HRP 2013 : Comme une petite marmotte terrorisée (18/28)


HRP 2013 – 28 jours entre Hendaye et Banyuls

Jour 18 :  Comme une petite marmotte terrorisée

Peut-être une des pires journées de la traversée…

Peu de temps après le départ, nous tombons sur le couple de Hollandais qui a bivouaqué un peu plus loin que nous, au bord de la route. Ils en sont à leur premier café, nous faisons plus ample connaissance.

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Comme ils sont bien équipés au niveau carto, nous étalons leurs immenses cartes sur la route afin de nous approprier la suite de l’itinéraire car nous n’avions pas initialement prévu de passer par Tabescan pour rejoindre l’Andorre. Kikos réalise un nouveau crobar. C’est pas très pointu comme document, mais faudra que ça le fasse…

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Nous quittons Joost et Saskia alors qu’ils prennent leur deuxième café.

Une belle matinée de montée, pour changer, jusqu’à un petit lac où nous faisons le break de midi. Deux nanas déboulent bientôt dans l’autre sens, des Grenobloises qui font la Transpyr, l’une dans sa totalité, l’autre l’accompagnant sur une partie.

Super plan pour nous : elles n’ont pas balancé les cartes qui leur ont servi jusqu’ici et nous en font cadeau. Ça va bien nous aider ! Elles nous parlent d’une sorte d’Angliche gourmet, qu’elles ont croisé et qu’on devrait théoriquement rattraper. Le gus a cuisiné la veille, dans une poêle, une délicieuse omelette aux lardons dans le refuge Enric Pujol qu’ils ont partagé (le refuge, pas l’omelette).

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Après une sévère montée, nous atteignons le col de la Cornella (2485m). La descente du névé de l’autre côté est trop crainteuse, nous cherchons à passer en désescalade dans les barres rocheuses sur le côté gauche. Le ciel se couvre grave.

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Lac de la Tartera, puis col de Curios (2428m). Le névé qui en garde l’accès n’est pas simple non plus à négocier, d’autant que les sacs sont bien lourds, car on vient juste de ravitailler pour cinq jours d’autonomie… Sur la pente de neige, Kikos a une petite chute de mental due à la fatigue et Oliv lui jette deux pierres effilées en forme de poignard afin qu’il se sécurise pour s’extraire de la pente. 

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À peine arrivé sur le dur, il part en vrille sur une dalle de schiste et se scalpe le tibia, on voit le blanc au fond. Os ? Tendon ? Nous sommes obligés de jouer au docteur sérieusement afin d’éviter une infection et des complications futures. La plaie est refermée au Stéristrip. L’orage tambourine alentour. Les précipitations deviennent importantes.

On accélère pour passer le troisième col, Calberante (2610m). Nous dominons une succession de lacs. L’intervalle de temps entre la vision d’un éclair et l’audition de son déchirement s’est effroyablement raccourci, moins d’une seconde. Putain, on est en plein dedans, les abeilles ne sont pas loin ! Il faut tenter de se mettre d’urgence à l’abri dans le refuge Enric Pujol (2280m), que l’on aperçoit tout en bas. Mais le terrain est bosselé avec d’importants ressauts, des remontées…

Dans ce déluge de pluie, au milieu du vacarme impressionnant de l’orage, entourés d’éclairs de toute part, nous tombons sur un humanoïde, ou ce qu’il en reste : un grand type costaud, quadra barbu, semble gratter le pied d’une petite barre rocheuse afin de s’y ménager un terrier comme une petite marmotte terrorisée.


Nous le prenons en remorque et Kikos emmène toute la petite troupe qui n’en mène pas large à travers ce cheminement complexe en direction de l’abri salvateur. Il faut faire gaffe à ne pas s’en prendre une, alors qu’on progresse très vite, à la limite de la course quand c’est possible, sur un sol rocheux trempé relativement glissant, avec parfois quelques courtes désescalades rendues périlleuses par la pluie. C’est dans des moments comme ça qu’il faudrait sortir la GoPro, mais on pense plutôt à sauver sa peau…

Quand il nous arrive de tourner la tête afin de voir si notre compagnon d’infortune suit toujours, nous croisons son regard halluciné, un lapin pris la nuit dans les phares d’une voiture… On ne doit pas être plus beau à voir…

Après une vingtaine de terribles minutes, on franchit la porte métallique. Ouf ! Sauvés !

Changement de fringues, boisson chaude, on prend le temps de faire connaissance. Marc est Belge. Il tente comme nous l’intégrale de la traversée, qu’il a commencée avec sa femme, puis continuée en partie avec un ami, lorsque celle-ci s’est blessée. Il a accumulé, les années précédentes, une grosse expérience en réalisant la HRP en quatre tronçons. Habitué de la montagne, des Pyrénées en particulier, c’est la première fois qu’il se fait prendre au cœur d’un orage et reste très impressionné.

Après une courte sieste sur les bat-flancs, lorsque l’orage nous laisse la voie libre, nous reprenons la route pour progresser encore vers l’Est en cette fin de journée, alors que Marc reste au refuge pour se ressourcer. Peut-être y est-il encore ? Hi hi hi…

Les ruisseaux que nous longeons sont gorgés d’eau. Nous descendons un sentier en lacets vers un cirque étroit et profond.

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À 1690m nous atteignons une piste, à l’Ouest de Noarre. C’est là que nous plantons la tente, sous la pluie. Repas à l’intérieur, les fringues mouillées sécheront un autre demain…

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LE FILM DU JOUR :

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Une Réponse

  1. Les mecs, ils croisent des grenobloises qui transpyr et ils appellent ça la pire journée de la traversée…
    Oliv, tu sembles te plaindre de la vitesse pour relier l’atlantique à la méditerannée, ben fallait passer par Gibraltar…
    Pas con Alamo !!!

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