Médaille Fields au raid des Sérials 2016


Pendant que la triplette de choc déchirait tout sur le nouveau format du raid Oléron, Oliv est allé représenter l’assoce au raid des Sérials, à Montendre.

Historiquement, les Sérials je les ai toujours faits en mixte : la première édition avec Marianne, puis les 3ème et 5ème avec Marie, et enfin la 4ème avec Gill. Il n’y avait pas de raison de déroger à la règle. J’ai donc profité au dernier moment du désistement du Barbu, coincé à un goûter chez sa tatie, pour refaire équipe avec Doudou.

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Pour nous, ce raid a été constamment placé sous le signe des erreurs mathématiques, et, si on ne fait pas podium mixte, on mérite quand même la médaille Fields – l’équivalent du prix Nobel de mathématiques – mais pour les nuls…

Quelques moments clé :

2 + 3 + 3 + 2 = 11 :

Le prologue (1), destiné à étirer le peloton, est original : Fred a bâti une bataille navale sur vue aérienne. Pour chaque équipe, 4 postes à trouver. Sur chaque balise figure un nombre (à 1 chiffre).

Il s’agit de trouver les bonnes balises (une douzaine de circuits différents sont construits avec des postes leurres voisins) puis de mémoriser et d’additionner les quatre nombres. Arrivés à la table, on inscrit le total sur notre feuille. Si c’est bon, c’est bon ; si c’est faux, c’est 30 minutes dans la tête. 

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Je m’étais dit qu’avec un coéquipier gestionnaire de formation, vieux briscard des raids, orienteur perfectionniste qui plus est, l’équipe jouait sur du velours pour cette petite addition apéritive. Et ben, non ! On n’a pas été foutu de délivrer le bon résultat ! On annonce 10, alors que le total de 11 était attendu pour notre parcours…

Pourtant on avait pris soin de bien verrouiller les deux postes qui pouvaient prêter à confusion. Pas compris où était la cagade…

 

Apollo 13 :

Même en géométrie, on n’a pas été très brillant : Gill me propose de prendre la carte pour la deuxième étape, un suivi d’iti en VTT (2). J’arrive à y voir à peu près clair, alors j’accepte de mener l’équipe sur cette section.

On commence par longer le plan d’eau et, dès l’extrémité, les ennuis commencent : un gars de l’orga nous envoie sur la gauche alors que je suis à la recherche d’une route perpendiculaire à emprunter sur la droite. Puis une nana veut nous aiguiller dans la forêt plein Sud alors que j’irai bien Nord/Ouest… J’y comprends rien ! Pas convaincu, je lui demande si elle est sûre, si elle fait bien partie de l’orga des Sérials, pas d’un club VTT qui organise une rando le même jour…

Elle insiste alors on prend la forêt, d’autant que d’autres équipes sont à nos trousses. Je dis à Gill qu’il va falloir qu’on se recale paske je sais pas du tout où on est sur la carte. Plus loin un stade. Introuvable  sur le papier !  C’est un pur cauchemar…

…jusqu’à ce que, brutalement, je percute : j’ai pris le tracé à l’envers, en démarrant par le double cercle de l’arrivée. Le pire, c’est que ça pouvait coller au début…

Bon, maintenant qu’on sait où on est, je refile la carte à Gill, le Grand Nimportnawak ayant résolument planté ses griffes sur mes épaules, ne semble pas prêt à me lâcher.

En tout cas, faudra pas compter sur nous la prochaine fois qu’il faudra dépanner des astronautes qui devront faire rentrer un rond dans un carré…

 

40 + 50 = 75 :

C.O. au score (3)L’orga nous file la carte et l’on a 800 m de suivi de rubalise à faire dans un ruisseau, avant de déclencher le chrono de départ.

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Pendant ces 10 mn de pédiluve, la seule partie du corps qui chauffe, c’est le cerveau et c’est là que notre Windows 3000 Av J.C. va pouvoir exprimer toute sa puissance de raisonnement…

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On a 1 h 15 pour shooter 12 balises sur un A4 au 10000. En grand sage Gill cale la stratégie : « Si on veut avoir le temps de tenter la 4, dans le coin N/E, avant d’attaquer les quatre derniers postes, il faut qu’on passe à la numéro 10 au bout de 40 minutes de course, maxi.»

Son découpage me paraît sérieux : 40 minutes pour les sept de gauche, 10 minutes pour la 4 et 40 minutes pour les quatre de droite, ça nous laisse de la marge, on devrait passer tranquillou… Je walid donc ce scénario imparable.

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Tout se déroule selon le plan : nous partons horaire, la grappe de 5 côté Ouest pour commencer, puis la 7, excentrée au N/O et pointons la 10 dans le timing, au bout de 40 minutes ; on devrait pouvoir tout faire…

Mais brutalement tout s’accélère ! On fait la 3, puis la 6 – la plus technique – sans cafouillage, mais il ne nous reste bientôt plus que 10 minutes pour les deux dernières. Comment ça se fait ? Pendant que Gill termine l’attaque de la 12 en solo (sans la trouver finalement) je recompte dans ma tête : « Putain ! 1 h 15 ça ne fait que 75 minutes ! Alors qu’on est parti sur une base de 90 mn. On aurait donc dû entamer le retour au bout de 35 minutes, au lieu de 40, ça explique que la barrière horreur se rapproche pleine balle et qu’on va se la prendre dans la gueule ! »

Finalement, on écopera de 55 minutes de pénalité : 30 mn pour la 12 non trouvée, plus 25 mn pour les 5 minutes de dépassement.

 

Prêtre pédophile :

VTT couloir (4). L’organisation avait insisté fortement sur les risques de conditions très épineuses sur certaines portions VTT. Bien que nous soyons bardés de chambres à air de rechange, de bombes anti-crevaison, de rustines et de colle, nous sommes quand même allés  à la pêche aux infos afin de savoir quels étaient les secteurs à hauts risques.

Par chance, au départ de cette section, nous tombons sur l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a passé le gyrobroyeur. Celui-ci nous renseigne précisément sur les secteurs où il est préférable que le jockey porte son cheval.

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Nous faisons donc un parcours prudent. Gill essaie de verrouiller au maximum pour ne pas rajouter bêtement du kilométrage supplémentaire. Arrivent les secteurs gyrobroyés, et hop, VTT sur le dos et vas-y Néness !  (c’était, paraît-il, le curé de Gill quand il était au catéchisme, mais ses démêlées de jeunesse avec un clergé dévoyé n’ayant pas lieu d’être exposées plus avant sur la place publique, je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet). Finalement, nous passons sans encombre et sans crevaison cette section.

 

C’est bien, mon Doudou :

Bike and run (5). Nous naviguons en parallèle d’une équipe mixte. La fille garde le bicloune en permanence pendant que le garçon se tape toute la course. De notre côté, on alterne, Gill assumant des sections à pied plus longues que moi qui trottimarche. Ce qui fait que les allures de progression des équipes sont identiques et qu’on se croise fréquemment avec les mixtes.

À l’occasion d’un doublage, nous entendons la minette qui encourage son compagnon : « C’est bien mon Doudou ! ».

C’est tellement adorable que nous reprenons l’expression à notre compte et à chaque fois que le cycliste doublera le coureur sur cette section, celui-ci se verra encouragé par un très suave « Allez Doudou !».

 

Anciens combattants :

Trail (7). J’arrive sans trop de peine à convaincre mon Doudou qu’au point où on en est, avec toutes les pénalités qu’on a déjà ramassées, le podium mixte nous a définitivement échappé et que c’est pas la peine de courir sur cette section vallonnée, une bonne marche rapide devrait faire l’affaire.

Une fois de plus, Gill étaye scientifiquement la décision stratégique de l’équipe, argumentant qu’il est préférable d’avoir une bonne marche rapide plutôt qu’un footing de préretraités aux genoux robocopisés et que le temps de promenade sera Kif Kif bourricot.

Nous cheminons donc dans une belle forêt en échangeant nos souvenirs de régiment (c’est un truc que vous pouvez pas connaître, vous êtes trop jeunes…) Ainsi, nous ne voyons pas les kilomètres passer.

L’équipe de Bass et Charly tentera bien de nous motiver à courir sur un tronçon plus roulant, mais en pure perte, Doudou avait encore plein de choses à me raconter…

 

Cascador :

VTT’O (8). On fait une belle course, astucieuse. Nos options payantes font des émules et on se retrouve, sur la fin, avec quelques morbacs accrochés à nos cyclistes. Après la 6, le sentier plonge dans un beau dévers parsemé de trous et de racines. Sagement Gill met pied à terre ; de mon côté, je le sens bien et attaque la descente, le cul derrière la selle.

Très vite, je le sens plus du tout, ça part en vrille et je m’embarque dans une « spéciale Oliv » chute alambiquée au ralenti pour finir comme une grosse bouse, encastrée dans le cadre, prisonnier des racines.

Derrière, le public est debout, les notes pleuvent. Babass m’attribue un très beau 9,5 qui me va droit au cœur. Je finis par me désincarcérer et termine la descente en marchant comme un prince…

[PS de Gill : Vu de derrière, ce fût plus qu’impressionnant et je me demande encore pourquoi Oliv’ n’a pas fait une carrière de cascadeur… Ah oui, c’est vrai, les cascadeurs eux, ils réfléchissent avant de tenter une cascade !!!]

 

76 – 3 = 61 :

C.O. en ligne (9). Contrairement aux consignes insistantes de la petite jeune fille du donnage de carte, on bâtit une course au rasoir, privilégiant des azimuts sanglier dans la pampa hostile plutôt que de grands détours par les cheminements évidents.

Nous pointons sans encombre les six postes en ligne. Alors, notre surprise est grande, à la lecture des résultats, de nous voir gratifiés de 3 heures de pénalité sur cette section. L’orga a probablement oublié de nous faire pointer un boîtier à l’arrivée de cette section et la GEC s’est mélangé les crayons.

Ces trois heures nous coûtent quand même une quinzaine de places au classement. Et on n’avait pas besoin de ça…

 

Une mémoire de ouf :

Pour finir, une VTT mémo (10) découpée en trois parties, assez simples. Nous ne devrions pas mettre trop de temps à rentrer au bercail, surtout que les 2 derniers tronçons sont l’inverse de ce que nous avons fait le matin, au départ. On tartine sur des grandes lignes droites jusqu’à un tourne-gauche. Je pense que c’est un peu tôt, Doudou est certain que c’est bon. Comme j’ai déjà fait mon lot de conneries, je me range à son choix.

Mais on se rend vite compte qu’on s’est craqué, que mon sentiment d’avoir attaqué trop loin de la route était bon, et qu’on s’est engagé dans un chemin de merde. Deux options : faire demi-tour (l’option la plus raisonnable) ou bien insister, chercher à retomber sur l’itinéraire en continuant à travers la « nauve » défoncée (l’option la plus pourrie). C’est cette dernière que nous choisissons, bien entendu…

On se retrouve dans les Landes de Grégoire, à pousser les vélos au milieu des mottes, des bruyères et des ajoncs, avec pour fil rouge une étroite musse à sangliers qui vire et tourne dans tous les sens… Nous sautons des grands fossés et nous nous persuadons mutuellement que nous y sommes passés le matin. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence : nous sommes à côté de la plaque. Mais le fait de se rendre compte qu’au moins une équipe a pris notre trace (ça piaille derrière, au loin) doit nous transcender et nous insistons, nous insistons…

Finalement, nous entendons des bruits d’activités humaines au loin : passages de voitures, micro de l’arrivée. Nous tendons dans cette direction, en portant les vélos à bout de bras au milieu d’une interminable pinède parsemée d’embûches.

Au bout d’une vingtaine de minutes d’errance, nous finissons par tomber sur un sentier, à une dizaine de mètres de la dernière carte de la mémo. Comme nous ne sommes qu’à une courte distance, par le chemin officiel, de l’endroit où on a décroché, Gill se tape l’aller-retour, au cas où il y aurait une balise sur la section.

Pendant ce temps je me concentre sur la dernière mémorisation. Mon attention est bientôt attirée par des bruits de voix provenant de la pinède d’où on vient de s’extraire. Il y a apparemment trois ou quatre équipes qui ont tourné trop tôt comme nous et se sont engagées ensuite dans nos traces.

Ça gueule, ça peste, ça maugrée. La lucidité n’est plus au rendez-vous. J’entendrais même à plusieurs reprises une petite voix plaintive questionner : « Mais c’est pas possible de mémoriser tout ça !?!? ».

Et ça, c’est que du bonheur…

[PS de Gill : Le pire dans notre délire de fin de VTT mémo, c’est que la carte du début, celle du suivi d’itinéraire, je l’avais sur mon porte carte de VTT et je n’ai jamais percuté qu’il suffisait de la regarder pour voir tout de suite que nous étions dans l’erreur…]

Oliv avec relecture et ajouts de Gill

 

Une petite info vient de nous parvenir, qui n’a rien à voir, mais reste dans le thème :

60 puissance 2 = 2746 :

Alors que le départ de la Diagonale des fous c’est jeudi 20 octobre à 20h (métro) des rumeurs circulent en ce qui concerne ma prestation d’il y a 3 ans.

A ce propos je tiens à diffuser un démenti.

Je n’ai jamais dit que j’étais second quand j’ai abandonné au 60ème km.

J’ai seulement dit que j’étais dans un état second.

La nuance fait quand même 2746 places !

PhilinoX

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4 Réponses

  1. Merci pour le récit , j’ai bien rigolé .Vous avez là une superbe équipe , ne changez rien .

    Sylvinox

  2. Au moins ce raid m’aura Fait pleurer de rire une fois . Merci pour ce super récit,ça fait plaisir d’entendre des raideurs transformer une compétition (pour certain) en dérision.
    Restez vous même.
    Sev.

  3. C’est certain, nous n’allons pas changer une équipe qui gagne !
    Gill

  4. J’ai bien ri aussi, merci pour ce compte rendu, qui nous fait revivre à chacun, certains moments un peu galère passés en raid…

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