Ils m’ont perdu Marie – Reprise de contact


Miracle de la technologie ! Le contact a pu être rétabli avec l’expédition pyrénéenne. Voici donc le récit de leurs quatre premiers jours d’aventhures :

Mercredi 15 juillet – jour 1

 

Parking Port de Boucharo, puerto de Bujaruelo, col des Sarradets, refuge des Sarradets

 Image1 Image220150715_143105

Départ à 15 h, après un bon fou rire : Clotaire, qui prend quelques calories pour tenir cette grosse étape (hi hi hi) décide de s’ouvrir une boite de pâté… qui lui explose en plein visage et aussi sur son magnifique tee-shirt de rando tout propre ! Le voilà baptisé, incrédule ! Mais il ne se lamente pas sur cette attaque sournoise, il est maintenant temps de tester nos sacs sur cette mini section.(1h45)
Les sacs sont bien (trop) chargés et mais l’arrivée au refuge, avec vue sur la Brèche de Roland capte toute notre attention.

Image3Il fait beau, il n’est pas tard, on ne résiste pas à l’appel de la Brèche, mais en version minimaliste, en laissant nos sacs au pied du refuge.

Image520150715_171539Un névé seulement à passer, avec une belle trace, et la Brèche s’offre à nous au terme d’une grosse demi-heure de grimpette. La vue franco-espagnole est magique !
On redescend rapide, car le ciel vient de changer. Clotaire accélère tandis que Marie finit prudemment, mais sous la pluie…
On laisse passer l’orage en discutant avec un montagnard des Pyrénées Orientales, dans le sas d’entrée du refuge. Puis, on savoure une bière face au cirque de Gavarnie, avant de planter la tente, sans être gênés par les voisins, tous les autres marcheurs ayant choisi l’option refuge.

20150715_202843Petit bricolage de Cloclo sur fond de plastique découpé, fondu, recollé, pour sauver la poche à eau percée de Marie. Avec test d’étanchéité prévu dès le lendemain matin…

Jeudi – jour 2
Refuge des Sarradets, brèche de Roland, collata Los Sarrios, torre de Marmores, vire sud de la Roya, basa Roya, Refuge de Goritz (9h)

20150716_102224Levés à 7h, prêts à partir à 9, on reprend la montée vers la Brèche de Roland, tout doux, tandis qu’un petit groupe d’Espagnols, marcheurs à la journée, s’agite pour nous doubler… avant de rendre l’âme dès la première terrasse, ce qui nous permet d’arriver seuls en haut.

Là, on se pose. Marie gère sa poche à eau qui vient de commencer à se vider dans son sac. On observe les marcheurs déjà engagés. On devrait suivre l’itinéraire par les vires, avec sommets à plus de 3000 m, mais les passages escarpés ou bien par des névés nous semblent trop risqués.

On a la trouille, on prend l’option canyon (El Descargador) par le bas, jusqu’à une intersection où on se dit que, finalement, ça doit être jouable.
Alors, on remonte les 300 m de dénivelé tout juste encaissés. Col de Los Sarrios, on s’engage dans nos premiers gros névés qui passent facilement (traces).

  20150716_122924 20150716_125035 20150716_152358

On laisse le sommet du Casque qui semble trop engagé et on se dirige vers le Marbore avec un passage en crampons. Là, c’est l’enflamme ! On décide de gravir le sommet via un beau et long névé vertical, avec nos nouveaux jouets prêtés par Daniel : crampons et piolets.

Un Espagnol s’engage avec nous. On est au top, on se régale, persuadés que l’on pourra redescendre facilement par l’autre versant.
Les néo-montagnards que nous pensons être désormais prennent la pose (pause) photo.
L’euphorie ne dure pas ! On ne voit pas de chemin, on part à flanc de sommet sur de la semi-escalade, il y a le vide à droite et on commence à se faire peur. Il faut envisager de redescendre par le névé…
On récupère de nos émotions en cassant la croûte, on rechausse les crampons et on redescend avec beaucoup de vigilance.
Une fois en bas, on respire à nouveau !

La journée est loin d’être finie. On enquille sur une magnifique vire, la Roya, tantôt engageante, tantôt surprenante, mais qui nous questionne régulièrement sur l’itinéraire à emprunter. Heureusement qu’il subsiste quelques cairns…
On fatigue, mais on arrive malgré tout à Goritz vers 18 h.

Image8

On en a encore plein les yeux pendant l’apéro/grains de maïs.
Juste le temps de planter la tente qu’on essuie un gros orage.

20150717_071905Calfeutrés, on se fait chauffer un lyophi tant bien que mal dans l’avancée et on tente de s’endormir en invoquant les cieux de Monte Perdido de nous laisser au sec…

 

Vendredi – jour 3

 

Refuge de Goritz, GR 11, collata Arrablo, cabane Mallata, A/R vallée Anisclo, collata Anisclo, paleta la Solana, refuge de la Pineta

 

« De l’idylle à l’enfer »

Départ de Goritz à 9h20, première vasque au bout d’une heure, un passage difficile. Cabane à 11h45.

20150717_114930
Descente de l’estrecho Anisclo, 1h, baignade de oufs, vasque, lavage de cheveux, etc

Image9

20150717_130758Trop muy bien ! Redémarrage à 14 h.
Nouvelle cabane, à 15 h. Montée au col d’Anisclo, 800 m de dénivelé tout droit, quelques abris sous roche et emplacement de tente.

20150717_170746

20150717_171830

20150717_171921
Arrivée au col à 17 h 17. L’enfer arrive ! Tonnerre et descente très raide, voire dangereuse. L’orage éclate juste avant la forêt. Un déluge de grêle énorme, avec des torrents de boue qui dévalent la montagne. On est bloqués, on s’arrête au milieu de nulle part sous un bouleau. C’est l’horreur, le flip.

Image11Le calme après la tempête. On repart cuits, Marie en mode survie et Clotaire en pilotage automatique. Des passages en désescalade, la misère…
Arrivée au refuge de la Pineta à 20h22, pas le droit de planter la tienda.

Image10Donc une cerveza Ambar, bien sûr en pression. Puis trouvaille d’un bâtiment désaffecté (des sanitaires) pour passer une nuit sous l’orage très très menaçant mais avec un super repas : lentilles et vino tinto San Montano.

20150717_211148

20150717_211134

Puis dodo pour Marie, Clotaire bof bof…

 

Samedi – jour 4

 

Réveil matinal à 6 h puis, à 7h, on refait les sacs qui avaient été vidés dans tout le bâtiment la veille, afin de retourner vers le refuge avant que la Guardia ne nous débusque.

 20150718_090851
Petit déj’ à l’extérieur du refuge et crise d’angoisse pour Cloclo, dur le réveil… Peut-être encore sous le choc de la veille, où nous avons manqué de raison, d’anticipation, ne mesurant pas assez les risques liés à la montagne, à la météo. Bref ! Erreurs de débutants…
Les orages menacent encore et l’itinéraire nous menant jusqu’au refuge de Tucquerouye et le Mont Perdu est inenvisageable.
C’est donc en stop que nous voyagerons aujourd’hui pour rejoindre Torla et la vallée d’Ordessa.

20150718_092024
Toilette de chat et caca mou pour Cloclo, puis décollage rapide en minibus avec deux vieux espagnols, la clope au bec, jusqu’à Bielsa.
Achat de tongs, puis attente, et prise en charge en voiture par un couple pour quelques kilomètres. Coup de maître ! Un bus nous charge jusqu’à Ainsa, puis un deuxième jusqu’à Torla. C’est la teuf !

Image12
Nous voilà à Torla, un petit village accroché à la montagne avec, en toile de fond, le canyon d’Ordessa, majestueux et imposant.

Image13Nous arrivons le jour J, le jour de l’année où le village fait sa fête annuelle. Au programme: tapas, dos canas (bière pression), dos longeras (tapas boudin), una chipera (tripes) pour Cloclo.

20150718_13562120150718_135908
Vamos al camping Rio Ara, rencontre de deux septuagénaires Gallois sympas comme tout, qui nous indiquent la route pour le lendemain, et enfin, plantage de la tienda de campagna.

20150718_154223

A l’heure où nous publions ces lignes, nos sympathiques aventhuriers sont certainement déjà à la recherche du télécabine qui les mènera au sommet du Monte Perdido, à partir duquel ils rédigeront la suite de cette épopée, confortablement attablés devant une cervesa fresca, sur la terrasse du restaurant panoramique d’altitude…

à suivre, donc…

7 Réponses

  1. Il est beaucoup question de bières pression dans cette avent’hure me semble t-il ! Et c’est quoi ce moment « tapas boudins » ? C’est une soirée où on se tape des moches ?
    bon, allez, on va vous suivre avec intérêt et vous encourager, mais faites bien attention à vous !
    Prudence est mère de sûreté.
    Bon courage.

  2. et apres ils se foutent de notre gueule quand on passe 8 j en grèce a coté d’une piscine….là c’est pire on dirait qu’ils sont là bas pour tester toutes les bières ! oliv’ va falloir créer une nouvelle catégorie sur le blog : B&B (Bière/Bouffe)aventhure…

    ju

  3. une nuit au sanitaire : ça me rappelle les Bronzés :
    « – J’ai pas trouvé ma case , j’ai dû passer la nuit avec cette femme charmante aux sanitaires…
    – Je précise que je peux être charmante ailleurs qu’aux sanitaires ! »

  4. Jour 2
    Levés à 7h, prêts à partir à 9h…

    Pire que des mariées, 2h pour se préparer chaque matin, vous explosez le record du monde de la spécialité !

  5. J’ai étalé la carte sur la table mais je vois pas skil veulent faire exactos ? Z’ont l’air de contourner le Perdu. Veulent y grimper ? C’est quoi le but de leur balade ? Aller d’où à où en passant par où ?
    Ceci dit avec Sylvinox on a failli y laisser notre peau sur les pentes du Perdu. Faut dire qu’on essayait de suivre à distance (pour profiter gratos de la trace sur les névés) un duo de montagnards encadrés par un guide espagnol tous équipés de grands clous sous les godasses. La nuance qui tournait à leur avantage c’est qu’eux y z’avaient des gros clous sous leurs godasses et nous on était en tongs (faut bien entretenir la légende).

    • Je crois que l’idée, c’est d’aller au sommet. Mais z’ont pt’èt pô kor trouvé la gare du téléphérique, ça doit être grand, Torla…
      Sinon, nous sommes bien évidemment preneurs de l’intégrale du récit « El Monte Perdido en tongas »…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :