort plutôt bien de cette section qui nous conduit au refuge de Baborte. C’est là que nous nous étions réfugiés avec Kikos et une marmotte Belge apeurée, lors de la HRP 2013, afin d’échapper à la foudre, lors du plus violent orage que nous avions subi au cours de cette traversée.

Le temps est beaucoup plus clément cette fois-ci, bien que le ciel soit couvert et qu’un fort vent souffle en permanence. Je me force à aller faire une toilette/lessive à un étang.

Plus tard, le soleil fait une courte apparition et nous lézardons auprès du refuge en rechargeant nos batteries, avant de rentrer prendre le repas du soir.

Une chtite vidéo pour conclure :

 

Publicités

Une Réponse

  1. ça envoie du steack, le rythme de la marche sans les sacs….
    à méditer pour la prochaine édition …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :