La Tragédie du dossard 420


Petit clin d’oeil au spectacle de Yohann Metay auquel certains d’entre nous ont eu la chance d’assister.

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Un truc à ne pas rater d’ailleurs, s’il passe dans votre secteur. En ce moment, après une standing ovation sur ses terres à Airvault, l’artiste se prépare à monter sur les planches à Saint-Denis de la Réunion, en prologue à la prestigieuse Diagonale des Fous 2014.

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A propos de fou, et c’est l’objet de cet article, Philinox, poulain de Sylvinox mais néanmoins vieux cheval de retour, a réussi les qualifs et sera présent sur la ligne de départ de la Diago 2014 jeudi soir.

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Père d’Erik, champion du monde de trail et classé dans les 10 premiers à la Diago, ainsi que de Yankell, champion du monde de beach tennis et classé dans les 100 premiers à la Diago, Philinox, lui même champion du monde de récupération de vieux parasols dans les poubelles, se voit bien finisher de l’épreuve.

Un concours de pronostics a d’ailleurs été ouvert et, mis à part ce chat noir de LKT, tous ceux qui y ont répondu ne doutent pas un seul instant de la réussite de l’opération. Seules quelques petites variations sur le classement et le temps de course révèlent le degré d’optimisme ou de déraison des uns et des autres.

Cette chronique va essayer de relater en direct live les différentes péripéties de cette avent’hure. Les articles les plus récents seront ajoutés au fur et à mesure en bas de page.

Le site de la diagonale des Fous : http://www.grandraid-reunion.com/

Pour suivre le dossard 420 : http://grandraid.sfr.re/pages/coureur/scratch.jsp?dossard=420

Pour suivre la course en live sur internet :   RER Sport – Premiere Radio sur le Sport à la Reunion   Ca c’est la radio locale qui retransmet en live non stop la Diag. Ca vaut son pesant de cacahuètes. Un mélange de français et de créole par deux gars pas franchement spécialistes de course à pied mais qui y mettent tout leur coeur et ont tendance à transformer l’épreuve en tragédie grecque.

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Pour ceux qui ne l’auraient pas reçu par mèl,

le concours de pronostic :

Quelques indices qui pourront vous aider…ou pas :
J’ai terminé à une brillante 99ème place (sur 109 finishers ! et 19 abandons) au trail qualificatif du St Guiral (60km et 4000m de déniv) en avril…et j’avais fait une bonne course !
L’eau du lagon est à 27°.
Le profil de la Diagonale des Fous ressemble aux dents de la mer.
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Pas plus tard qu’avant hier ils ont rajouté 8 km et donc du dénivelé pour atteindre 172km (distance record sur la diag) et 9996m de déniv. Motif : sentier détruit par les pluies dans la montée mythique du Taïbit. L’O.N.F. a réparé mais le sentier ne fait plus que 30 cm de large par endroits et les organisateurs ont jugé que ça serait un peu juste pour faire passer les 2312 fous. Le départ sera donné à St Pierre (priez pour nous) jeudi 23 à 22h30 locale (enlever 2h pour La Palmyre). Dernier délai pour l’arrivée au stade de la Redoute à St Denis : dimanche 26 à 17h soit 66h30 plus tard. Remise des récompenses le même jour à 17h30 et messe solennelle pour les disparus lundi matin à 8h.Chaque année c’est environ 1/3 d’abandon ou hors délais.
Les médias ont publié la liste des favoris. J’ai cherché, j’ai pas vu mon nom…J’ai la patate mais au bout de 40′ de footing au bord du lagon (déniv 0m) j’ai les jambes asphyxiées.
Les bâtons sont interdits, ça tombe bien j’en ai pas.Juré, si je finis je grimpe en haut des tribunes pour arrondir à 10000m de déniv.
Les temps de pose sommeil ne sont pas déduits et les V3,5 sont classés avec les V3..

Cinq « bosses »: Piton Textor 2165m, Côteau Kerveguen 2206m, Caverne Dufour 2478m, Col de Fourches 1930m et Maïdo 2030m.
Altitude départ 6m et arrivée 53m : comme quoi ça monte !

J’emmène une paire de tongs au cas où.

Mon numéro de dossard : 420 (et non 421 comme je l’avais annoncé en conférence de presse). Sans doute une promotion.
Vous pourrez toujours penser à moi, ça vous coûtera rien c’est moi qui marche. Savoir qu’avec 0,87€, le km de Diag coûte moins cher qu’une Dodo à 1,20€.

Sinon le moral est bon. Seuls les 170 derniers km me font un peu peur…

C’est maintenant l’heure du pronostic (à faire parvenir avant jeudi 22h locale):

1) Ne se présente pas au départ:

a) blessé
b) malade
c) l’a peur le bougre

2) Hors délais et mis hors course:

a) avant Cilaos (km 66)
b) entre Cilaos et Halte Là (km 139)
c) après km 139
3) Abandon:
a) blessure 
b) santé  
c) ras le bol.  
4) Finisher:
a) + de 2000ème 
b) entre 1500 et 2000 
c) entre 1000 et 1500 
d) entre 500 et 1000  
e) entre 100 et 500 
f) entre 10 et 100 
g) dans les 10 premiers…
Choisir 1 option parmi les 16. 
Question subsidiaire pour départager les éventuels ex-aequo de la 4ème proposition: quel sera le chrono ?
 
Keskongagn ?
Une inscription gratos à l’InoXman 2015 pour le ou les vainqueurs en cas d’ex-aequo.
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La lettre d’encouragement de « Pierrot le Breton » en langue locale :

La rénion lé la !
    En principe, les bougs préparés lariv à la place qui correspond au numéro de dossard. ssa, cé fè !!
    Ou la déza kompri qssa monte, komssa aou sera pa surpri !!…..ssa, cé fè !!
    Pour lé tongs, palapène d’en mettre dans out sac……….aou peu trouv des tongs rodées sul parcour.  Ssa, cé fè !
    Pour le pronostic………..mi ké pa et mi lésite entre pluzieur ssozes : AOU LA PEUR……….ssa lé normal et aou lé pa félé kom bocou i prenn le départ!
                                    é kom la peur i donne dé zailes, aou pourra volé entre le col de la Fourche et le Maïdo. lé touzour ssa de gagné !!!
                                    é mi koné aou pou la santé, Zinoxman lé solid, li kasse pas !
                                enfin, mi la répondu poul la place, donc, tou lé bon pour fer gran raid sans problèm.
……….Ah si, mon pote Zan Louis et moa laurè bien aimé être là ossi, et de te voir au départ nous fera envie, alors pet une petite étiquette avec nos noms dessus dans ton sac…………et ça fera l’affaire, et comme nous avons toujours terminé nos 3 « Diag », ce sera une chance supplémentaire pour toi de voir les lumières du stade de la Redoute quand tu descendras Colorado…….et peut-être auras-tu quelques larmes de bonheur à te traverser les yeux………je l’ai fait…….et c’est bon !!!
        Nou ssava suiv de près le no 420 sur l’ordi, é kom aou saura nou le regarde, tu iras jusqu’au bout.
                                        Le Piero t’embrasse, et profite, profite !!
PS:……..pou la chaleur, aou koné pisque aou lé touzour torsenu à La Palmyre !!!
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Lundi 20, 18 h – La trouille s’installe :

Bon, ben yapluka !

Pour l’instant je suis toujours ok pour figurer sur la ligne de départ. Par contre le maire de Cilaos veut interdire un tronçon et faire faire un détour de 2 km ! D’ici à ce qu’on nous fasse passer par La Palmyre…

Z’annoncent de la pluie sur le cirque de Salazie, déjà boueux par nature. Moi qu’aime pas me salir et qui suis nul en glisse ! La rando s’annonce longue…

Olive, sympa ton article sur le site des Flying mais tu me connais, pour pas déranger je plierai peut-être vendredi pour pas obliger les nombreux fans à passer encore 2 nuits blanches de plus.

 

Réponse d’Alain l’Optimiste à ce plaidoyer larmoyant, sous la forme d’un document photographique qui montre que le Philinox n’a pas toujours été aussi chochotte :

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Des jambes de Kenyan qui font bien fantasmer LKT…

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Mardi 21, 12 h – Une arme redoutable :

Yankell s’est auto-proclamé coach et diététicien. Résultat : depuis 3 jours plus de pain, de nouilles, de riz, ni de dodo ou de rouge.
Par contre, à partir de demain, je dois me bourrer de sucres lents… moi qui court déjà pas vite !
Partout, à la plage, dans la rue, dans les magasins, on voit depuis quelques jours de plus en plus de gars bronzés au regard de killers avec des mollets rasés gros comme des ballons de rugby, des maillots fluos antitranspirants-déperlants-isothermes et des camels avec des poches et des bidons partout. Maman j’ai peur, je veux plus y aller…
Chuuuttt, top secret ! Ceci ne doit pas sortir du cadre purement confidentiel du site Flying : je viens de mettre au point l’arme absolue qui devrait faire la différence sur les sentiers.
Sandale spéciale Diagonale 2 Sandale spéciale Diagonale 1
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Mercredi 22, 12 h – Une fièvre de chwal :
Le pur sang n’est pas encore sellé mais presque. Il piaffe d’impatience. Son urine est claire et son naseau frémissant.
Encore une bonne nuit sur ma litière avant le jour « J ». Mais demain, avec la fièvre (de cheval) du départ, l’effervescence des fans, les senteurs tropicales enivrantes, les parfums des pouliches et les cris de la foule en liesse, va falloir rester lucide et tirer sur les rênes au départ pour pas s’enflammer…
La balade est longue, va falloir en garder sous le sabot. Faudra du temps avant de sentir à nouveau l’écurie.
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Mercredi 22, 20 h – Le stress de l’assistance :
En ce moment il est avec son fils, sur la moto, et va récupérer son dossard.
Moi, je stresse car je devrai essayer de le joindre à quelques ravitaillements sur le parcours avec un sac à dos plein de petites choses agréables et c’est pas du gâteau, je voudrais bien ne pas me perdre en route...
Heureusement que l’on est sur une île et qu’il y a la mer de tous les côtés pour m’arrêter…

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Sylvinox

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Jeudi 23 (Jour J) 10h – Y fait vraiment tout pour pas y’aller :
Lundi pour tuer le temps petit bricolage inscrit dans le carnet de travaux à la case de Ykl. Un solide bastaing en bois exotique à dégager du fond du tas de bois, penché en avant, bras tendus. Résultat : coinçage immédiat côté L5-S1 et depuis impossible de monter les escaliers ni de trottiner. 
Ca fait genre paralysie. Z’appellent ça une sciatique aigüe. Mais bon le départ n’est pas avant ce soir 22h30.
Par contre ce qui va te faire rire c’est qu’hier on est allé avec Ykl retirer mon dossard à St Pierre. Tu le croiras pas : au bout de 10 bornes on se prend de plein fouet une voiture qui nous coupait la route. Oh pas une grosse, juste une petite citroën C1. Le souci c’est que c’est quand même plus lourd que la 125 honda à Ykl. 
Après un très bref envol, lui s’est retrouvé debout derrière la voiture, façon chat qu’on jette en l’air. Moi j’ai terminé en planche costale, allongé sur le bitume très chaud, jambes tendues. Surtout la gauche en fait, vu qu’elle était coincée sous la moto. J’ai tenu la position 3 secondes le temps que le jury apprécie …et que Ykl relève la bécane. 
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Pot incroyable : pas de bobo, pas une égratignure ni l’un ni l’autre. Enfin surtout Yankell. Moi juste une petite douleur côté thorax droit, genre une ou deux côtes cassées qui fait que j’ai du mal à m’asseoir, à me lever, à me coucher, à courir, à me pencher en avant et surtout à tousser. 
J’en ai causé à Erik : il m’a dit que de toute façon y’avait pas besoin de faire tout ça sur la Diagonale… sauf marcher.
Ca fera des côtes de plus pour ralentir la progression….
Par monts et par vaux
chwal
Sinon la tenue qu’on nous a donnée est superbe et il fait beau.
 DSC_5232 - Copie
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 Jeudi 23 (Jour J) 12h – Le moral dans les chaussettes :
 » Hier soir j’aurais pas pu prendre le départ because douleur et ce soir j’y vais, mais sans illusions. Je serai sous la banderole à 20h30 métropole mais la 2ème partie de nuit pourrait bien se passer dans mon petit lit douillet de la case à Yankell« 
06 04 02 01 78 c’est le numéro du portable que Philinox aura sur lui pendant la course, parce qu’on ne doute pas une seconde qu’il va y aller, en dépit de la collec d’accidents qu’il vient de cumuler à quelques heures du départ. Ce type a vraiment un sens du suspense hors du commun !
Ne pas l’appeler pour ne pas nuire à sa concentration, mais un ptit SMS de temps en temps pourrait lui faire plaiz…
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Le concours de pronostics est clos. Voici les estimations des 22 qui ont osé se mouiller :
pronostics
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 Jeudi 23  Premières heures de course – L’est dans l’mouve chô gars :
19h57 :  sms de Philinox « serré comme une sardine dans la keu« 
20h30 : Top départ
21h34 : sms de Philinox « alt 224 OK« 
22h45 :  sms de Philinox « Domaine Vidot OK«  14ème km, 2h20 de course, il est 1977ème
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Vendredi 24 La première nuit est passée – Tout baigne :
06h39 : sms de Yankell « Passage Textor. Tout va super«  40ème km, 10h de course, 1982ème
06h40 : sms de Sylvinox « Le moral est bon et le physique aussi« 
parcours personnel
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Vendredi 24, midi – L’inexorable remontée
8:22 Mare à Boue, 12 heures de course, 50km, 1878ème
Il a gagné 100 places au scratch et croqué 10 V3
Encore deux trois grimpettes et pis c’est l’arrivée…
dénivelé personnel
midi, e-mail enflammé de Gill, le Guru des RADO : « la chevauchée fantastique commence, il les ramasse à la petite cuillère ceux qui sont partis comme des fous… »
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Vendredi 24, peu après – Epilogue
12h35 : sms de Philinox « Abandon à mare à Joseph, ça devenait suicidaire »
Après avoir annoncé qu’il abandonnerait à Cilaos, Philinox a préféré ne pas s’engager sur cette section difficile et plier les gaules à Mare à Joseph. 
Grosse fatigue, limite épuisement, le coeur n’arrive plus à fournir, les stens s’agitent dans le bocal, la voix de la raison l’a emporté…
L’orga le créditera par erreur d’un abandon au pointage d’avant : Mare à Boue. Pitètre que chô gars n’a pas eu la lucidité de passer par le pointage, pressé qu’il était de trouver un véhicule de rapatriement ?…
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Samedi midi – Retour sur terre
Après une grosse séquence dormage, Philinox a repris ses esprits.
Coup de téléphone à midi.
« A Mare à Boue j’avais capitalisé 2h sur la barrière, mais je n’avais plus que 35mn à Mare à Joseph et je ne voyais pas comment je pouvais enrayer le processus. Je sentais que la machine, à l’intérieur, fallait pas lui en demander plus. J’étais envahi par le doute, une trouille s’était installée, est-ce que je vais en sortir ?… Ce sont des sensations très personnelles, inracontable précisément, que seuls ceux qui ont déjà vécu ça peuvent appréhender »
Son CR est presque abouti, il le fait suivre dans la journée, avec quelques photos.
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Samedi aprèm – le CR tout juste sorti du four
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Jeudi 21h, site du départ à St Pierre. Cohue et grosse confusion. Pas de signalétique (enfin juste une, voir photo !) pour aiguiller vers l’enclos où ont lieu les formalités de départ : contrôle du matos obligatoire et dépôt (facultatif) des sacs d’assistance qui seront acheminés par camion à Cilaos (1/3 course) Halte Là (fin 2ème 1/3) et La Redoute (arrivée).
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Ca y est je suis dans la zone coureur. Tout retour en arrière est définitivement interdit. On commence par les sacs.
Serrés comme des sardines on voit les camions mais rien n’indique leur destination. J’ai opté pour un sac à Cilaos seulement car on n’est pas sûr à 100% que Sylvie y aille. Il contient une paire de pompes, un short, une frontale, des piles. 
 
 
La consigne du road book était de coller sur les sacs fournis le minuscule autocollant fourni lui aussi mentionnant nom, prénom, n° de dossard et tagué d’un code barre. Quand je dis minuscule, mon numéro 420 occupe 5 mm sur 2,5 mm, j’ai mesuré pour le fun ! 
 
 
Le troupeau avance au compte goutte cm par cm. On commence à se poser des questions sur la possibilité de partir à l’heure. Un bénévole hurleur essaye de fluidifier en créant un couloir de passage pour les « sacs à dos ». Traduire: pour ceux qui n’ont pas de sac à déposer dans les camions. Soudain un concurrent remonte comme un saumon le flot des sardines en disant : « Les sacs pour Cilaos c’est pas là, faut ressortir de l’enclos, c’est de l’autre côté des camions. » Moment de doute dans le troupeau, les interrogations fusent. Le gars vient de semer la panique. Un bénévole pas loin de moi rassure dans un périmètre de 2 m autour de lui. Par contre il nous apprend qu’il fallait doubler l’autocollant par un gros marquage au feutre avec n° de dossard et destination du sac. Personne ne l’a fait, personne savait. Le bénévole part à la recherche d’un marqueur. On assiste impuissants au chargement des sacs : un préposé prend le sac qu’on lui tend, demande à voir le numéro de dossard du coureur, l’inscrit sur le sac avec son gros marqueur, lui demande la destination, lui fait répéter trois fois parce que la sono déverse les décibels à gogo, donne le sac à un collègue qui monte dans le camion, marche nonchalamment jusqu’au fond du camion, y dépose le sac avec précaution comme s’il était piégé. Rendement: en gros 3 sacs/min ! L’heure tourne. On va être ric-rac mais finalement ça le fait. 
 
 
Contrôle du matos obligatoire. Pas de fléchage. Je vois une tente blanche prise d’assaut, j’y vais. C’est là. Guerre des coudes. J’ai déjà paumé une épingle à mon dossard. Les bénévoles, une vingtaine alignés le long d’une grande table lèvent la main à tour de rôle dès qu’ils ont fini une inspection déclenchant à chaque fois une ruée. Bien, le contrôle: c’est fait. Je me dirige vers une autre tente blanche (elles sont toutes blanches, tu peux pas te tromper) où sont mis à dispo café, thé, petits gâteaux et brioches. J’opte pour le thé, réservant le café pour quand ce sera vraiment utile (si j’avais su !). Il est brûlant comme j’aime. Je trempe mes lèvres. Une rumeur, une onde de choc dans les sardines, c’est la ruée vers l’arche de départ. A peine le temps de me brûler le gosier avec une seule et unique lampée et je me faufile pour pas être le dernier. 
 
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Compte à rebours, petite vidéo, c’est parti. Décibels à fond et ambiance légendaire du public réunionnais. De la folie. Les hurlements traditionnels d’encouragement « A La Redoute !!! » donnent une petite ambiance révolutionnaire. La Redoute c’est le nom du stade d’arrivée à St Denis. La traversé de St Pierre n’est que flashs, hurlements, zikafond. 
 
La petite foulée éco est prise, les côtes (radios dès le début de semaine prochaine) sensibles dans les premières foulées se font vite oublier, la sciatique aiguë des jours précédents n’existe plus et l’épaule coincée par une névralgie dixit l’étiopathe la semaine dernière ne fait pas souffrir. Si j’abandonne j’aurais pas ces excuses là. Tout va bien. Je trouve même que pas mal de concurrents sont un peu mesquins de marcher dès le premier pourcentage de montée et même pour certains de marcher encore quand ça redescend ! 
 
 
Premier poste de pointage-ravito (Bassin plat : km7 – alt 140) : je zappe comme prévu, de toute façon liste d’attente pire que pour un ophtalmo). Bouchon quand même. Forcément, un pointage de 2300 clients après 6,9 km ! 
 
Deuxième pointage-ravito (Domaine Vidot : km14,6 – alt 660) pris d’assaut aussi mais j’ai décidé de commencer là pour habituer déjà la machine à convertir en calories à faire son boulot. La carte de l’auberge c’est bananes coupées et oranges. Ma brillante carrière de tennisman me souffle bananes. Un, deux, trois, quatre, cinq, etc… morceaux. Sûrement que j’alimente un peu trop la chaudière et aussi un peu trop vite car à partir de là je n’arriverai jamais à débarbouiller complètement l’estomac. 
 
 
On est sorti de la civilisation. Resteront plus avant Cilaos qu’un ou deux villages et deux ou trois îlots d’habitations repérables longtemps à l’avance par les clameurs et les projecteurs. 
 
Ce ne sont plus maintenant que chemins dans les plantations de cannes. Sur les bas côtés les insectes genre grillons ont eux aussi mis la sono à fond mais apparemment dans cette île c’est pareil même quand c’est pas jour de Diagonale. 
 
Débuts des vrais dénivelés.  La chenille lumineuse qui se tortille à perte de vue à flanc de montagne est comme magique. Je me demande comment avec seulement 2300 frontales on peut faire une chenille aussi longue. 
 
Passages techniques avec ravines profondes et début des bouchons. Dans la nuit on voit des frontales presque au-dessous de ses pieds et d’autres quasiment à la verticale au-dessus : impressionnant ! On perdra en gros 45′ à faire du surplace. Il suffit d’un coureur un peu mou de l’agilité et le gros arbre en travers ou l’escalier de blocs de rochers bordés de trous sans fond font stopper les wagons de la procession. Grand dommage parce que c’est justement là où modestement je me sens à l’aise. Frustrant aussi quand on se dit que derrière les barrières horaires avancent inexorablement…
 
 
C’est reparti. Dans la lueur des frontales, des arums sauvages en quantité au bord du sentier. 
 
Approche du pointage-ravito de Notre Dame de la Paix (km 24,3 – alt 1565). Texto à Yankell pour l’informer : « Alt 1530 aproch la paix ». En fait j’ignore qu’avant d’arriver chez Notre Dame il faut monter plus haut avant de redescendre. Réponse deYkl : « Dans 3 min j’y suis ». S’écoule bien 20′ avant mon arrivée à Notre Dame. Ykl doit s’impatienter. Les oranges et les bananes sont là mais pas Ykl. Je prends mon temps. Dring-dring : « Route barrée, j’ai dû me garer plus haut. Je descends à ta rencontre ». Je repars. Le temps passe. Enfin le gilet fluo convenu apparaît dans le faisceau de ma frontale. « On s’est garé plus loin que prévu, ça fait 20 min que je marche. » Route ensemble. La bruine a fait son apparition. On arrive à la barrière qui a stoppé sa progression. Sylvie nous attend. Rafale de photos nocturnes sans flash. Petit réglage et coucou le flash est revenu : c’est mieux.
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Ykl revient rapidement avec sa moto qui était garée 20 m plus haut. Il en descend et se la prend immédiatement sur le pied : oubli de béquille ça pardonne pas. Rétro droit hier (sketch des côtes cassées), rétro gauche aujourd’hui.
 
En-cas rapide avalé sans faim, c’est que la banane du 2ème ravito continue son exploration de l’estomac dans les moindres recoins. 
 
Je repars seul.
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Rendez-vous à Piton Textor (km 40,1 – alt 2165). Avant j’aurais Piton Sec (km 35,7 – alt 1850). Le jour se lève. Un sandwich abandonné intact dans son film plastique au bord du sentier : j’achète ! C’est un petit pain au lait avec beurre et jambon. Vingt minutes pour avaler une bouchée ! Coup bien connu du raider, ça tourne en rond dans une bouche sèche sans jamais trouver le trou de la descente. 
A droite du sentier c’est la Rivière des Remparts : derrière le barbelé c’est 1200 m de vertical (non non pas d’erreur, je viens de vérifier). 
Ne surtout pas tourner à droite ! 
 
En fait je retrouve Ykl avant Piton Sec. Textor et Sec n’étaient accessibles que par navette, ils ont opté pour Sec afin de me rencontrer plus tôt. A nouveau route ensemble. 
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Sylvie ira nous attendre en voiture à Mare à Boue (km 50,3 – alt 1594). Le crachin s’installe, le vent aussi. 
Les kms s’égrènent lentement. Ykl fait des petites vidéos. Toujours des arums sauvages. Belle et longue section descente sur chemin de roches : Ykl adore et moi aussi alors on enquille. Gros gain de places sans effort.
 
Enfin Mare à Boue, c’est là qu’on doit se quitter. Sylvie nous attend. Petit ravito à la voiture, au revoir à Ykl qui part faire un tournoi de beach tennis sur l’île Maurice et rendez-vous dans environ 5h avec Sylvie à Cilaos (km 65,9 – alt 1210). 
 
Passage au poste pointage-ravito de Mare à Boue. Catastrophe : je ne suis même pas tenté par les pâtes chaudes et le poulet grillé. La banane du Domaine Vidot continue son embargo sur l’estomac. 
Attaque de la montée redoutée du plateau Kervéguen (km 59,9 alt 2206). Pluie, vent, sentier boueux (voir vidéos). La file des coureurs est plus clairsemée. Ca monte non stop et c’est long, très long, trop long. Les jambes sont un peu entamées mais encore en bon état, le mental aussi je crois mais je sens que le motœur est proche de ses limites. Une sournoise idée d’abandon se profile à l’horizon. 
 
Soudain j’oublie tout avec une dernière séquence improbable et plaisante : je découvre avec stupeur (et admiration !) que le gars que je viens de rattraper progresse… en tongs ou plutôt, à mieux y regarder sous la gangue de boue, en sandales !!! 
Aussitôt sport-cam en batterie et séquence vidéo, c’est trop fort ! 
J’entame d’un ton neutre : « Tu as ces chaussures depuis le départ ? » Le gars: « Oui. Au début sur le sec ça allait bien, mais ici c’est moins bien, c’est pas fait pour la boue. » Avec mon oeil de semi pro j’interroge  « Tu les a fabriquées ? » Le gars: « Oui ». La discussion entre spécialiste s’installe. « La semelle c’est quoi, du pneu ? » « Non du Vibram »
NDLR : produit fabriqué depuis des décennies, utilisé pour les semelles de chaussures de montagne et qui reste encore au top. La maison Vibram fabrique aussi maintenant des chaussures minimalistes avec évidemment semelle Vibram (merci Erik pour le cadeau d’anniversaire que je ne sors qu’aux grandes occasions).
Et il ajoute : « Je me suis inspiré des indiens des Andes. J’aime bien courir pieds nus mais là avec une semelle c’est plus sûr ». Instantanément j’adore ce type. « Les lanières c’est en quoi ? »  « Bof, un bout de corde. » Par contre j’ai du mal a percer le secret de fixation de la corde à la semelle. « J’ai cassé cette nuit mais j’ai l’habitude de réparer, c’est pas compliqué. » A ce moment je rêve d’être assis tranquillos hors course à discuter avec cet extra terrestre. Je lui décris ma tong améliorée bien connue des Inoxmen & girls et je crois voir, non sans fierté qu’il apprécie. 
 
Malheureusement même si je ne vais pas vite mon allure de croisière est légèrement supérieure à celle du patineur et je le distance progressivement. Quand il me doublera plus tard je ne m’en rendrai pas compte et de toute façon je ne serais plus en état de discuter. Chaque pas coûte, et je sens que la machine s’étouffe doucement. Ca me trotte dans la tête depuis pas mal de temps mais à une heure du sommet c’est décidé j’arrêterai à Cilaos… si j’y arrive ! J’ai passé en boucle toutes les raisons que j’avais listées à l’avance pour me convaincre d’aller au bout mais rien n’y fait.  
 
C’est interminable. Je sens que je flirte avec la limite. La fréquence cardiaque est ok mais inconsciemment je sens qu’il faut arrêter de jouer, j’ai peur. Longue pause sans grand effet. Comment se sortir de là ? Revenir en arrière jusqu’à Mare à Boue ou continuer. Ici on ne vient pas vous chercher c’est la règle du jeu et j’y adhère. Mare à Boue c’est à une année lumière. Par contre sur la crête de Kervéguen, à la renverse je trouverai des bénévoles, du ravito et peut-être une assistance médicale.
C’est reparti en mode « survie ». Je pense à l’expression « ti-pas ti-pas » des créoles. Progresser, faire le moindre effort possible, être têtu. Après une éternité, Kervéguen. Mauvaise lecture de road-book : au sommet rien, à part trois spectateurs qui discutent. 
J’enchaîne la descente l’œil rivé sur l’altimètre. L’inconfort du manque d’oxygène des hauteurs même si ce n’est que 2200m aggravait peut-être la situation, ça devrait allait mieux. 
 
Texto pour informer de mon abandon Sylvie,Ykl, Erik et Olive qui fait le suivi sur le site des Flyings Aventhure en métropole. Dans la minute le standard est saturé. Avalanche de textos. Olive toujours lapidaire « Pourquoi ? ».  Ykl et Erik argumentent à tour de rôle pour la poursuite de la course. Ils ont tous les deux raison, sauf qu’ils n’évaluent pas bien mon état. Sylvie, elle, a raté le texto. Pourvu que je la trouve en bas.
J’ai soif. Je pensais trouver un ravito à Kervéguen. Il faut boire pour liquéfier le sang. Un concurrent me dépanne d’un gobelet d’eau et un peu plus loin, miracle, un filet d’eau dans un virage (le premier depuis le départ !). Une bonne grosse lampée et la plongée continue. Coup d’œil au road-book. Au pied de la muraille, 819 m plus bas, ravito de Mare à Joseph (km 61,9 alt 1387m).
Cilaos se trouve à deux heures plus loin en se basant sur les barrières horaires et à 100 m plus haut. Je n’irais pas. Il faut absolument que je trouve à Mare à Joseph un moyen de rapatriement pour Cilaos. Ti-pas ti-pas je descends. Le poste de pointage-ravito de Mare à Joseph apparaît brusquement après le dernier lacet . Enorme soulagement : une route et des véhicules. Je rends le dossard. Bénédiction, un bénévole s’apprête à monter sur Cilaos en camion. 
 
Arrivée au stade, petit détour par la case tente des médecins, tension ok. Texto et retrouvailles avec Sylvie. Descente de la fameuse route aux mille lacets de Cilaos, ponctuée par trois stops vomissements. Arrivée à la case à Ykl. La larve dégouline de la voiture enlève chaussures et chaussettes, s’étend sur la carpette du séjour et s’endort en 3 sec chrono.
 
Voilà. Je n’aurai pas eu le loisir de grimper en haut des tribunes à mon arrivée pour arrondir à 10000m le dénivelé de la course et surtout je sais que j’aurai déçu Sylvie Yankell et Erik que j’aurais tellement aimé voir fiers de moi.  
 
Par contre je suis certainement devenu plus costaud si réellement « ce qui ne tue pas rend plus fort ».
Dsc_5300
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Dimanche – la résolution d’un mystère :
« Je retrouve progressivement mes esprits (je sais, j’avais qu’à faire attention où je les mettais). Quand j’atteins, au bout du rouleau, Mare à Joseph j’annonce au 1er bénévole rencontré au poste pointage-ravito que j’abandonne et aussitôt je rends mon dossard.
Mais ni moi ni lui ne pense à pointer mon arrivée. Résultat je suis considéré comme n’ayant pas rallié ce p….. de poste de Mare à Joseph !
Un comble quand je vois dans quel état je me suis mis pour y arriver !!!!!!! »
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Lundi : épilogue
« Si les stens s’agitaient dans le bocal, le bocal lui était dans une cage un peu défoncée. Ca donne une idée de la g…… de l’équipage ! Et pourtant le toubib mentionne bien que j’avais des arcs costaux ! 
radio
Mon honneur n’en sera pas sauf pour autant mais la légende retiendra peut-être que j’ai coincé à cause de trois côtes de plus que les autres à me farcir… »
côtes
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Pour terminer, quelques images de l’épopée :

18 Réponses

  1. Philippe, avant ton départ pour ce Défi hors norme, il faut que tu saches que des gugus comme moi sont admiratifs et je ne sais même pas quels mots je pourrais employer quand tu vas passer la ligne d’arrivée…
    Nous allons te suivre pas à pas et nous allons essayer de te transmettre toutes nos forces par télépathie…
    Tes supporters sont là,
    Gill

  2. inoxman un jour, inoxman toujours!!! alors aucun doute de te voir franchir la ligne d’arrivée…go!!go!!
    sylvie reporter ,oliv redacteur en chef = l’aventure devrait être belle à suivre…

  3. Philnox, si tes prouesses sont au niveau de celles de Yohann Métais (ce dont je ne doute pas), nous allons nous régaler en te suivant. Je t’envoie des tongs aéro-spring en collissimo; tu devrais les avoir pour le départ… Courage aussi à l’équipe de l’assistance. Ces quelques jours qui arrivent vont être d’enfer. (C’est le mot qui convient je crois).

    Bisous à toute l’équipe.
    Un plus gros au barjot.

    Sea you leater!!
    en FINISHER!!!
    Lydie

  4. 4b (1504e), 58h06min32s,…… touché ? coulé?
    une grosse pensée d’encouragement pour cette aventure incroyable!!!

  5. Allez , je me lance dans les pronostics……4b, 1670ème, mais un peu plus optimiste que Marie….avec un chrono de 51h34’23 ».
    J’espère que tu ne croiseras pas de Marmotte sur la route ( sinon c’est mauvais signe…) mais si tu les imites aussi bien que Monsieur Yohann Metay, alors là, chapeau bas!!

    Tout ce qui ne tue pas rend plus fort…..
    Je te souhaite une très belle épreuve!

  6. depart ds 30 mn,allez le chwal!!!
    on le verra pitêtre sur France Ô demain soir vers 19h45…à suivre l’animal!!!

  7. Zuuuut…… J’espère que ca va bien quand même…. Donnez nous des news!! On est quand même fiers de toi Philippe!!! La voix de la raison a toujours raison!!
    Gros bisous
    Manue

  8. Philnox sache que j’ai beaucoup d’admiration pour toi d’autant plus que tu as su t’arrêter pour ne pas te mettre en danger. Je suppose que cela n’a pas été une décision facile mais c’est sûr, c’était la bonne. Toute ta famille doit être d’accord avec moi.
    A la revoyure!!!
    Lydie

  9. Ce qui compte le plus pour nous tous, c’est ta santé et comme le dit Lydie, tu a su prendre la bonne décision au bon moment…
    Tu resteras quand même notre Superman de La Diago 2014 !!! çà personne ne pourra te l’enlever, ni même une Citroën C1…

  10. Bravo Philinox,

    ça s’engageait trop mal cette histoire et par moment il faut avoir le courage de renoncer un jour, pour pouvoir repartir…plus fort ! Ce n’était tout simplement pas pour cette année…
    Et puis tu gagnes 2 jours de vacances supplémentaires…

  11. En fait, ce qui fait le plus chier dans cette histoire, c’est que ce soit LKT qui ait gagné le concours de pronostics…

    Lui qui, habituellement, a la psychologie du phacochère sous amphétamines avec 4 grammes dans chaque patte, c’est à n’y rien comprendre…

    Oliv

  12. Continuer comme ça les Flyings, je me tords de rire (et de douleurs aux côtes par la même occasion) dans l’hémisphère sud. Encore, encore….

  13. En tout cas moi je dis bravo et respect Philippe! Profite bien de ta famille et de vos vacances. gros bisous.
    vaness

    • Balade inachevée… Philippe

      • Bon, Philinox, comment fais-tu pour transformer un drame en poilade à se pisser dessus !!. Cela me rappelle les rigolade de potaches qui étaient morts de rire quand un de leur pote ratait une prouesse et se retrouvait sur le carreau en se tordant, lui, de douleur !!!……..impossible d’arrêter la tragédie………..trop comique, comme ce tir de hand ball repoussé par l’arrête du poteau gauche, un gardien un peu en retard de geste mais pas de regard……..qui se prend le ballon en pleine poire et , déséquilibré plus que surpris va se cogner l’occipital sur l’autre poteau ( le droit pur ceux qui ont suivi le ballon ) en marche arrière et finit lamentablement en loque façon Philinox sur le renvoi de moto en s’étalant par terre !!!………j’en ris encore. On peut dire que tu as bien profité du voyage, certainement plus que les 1300 gugus qui se sont caillés les miches du coté de Kervéguen et du piton des Neiges et qui, eux ne se sont pas bouzillés le dos avec du bois ou n’ont pas volé en looping à partir d’une honda tentant de monter sur le capot d’une CLIO. Faut dire que tu vas chercher très loin dans l’excentricité pour qu’on te remarque !!!
        Comme l’a si bien dit Erik, t’avais pas besoin de faire tout ça pour terminer le Grand Raid, Je suis terriblement déçu de ne pas t’avoir vu grimper les marches des tribunes de La Redoute et d’avoir vu ta trombine sur Réunion 1ère quand tu passais sous le porche d’arrivée.
        Maintenant, rien n’est de ta faute et plus sérieusement, l’organisation du Grand Raid va devoir se poser de sérieuses questions sur l’avenir de la course parce que cela a été une merditude quand on entend les commentaires de beaucoup, notamment de réunionnais qui ont l’impression qu’on leur vole ce qui était mythique et qui devient un gros et gras « bizenesse »……….ou le concurrent qui n’est pas dans les 50 premiers n’existe pas. Je suis heureux d’avoir vécu autre chose, et déçu que tu t’y soit pris trop tard !!!…………….la course à la distance dans ce bel univers qu’est La Réunion est inutile, je me souviens de l’édition 2005 qui ne faisait « que » 142 km…….et ou, avec Jean Louis, nous nous étions régalés……………..mais ou on en avait aussi bien chié, sans se soucier des barrières horaires ( qui n’existaient pas), ni des points de qualif, et surtout ou l’itinéraire était d’une beauté qui faisait voyager. Cette année, l’itinéraire allait chercher la merde à Salazie, faisait descendre inutilement à Cilaos, plus de passage à 2 bras et Dos d’âne, oubliée la plaine d’Affouches, etc etc !!
        bravo Phil, les bises à ton assistance qui n’a plus besoin de se retenir de se marrer………….comme tu es en bonne santé et revenu de l’enfer alors que tu n’étais pas loin d’avoir un pied dedans !!!………….ah, aussi, bien le retour en camion ! Allez sirote une dodo à ma santé, Piero.

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