Le Gévau sans cales auto


Mercredi soir, minuit, on tourne en rond dans Marvejol, en Lozère, pour trouver la salle polyvalente. On a fait la route d’une traite, Gill le sentait bien, même si sur la fin il a un peu lutté contre l’obscurité, la pluie, la crasse du pare-brise, tendu en avant le pif sur le volant, les yeux écarquillés…

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Heureusement, des noctambules à l’haleine chargée nous aident à finaliser l’attaque du poste. On se benne sur un parking à proximité de la salle. Transfert de tos, couchage.

Les 3/4 de la journée du jeudi seront constitués d’une alternance siestes/nouilles, ainsi que d’un échauffement mental à base de partie d’échec, dans l’attente de l’ouverture du PC course.

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15h30, ça commence à arriver, on se joint à la meute. Ça nous fait un peu bizarre de ne connaître personne, alors que les concurrents s’interpellent de tout côté, se congratulent avec l’orga…

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Pour montrer qui c’est les patrons, on est les premiers à entamer le petit train des formalités d’inscription.

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Quand c’est terminé on prend le véhicule pour rallier le point de départ du prologue du jeudi soir, à Saint-Léger de Peyre. Il tombe des cordes sans discontinuer, ça devrait être sélectif, on aime bien ça d’habitude parce que ça sape le moral des plus faibles. Sauf que les plus faibles, ici, on en fait partie, on va vite s’en rendre compte…

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Les concurrents se rassemblent maintenant sur la placette. Soudain, on prend conscience que les VTT sont tous équipés en cales automatiques. Seules deux autres équipes ont des biclounes avec pédales et cale-pieds. Que des grandes marques, pas de vélo Carrefour, un seul Décat’. Certaines machines ont des roues bâton, des cadres anorexiques, sûrement des machines à wattmille dollars qui feraient tirer une langue de caméléon à Ju ou LKT, les technikos de l’assoce. Le vélo d’Oliv, à côté, ressemble à un Solex sans moteur. Il en a aussi le poids.

On essaie de jauger les équipes mixtes, estimer au physique ou à la tenue qui serait susceptible d’être croqué. Pas évident ! On verra bien sur le terrain, plus tard…

Les Sérials de Montendre viennent nous saluer. Ça fait du bien de voir enfin des têtes connues. Eux, sont des habitués, ce n’est pas leur premier Gévo, ils savent en gros ce qui nous attend, alors ils sont un peu goguenards en nous voyant ruisseler sous la flotte dans nos beaux coupe-vent verts.

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Pierrot, le président fait son briefing avec plein de sous entendus, de points de suspensions, après avoir salué les nombreux « puceaux du Gévo » dont nous faisons partie. Ce soir, le départ aura lieu par ordre inverse des numéros de dossard, toutes les 30 secondes. Avec le numéro 63 sur 87 nous partirons donc dix grosses minutes après les premiers, une meute de 124 psychopathes déchainés en chasse sur les talons. Le classement de ce prologue déterminera les ordres de départ pour les deux prochains jours. Le lendemain soir, les classements ne seront plus communiqués et nous devrons jouer à l’aveugle.

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Au menu de ce prologue : un trail de 6 km, suivi d’une VTT’O séparés de 10 km. Oliv appréhende cette dernière épreuve où il devra gérer l’orient de nuit, sous la pluie, avec le reflet du spot sur le plastique, un œil crevé et l’autre qui biglouche, alors qu’il sous-traite l’orient’ à ses coéquipier(e)s depuis quelques années et ne sait plus à quoi ressemble une carte de C.O.

Pour lui donner les meilleures chance de réussite, Gill a arrimé sur son VTT, avec force boulons, un rustique porte-carte cousu main dans du tube d’échafaudage. L’appareil fait corps avec la machine, qu’il alourdit néanmoins de quelques kilos supplémentaires.

De son côté, Marie applique à la lettre les consignes du staff resté en base arrière, en installant un éclairage correct à l’avant de son vélo et en remplaçant sa petite frontale ridicule par un spot d’aéroport dégotté par Bréva à l’autre bout de la planète.

On est fin prêts, sereins, tous les voyants sont au vert, on est appelés dans la file d’attente devant le tivoli de départ pour le trail rubalisé.

à la demande de notre fan club, la suite donc :

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20 h 45 : 5 4 3 2 1… Go !!! Ca y est, on est enfin dans le raid ! On trottine quelques instants sur l’asphalte, puis, brutalement, virage à droite « dré dans l’pentu ». On attaque un sentier à fort dénivelé qui part à l’assaut de la grosse masse sombre dominant le village. Pour nous, comme pour les deux équipes qu’on a dans le collimateur devant, pas question de courir.

En plus, de profondes ornières dues au ruissellement de l’eau creusent leurs sillons dans la terre du chemin, rendant l’ascension plus compliquée. Marie ouvre la marche, Oliv gère en arrière, le souffle court malgré un stage intensif de remise en condition au Cabo de Gata sous la houlette d’entraîneurs plus habitués à coacher des champions du monde que des grosses feignasses.

On est bientôt repris par une équipe qui arrive à trottiner, puis une autre, puis d’autres encore…

Sur le faux plat, en haut, on se remet à courir. Une mixte nous double à belle allure : le Team Raid Merrell. Ils sont tellement faciles qu’on se dit qu’on vient d’être repris par une équipe qui va sûrement finir sur le podium mixte (alors qu’elle finira seulement à la cinquième place mixte, 34è au scratch).

La descente s’annonce, à fort dénivelé elle aussi, sur chemins et sentiers. Oliv se conditionne intérieurement : « Profite et te pète pas la gueule, profite et te pète pas la gueule, profite et te pète pas la gueule… ».

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On déboule enfin dans le village. Au pied de l’escalier, on nous tend les deux cartes VTT’O 1/15000è. Notre tactique consistait à réserver le parcours le plus facile à Marie. Mais là, on a la tête dans le guidon, même si on est encore à 20 mètres de nos bécanes (hi hi hi).

Alors, sans se concerter, on décide de ne pas se concerter (re hi hi hi) et on fait confiance au hasard : chacun garde la carte qu’il a en main, allume toutes ses loupiotes et hasta la vista !

D’entrée, une première patate ! Ça grimpe dur, mais ça reste roulant. On comprendra vite qu’au Gévo quand c’est roulant ça veut dire que tu peux pousser ton VTT à côté de toi. Sinon, quand ça devient moins roulant, ton VTT tu le portes à l’épaule…

Finalement les deux équipiers séparés se tireront bien de cette épreuve et arriveront, avec leurs 7 postes pointés,  sensiblement dans le même chrono sur la place médiévale de Marvejol, au terme de plus de 800 m de dénivelé positif et plus de 900 négatif.

Le hasard, de son côté, avait bien géré le coup puisque Marie, sur la carte A, avait écopé du circuit le plus court et à moins gros dénivelé.

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Une belle surprise nous attend puisque Gill agite sous notre nez un trousseau de clés : il a réussi à négocier auprès de l’orga les douches d’une salle de gym. Parce que, au Gévo, c’est « all inclusive without les douches ».

Dans l’absolu, c’est pas gênant parce que la quasi-totalité des équipes est hébergée en dur : ce sont soit des locaux qui rentrent chez eux, soit des lointains dormant chez l’habitant ou bien en gîte ou à l’hôtel. Il y a très peu d’équipes de romanos.

On enchaîne rangement du cam’s, gestion du tos trempé, douche et une petite heure de route pour gagner le spot de départ du vendredi : Le Malzieu, au Nord de la Lozère, à proximité du Cantal.

Il est 2 heures du mat ‘, on se gare en loucedé pour ne pas réveiller les occupants des 3 autres camions déjà en place, et on programme deux réveils sur 6h pour une courte nuit.

Le suspens étant insoutenable, la suite de la suite :

Vendredi. Fait pas chaud. Réveil en douceur. On a dormi à côté d’une équipe féminine très sympa : les XX D’XTTR63. (Elles finiront premières de leur catégorie, 49è au scratch).

Le classement est affiché, on est 73ème et 10ème mixte. Ça confirme notre impression de la veille : à moins d’un crash d’Airbus sur la tête de course, aucune chance de faire podium ! Les deux prochains jours, on partira dans les premiers et il faudra s’attendre à être repris tout au long de la journée. Mentalement, on se prépare à vivre ça.

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Ça caille sa mère. On fait la causette avec les Sérials en attendant de biper le départ.

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La journée débute par une C.O. de 10,3 km topo avec D311+ et D311-. 16 postes à faire en ligne sur carte 1/10000è. On a une carte chacun. Le terrain de jeu nous fait penser à l’O’bivwak. Un vrai régal ! On navigue bien, Marie oriente comme un chef, Oliv verrouille et pointe. On fera de nombreux chassé-croisé avec une autre mixte : FART 73  (qui finiront 7è et 44è au scratch).

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On fait un beau cafouillage sur la 5 qui nous fait perdre un quart d’heure. Il y a du monde, ça grenouille et nous fait perdre la concentration. Pour nous changer les idées, dans la liaison 5-6, les Sérials nous offrent un pur moment de détente : ils déboulent de la 9 qu’ils sont allés pointer à la place de la 6, à la faveur d’un 180 en lecture de chiffre sur la carte. Merci les Sérials, on s’est bien marré ! Bon, ça aurait pu nous arriver aussi : Oliv était parti pour faire la même connerie, heureusement que Marie était lucide sur ce coup là.

Second cafouillage sur la 13, où nous sommes repris par un paquet de 4 équipes, dont les copines d’Oliv XX D’XTTR63.

Finalement, on se sort de cette magnifique C.O. (coefficient 3) au bout de 2h04 avec toutes les balises.

Gill est chaud bouillant et encourage ses champions. Rapide ravito et on part pour un VTT’O de 16 km sur carte 1/17000è (coefficient 3). On prend le temps de tracer rapidement avant de prendre le départ, en optimisant les petits sentiers et parfois de courts hors piste à l’arrache. On se rendra vite compte que c’est pas du tout rentable sur ce terrain et on fera comme les autres : privilégier les gros chemins, quitte à faire de la distance.

La première balise, autour d’un plan d’eau est vite pointée. On est engagé dans un étroit single quand soudain Marie fait un soleil et tombe sur la tête ! Le gars devant (le masculin de l’équipe mixte Team Raid Merrell qui nous a doublé la veille en haut du trail) a pilé, venant de se rendre compte qu’il avait oublié de pointer la 2. Marie est bien sonnée, elle met un peu de temps à refaire surface. Pendant une bonne minute, elle n’a plus la lumière à tous les étages. Mais bon, c’est pô une chochotte et finalement ça repart…

Pour éviter une émeute : la suite de la suite de la suite…

Plus loin, on se retrouve en nombreuse compagnie pour légèrement jardiner la 3 au milieu de tas de caillasses, la plupart d’entre nous étant arrivé à pattes sur ce poste qui ne nécessitait pas de s’encombrer des biclounes, restés au bord de la route. Ensuite, après un bel azimut sanglier à l’arrache dans le dévers, on croise nos potes féminines à la 6, puis on finit par tourner en solo la majeur partie de cette VTT’O qu’on boucle en 1h57mn.

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Gill nous fait ravitailler copieusement avant d’attaquer les sections suivantes, car l’avant dernière épreuve de la journée, avant le canoë, sera un VTT de 16 km avec 1042m de dénivelé positif et 1257m de D- ! Il faut donc y arriver pas trop entamé.

Mais avant ça, on il faut s’emparer du VTT de LKT qu’on a spécialement apprêté pour les run and bike, puisqu’il est d’une taille intermédiaire pour nos gabarits. On devrait le faire rêver ce bicloune, ça va le changer… Pendant ce temps, nos deux vélos sont confiés aux bons soins de Gill qui va leur faire subir une révision/graissage express afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-même par la suite.

Le run and bike de 5,5 km est conforme à ce qu’on attendait, c’est-à-dire qu’il vaut souvent mieux être en « run » et laisser l’autre se démerder avec le vélo dans des « bikes » qui roulent pas bien. On se partage le boulet assez équitablement.

36 minutes plus tard, on arrive à St Léger du Malzieu où nous attend un trail de 10km. D’entrée, ça démarre par une belle côte sur l’asphalte. Alors on marche en se ravitaillant, en culpabilisant un peu, le regard de Gill vrillé sur notre nuque.  Bientôt, la rubalise nous fait plonger dans la pente. Nous allons alors jouer aux montagnes russes sur un sentier pendant une éternité en longeant la Truyère, et en coupant les talwegs de ses petits ruisseaux affluents.

On trottine sur le plat et en descente, on marche dès que ça monte, Marie caracolant devant, Oliv à la traîne derrière. On n’est repris que par trois équipes. Au bout d’une grosse heure de ce petit jeu, on arrive à un contrôle sur un pont, les jambes bien secouées. Ça y est, c’est enfin fini ? Mais on ne voit pas les véhicules d’assistance…

En fait non, c’est pô fini. On nous aiguille vers ce qui semble être une boucle dans les reliefs voisins, puisque les contrôleurs nous disent « à tout à l’heure ». Oliv en a un peu plein l’cul de cette section alors il s’autopersuade que cette montée va les conduire en haut d’une tyrolienne qui les ramènera à proximité du pont en deux temps trois mouvements. Marie n’y croit pas une seconde mais laisse l’autre à ses petits délires, du moment qu’il avance encore un peu.

Bien entendu, y’avait pas de tyro et la progression en montagne russes reprend en longeant de nouveau la rivière. Ça se corse même un peu puisqu’il y a fréquemment de la quadrupédie et des pas d’escalade en 3 pour remonter le long des amas rocheux. On finit par regagner le pont par le rivage.

Deux bonnes nouvelles : – il ne reste plus que 2 kilomètres pour finir le trail – et la dernière grosse patate de la section VTT en suivi d’itinéraire à venir a été supprimée, la passant de 16 à 12 km en enlevant un bon gros dénivelé.

Au bout de 2 heures de trail (639 D+ et 513 D-), on pénètre en cavalant dans la montée d’accès au petit village de Albaret Sainte Marie (une centaine d’âmes, dont les 2/3 ont 4 pattes) sous les vivas de la foule et les encouragements inconditionnels de Gill.

Nos bécanes attendent, remises à neuf, près du ravito. Oliv dit qu’il boirait bien de la menthe (non mais à l’eau, quoi !). Gill part alors comme un dingue vers le camion, garé à presque un kilomètre de là, tentant de battre son record personnel sur 1500m. On grignote des trucs salés, on s’hydrate, on a le mental haut, on est chaud bouillant pour repartir à vélo, mais pas de Gill à l’horizon… Tant pis, on enchaîne, pensant qu’il comprendra. Et puis, il avait qu’à se taper dedans un peu, lui aussi (hi hi hi).

Et ça continue… :

Donc, pendant que Gill revient à donf, le cardio à 200, une bouteille de menthe à la main, nous on file comme des voleurs sur la grosse section VTT suivi d’iti. Il croyait peut être qu’on allait piqueniquer en l’attendant ? T’es un assistant et t’as pas de menthe ? Allô ? Nan mais, allô, quoi !

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On navigue en solo, dans les bois, le long d’un ruisseau. La balise 1 est pointée, puis une suivante. Là, une équipe est à la dérive et nous demande de les recaler. Ça permet à Marie de faire le point… et de se rendre compte qu’on est sur la 3 et qu’on a zappé la 2 !

Moment de flottement. C’est koi kon fé ? On ne connaît pas précisément la règle du jeu sur ce raid, – classement au temps ? Pénalité des balises ? – mais comme on est là pour se faire plaiz, en dehors de toute idée de performance extra-terrestre, on décide finalement d’aller chercher cette foutue 2, même si pour ça on doit cramer une grosse demi-heure, manger grave de dénivelé en poussant les bécanes, pour un bénéfice en terme de classement sûrement négatif. Baron Pierre, vous pouvez être fier de nous !

Alors v’la t’y pa qu’on entame cette longue montée en chemin de croix vers la 2, trois équipes sur nos talons, ayant fait la même erreur d’itinéraire que nous. Dans la section rubalisée, on se gare pour laisser passer une meute de concurrent dans le bon sens, qui dévalent la pente à tombeau ouvert.

Parmi eux, nos copines de l’équipe féminine XX D’XTTR63 qui nous regardent avec des yeux ronds, mélange d’incrédulité, de stupéfaction, voire même d’admiration de nous voir engagés sur cet improbable et improductive jonction à l’envers.

On finit par atteindre le haut de la patate, on shoote la 2, et on repasse par la 3 pour valider le pointage en ligne des postes, au cas où… Dans la redescente, on est doublé par un OVNI lancé pleine balle dans la pente avec une machine qui encaisse tous les accidents du terrain, alors que nous on essaie juste de gérer sans se péter la gueule. Ça confirme qu’on manque cruellement d’expérience en pilotage sur ce type de terrain.

On enchaîne la suite sans problème notoire, Marie progressant en technique de descente, sur les bons conseils d’Oliv : dérapage de la roue arrière pour négocier les virages en épingle des descentes sur les singles, transfert du poids en arrière de la selle.

Elle commence à envoyer un peu plus et prend plaisir. Ça devrait lui servir pour L’Aveyron Adventure Race, étape de la coupe d’Europe des raids (Adventure Racing European Séries) cet été, où elle tournera avec les dingues de l’assoce.

À l’arrivée, au Domaine de Laval, on se prendra chacun une belle rêche dans la dernière descente avant la passerelle. Gill nous apprendra qu’on na pas été les seuls à faire de jolie chorégraphies à cet endroit, très prisé par les spectateurs.

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Dernière section de cette journée : 8,15 km de canoë (coefficient 1). On a la patate, on est bien dans la course.

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On entame cette dernière section de la journée en se faufilant comme des barbares entre deux barcasses qui tardent à appareiller.

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Un premier passage technique, avec du débit, qu’on négocie comme des chefs, confirmant notre maîtrise de l’exercice affichée au raid de Thouars il y a peu. Deux kilomètres à naviguer avec le courant, en cherchant à profiter au maximum de la force de l’eau, puis 6 km à souquer sur une rivière calmée.

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On est repris par les Sérial Gouinasses qui filment avec une GoPro. On les recolle vite dans un paquet de 4 équipes, et on navigue en troupeau un moment. Puis Oliv met une première accélération qui nous place en tête du cortège, les autres nous sucent la roue en profitant de la vague, derrière.

Jugeant qu’on a assez fait dans le social, deuxième accélération, à grands coups de pioche, l’avant du canoë se dresse vers le ciel, la vague derrière est colossale, les rémoras décrochent. On file maintenant en solo sous le pont de Garabit puis, bientôt l’arrivée se présente. Une dernière figure acrobatique, on débarque au bout d’une heure quinze de navigation et on pointe la balise arrivée de cette journée.

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Gill a l’air content de ses poulains, comme quoi c’est pas un gars très exigeant…

La tension de la course retombe, on caille dans nos vêtements trempés, la claquada s’installe.

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On se change et on prend la route pour foncer vers la douche. Puis des nouilles au chaud dans le vestiaire de la salle de gym.

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La journée n’est pas finie, il faut de nouveau prendre la route, en direction du petit hameau du Brouillet, perché à 1200 m d’altitude sur les contreforts de l’Aubrac. Ça caille. Il est minuit quand on se gare près d’une ferme d’élevage de vaches Salers. Réveil à 6h, comme d’hab’…

Dernière journée…

Dring ! Les réveils s’affolent mais ça ne se bouscule pas au portillon pour les arrêter et faire chauffer l’eau du café. Faut dire qu’il fait un froid d’connard et en plus on n’a plus grand-chose à bouffer pour le petit déj’, juste quelques quignons de pain rassis. Gill n’a pas eu le temps, la veille, de refaire le stock.

Il se sacrifie donc au profit de ses poulains en leur partageant ce qui reste et pousse même le bichonnage jusqu’à les servir au lit, sur un plateau, afin qu’ils retardent au maximum le moment de se confronter à la froiditure ambiante.

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On se lève mais on traîne des pieds pour revêtir nos habits de lumière. Oliv tourne en rond dans la cour de la ferme pendant que Marie reste calfeutrée à l’intérieur. Bon, c’est pas l’tout mais faut y aller maintenant ! En route pour la dernière grande ligne droite du raid.

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Le briefing est un peu retardé en raison d’un ajustement logistique qui fait se garer les véhicules qui arrivent ce matin à un bon gros kilomètre dans un champ. Il faut donc laisser le temps à tout le monde de rallier la place du hameau. Ça nous laisse le temps de papoter avec les Sérials, rescapés comme nous des deux premiers opus.

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La journée commence par un trail, rubalisé d’abord puis sur carte IGN ensuite (13,25 km 866 D+ 697 D-). Pour une fois c’est Oliv qui gambade devant, Marie est à la peine derrière, toujours pas réchauffée. Le tracé est très plaisant, dans les bois, puis le long d’un canyon, ça monte et ça descend, bien sûr, sinon ça ne serait pas le Gévau…

On reprend quelques équipes et on n’est repris que par la mixte Team Raid Merrell qui nous avait déjà mis un vent au cours du prologue. On a donc fait une bonne première section quand on arrive avec le sourire à la prise de carte à « Lou Galabert ».

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On voit devant trois équipes qui continuent sur le chemin en direction de la première balise à 1451 m d’altitude. Un échange de regards, on n’a pas besoin de se concerter longtemps pour passer le barbelé et tirer un bel azimut sanglier, beaucoup plus direct, à travers les pâturages en direction du sommet.

En parlant de sanglier, Oliv qui ouvre la marche en débusque un dans un taillis et gueule pour prévenir la petite troupe lancée à nos trousses, car la bête affolée pique droit vers les raiders. Heureusement, pas de télescopage !

On est maintenant en plein vent, sur les hauteurs et on a super froid, pas assez couverts, juste avec notre maillot manche longue. On aurait dû anticiper et prévoir un coupe-vent. Petite erreur qui nous fait bouffer le peu de calories qu’on a chargées au matin…

Peu avant le balise 1, on contourne un petit névé. La température ne doit pas grimper souvent, dans le secteur ! On pointe les deux balises suivantes, également sur des sommets, en compagnie d’un groupe de 6 équipes et bientôt c’est le départ du premier VTT road book de la journée, qu’on atteint avec un gros paquet de raiders.

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Spéciale dédicace à Mick…

La façon dont Gill a garé nos bécanes fait rêver de nombreuses assistances. On s’en empare, sans prendre le temps de se ravitailler correctement et on se présente sur la ligne. On roule un peu mais bientôt les ennuis commencent : première section rubalisée dans des marécages, puis à slalomer entre les sapins en faisant gaffe à ce qu’une branche horizontale ne vienne pas nous transpercer la tête, puis dans des prairies défoncées où les grandes herbes jaunasses et chafouines cachent de traîtres trous.

C’est cet endroit que choisira Oliv pour effectuer, à son tour, un soleil du plus bel effet : dans le single, ici, on n’avance pas vite, l’attention se relâche. Une mauvaise répartition du poids du corps, un peu sur l’avant de la selle, la roue avant plonge dans un trou planqué, l’amortisseur se comprime, l’ensemble part à la verticale. Oliv ne lâche pas le guidon et accompagne l’engin dans son parfait 180. Moment d’inertie, le temps suspend son vol. Derrière, Marie assiste au drame au ralenti, en retenant son souffle. Bientôt la pesanteur reprend ses droits et précipite Oliv, bloc compact, vers le sol qu’il percute tête la première comme un Playmobil… Le bicloune a le bon goût de ne pas lui retomber dessus.

Dans le match des pelles d’anthologie que nous nous livrons pour distraire l’autre, Oliv vient d’égaliser à 1 partout…

Trêve de plaisanterie, on n’est pas là que pour faire les guignols, le cascadeur remonte sur son engin comme un prince et on enchaîne. Au bout d’une demi-heure, on n’est qu’à la case 3 du road-book, qui en compte des dizaines, Et ben, ça promet, on en a pour un moment…

On est régulièrement repris par des équipes qui bombardent. Notre rythme est lent, Marie n’avance pas, elle est cuite. On ne s’est pas assez nourris ce matin, ni aux ravitos et on a cramé plein de calories pour lutter contre le froid pendant le trail en altitude.

Quand il y a de la place, les doublages se font sans problème. Par contre dans les étroits singles, c’est technique, on sent qu’on fait chier les autres qui piaffent derrière, on se gare pour laisser passer des paquets. Plus on avance doucement, moins ça passe bien, plus on se pète la gueule sur des trucs anodins. Oliv tente bien d’inciter Marie à envoyer davantage, mais elle est trop entamée pour ça.

Oliv a un peu plus la caisse en vélo. Dans une interminable montée sur un chemin, on est repris par une des équipes d’Arverne (présents sur notre raid en 2012) qui nous lance un petit encouragement amical en passant. Pour le fun, Oliv se met dans la roue du premier, ça chambre un peu. Alors il déboîte, lui met la misère et file seul devant un moment, avant de se faire reprendre, doubler, et finir les bras en croix dans le fossé en attendant Marie… (leur compte rendu du raid)

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Quand on arrive au terme de cette section au bout de 2h30 pour 15,4 km (la gueule de la moyenne !) on se jette sur le ravito comme des morts de faim. On passera vingt bonnes minutes à se refaire la cerise, ce qui va nous compliquer la suite pour une histoire de barrière horaire ric rac, mais on n’est pas assez lucides pour tenir compte de ce paramètre.

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On part pour une CO photo aérienne dans un superbe cadre naturel. Par contre, avec ce support, la localisation fine de certains postes n’est pas évidente, comme une balise au fond d’une faille étroite au milieu d’un amas rocheux, par exemple. Les équipes qui tournent à plusieurs augmentent leurs chances en ratissage de zone. Pour notre part, on démarre dans un paquet en compagnie des féminines XX D’XTTR63  mais Oliv est un peu juste en course et on choisit bientôt de faire bande à part. 

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co photo aérienne

On mettra pas mal de temps à boucler cette C.O. À l’arrivée, Gill s’est porté au devant de nous. Il a eu le temps de cogiter et nous dit que si on part sur le Bike and Run qui suit, on ne sera pas rentré avant la barrière horaire du second VTT road-book de la journée. On décide donc de shunter le Bike and Run et de se rendre en véhicule au départ du VTT. Le temps perdu au dernier ravito va nous coûter cher en pénalités, on paie ici notre mauvaise gestion de la nutrition depuis le petit déj’ rachtouille du matin.

Spéciale dédicace à Sérial Fredo…

On repart donc en VTT pour l’avant-dernière section du raid, en compagnie de quelques équipes ayant également shunté le Bike and run. Une des conséquences est qu’on démarre devant des bonnes équipes qui vont devoir, de nouveau, nous doubler dans de terribles singles track. C’est chiant pour eux, c’est chiant pour nous.

Une fois que la vague est de nouveau passée, on est plus zen pour travailler notre technique de pilotage en descente. On est en compagnie d’équipes qui cheminent à la même vitesse que nous. On reprend même des binômes dont un des membres est à la ramasse et crame ses dernières cartouches. Ou bien des victimes de pannes mécaniques, comme les Sérials, occupés à gérer une crevaison.

À la faveur d’une des innombrables montées, Oliv devise avec un concurrent qui avait fait le raid Canéo comme lui, en 2008, dans l’équipe Cap Opale avec Julien Charlemagne. Ça papote, ça papote…

Les montées d’ailleurs, on commence à les apprécier à leur juste valeur : on accepte maintenant plus facilement la perspective de s’engager sur un gros dénivelé interminable, on recule le moment de mettre pied à terre, on y prendrait presque plaisir…

C’est par une ultime patate que se termine cette section. Nous arrivons au départ de la C.O. au score finale. Gill nous invite à bien nous sustenter avant de déclencher le boîtier départ.

Prise de carte, concertation, on a 1H15 pour shooter un max de balises. Pour cette section, c’est Marie qui prend le doigt, plus performante qu’Oliv à pied. Par contre, elle zappe complètement la partie lecture de carte et s’en remet à l’autre guignol. Ça donnera des échanges improbables du type :

Oliv : « Là, le champ où on est, il est vert ? Et il est jaune sur la carte ? »

Marie : « Oui »

Oliv : « Mais le champ devant nous, il est vert ? »

Marie: « Oui parce qu’il y a des herbes hautes, mais sur la carte il est jaune… »

Oliv  : « Donc le champ vert, il est jaune ? « 

Marie :  » Ouiiiii ! Mais ON EST OÙ ??? »

Dans notre plan de bataille, on décide de laisser les 4 plus N/E : 9-4-2-1, de démarrer par 12, 11, ramasser le maximum dans la grappe du milieu avant d’attaquer la descente en en prenant 6 sur les 8 qui restent. Les balises ont des valeurs différentes mais comme Oliv a perdu la feuille au bout de 5 mn, on est un peu au feeling…

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On ne fait pas une course très propre, laissant de précieuses minutes sur des hésitations, des petits jardinages, un choix d’itinéraire nous empêtrant dans un gigantesque roncier. Le temps a filé et lorsqu’on s’extrait du talweg de la 15 il faut bombarder sans réfléchir vers l’arrivée, en laissant 18, 19 et 20, faciles à prendre au bord de notre chemin de retour. On a été un peu gourmand sur le haut, nous privant de marge pour verrouiller les balises de la fin.

Au bout d’une cavalcade effrénée (au moins du 12 à l’heure, en descente…) on pointe la balise arrivée avec 2 mn 30 de dépassement de temps, soit 15 points de pénalité.

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Ça y est ! On est venu au bout du Gévau. On se classe 63è, comme notre numéro de dossard.

L’année prochaine, on s’inscrira plus tôt !

Puisqu’il faut que tout ait une fin…

Reste maintenant à s’acquitter de la dernière épreuve du raid : survivre à la soirée de clôture…

20h30, l’apéro est offert en terrasse, vêtements chauds de rigueur. On se joint à la bande de CAP 03, des gars de l’Allier qui sont déjà venus sur notre raid (leur compte-rendu du Gévau). Diverses boissons étranges circulent, venues de diverses régions de France et distribuées par certains raiders dans des pulvérisateurs de jardin, carrément. C’est Oliv qui est désigné goûteur officiel pour notre groupe, il s’acquittera de sa tâche avec beaucoup de sérieux et d’investissement personnel.

On entre dans la salle pour le repas et la proclamation des résultats. L’ambiance est diabolique, à l’instar de ce qu’on a pu découvrir au raid des Sérials, à Montendre, leurs dauphins où la soirée fait déjà bien flipper. Au milieu du tumulte, Gill distribue des pubs pour son calendrier à tout va, personne ne peut y couper.

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Après les concurrents, les assistants sont appelés sur le podium pour une standing ovation de la salle. Gill, déchaîné après deux verres de jus d’orange, entame une danse de sioux autour de l’estrade qui n’est sûrement pas étrangère aux trombes d’eau qui s’abattront sur la Lozère au cours de cette fin de week-end.

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Plus tard ce sont les enfants accompagnateurs qui sont récompensés : les organisateurs leurs lancent des bombons sur le dancefloor. C’est la furie ! On doit se mettre à quatre pour retenir Gill qui veut aller leur disputer les précieuses friandises…

Le dessert achevé, la salle se vide rapidement, au grand dam de Pierrot l’organisateur, un peu désabusé de cette rapide défection. Nous, on joue le jeu d’aller gigoter sur la zik même si, à part Marie qui assure, on n’a pas de talent particulier pour l’activité. Oliv embarquera à cette occasion un Indiana photographe stupéfait (Bart?) dans une valse tourbillonnante et endiablée…

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2h du mat’ Gill commence à danser avec les chaises. Il est temps d’intervenir ! On arrive à le faire sortir de la salle en lui sortant un bobard, comme quoi y’aurait quelqu’un dehors qui voudrait des renseignements supplémentaires sur son calendrier des raids. Sinon, il aurait fait la fermeture, avec les derniers bénévoles…

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Dernière petite nuit en Lozère, il est temps de reprendre la route. Rien de notable sur le retour, à part un contrôle de la douane volante au sud de Clermont Ferrand. On doit avoir des têtes complètement hallucinées puisqu’un motard nous double et fait signe de la main à 250 reprise de quitter l’autoroute et de sortir à la prochaine. Gill est tenté de lui passer sur le corps et de prendre la fuite plein gaz, mais on le raisonne en lui disant que ce sont des choses qui ne se font pas.

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Bien lui en prend car, quand il sort, un comité d’accueil conséquent nous attend sur le parking : 3 motards, une voiture, 5 agents des douanes patibulaires mais presque, armés jusqu’aux dents. Gill est invité à descendre pour procéder à la fouille du véhicule, les autres doivent rester dans le cam’s sous la garde rapprochée d’une racaille de Shanghaï pas souriante pour deux sous.

L’inspection tourne court quand les forces de l’ordre sont prises sous une avalanche de tos en tout genre à l’ouverture des portes. Le climat devient moins tendu et, dans le rétro, on voit Gill qui papote avec eux, comme s’ils étaient de vieux copains de régiment. Il doit sûrement leur raconter son service militaire dans la gendarmerie et on le soupçonne même d’avoir réussi à leur refourguer des pubs pour son calendrier des raids sur le site des RADO, mais ça on ne le saura jamais…

gd

PS : poids du vélo d’Oliv pesé à l’arrivée : 15,5 kg, sans le porte-carte en tube d’échafaudage de Gill… et sans cales auto…

On aura même droit à un petit entrefilet dans la page du Midi Libre, consacrée au bilan du raid.

gevo3

21 Réponses

  1. Allez vite, arrête de nous faire languir, on bave de connaître la suite !

  2. Je suis pressé aussi de savoir comment Oliv s’en est sorti avec un oeil crevé et l’autre qui biglouche… Vite, la suite !

  3. ‘tain, z’avez des nombreux fans chez les grabataires…faites les pas trop attendre, ils sont foutu d’oublier l’début d’l’histoire !

    • Faut bien les distraire un peu…
      Excuse, je reprends ma phrase : Faut bien VOUS distraire un peu…
      Oliv

  4. Y’en a au moins deux qui connaissent la suite, eux…Hi, Hi, Hi….

  5. la suite ! la suite ! la suite !
    avec des photos des XX D’XTTR63, j’espère…
    ;-)))))
    Mick – les Irréductibles

  6. Oki Mique, on va essayer de te dégotter ça…

  7. Ce soir là, mes poulains, ils caillaient tellement que j’ai failli les faire coucher avec les vaches pour qu’elles les réchauffent…
    Finalement, il n’y a qu’au petit matin que nous sommes allés les voir pour les initier à l’orientation, Vaste programme !!!

  8. Vous remarquerez que sur les photos, ils ont toujours le sourire et pourtant, je peux vous assurer qu’ils en ont vu de toutes les couleurs et de toutes les températures surtout…
    Quand je vous dis qu’ils sont phénoménauuuuuuuuuuuux !!!

  9. Bon, il faut reconnaitre que non seulement vous assurez en raid, vous assurez en soirée mais vous assurez aussi dans vos comptes rendus !
    C’est un régal !
    Et vous rendez SERIAL FREDO fin fou ! Là, en ce moment, il est sur sa bécane, en train de rafraichir l’écran toutes les 7 secondes pour pouvoir lire la suite ….
    Moi aussi, il me tarde de la lire !
    A bientôt
    SERIAL STEPH

    • Voilà la livraison de la journée pour Sérial Fredo.
      Mais attention ! ça ne durera qu’un temps, un jour il faudra que ça cesse. On s’approche de la fin de l’histoire.
      Il faut dès à présent placer Sérial Fredo en cure de désintoxication si on ne veut pas aller au devant de graves ennuis consécutifs à sa descente d’acide…
      oliv

      • ça va pô être facile.
        Pôvre Fredo, il a fait une lourde chute en vtt ya 6 mois et depuis, il tourne en rond. Il a que vos récits pour tenir ! il tente bien de courir un peu entre 2 visites de votre site mais pas plus de 20min….au cas où il y aurait du nouveau …
        Peut-être va-t-il réagir en prenant le clavier ….

        A plus
        Stéph.

  10. Coucou les amis,
    merci pour votre dédicace… charmantes, en effet🙂
    Super, la narration du soleil d’Oliv’ : je m’y suis cru !!! Excellent !
    Ca m’a rappelé une autre chute… « à l’eau quoi ?! Alamo, t’as un bateau et tu n’restes pas dedans ? A l’eau, quoi ?! » (https://flyingaventhure.wordpress.com/2011/01/31/le-gang-des-gabarres/)
    Vite, la suite !

    Mick – les Irréductibles

    PS : je ne sais pas si Alamo vous a informé : ce week-end, c’est la Sainte-Blandine => on organise une petite fête avec Les Dièses.
    Pour toute info : http://foyerrural79.unblog.fr/

  11. Salut les Flying c est Serial Fredo ! Merci pour votre super récit, j en ai pleuré de rire, au moins comme ça j ai travaillé mes abdos !
    J espère vous voir au raid des Sérials pour une Sériale dédicace! Bon rétablissement , nous savons ce que vous avez enduré …et que vous avez aimé ça ! A l année prochaine au Gévau !

    • Salut à tous,
      Entièrement d’accord avec Serial Fredo ! moi aussi, je rigolais tout seul devant mon PC, à côté d’une Elise (ma compagne) complètement médusée (clin d’oeil à Gill des RADO…) : vous m’avez régalé => après « les Cht’i à Ibiza », « les Marseillais à Cancun » : c’était « les Flying au Gévau » !!!
      Au fait, le champ vert « en vrai » et jaune sur la carte, c’était un champ de blé ou quoi ?🙂
      Biz
      Mick – les Irréductibles

  12. ben pas si lourd que ca ton velo alors! ns on est à 13 et des patates, fodra trouver d’autres excuses….
    ju

  13. Merci les flying pour ce super « résumé », notamment la gamelle d’oliv ! Et puis félicitations de faire du raid avec un vélo comme ça !!

  14. Avec ce super résumé, la France entière sera au départ du Gévau l’an prochain, mais je préviens tous les prétendants, ce sera hyper compliqué pour vous tous, de prendre la place l’Oliv et Marie qui ont été plébiscité comme l’équipe la plus sympa du raid…

    • Ouh là là, jettez lui un seau d’eau froide !
      Bah voui, hein, comme on n’avait pas les moyens de faire un podium, on a joué la carte joker « sympatoche », il nous restait plus que ça pour pas se faire ratisser par les autres joueurs…

  15. bienvenue au club des « QUI PEUVENT PÔA FAIRE PODIUM »
    bon moi ça fait longtemps
    recit genial qui donne envie d’aller faire tourner les gambettes
    A+ BEA

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