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Oliv Transpyr dans les Pyrénées 8/29


Lundi 21 août

Prochain sommet d’importance : le Carlit. La journée qui s’annonce va consister à s’en approcher au plus près, avec un sac-à-dos chargé de victuailles pour plusieurs jours.

Avant de quitter Eyne, je fais une toilette/lessive à l’eau chaude dans les sanitaires attenants au restau, une dernière bise à Audrey et c’est parti direction Bolquère par les petits chemins, dans un premier temps. Là je fais les courses à l’épicerie du village, Jimmy visant la station Pyrénées 2000, un peu plus loin, pour faire ses achats afin d’y sortir de l’argent à un distributeur.

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Plus tard, notre sentier rejoint le G.R. qui va nous emmener jusqu’aux Bouillouses.

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Nous cheminons sous le cagnard dans une montée boisée, Jimmy une vingtaine de mètres devant moi, nos sacs chargés à toc sur les épaules, au milieu de randonneurs à la journée sur cette portion touristique très fréquentée lorsque descend à ma rencontre une silhouette familière qui m’apostrophe bruyamment avec un fort accent chantant Italien. Il s’agit d’Elena, accompagnée de Titi Cuistot, leurs deux gamins, et une bande de potes basés à Font Romeu, avec lesquels ils sont venus passer la journée.

C’est incroyable de se trouver au même endroit dans la même fourchette horaire, la probabilité était infinitésimale. Ils sont sciés, d’autant qu’ils ne savaient pas que j’avais déjà démarré l’avent’hure, et dans le sens Est/Ouest qui plus est…

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Nous nous séparons après de longues effusions. Peu après, au restau des Bouillouses, nous remplissons nos réserves d’eau à toc, ce qui alourdit encore les sacs.

Nous avançons chacun à notre rythme, Jimmy devant. À un moment vient à ma rencontre un jeune couple et j’entends le mec pérorer « Il va déguster, je peux te dire qu’il va déguster ! ». Je me demande ce qu’on lui a fait, qui a pu le mettre dans un état pareil. En arrivant sur moi et mon lourd chargement, il reste la bouche en cul de poule. Je viens de percuter que c’est de Jimmy qu’il parlait, lui prédisant une ascension du Carlit difficile en raison de son lourd chargement. Sauf que, nous, on n’a pas le choix, quand on est au long cours, on doit être autonome, ce qui implique un sac monstrueux par rapport à un randonneur à la journée.

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Nous cheminons maintenant entre une foultitude d’étangs, ce qui permet à Jimmy de s’embarquer complètement à l’envers le long de l’Estany Sec. De loin, je l’ai vu partir devant à une bifurque’.

Après avoir suivi sa piste un moment, j’ai un éclair de lucidité et fais un coup de boussole. Le con ! Il est parti plein Sud, ça ne va pas nous rapprocher du Carlit, cette affaire… Je lui envoie un SMS et rebrousse chemin, dans la bonne direction.

Nous atteignons en fin d’après-midi l’Estany de Sobirans dans lequel nous nous trempons malgré une eau des plus frisquette.

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Puis, nous recherchons deux emplacements plats pour planter notre tente, chacun à un bout de l’étang.

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Nous profitons du soleil un moment, avant qu’il ne disparaisse brutalement derrière les sommets. Jimmy me fait la surprise de sortir de son sac une petite bouteille de rouge qu’il a achetée pour fêter notre dernier repas ensemble.

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Nous improvisons des coupes pour savourer ce nectar comme des gentlemen et non pas comme des gros sagouins.

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Nous sommes maintenant au centre d’une cuvette que gagne l’obscurité, il est temps d’aller se coucher. Mais bientôt, un grognement d’origine animale effrayant retentit ; Jimmy se redresse dans sa tente, persuadé qu’une attaque d’ours est imminente, cherche fébrilement son couteau qu’il ouvre et garde à ses côtés, tandis qu’il compose en tremblotant un SMS pour me demander de venir combattre l’animal à ses côtés.

Je mise plutôt sur un cervidé en rut et le laisse à ses petits délires…

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La nuit est bien entamée lorsque nous entendons des éclats voix descendre depuis le sommet du Carlit. Bientôt, un groupe de quelques personnes passe dans la cuvette, une fille est très excitée et rit à tout propos, je pense qu’elle est complètement bourrée ou défoncée. Mais malgré cela, ils avancent rapidement, sans se péter la gueule. Ils projettent un instant de démonter nos tentes mais se ravisent, ils ont eu raison ça ne m’aurait pas fait rire…

Pour les suivre des yeux, je sors de ma tente. La couronne de sommets, colossale masse sombre, ceint le réceptacle dans lequel nous bivouaquons. Le ciel est d’une grande pureté, sans nuage. La voie lactée se détache distinctement, des milliers d’étoiles sont visibles, qu’on pourrait toucher du doigt…

Difficile de s’extraire de ce spectacle. Je suis en connexion avec le cosmos.

 

 

 

 

 

 

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2 Réponses

  1. Oliv est un poète : « la couronne de sommet ceint le réceptacle… »
    Ju : ça veut dire qu’o y’a do grouss montagnes tout autours, fi d’garce…

  2. y croa ben ko veut dire ça mon fid’goré !

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