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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 11/29


Jeudi 24 août

Après un petit déj’ amélioré grâce aux petits beurres et au chocolat laissés par les précédents occupants, je quitte la cabane de berger de Brougnic, longe l’étang de Pédourrés, traverse la Couillade du même nom, double un monstrueux insecte métallique pour atteindre, au bout d’une heure et demie, l’étang de Couart.

Au déversoir, je tombe sur un couple d’Allemands en plein petit déj’, Rani et Antonius, qui font un bout de la Transpyr.

Dans les pierriers qui font suite, je croise deux jeunes Espagnols sur la HRP, qui avancent au pas de charge, à fond sur leurs bâtons. L’un porte une genouillère et serre les dents…

Plus loin, je me craque aux étangs de l’Albe : croyant être déjà arrivé au grand étang, je prends un azimut à la boussole et attaque la montée vers ce que je crois être le col, alors que je suis encore au niveau du petit étang. S’en suit une heure de nimportnawak, dans les blocs instables, les herbes glissantes, je monte, descend, contourne des éperons…

…jusqu’à ce que les bons fils se touchent et que je percute que j’ai complètement perdu les cairns et le balisage. Je suis suffisamment haut et surplombe le panorama, ce qui me permet de débusquer le grand étang qui se planquait au fond du relief derrière un épaulement.

Une longue traversée, plus ou moins sur les courbes de niveau, afin de ne pas trop perdre le bénéfice de la montée, et je rejoins finalement le bon itinéraire. La dépense énergétique de cette petite escapade a été importante et complètement inutile… mais c’est ça qui fait le charme de l’avent’hure…

Dans la descente du col de l’Albe, côté Andorran, je tombe sur un autre Allemand, d’une quarantaine d’années, Marcel, un Berlinois, qui fait un bout de Transpyr en solo. Il navigue avec un GPS. Nous allons faire des chassés-croisés au cours des prochaines heures, au gré de nos arrêts respectifs pour s’orienter, se ravitailler, souffler, ajouter ou retirer des vêtements…

A un moment, mon pied bute sur un truc métallique qui va se nicher au milieu des rochers. Par curiosité, je déblaie quelques blocs pour accéder à l’objet. C’est petit, électronique. Je le retourne et ça me parle tout de suite : on dirait une montre GPS. Je regarde la bretelle de mon sac, sur laquelle j’ai attaché ma propre montre et constate qu’elle vient de s’auto-trépaner : elle s’est ouverte en deux et la partie écran est tombée, laissant le bracelet exposer ses entrailles à mes yeux incrédules…

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J’essaie de reclipser l’ensemble mais la partie qui est tombée est abîmée : un connecteur en cuivre est plié, un autre sectionné. La montre accepte de démarrer, j’y crois un moment, mais elle affiche finalement une altitude abracadabrantesque. C’est mort !

C’est pas que je m’en étais beaucoup servi, vérifiant une altitude de temps en temps pour sécuriser un choix d’iti, mais elle va forcément me manquer pour la suite de l’avent’hure…

Pas le temps de procéder à une inhumation en règle. Je repasse assez vite en France, à la Collada de Juclar, shunte plus bas l’accès au refuge du Rulhe, passe au milieu des étangs de Fontargente, et replonge en Andorre après cette petite virée, par le Port de Fontargente. Il y a maintenant de nombreux randonneurs à la demi-journée, partis d’Incles.

Il ne me faudra pas longtemps pour me rendre compte que, sans altimètre, ça va se compliquer : dans la longue descente vers Incles, je rate la bifurque, pas évidente, vers le refuge de Cabana Sorda. Je suis beaucoup trop bas lorsque je demande à un Andorran, qui descend dans la vallée avec son fils, de me recaler. Il me conseille de finir la descente, de prendre un bout de route, et de remonter plus loin, au niveau du petit camping.

Je suis dég’ de m’imposer du déniv’ supplémentaire. J’hésite à rebrousser chemin mais je suis déjà bien bas, la route est visible, alors j’opte pour un crochet par le petit camping.

L’accueil y est super. Les deux gérants, Bilal et Oscar, sont deux martiens déjantés qui font tourner la boutique avec une sérieuse décontraction.

Je profite de l’endroit pour prendre une douche chaude et faire une lessive au lavabo. Pendant que ça sèche au soleil, je bois une bière en discutant avec les proprios juste arrivés de Toulouse, afin de relayer les deux loustics qui vont prendre leur week-end de repos.

J’essaie, sans succès, de charger sur Wetransfer, pour David mes photos récentes, à partir de l’ordi préhistorique qui trône derrière le bar et que Bilal fait fonctionner à coups de savate. Puis j’attaque une deuxième bière accompagnée d’une pizz, qu’Oscar me cuit au micro-ondes entre deux baignades dans le torrent en contrebas, avec une bande de potes hirsutes arrivés là pour passer une soirée zikos.

J’hésite à dormir là cette nuit, afin de pouvoir profiter de la fiesta du soir. Finalement, je décide de remonter dans la montagne car si je continue sur ce rythme je ne suis pas sûr d’arriver à Hendaye avant l’hiver. Photo souvenir avec Oscar, Bilal est introuvable, il a mis une djellaba et est parti au torrent, laissant le bistrot tourner tout seul.

Cette virée se place sous le signe des rencontres musicales : après Henri Salvador à Mariailles, je tombe sur Julien Doré à Incles…

Je repars vers 18 h 30. J’avais vu à l’attaque du chemin, en passant, que le refuge de Cabana Sorda était donnée en 1 h 45. Ça me laisse le temps d’arriver avant la nuit. Mais quand je repasse devant la pancarte, c’est pour constater que je me suis craqué d’une heure : en fait, c’est donné en 2 h 45. Ouille ! C’est plus pareil. Je vais devoir finir dans l’obscurité, à la frontale….

Pas de temps à perdre ! Je démarre illico la montée mais bientôt le sentier se perd dans les pâturages. C’est quoi c’bordel ? La pente est rude, les trous nombreux, l’herbe glissante, je lutte, estime l’azimut à partir de ma carte merdique, galère, cafouille, hésite à redescendre au camping, et finalement débouche dans un coude de chemin. En espérant que c’est le bon, j’enquille la montée. Les deux bières m’aident bien à tartiner.

La direction générale paraît bonne, la configuration des alentours, éperons, ravin, torrent, semble confirmer que je suis sur le bon itinéraire. Sur le plateau, au sortir de la forêt, je tombe sur un couple de djeun’s Andorrans peu causants, occupés à gravir la pente, chargés d’une énorme pelle et d’un colossal sapin. La fille est exténuée, alors je saisis un bout de l’arbre pour la relayer et emmène l’équipage jusqu’au refuge. Je n’ai finalement mis que 1 h 15 pour cette section donnée en 2 h 45. Le temps me paraît mal estimé, même si les bières m’ont aidé à pulvériser le chrono…

Je dépose l’arbre devant le refuge sans un mot de remerciement. Là, un autre couple les attend. J’installe mon tos sur un des sommiers. L’autre gars m’explique, embarrassé, qu’ils vont  faire la chouille, allumer un grand feu, se soûler la gueule, fumer des pétards, mettre de la zik, parce que c’est l’anniversaire de sa copine. Je lui dit que ça ne me pose pas de problème. Il aurait sans doute préféré que j’aille planter la tente plus loin pour leur laisser la jouissance du bâtiment, mais ça n’est pas dans mes projets.

En allant faire de l’eau à l’estany un peu plus haut, je tombe sur Marcel occupé à monter sa tente et, plus loin, sur Rani et Antonius en pleine préparation de leur repas du soir. Comme les Espagnols n’ont pas l’air particulièrement sympas, je me joins aux Allemands et nous cassons la croûte ensemble.

Ils m’apprennent que eux aussi ont raté la bifurque cet après-midi, mais s’en sont rendu compte plus rapidement que moi grâce à leur altimètre et ont pu corriger le coup sans avoir à descendre dans la vallée d’Incles.

La nuit tombe, je redescends me coucher au refuge. Les quatre Espagnols galèrent avec le feu, d’autant qu’ils n’ont que le sapin vert à brûler. Finalement, la grosse fiesta est relativement soft et je finis par m’endormir dans un mélange âcre de fumée, provoqué par les combustions mélangées de résines de cannabis et de sapin.

Une chtite vidéo pour conclure :

 

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3 Réponses

  1. Moralité : pour aller vite, bois de la bière !!

  2. PICHE !

  3. On entend bien le genou en bois du Japon!! 😂😂

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