Titi cuistot – Electron libre


Titi cuistot, il gravite autour de nous depuis quelques années. Il est apparu un jour, dans le sillage de BéaDoc, à l’occasion d’une virée canyon en Sierra de Guara, à laquelle participaient Oliv et Magic. Depuis il nous suit en pointillé, C.O., Raids, Avent’hures… selon ses disponibilités parce que le garçon est beaucoup pris.

Pour sa première participation à un InoXman, Titi Cuistot a su se placer judicieusement pour la photo souvenir, entre deux champions du monde : un champion du monde de Trail, et un champion du monde de Nimportnawak.

Présentation rapide de la bête :

Prénom : THIERRY

Surnom : TITI CUISTOT

Biotope : CITOYEN DU MONDE

Espèce : CUISINIER AVENTHURIER VOYAGEUR AU GRAND COEUR

Variété : ELECTRON LIBRE

Age : UN DEMI SIECLE

Qualité : CONVIVIAL (en un seul mot)

Hobbie : LES EPREUVES SPORTIVES MYTHIQUES, LES ACTIONS SOLIDAIRES, LA BOUFFE EXTRAORDINAIRE AVEC TROIS FOIS RIEN…

Pour faire plus ample connaissance avec le personnage :

– un diaporama du « Livre du cinquantenaire » épais document retraçant quelques moments-clé du parcours du garçon

– suivi du récit par Titi himself de sa deuxième Diago, courue pour une bonne cause, en compagnie de la truculente Elena, partenaire d’avent’hures extrêmes 

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DIAGONALE DES FOUS 2011

Il était un soir au fond d’un canapé de Clichy que commença cette belle histoire des fous : courir ensemble les 162 km et 9.600 m de dénivelé du Grand Raid de la Réunion, aussi connu comme la Diagonales des Fous.

Pour nous mettre un challenge en plus nous décidons de partager cette course mythique avec Lina, une jolie petite fille porteuse d’une trisomie 21. Cette Diagonale est pour elle !

Notre aventure réunionnaise commence le dimanche 9 octobre quand à l’aéroport de Saint Denis nous sommes accueillis par l’organisation de la course.

Comme de vrais pros nous portons notre superbe t-shirt ‘Courir pour Lina’ qui ne laisse pas indifférent le président de la course. Après un rhum arrangé et quelques samoussa, nous sommes invités à la conférence de presse du mercredi 12. Trop trop top pour l’assos !!! La machine est en marche mode turbo!

Nous voilà à un jour du départ à se faire du fractionné dans Saint Denis pour trouver la fameuse conférence de presse. C’est à bout de souffle qu’Elena se retrouve avec le micro pour expliquer à la presse notre démarche, on fait mouche et à la sortie on nous questionne et un site internet nous re-interview.

A la suite, nous partons au retrait des dossards au Stade de la Redoute où une foule énorme de coureurs se trouve . Mais grâce aux fanions et t-shirts on se fait remarquer par un journaliste attentif . Les dossards à la main et les puces aux poignets, on ne peut plus reculer, droit devant c’est parti !

Jeudi 13 octobre : le départ est prévu pour 22h mais à 7h on est déjà débout. La préparation de derniers détails (les sacs, le matériel de course, etc) est notre préoccupation principale surtout celle de Elena qui refait ses sacs au moins une dizaine de fois tandis que Thierry, en terrasse, cherche à apercevoir les dernières baleines. Une siesta, la dernière avant les prochains trois jours, les fanions installés sur nos sacs et les t-shirts pour l’arrivée dedans, allez on est prêt, c’est parti pour Cap Méchant, le départ.

22 heures arrive très vite et voilà le coup de clairon, les 2 500 fauves sont lâchés en route pour le Piton de la Fournaise. De la route au sous-bois et au GR on attaque notre premier gros dénivelé : 2 300 mt de montée pour arriver sur la crête du volcan.

Nous y arrivons vers les 5 heures du matin, accompagnés d’un magnifique levé de soleil sur cette plaine lunaire. L’émotion de voir un paysage si contrasté est fort, mais ce n’est que le début car la Réunion c’est bien ça !

La montée à l’Oratoire Sainte Thérèse se fait dans l’euphorie et bonne humeur, un enchainement qui nous mène dans un autre contraste de vertes plaines pointillées par des vaches qui nous regardent passer comme des trains.

Mare à Boue est à l’horizon, on est bien heureux car on a déjà fait un tiers de la course. Un repas chaud rapide, et nous repartons avec un grand sourire, qui deviendra, après plusieurs heures de galère dans la boue, un sourire jaune.

La traversée de la forêt de Belouve met à dure épreuve nos jambes, notre mental et nos objectifs. Une révision complète à Hellbourg s’impose et à différence de beaucoup de coureurs qui à cet endroit déclarent forfait, on retrouve le sourire et on repart plein d’énergie vers le Cap Anglais.

D’un pas régulier et suivis par d’autres coureurs on monte le Cap Anglais jusqu’ au refuge du Piton de Neiges, le point le plus haut de la course (2 350 mt) pour enfin redescendre à Cilaos, 89e km.

Finalement Cilaos ! là où, comme tous les coureurs le disent, la course commence : après Cilaos on rentre dans le cirque de Mafate où il n’y a aucun accès par la route donc si un coureur veut abandonner, il n’a pas de choix que de continuer !

Après cette réflexion on décide de bien s’alimenter, se reposer, se changer : la demi-heure de repos prévue ne s’avère pas très bénéfique car les tentes militaires où on s’installe sont assez bruyantes. Au final, après deux heures et demi de pause (un peu long?) dont 10mn de vrai sommeil, on attaque la 2e partie qui s’annonce aussi énorme et voir pire avec la fatigue accumulée… que 73 km pour arriver à La Redoute !

C’est sur un pas de course rapide que nous entamons notre deuxième nuit : Bras Rouge passe bien et nous arrivons au pied du Taibit, bien en forme pour attaquer un autre gros dénivelé. A mi-montée on fait la rencontre du M.Tisanier qui nous offre sa spécialité appelée L’Ascenseur.. on comprendra mieux après ! Merci encore M. Tisanier, qui fait ça pour tous les coureurs…la magie de la Réunion !

Quelques temps après, aux premières heures du samedi matin, nous voilà au sommet ! Un paysage magnifique se présente à notre regard … on a une très belle vue du haut du cirque de Mafate, une succession de montées et de descentes nous attend !

On rentre dans Mafate avec le soleil qui nous ouvre la route sur Marla. Un ravitaillement très sympathique nous attend pour notre petit déjeuner qui sera composé de pain, vache kiri, jambon blanc, soupe et surtout d’une interview surprise de Réunion Premier, une chaine télé locale. Le journaliste est curieux de connaître la petite fille sur notre fanion et voilà Thierry parti dans une belle raconte de Lina et son histoire. Avec 110 km dans les jambes et pas tous ses esprits, Thierry fait mouche !

Bon, après quelques petites réparations pour Elena nous repartons sur notre sentier qui se transforme bien vite en une fournaise. Le pas devient de plus en plus lent, Elena arrive à bout de force, elle est un zombie mobile, le manque de sommeil se manifeste et mélangé à la chaleur on a l’impression d’étouffer. Nous arrivons à Roche Plate, le chrono semble avoir fait marche arrière. Une décision s’impose et c’est Thierry qui l’impose à Elena qui ne veut pas s’arrêter. Il faut absolument reprendre des forces si on veut arriver au bout, et nous nous sommes engagés à arriver au bout car ce n’est pas notre course, mais celle de Lina.

A l’ilet des Orangers, on décide de s’arrêter pour dormir. 40 minutes de siesta devraient le faire. Réveillés par un des organisateurs, on a l’impression de recommencer une nouvelle course. On repart vers Deux Bras, le 2e gros ravitaillement, à un pas de course rapide et en un peu plus que 2 heures on y arrive. Le moral au top, on se ravitaille au cari poulet, rougail saucisse… quel bonheur ! après le repas, une séance SPA nous attend : une trempette de jambes de 15 minutes dans la rivière du coin. Un deuxième bonheur pour attaquer encore un nombre indéfini de montées !

La montée de Dos d’Ane se passe bien pour Elena qui finalement a appris comment approcher une montée (il vaut mieux tard que jamais!). Moins bien pour Thierry qui comme un bon samaritain aide une copine en difficulté, crise d’asthme pas facile dans les montées. On continue et arrivés au sommet les jambes d’Elena et Thierry les démangent. Nous partons pour une portion de 3km à fond les ballons, que du bonheur de pouvoir tout lâcher.

Nous attendons notre amie au ravitaillement, on voit avec elle sa santé et elle est ok pour repartir. La joie revient sur nos visages car dans notre tête on se dit que là on redescend sur la Possession, niveau 0 et que après c’est la dernière difficulté !!! Le parcours est parsemé de quelques blocs de roche à gravir avec nos mains dans une ambiance de forêt tropicale à la nuit tombante, des chemins où on peut bien relancer et tout ça dans une bonne humeur qui nous amène au bord de mer. A la Possession, comme à tous les autres ravitos, on s’en taille une belle part…

Avant de repartir on nous dit gentiment que le chemin des anglais n’a rien à voir avec la fameuse promenade de Nice !!!

Et pour cause une montée horrible en deux portions, une de 5 et une de 4 km, avec de gros blocs de pavés, jetés comme dans un jeu de mikado. Un jeu pourri car entre chaque bloc il y a suffisamment d’espace pour y laisser une ou deux chevilles ! Qui dit montée dit forcément descente, et tout ça dans la même galère ! Les kms sont longs et difficiles, remplis par des pauses pour soulager notre amie asthmatique et nos pieds qui s’échauffent de plus en plus.

On ressort de ce parcours avec le moral bien touché, on s’est fait une joie trop pressente … comme quoi sur ces courses, tant que la ligne n’est pas passée, rien n’est joué!!

Après ce calvaire, nous arrivons dans les villes du hauts, de l’autre côté de la Redoute. Nous les traversons de nuits : quelle drôle de vision de voir des coureurs de-ci de-là couchés, à bout de souffle sous les abribus. Quelques hallucinations pour Thierry, la fatigue se fait sentir de plus en plus. Cette ‘route béton’, comme ils disent ici, n’en finit pas. La route est très usante, et en plus certaines personnes nous donnent de mauvaises indications en nous annonçant des distances plus courtes!!

Le moral est très bas, nous sommes à 10 km de l’arrivée et on veut en finir. Notre amie ne va pas bien, elle titube de fatigue et elle marche les yeux fermés. On s’arrête en pleine forêt pour trouver un coin pour un petit repos: conclusion impossible, il fait trop froid ! On repart et son allure est presque la vitesse d’un escargot, «voilà ce qui arrive sur cette épreuve si on néglige le repos».

Nous partons au-devant vers le prochain ravito ‘Colorado’ pour alerter la sécurité. Pendant cette montée un silence entre nous s’installe ainsi qu’un sens de culpabilité pour l’avoir laissée seule. Ce sentiment est décuplé avec la nuit. Nous arrivons sur cette grande air de jeux qui est le parc d’attraction des Réunionnais de St Denis et nous signalons les malaises de notre amie pour qu’ils dépêchent des bénévoles. Ils nous répondent que cela n’est pas possible, que lorsqu’on s’engage sur la Diagonale on est conscient et responsable que tout coureur doit rejoindre le plus proche ravito de ces propres moyens !!!!

Nous l’attendons une bonne demi-heure et à son arrivée on la prévient de la difficulté de la dernière descente et on lui suggère de se reposer. Elle préfère prendre son temps et nous repartons à petite cadence. On arrive vite au début de la pente et Elena a un trop plein d’adrénaline, elle veut envoyer du lourd, comme on dit dans le milieu, et Thierry, qui connaît déjà le parcours, l’interdit. Après une petite discussion animée avec de mots en italiens (eh oui on a toujours de l’énergie!) on entame la descente tranquillement, l’euphorie de l’arrivée n’est pas encore là, on doit encore digérer les dernières heures.

Le matin du dimanche se lève et nous commençons à apercevoir le Stade de St Denis. Et là le sourire revient !

Nous arrivons sur la route qui nous mène à ce fabuleux stade, une petite pause avant l’entrée pour confectionner un porte t-shirt de Lina sur notre bâton et nous voilà dans le stade ! L’euphorie n’est pas dans les hurlements de la foule, elle est juste dans nos têtes et dans nos coeurs pour notre petite Lina !

162 km, 9.600 D+, 55h57 de plaisirs, de souffrances, de rires, de galères, de doutes et de partage.

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