Match retour à l’Obi


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Participation aux éditions précédentes : O’Bivwak 2015O’Bivwak 2012 * O’bivwak 2011

C’est dans un camion à forte connotation CMO, constitué à l’arrache au dernier moment, que Marie et Oliv ont traversé la France pour prendre le départ du 35ème raid O’bivwak, à Hauteville dans l’Ain, sur le parcours B (40 km, 1600m D+, postes très techniques).

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Étaient également du voyage :

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Sur le B : Tony et Clotaire qui venaient laver l’affront de l’édition précédente.

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Ainsi que les « 2S » : Sébastien et Stéphane, qu’on affronte régulièrement sur les 24 h de la Marais’ Night, entre autre.

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Sur le C (35 km, 1300m D+, postes techniques) : Lilou, fille d’un couple de raiders/orienteurs du Un-Sept, bien connus pour les coups de gueule mémorables de la maman et le flegme britannique du papa, coutumier de choix imprévisibles et parfois abracadabrantesques dans les compètes. La jeune pousse devant rejoindre sur place sa binôme Zoé, membre de l’équipe de France Jeunes de C.O., rien que ça…

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Sur le D (30 km, 1200m D+, postes techniques) : « Les Petits Bouchons », paire féminine de novices en CO, qu’on a déjà vues sur des orgas Flying, composée de Mathilde, disciple et fan inconditionnelle de Gill le gourou des Rados, accompagnée de Claire, déboucheuse de grands crus Bordelais, d’où, peut-être, l’origine du nom d’équipe… ou pas…

Quelques flash-back de l’avent’hure :

Sur la route, à l’aller

Au fond du camion, Lilou, studieuse, est plongée dans ses cours pour la préparation du brevet des collèges. Elle consent à interrompre ses révisions une paire d’heures pour nous mettre une belle grosse race au tarot, bien aidée en cela par les prises inconsidérées et empreintes d’un excès d’optimisme du Clo-clo. On lui dit alors qu’elle ferait mieux de ne pas perdre son temps comme ça et de retourner rapidos dans ses bouquins…

Alors que notre camion poursuit, pleine balle mais la banquette avant attentive aux radars chafouins, son chemin azimut 90°, la conversation glisse sur le sujet des tiques. Mathilde se veut rassurante, elle explique doctement que ces bestioles porteuses de la maladie de Lyme c’est principalement dans l’Est de la France qu’on en rencontre… Éclat de rire général ! Moment de flottement, rebranchage des fils, le rouge avec le rouge, le bleu avec le bleu, tentative de retombage sur ses pattes, tel le chat défénestré du 50ème étage d’une tour de La Défense, justification : « Bah voui, mais l’Est, c’est plus vers l’Alsace ! » Petite pensée pour le nuage de Tchernobyl…

Bémols au départ

Séb, tuteur d’un week-end, qui avait la grande responsabilité de veiller sur Lilou, se précipite dans le premier car dispo pour une navette vers le départ à Brénod, oubliant complètement de gérer l’ado, en errance sur la place du village d’Hauteville à la recherche de Zoé. Lorsqu’il s’en rendra compte au bout de quelques kilomètres, il lancera : « Bah, de toute façon, elle va bien se débrouiller pour prendre le départ ». Sûrement un adepte de la mise en autonomie précoce, ce Séb…

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Au moment de monter dans un des cars suivant, Mathilde qui refait avec Claire le check-up matos interroge ingénument : « Au fait, la puce, c’est quoi ? » Yeux en bille de loto de Tony :  « C’est le doigt ! Tu l’as pris ? » – « Bah non, il est dans mon sac, au camion… » Moment de panique, gros sprint de 3 km aller-retour en footing jusqu’au véhicule…

Première journée de course

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Coucou à David, un des traceurs, au point de passage n°2. Montée éprouvante vers la 4, Oliv n’a pas de cannes et le souffle court, Marie ronge son frein en assurant une orient’ impec’.

Dans la liaison 6-7, on croise Math des « Echappés » avec le troisième Bailly qui courent sur le A, et, peu après, les 2S, à l’envers, c’est bon ça ! Plus loin, une concurrente abourdée dans le fossé, les premiers secours auprès d’elle. Sur l’autoroute, avant le point de passage n°7, nous tombons sur les deux autres « Bailly’ Brothers », zont l’air en forme malgré leurs très gros sacs.

Peu après, dans la liaison 8-9, au moment de descendre le raidillon pour franchir la route, on se prend un vent par deux avions de chasse pilotés par des chamois : ce sont ces fumiers de 2S qui nous avaient en ligne de mire depuis le haut de la longue prairie et ont profité des genoux niqués d’Oliv pour nous repasser.

Petite cagade peu après la 10 : Marie se fait aspirer par une équipe et on quitte les courbes pour tomber dans un barranco qu’on remonte un moment pour shooter la 11. Pas de regrets, le cadre est de toute beauté, ça valait le détour.

Au bout de quatre heures de course, on se présente en haut d’un déniv de ouf équipé d’une main courante. Ça bouchonne un peu alors nous dévalons sur la gauche, lapining entre les arbres, grandes glissades face contre terre freinant avec la pointe des pieds, ou bien sur le cul, complètement à la ouainegaine bistouflaille.

Passage de route au point n°10, déconcentration, on dépasse un peu la balise la plus facile du raid, la 14, qu’il faut retourner chercher. Pas brillant. Cafouillage également à la 15, qu’on avait légèrement mal cartée. On la trouve en pistant les « Echappés ».

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Peu avant le poste 17, on domine l’aire de bivouac, prairie verdoyante parsemée de tâches multicolores, passage de chicane, on réveille le photographe, l’a failli nous louper !

L’arrivée est en vue, le Clo-clo est déjà là et nous accompagne les 200 derniers mètres. Arche d’arrivée, vidage de la puce : 4h52, pas de PM. Simulacre de contrôle des sacs par Annie, qu’on a connue sur le raid Canéo (on était un peu ses chouchous) et qu’on croise régulièrement sur des orgas.

Installation du campement. Toute la « Team Kamion » est déjà arrivée. Sur le B, Clotaire et Tony sont 7èmes à une demi-heure du podium, les 2S deux places derrière, et nous 6èmes mixtes. Sur le C, Lilou est 3ème « Jeunes » derrière deux équipes de gars d’une vingtaine d’années. Et sur le D les « Petits Bouchons » pas si près de la cuiller de bois que ça…

Cette année on peut profiter pleinement du bivouac : le soleil brille, encore haut dans le ciel au-dessus des sapins, on a chaud, les vêtements de course sèchent en fumant sur les fils des tentes. Les « Petits Bouchons » sortent de leurs énormes sacs remplis de choses plus improbables les unes que les autres un nécessaire à maquillage qui leur permet de mettre encore plus en évidence la noircitude de leurs ongles de pieds fourrés à la boue du Bugey. Elles enfilent même pour l’occasion leur costume de pom-pom girls et mettent le feu au dancefloor herbeux.

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Petit apéro pour clôturer cette belle journée : rhum arrangé, cahuètes. Mais déjà, l’ombre du Grand Nimportnawak plane sur notre équipe, un mauvais présage pour la journée du lendemain ?

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Deuxième étape

Lever 5 h, petit déj au lit, pliage du campement, la tente est raide de gelée, il a fait –3° cette nuit. Les 2S, partis avec un sac light ont bien caillé. Les doudounes de cosmonautes ont été appréciées à leur juste valeur.

À partir de 6 h ça part en chasse mais, sauf Lilou, personne n’est concerné dans notre groupe. Départ en masse donc, à 6 h 30.

On cafouille direct l’attaque de la 1, croisant à l’occasion Tony et Clotaire qui rebroussent après avoir fait la même erreur que nous. Pas un mot n’est échangé, c’est chacun pour sa peau, mais le fait de nous croiser leur met des nœuds dans le cerveau : et si, finalement, la bonne option c’était l’envers de l’envers ?

Dans une descente de la liaison 2-3, on croise les leaders du parcours B en route vers la 6 après la boucle technique à l’Est. Même s’ils sont partis plus tôt, qu’ils doivent orienter très propre, qu’ils courent dans les montées, on trouve que l’écart est déjà énorme…

Liaison 3-4 à chier, la limite de végèt n’est pas limpide, Marie a un peu délégué l’orient’ à l’autre baltringue qui va paumer l’équipe dans le vert 2. Reprise en main. Après la 4, on entend brailler au dessus : ce sont le Clo-clo et le Toto complètement à la rue qui cherchent le poste qu’on vient de quitter. Échange rapide : « Keskonfé ? On les recale ? » – « Nan, c’est chacun pour sa peau ! » – « Mais ils peuvent jouer le podium ! » – « Nan, ils ne nous ont pas alertés tout à l’heure pour la 1, et pis s’ils n’en sont que là à cette heure-ci c’est que le podium c’est mort pour eux… » – « Ok, t’as raison, qu’ils se démerdent alors ! » On trace…

À peu de distance de là, David est planqué près de la 5 pour contrôler les équipes. Marie lui demande de passer le bonjour à Clotaire, lorsqu’il le verra passer un peu plus tard. Hi hi hi !

Sur les crêtes, entre la 5 et la 6, au bout de trois heures de course, on se tire la bourre avec l’équipe mixte qui était à 3 minutes derrière nous la veille. Ils sont physiques, Oliv ne peut pas rivaliser, il mise davantage sur une bonne orient’ de Marie pour faire la différence. On plonge dans le déniv avant eux, mais on se rend vite compte que c’est un peu trop tôt. Ils nous mettront finalement une heure dans la tête sur la fin de course. Sa mère Lipopette !

Passage de route à la 12 : on joue le jeu en arrivant par la forêt, contrairement à d’autres équipes qui empruntent le bitume. On saura plus tard que dans la « Team Kamion » une autre équipe a de cette façon enfreint le règlement et mériterait une disqualification mais nous tairont son nom pour ne pas faire de tort à Clo-clo et Toto…

À la 9, Oliv pose le pied sur un tronc de pin couché au sol. La douleur est fulgurante : un reliquat de branche sèche affuté comme un clou vient de transpercer verticalement direct la semelle de la chaussure et le pied. C’est pas banal ! Il ne nous l’avait pas encore fait, celle-là ! Petite pause pharma premier secours : désinfectant, Steri-Strip et c’est reparti, d’autant que la blessure se situe sous la voûte et pas sur une zone d’appui.

Nous attaquons la 13 en compagnie de deux équipes du circuit A. Comme on veut faire nos petits malins, on finalise l’attaque par les courbes à gauche avant le dernier ressaut. On se cale sur les bornes mais comme elle ne sont pas toutes cartées, on grenouille un quart d’heure sur le poste. Les autres sont déjà loin devant et ça permet également au Clo-clo de brailler « C’est bon ça ! » quand il voit sortir Marie du bois, tout content de nous reprendre enfin. Y’a des fois, faut savoir faire dans l’social

Longue descente herbeuse vers la 15, la pente est idéalement douce et permet à Oliv de retrouver provisoirement des sensations en course à pied. Puis c’est bientôt l’arche d’arrivée.

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Toute la « Team Kamion »est déjà rentrée – les Petits Bouchons et les 2S depuis belle lurette – et dore au soleil. Cette deuxième journée a été moins bonne sur le B, stable sur le C et meilleure sur le D : nous perdons une place, Tony et Clotaire plongent en 18ème position (12èmes au général) où ils se font passer de justesse par les 2S qui limitent la casse (11èmes) ; Lilou consolide son podium et les « Petits Bouchons » grattent deux places, c’est le métier qui rentre… Maintenant c’est mangeage, douchage, rentrage…

Retour

Tony, le couteau entre les dents, l’œil sur la pendule qui tourne, n’est pas prêt de s’arrêter de sitôt, d’autant plus que des barrages routiers sont annoncés en début de nuit. Alors les « Petits Bouchons » escaladent la banquette arrière et partent en expé spéléo dans le coffre à la recherche du pack de bières. Seuls, les quatre pieds dépassent de la montagne de sacs, s’agitant en tout sens au gré des reptations sous-bagagières. Finalement, un bruit de verre entrechoqué se fait entendre, Euréka ! Le blind test musical sera joyeux, la route du retour nous paraîtra moins longue…

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Carte OBIVWAK2016

 

 

4 Réponses

  1. Normalement, vos statuts d’enseignants ne vous autorisent pas à inciter la jeunesse Française à consommer des bières, mais vous connaissant, vous allez dire qu’elles étaient sans alcool…
    Pauvre Lilou !

  2. Coucou, trop fiers de notre pépette ! Bravo à tous et merci aux coachs (quoique je me demande si c’est pas Lilou qui a coaché le groupe…surtout au Tarot !). Bises. Marianne

  3. Top, j’en pleure de rire…
    Par contre, c’est moche de balancer sur ma GADO (Gestion Autonome pour un Départ d’Obivwak) longuement réfléchie pour voir si Lilou pouvait s’en sortir seule… ;oD
    a+

  4. J’ai appris plein de choses. Seb, on n’en reparlera : Lilou au tarot, Lilou à la bière, Lilou tu te démerdes, … Et en plus, j’en prends pour mon grade.
    En tout cas, merci pour le récit, j’avais l’impression d’y être.

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