Premier Défi Raid Aventure Saintes


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Quelques flashback…

Petits saints

Un peu à la bourre, vers 7 h 30, on fonce en direction du spot de dépose VTT avant le départ. Au niveau de la station d’épuration (mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien bouffer à Saintes pour que ça pue comme ça ?!?) le camion d’Oliv vient butter sur des barres de limitation de hauteur. Afin de poursuivre, il faut transvaser équipier et matériel dans la Logan.

Clotaire entreprend de faire rentrer le troisième vélo dans le coffre, à coup de masse et de barre à mine, lorsque déboule à l’envers un vieux Galax gris duquel s’échappent moult hurlements et coups de klaxon. Trois gaillards oranges s’extirpent du véhicule, il s’agit de Gill, Denis et Bébert, les Radoïstes écumeurs de raids. Ils nous disent revenir de la dépose, qui n’est qu’à un petit kilomètre et demi et que c’est inutile de martyriser ce vélo comme ça, Oliv n’a qu’à y aller en pédalant…

Nous nous rangeons à ces conseils avisés et Oliv saute sur son bicloune à la poursuite de la Logan. Vingt minutes plus tard, au bout de cinq kilomètres et d’une interminable montée, il arrive enfin, complètement explosé, les cuisses en feu sur le lieu de la dépose. Le trio est maudit jusqu’à la dixième génération…

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Peu après, au briefing, les trois petits saints arguent, la main sur le cœur, avoir été de bonne foi dans leur estimation de la distance. Mais leurs discrets sourires en coin nous laissent incertains sur leur sincérité. Dans le doute, on procède à un savatage en règle du Barbu, principal enfumeur. Gill, quant à lui, semble consterné d’avoir participé à cette supercherie mais bon, pour gagner une place au classement, on sait qu’il serait prêt à toutes les manœuvres machiavéliques et autres vilenies…

savatage

Négociations

Première épreuve du raid : une C.O. « atypique », en fait une C.O. relais sur le complexe sportif. L’affolement gagne les équipes dans lesquelles tout le monde n’oriente pas habituellement. C’est le cas des Naka, un des trois teams mixtes prétendants au podium, au même titre que les Inoxman et les Ara.

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Ticule, le leader, vient plaider sa cause : la féminine des Naka, qui n’est pas orienteuse, pourrait-elle être prise en charge par Marie sur ce relais ? On oppose une fin de non-recevoir catégorique : même pas en rêve ! Parce qu’il proposerait lui, ensuite, de tracter notre féminine sur les sections VTT ?

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Ticule, s’en va, un sourire carnassier aux lèvres, en promettant de bouler Marie dans le fossé lorsqu’ils nous repasseront plus tard, à vélo…

En fait, sa féminine s’en tirera correctement sur le relais, où elle pointera les trois balises les plus proches, mais beaucoup moins bien sur une des sections VTT, où, tractée pleine balle au tire-minette par un dangereux psychopathe, elle se prendra une pelle d’anthologie qui la conduira aux urgences, et son équipe à l’abandon, nous entrebâillant indirectement la porte du podium…

Breaking the waves

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On arrive au départ canoë dans les premières équipes, après un trail’O efficace. Mise à l’eau virile, en découpant un concurrent qui minaude à l’embarquement. Devant, ils ont trois rames, et nous que deux ! C’est quoi c’bordel ? On braille à destination des hommes en rose sur le tarmac pour avoir les consignes. Ils confirment les trois rames et l’un d’eux nous balance un ustensile supplémentaire ridicule, tout juste adapté à un nain affublé de courtitude des bras. Mais bon, on est déjà bien lancés et faudra faire avec…

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Nous ramons synchros, les deux devant du même côté, et la mule, derrière, de l’autre. Marie donne régulièrement le signal du changement, qu’on exécute avec un bel ensemble pour conserver la trajectoire optimum. Le seul problème, c’est que Clotaire est dyslexique du bras gauche, ce qui fait qu’une des configurations est beaucoup moins productive que l’autre…

Au cours de la descente de la Charente, nous passons à proximité d’une barque de pêcheur à l’arrêt, canne relevée, au milieu du fleuve. À l’intérieur, debout, le capitaine, casquette vissée sur le crâne, nous observe derrière ses lunettes cerclées de métal.

Nous lançons une petite phrase sympa pour établir le contact et v’là t’y pas que l’autre se met à nous invectiver. Alors forcément, on branche un peu…

Peu de temps après, il remonte la colonne de canoës, arrive dans notre dos pleine balle, moteur à fond, et nous passe au près dans un grand sourire pour envoyer des vagues chavirantes. Lorsqu’il revient dans l’autre sens pour en remettre une couche, on l’invite à passer encore plus près pour pouvoir jouer à surfer des vraies vagues cette fois, et aussi pour mettre encore plus les nerfs à ce marin d’eau douce, naufrageur, bachi-bouzouk…

Ce mec, c’est sûr, on partira pas en vacances avec lui…

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Chassé-croisé

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Sur la première VTT’O, les Inox viennent de nous recoller, ils sont maintenant dans notre roue. Nous avançons en formation serrée dans un single, Oliv au tractage, Marie à l’orient, Clotaire au pointage, lorsqu’une balise est en vue à une cinquantaine de mètres.

Afin de bien montrer à nos poursuivants qu’on n’est pas venu là pour vendre des cravates et que chaque seconde compte, Clotaire déboîte pour doubler Marie, la corne de son VTT se prend dans une liane et il est séché net au sol. Consternation de notre côté, hilarité derrière…

À la suite de ce poste, les filles ne choisissent pas le même itinéraire, ce qui fait qu’on sort sur une route largement plus loin que les Inox. Ceux-ci déboulent du bois à 300 mètres, en nous faisant des grands coucous avec la main, se foutant bien de notre gueule.

Notre sang ne fait qu’un tour ! Tout à droite, grosse plaque, la laisse au bord de la rupture, on se lance à leurs trousses ! En moins d’une minute, on les a recollés.

Là on a deux options. La plus raisonnable : on reste derrière en profitant de l’aspiration pour digérer le surcroît d’efforts consentis. L’autre : on les double en leur faisant coucou. C’est évidemment celle-ci que nous choisissons, en dépit de toute considération tactique. C’est donc eux qui profitent de l’aspiration et bientôt notre rythme s’effondre dans une vilaine montée, ce qui permet à Marianne de glisser : « Tu veux que je te pousse, Oliv ? »…

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Premiers secours

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Sur la début de la seconde VTT’O on tombe rapidement sur un petit attroupement : un des gars de Chantonnay vient de se prendre une pelle dans une ornière sur un passage qui paraît anodin, relativement plat et large entre deux champs. Il reste au sol prostré, communiquant à peine.

Clotaire se porte à son chevet, lui demande des détails intimes sur sa vie privée (le nom de sa grand-mère, quand est-ce qu’il est allé au ski la première fois…) et propose de le finir en l’enroulant dans une couverture de survie alors que le pauvre cuit déjà en plein cagnard.

Comme un des équipiers est déjà parti chercher les secours, qu’on ne peut rien faire de plus et surtout pas aggraver le cas du blessé, on exfiltre rapidement le docteur Maboul.

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Grands seigneurs

Sur la fin de ce même VTT’O, on jardine à proximité de la voie ferrée sur la balise 16 qu’il fallait tracer depuis le départ. Nous ne sommes pas seuls, d’autres équipes viennent exercer leurs talents horticoles en notre compagnie. Parmi eux, les Rados. On en profite pour confronter nos traçages.

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Oliv s’aperçoit qu’ils n’ont pas noté l’arrivée de cette section, à reporter sur la carte au départ, et que ces guignols envisagent de remonter toute la carte pour rentrer. Alors, malgré leur entourloupe du matin, comme il n’est pas rancunier, il leur indique le double cercle d’arrivée, très proche, afin de leur éviter de se ridiculiser en retournant à Grand Roc pour y trouver place vide, toute l’orga ayant sûrement plié le camp à cette heure avancée.

Dans un élan d’humanité difficilement compréhensible, toujours eu égard à leur fourberie du matin, nous leur déconseillons également d’aller cramer du temps sur la 17, une autre balise à tracer, qu’on a cherchée en vain pendant une demi-heure.

Nous sommes maintenant seuls, tout le monde a lâché l’affaire. Clotaire, en se mettant dans la peau du traceur parie que cette fucking 16 doit sûrement être dans l’entrelacs de singles pas loin. On le tente ou pas ? OK ! On se donne 5 minutes, pas plus. Et bingo ! Deux minutes plus tard, on ressort du bois avec la 16 pointée.

Au final, deux fois une demi-heure d’errance pour trouver un seul poste à 30 minutes, c’est pô rentable ! (Il s’avérera que les données pour tracer ces deux postes étaient erronées en raison d’une impression pas pile-poil à l’échelle.)

Arroseur arrosé

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Retour de CO. On tombe sur Marianne, des Inoxman, en pleine discussion avec l’orga (pendant qu’Alexis est parti, paraît-il, chercher une balise supplémentaire en solo ?). Elle se plaint que son équipe n’a pas pointé les deux balises azimutées de cette section, pas correctement informée par les consignes de course de leur présence sur ce parcours.

Entendant, à la volée, qu’il leur manque des postes, Clotaire se met à brailler que nous, on a tout, carton plein ! Et il en remet une couche, puis encore une pour la route, et encore, pour chambrer Marianne…

Pendant qu’il vocifère, Marie et Oliv se décomposent, réalisant qu’on vient de faire la même cagade : nous aussi on a zappé les deux postes azimutés, Clotaire, au pointage, ne s’étant pas posé de question en voyant les pancartes accrochées aux deux balises.

Il faut maintenant lui jeter un seau d’eau froide afin qu’il arrête de faire le guignol, qu’il change de pompes au plus vite, et on l’embarque dans le VTT suivi d’iti qui doit nous ramener sur Saintes pour une CO photos de toute beauté…

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Arroseur arrosé (bis)

Ah, au fait, le matin, à la dépose vélo, on n’a tenu aucun compte du conseil pourri des trois zigotos car Clotaire connaît bien le coin et il savait quelle route il nous restait à parcourir. Alors, dès que les Rado nous ont quittés, on a achevé le chargement du troisième vélo dans la Logan et nous y sommes tous allés en voiture.

Quand on les a revus au briefing et plus tard, à la VTT’O, on a entretenu le mythe, d’abord parce qu’ils avaient l’air tellement contents de leur blague de potache qu’on ne voulait pas leur faire de peine.

Mais aussi, parce que connaissant bien Gill, on savait qu’il serait rongé toute la journée par la culpabilité et le remord et que ça lui boufferait l’influx et lui ferait faire des tas de conneries.

Gill-Tromb.

Et apparemment, ça a payé puisqu’on finit deuxième mixte et 6ème au scratch alors que les hommes en orange sont dans le ventre mou, au milieu du tableau. Hi, hi, hi !

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Archives

On a eu bien raison de se méfier d’eux, ces images trouvées sur leur blog en témoignent :

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5 Réponses

  1. Alors là, Géééénial !
    Oliv, je suis écroulé de rire devant l’écran et comme tu dis, pendant le raid j’ai souvent pensé à notre bévue du matin, je m’en voulais tellement de ne pas avoir réagi à ce que Denis te disait, j’étais vraiment dans le coltard…
    Quand même, le seul sport où l’on peut vraiment se marrer entre toutes les équipes et qui laisse autant d’anecdotes à raconter, c’est bien le raid multisports.
    Ce serait vraiment dramatique que cette ambiance conviviale disparaisse, soyons tous vigilants afin de sauvegarder notre sport…

  2. Encore encore !

  3. Génial !! Bravo et merci pour ce CR.
    Alors comme ça, le RADO est fourbe et chafouin ???

  4. Non, Alamo, tu vas pas t’y mettre aussi.
    A la limite, je veux bien que vous me preniez pour un rêveur ou un grand distrait, mais pas plus, loin de moi l’idée de faire du mal à qui que ce soit !
    Je suis tellement fan de la famille « Flying Avent’Hure » (Raideurs et leur entourage) que je ne pourrais jamais leur faire des entourloupettes de mauvais goût…
    Quoique !

  5. Merci Oliv pour ce CR d’anthologie de plus, on a l’impression de vivre le raid sans l’avoir fait, les abdos travaillent autant je t’assure. Pour avoir vécu le raid Oléron de l’intérieur en compagnie des RADO, je livre un secret longuement gardé par Gill sur Denis : « Lorsqu’il revient d’une balise en disant tout haut : « 10 minutes que je jardine, j’abandonne », c’est évidemment qu’elle est poinçonnée et qu’il faut aller à la suivante ! ». Ces 2 compères sont vraiment de grands enfants avec un très grand cœur.
    En tout cas, bravo Marie d’être allée au bout avec ces 2 énergumènes, cela confirme ta force morale !
    Week-end rando pour nous avec Corinne dans les Pyrénées, passage au col du Palas et dans la cheminée du Port du Lavedan qui était trop enneigée lors de votre HRP il me semble. Biz à tous et à bientôt.

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