Comment Oliv pointa la plus haute balise d’Europe


Il y a très, très, très longtemps Oliv avait dit à Boulou : « Un jour je t’emmènerai au Mont-Blanc ». Depuis, les années ont passé, nos chemins se sont éloignés de la montagne et de la grimpe, Boulou est devenu Kikos, mais la promesse paternelle n’a pas été oubliée, le projet revenant régulièrement sur le tapis. Pour ne pas avoir à concrétiser ce périple de façon trop compliquée, genre en déambulateur, il était urgent de tenir parole. Le temps de récupérer du matos à droite à gauche auprès de différents copains et l’été 2011 serait donc celui où Oliv emmènerait Kikos au Mont Blanc. Magic Daniel intéressé par l’avent’hure décida de se joindre à eux. Ses contraintes de disponibilité professionnelle finirent de décider du moment précis : ce serait la deuxième semaine du mois d’août.

Récit de cette avent’hure…

Lundi matin, Cécile dépose Daniel à Ruffigny avec seulement une demi heure de retard. Il va falloir s’habituer à cette nouvelle donne : maintenant qu’il est pris sérieusement en main, le garçon arrive quasiment à l’heure à ses rendez-vous. Petit kawa, transfert de tos dans les véhicules, et à 11h l’expé pour le Mont Blanc quitte Ruffigny (alt 60m) pour une traversée d’Ouest en Est de la France, afin de rallier la vallée de Chamonix.

Ça fait presque trois semaines que la météo est pourrie là-bas et que l’accès aux hauts sommets est impossible. On part donc un peu au feeling, en espérant avoir une bonne fenêtre de tir.

On est quatre dans le camion, trois confortablement installés sur les sièges, et un à l’arrache dans le compartiment arrière. On se relaie toutes les deux heures environ pour conduire et passer derrière. La circulation est plutôt fluide, ce qui fait qu’en fin de journée on se retrouve au hameau de Bisanne (alt 1500m), au dessus des Saisies, notre point de chute en dur, chez Simon, dans un chalet jouissant d’une vue extraordinaire. C’est notre pote Titi Cuistot (cuisinier aventurier voyageur) qui nous avait mis en contact avec Simon, un aspirant guide qui nous laisse les clefs de son logement pendant qu’il est une semaine en stage de formation en montagne.

La journée du mardi doit être consacrée à régler plusieurs détails matériels conditionnant la réussite de l’opération : faire le point du tos, consulter la météo, se renseigner sur les conditions des différents itinéraires possibles, acheter deux trois bricoles (carte, broches à glace, chaussettes chaudes…) régler les crampons sur les chaussures. Aie ! en parlant de chaussures, cette pièce maîtresse de l’équipement fait encore défaut à Oliv ; normalement Simon lui a dégotté une paire de vieilles coques plastique Koflach auprès d’un copain, mais on ne sait pas où les récupérer et Simon reste injoignable pour l’instant.

Mardi matin, 6h20, coup de fil de Simon : les chaussures sont à l’accueil de l’ENSA à Chamonix. Ça se précise nos histoires, la pression monte, tout le monde sur le pont ! On quitte le camp de base en emportant tout (duvets, bouffe) afin de pouvoir faire face à toute éventualité.

Première étape, après une heure de route, Saint Gervais, la gare de départ du Tramway du Mont Blanc. On prend les horaires, les tarifs (oh ben couillon, olé pas donnée la montée : 25 euros, 32 l’aller retour). Ensuite, on va se renseigner au départ du téléphérique de Bellevue, aux Houches. Moins cher, mais moins haut… À cette occasion, on consulte la météo : mercredi et jeudi le temps devrait être beau, avec une forte baisse du vent. Puis ça devrait se dégrader à nouveau à partir de vendredi.

On enchaîne par Chamonix. On récupère les chaussures à l’ENSA. Nickel ! Elles vont pile-poil à Oliv qui les essaie direct sur le parking. Ca nous retire une belle épine du pied… Nous voilà donc tous les trois chaussés de neuf, avec des chaussures qu’on va utiliser pour la première fois (Kikos a des gore-tex Garmont prêtées par Titi Cuistot, qu’il a essayées 30mn au bord de la Sèvre ; Daniel a des magnifiques Bionassay de chez Décathlon, achetées en 2004, parce que c’étaient une super promo, mais qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de mettre ; et Oliv a ses coques plastiques avec lesquelles il vient juste de faire connaissance). Espérons que les ampoules ne seront pas au rendez-vous…

On casse la croûte sur le boulodrome olympique et Oliv soumet l’idée de – pourquoi pas ? – attaquer la montée ce soir, par le dernier train en partance de Saint-Gervais, un peu avant 18h… Les autres n’ont pas trop le temps de cogiter, le plan est adopté. Il est 14h, il reste des bricoles à acheter, puis il faut rallier Saint-Gervais, acheter les billets, faires sacs… On n’a donc pas trop de temps à perdre. On fait les courses au pas de charge dans Chamonix, laissant à peine le temps à la vieille dame vendeuse de chaussettes de nous raconter son antique épopée enneigée sur le chemin de Tête Rousse, pressés que nous sommes de ne pas rater le dernier train.

On retourne à St Gervais (alt 900m), où on opère un grand déballage de matériel sur le parking de la gare. Rapidement, les sacs sont faits, vite overbookés, ce qui fait que la bouffe est emportée à part dans un sac poubelle, on verra bien là-haut…

Un heure plus tard, on débarque au Nid d’Aigle (alt 2380m) pour une section de trois heures de montée dans le brouillard, afin de poser notre premier bivouac près du refuge de Tête Rousse (alt 3167m). L’acclimatation à l’altitude avance à marche forcée… Daniel traîne un peu derrière, il n’a pas la grosse caisse, ça a été un peu vite pour lui : il aurait préféré prendre le temps de bedasser en bas, peaufiner la préparation (en prenant le temps de régler les crampons sur les chaussures par exemple)… Oliv ayant préféré partir un peu à l’arrache en donnant la priorité à la meilleure fenêtre météo, et en laissant le réglage des petits problèmes techniques au gré des opportunités du cheminement.

La nuit est tombée lorsque nous arrivons sur le refuge de Tête Rousse. La zone de bivouac est bien remplie, les spots relativement plans et débarrassés des grosses pierres ont été pris d’assaut par des armadas d’alpinistes de toutes nationalités, arrivés bien plus tôt dans la journée. En désespoir de cause, on trouve une pauvre petite esplanade hérissée de cailloux pointus, à deux pas de l’aire d’héliportage, qu’on a bien failli investir à l’insu de notre plein gré.

Pendant que l’eau chauffe, on monte une de nos deux tentes Quechua deux places en la faisant tenir tant bien que mal dans les bourrasques de vent qui balaient frénétiquement le camp. Pas question de planter une sardine là-dedans, ce sont deux/trois bouts de ficelle attachés à des grosses pierres ainsi que le poids des duvets et des fringues qui empêcheront la toile de s’envoler. Les lyophilisés périmés sont bientôt imbibés d’eau tiédasse, on les ingurgite debout en tremblotant dans le vent. Daniel ne va vraiment pas bien, il est pressé de se coucher. Se pose la question du montage de la deuxième tente. Comme on a bien galéré pour la première, que les places autour sont encore plus abominables, hérissées de pierres en croc de boucher en pagaille, Oliv emporte la décision de se serrer à trois dans la petite tente deux places déjà montée. Cette option ne sera pas judicieuse car nous passerons une nuit cauchemardesque à se piétiner les uns les autres, couchés à l’égyptienne pour certains, vautré comme un gros sac en plein milieu pour un autre.

Aux alentours de minuit, ça s’agite pas mal autour : ce sont des cordées qui entament leur attaque pour le sommet, directement depuis Tête Rousse, sans faire étape au refuge du Goûter, plus haut ; c’était une de nos options, qu’on oublie pour aujourd’hui, vu l’état de Daniel.

Le réveil du lendemain le découvre dans les trente-sixième dessous, la gueule hallucinée. Il a le crâne défoncé, se lève juste pour vomir, puis se recouche. Oliv le bichonne comme une vieille nounou attentionnée, l’obligeant à ingurgiter différents cachets destinés à le remettre rapidement sur pied. Mais rien n’y fait, l’autre est complètement à la ramasse. Il est 8 h du mat’, la montée au sommet c’est mort pour aujourd’hui ! On décide de différer la suite au lendemain pour laisser à Daniel le temps de se refaire une santé. Kikos et Oliv partent monter la deuxième tente sur un espace hyper confortable laissé vacant par un départ nocturne. Ils règlent les crampons sur les « grosses » puis tout le monde se recouche, on n’a rien d’autre à faire…

Midi, on va voir où en est Daniel ; le mal des montagnes est toujours là, mais le gaillard refait un peu surface. Nouvelle cure de médocs. Une succession de cordées, arrivées du matin par le tramway ou le téléphérique, traverse le glacier de Tête Rousse pour rejoindre l’arête du Goûter. Un peu plus tard, les bonnes médecines ont fait effet et Daniel, qui a repris des couleurs, propose de monter à notre tour. Oliv, qui a le souci de traverser le Grand Couloir dans des conditions de sécurité maximum, n’est pas chaud pour l’aborder à cette heure tardive de la journée, où le soleil descelle les pierres coincées par le gel en haut du terrible corridor de la mort. (Une vidéo qui donne une idée de ce à quoi ça ressemble quand ça parpine grave dans le Grand Couloir et pis une autre) Mais bon, on n’est pas venu là pour vendre des cravates, alors on démonte les deux campements et nous voilà bientôt embarqués pour trois heures de montée athlétique vers le Goûter.

On opte pour « pas de crampons et pas d’encordement » ; ça patine un peu sur le glacier, faut faire gaffe, mais ainsi on est plus à l’aise sur les parties rocheuses. Daniel traîne derrière, le souffle court ; les deux autres l’attendent régulièrement. Bientôt se présente le sinistre Grand Couloir. Deux cheminements semblent possibles : un câble et une corde sur lesquels on peut se longer, et, un peu plus haut, une trace à l’arrache dans le mélange glace/rocher. Oliv s’engage sur la deuxième option, Kikos sur les talons. Le but : attendre le moment propice, entre deux parpinages de pierres, marcher le plus vite possible dans les traces, regarder un coup au dessus pour anticiper ce qui arrive, un coup devant pour ne pas se rêcher et partir en grande glissade vers l’abîme, être à l’écoute des hurlements dans toutes les langues, qui préviennent de l’arrivée de pierres délogées par le dégel ou par d’autres cordées en haut de l’arête du Goûter.

Oliv traverse sans souci, Kikos se prend une petite pierre sur un avant-bras, qui lui laissera un bel hématome. Au milieu, on croise un alpiniste qui traversait dans l’autre sens, moins chanceux, prostré, choqué après un impact avec une grosse pavasse, qu’un équipier viendra récupérer avec une corde. Oliv et Kikos grimpent un peu pour libérer la zone de stress et stationnent pour attendre Daniel. Celui-ci est en stand-by derrière plusieurs cordées qui se présentent à l’entrée du couloir. Le cœur n’y est pas, il est cuit physiquement, un peu atteint mentalement à l’idée des 1600 m de dénivelé qu’il reste à faire, et fait signe qu’il renonce. On voudrait bien faire un ajustement du matériel, genre récupérer au moins le réchaud, la carte, l’altimètre, le portable dans le sac de Daniel et lui laisser en échange une des deux tentes, fardeau désormais inutile. Mais autour, en haut comme en bas, ça jacasse pas un mot de français, y’a que des cordées des quatre coins du globe, mais pas un seul hexagonal. Tout le monde est un peu stressé de devoir ou d’avoir traversé le couloir, personne n’est très dispo pour rendre un petit service en servant un court instant de sherpa. En plus, un hélico tourne au dessus et son vacarme ne facilite pas la conversation. Finalement, on arrête de tergiverser et, par gestes, on fait signe à Daniel qu’on enchaîne comme ça. La redescente relativement simple jusqu’à Tête Rousse, puis vers la civilisation via le train, au Nid d’Aigle, ne devrait pas lui poser de problème, même affaibli.

Pour Oliv et Kikos, la montée vers le refuge du Goûter se poursuit. L’itinéraire est fréquenté, on croise des cordées qui redescendent. Ça bouchonne dans les passages délicats. Des personnes un peu limites en escalade, entamées physiquement, ou bien empêtrées avec corde et crampons, galèrent dans des passages en IV. On est surpris de voir des guides avec des clients engagés sur l’arête à cette heure avancée de la journée où la traversée du couloir présente des risques accrus. Tout le monde est attentif à ne pas faire partir de pierres qui pourraient blesser ceux d’en-dessous ou dévaler vers ceux qui traversent, plus bas, le Grand Couloir. Au détour d’un échange avec un groupe qui redescend, on apprend que, la veille, une seule cordée – un guide avec deux clients – est allée au sommet, le vent rendant la fin de l’ascension épouvantable. Oliv est conforté dans l’idée que, pour une expédition de cette envergure, la primauté doit être donnée à la meilleure fenêtre météo, même si c’est au détriment du temps d’acclimatation et de préparation.

Bientôt la longue zone câblée sommitale est franchie et nous arrivons au niveau du refuge du Goûter (alt 3817 m). Mais nous ne faisons que le longer, à la recherche du « terrain de camping » non-autorisé. Un employé du refuge nous invective depuis le toit où il déblaie la neige, en disant que l’hélico va venir nous déloger. En longeant la trace, on tombe sur le camp de manouches où des tentes de toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les nationalités sont déjà montée, dans des alcôves creusées à la pelle à neige. On cherche à se taper l’incruste dans ce mini Woodstock en conversant dans un sabir multiculturel avec nos voisins d’un jour, quand un ouvrier employé à la construction du nouveau futuriste refuge du Goûter, en attente d’un héliportage vers la vallée avec des collègues et une équipe de télévision, nous indique un plan plus confort : continuer sur l’arête quelques centaines de mètres, franchir quelques bosses, et on devrait trouver un espace plat, peu fréquenté. On suit son conseil et, effectivement, on se dégotte un emplacement de toute beauté, au pied du dôme avec vue imprenable. Nous sommes tout seuls sur le spot. Nous prenons possession de notre superbe emplacement de camping. A l’aide des piolets et de la pelle à neige, nous aplanissons une surface sur laquelle on plante la tente. Pour que les sardines tiennent, on fait une saignée au piolet dans la glace, on couche la pointe en métal à l’intérieur, puis on recouvre de neige/glace. Le gel fait le reste. Pour assurer la bonne tenue de l’ensemble, on recouvre le bas de la tente de neige glacée sur tout le périmètre.

Une fois la tente montée, on fait un point matos ; conclusion : c’est pô brillant ! Au niveau fringues et matériel de progression on est pas mal. Par contre, au niveau nourriture-boisson, ça craint ! Il nous reste un décilitre d’eau pour deux pour l’ascension et la descente. Le réchaud étant reparti avec Daniel, pas question de faire fondre de la glace. D’autre part, pour s’alléger au maximum, on avait misé sur de la nourriture lyophilisée périmée qui nous restait du raid Canéo. Mais, là encore : pas de réchaud = pas d’eau = pas d’eau chaude = pas de nourriture lyophilisée. Ils vendent bien de l’eau au refuge que nous venons de dépasser, mais comme on n’a aucun moyen de paiement sur nous, on oublie… Pour seules vivres, on a quelques barres, des dattes, un reste de pain, et du jambon sec. Sur cet  inventaire peu glorieux, on se couche en plein milieu de l’après-midi pour recharger les accus. Et pis un proverbe dit : « qui dort dîne » ; on expérimente donc le vieil adage. On veille à ce que nos deux rustiques Karimat bouffés aux mites soient bien joints au milieu de l’habitacle et on évite de toucher les bords glacés de la tente. Par précaution, on se prend un aspirine à croquer car un léger mal de tête s’est installé.

Réveil en fin d’après-midi. Une nouvelle déconvenue nous attend : Oliv a un œil qui larmoie, des sensation de piqûre récurrentes sur le globe et ne supporte pas le moindre trait de lumière. Ça risque de compromettre la suite pour lui et éventuellement pour le rescapé de l’équipe. Dans la trousse à pharmacie, on dégotte du sérum phy et un collyre cicatrisant. Oliv se soigne, met ses lunettes de soleil indice de protection 4, et se recouche en attendant que la luminosité baisse, tandis que Kikos sort pour profiter du cadre et tenter plusieurs expériences infructueuses afin de fabriquer de l’eau avec les moyens du bord (alu, chaufferettes, soleil)…

Lorsque la nuit tombe, Oliv sort de sa tanière. La douleur est moins violente, l’œil peut rester ouvert quelques secondes d’affilées, pitètre que ça va le faire… On mange un petit bout de  pain avec un tout petit bout de jambon sec (sans eau, le jambon sec n’est pas la nourriture la plus facile à ingurgiter, et en plus, ça donne soif !) et trois/quatre dattes en dessert. Sur ce repas minimaliste, préconisé par aucune revue sportive – on a bien cherché – on se recouche pour une ultime sieste de deux/trois heures avant le lever pour l’ascension finale. Nous ne dormons pas d’un sommeil profond. En effet, le réveil est programmé à une heure du mat’ mais comme on n’a pas de montre, on est obligé de prendre régulièrement des photos de n’importnawak pour connaitre l’heure. Système D pas des plus reposants…

À une heure moins le quart, on n’y tient plus et on se lève. Le petit déj, vite ingurgité, est à la hauteur du repas de la veille : un Snickers et pis c’est tout ! de toute façon y’a rien d’autre… Dernière décision à prendre : par où on redescend, après le sommet ? L’idée de départ, c’était par les Grands Mulets, mais Simon, ainsi que d’autres guides croisés pendant l’ascension, auprès desquels on s’était renseigné, nous l’ont tous déconseillé : ça ne se fait plus, La Jonction étant trop dangereuse en raison des chutes de séracs. Presque tout le monde redescend par le Goûter. On devra repasser par ici. On décide donc de laisser la tente montée, avec l’autre à l’intérieur et les deux Karimat qu’on n’envisage pas de trimbaler là-haut. On parie sur un vent faible qui ne devrait pas tout arracher et envoyer à Bab-El-Oued pendant notre absence. Et pis si ça devait arriver, on aura bien le temps d’inventer une histoire bidon à raconter à Vaness, la redoutable responsable matos des Flyings.

On s’équipe et on fait les sacs. Ca y est ! on est fin prêt pour l’ultime étape, debout au pied de notre tente, à quelques mètres de la trace que devraient emprunter des dizaines, voire des centaines de personne avec nous. Mais quelque chose cloche : pas une seule lumière de frontale en provenance de la dernière bosse qui nous cache le refuge du Goûter. On ne serait pas dans le timing ? Levés trop tôt ? Le Mont-Blanc serait fermé aujourd’hui ? Une guerre nucléaire aurait rayé toute trace de vie de la surface de la terre ? On décide d’attendre 5 mn l’arrivée éventuelle d’autres humanoïdes, après quoi on partira tout seul sur les traces, comme des grands, sans carte, sans altimètre, sans téléphone (dans le sac de Daniel), avec juste une boussole et une vague idée de la direction à suivre…

Soudain une cordée apparaît, qui avance sur un bon rythme. On leur emboîte le pas et l’ascension du Dôme du Goûter commence. Kikos, qui marche pour la première fois avec des crampons, réussit à ne pas se mélanger les crayons. Alors qu’on a pris de la hauteur, on décroche car la première cordée va trop vite pour nous ; on prend le temps de souffler, on se retourne et on découvre le long serpent lumineux qui s’étire depuis le refuge jusque dans la pente derrière nous. Ça y est, les fous sont lâchés… Les statistiques prévoient que moins de la moitié de ces petites lucioles atteindra le sommet.

La montée est donnée en six heures, alors il faut gérer ; pas tout donner au début en risquant d’être cramés à la fin, quand la respiration et le rythme cardiaque seront plus compliqués. On progresse sans idée précise du temps qui passe, prenant de temps en temps de courtes pauses au bord de la trace. Nous voisinons avec des cordées de tout type : depuis des gens super entraînés, équipés high-tech, qui progressent régulièrement et assez rapidement vers le haut, jusqu’à des groupes hétéroclites où l’épuisement se fait déjà sentir, qui titubent, le souffle court. Un trio de Russes retient notre attention : parmi eux une femme d’une quarantaine d’années, vêtue d’un anorak à fleurs et à grosse capuche, qui lui descend jusqu’aux mollets, qu’elle a du dégotter au Prisunic du coin. Elle est régulièrement encouragée par ses compagnons à grands coups de « davaï ». On se dit que ceux-là n’ont pas dû bénéficier directement des avancées technologiques issues de la conquête spatiale, mais ils iront au sommet, c’est sûr ! Ils ont du galérer pour arriver jusqu’ici, ont un mental de vainqueurs et ne risquent pas de lâcher l’affaire si près du but.

Au bout d’un temps indéterminé (on n’a ni montre, ni altimètre) on entend parler français. Le type à l’air de connaître les différentes bosses sur lesquelles nous progressons. On lui demande où on en est. Il nous répond qu’on est quasiment à la moitié. Ça nous surprend agréablement, cette première partie de la montée est passée comme une lettre à la poste.  Seul le manque d’eau est problématique.

Un peu plus haut, on longe le refuge Vallot (alt 4362m) qui nous tend les bras. La tentation est trop forte : on décide d’y entrer pour se reposer un peu, au sec, à l’abri du vent. Avec nos « grosses » équipées de crampons, nous grimpons comme des pachydermes maladroits l’escalier métallique qui conduit au sas sous le refuge. La porte franchie, nous redescendons précautionneusement un second escalier qui mène à la salle commune, en évitant la cascade ridicule qui nous priverait de sommet. Nos frontales découvrent un alignement de corps dans des duvets sur les immenses paillasses, ainsi que deux bons mètres cubes de déchets, en montagne dans un coin. C’est un refuge qui sert normalement de secours pour les cordées en détresse mais, apparemment, certains ont choisi d’en faire leur dernier camp avant d’attaquer le sommet. Nous éteignons les frontales pour ne pas réveiller ces marmottes qui attendent le lever du jour pour décoller. Sur un petit espace libre au milieu de leur matériel, on pose nos sac et on se couche à côté. Soudain, un type tape sur l’épaule de Kikos et lui tend une bouteille d’eau à moitié remplie en baragouinant en anglais, avant de se replonger dans son duvet. Comment a-t-il su à quel point l’eau nous faisait défaut ? Toujours est-il qu’on lui dézingue toute sa bouteille avant de s’allonger. Avec le nombre de réchauds qu’on a vu dans la pièce, il n’aura pas de difficulté à refaire le plein demain matin et, pour nous, ce réhydratage inespéré peut faire la différence. Au bout d’un temps qu’on estimera à une vingtaine de minutes, pendant lesquelles une succession de faisceaux lumineux traverse furtivement les hublots du refuge, on remet silencieusement les sacs sur les épaules et on repart sur la pointe des pieds par l’escalier, laissant les dormeurs dormir.

La chenille est toujours active. Maintenant, la pente est plus raide, la trace parfois très étroite entre deux abîmes. Le jour se lève. Grande Bosse (alt 4513m), Petite Bosse (alt 4547 m). Notre progression n’est pas académique : alors que la plupart des cordées avancent très lentement mais régulièrement, on procède plus par à-coups.  Nos foulées  sont plus longues et leur fréquence plus rapide ; ce qui fait qu’on vient régulièrement buter sur le dernier de la cordée qui nous précède. Alors on avance une jambe, on plante le piolet devant nous et on couche la tête dessus, posée sur les mains, pour reprendre notre souffle et redescendre le rythme cardiaque. Au bout d’une trentaine de secondes, le premier redécolle et la tension de la corde, le crissement des crampons sur la glace font démarrer le second. On n’échange pas un mot, tout ça s’est installé de façon naturelle. Rapidement, on vient de nouveau buter et on prend un nouveau moment de repos. Petit à petit, ça nous emmène en vue du sommet. On mange une barre de temps en temps. On s’en prend à rêver à une ascension légère, à la Kilian Jornet, sans les gros sacs, avec des chaussures de trail… Alors que nous prenons une pause un peu plus longue, allongés au bord de la trace, un vieil Allemand nous lance que le sommet est à quarante minute à condition de ne pas rester à dormir ici. Ça nous relance et on se remet sur la trace. On croise les premiers qui redescendent. Ça sent bon…

Huit heure du mat’, on parcourt l’arête sommitale (alt 4810m). Le vent et la température étant aisément supportables, on prend le temps de savourer la vue à 360° sur les Alpes, on fait quelques photos. Oliv pointe la plus haute balise d’Europe et Kikos pose pour un cliché qu’il tentera de négocier auprès d’un magazine de guitare. On a une pensée pour les potes qui nous ont prêté du matos et ainsi permis d’arriver jusque là. On échange sur nos sensations : ça a été relativement facile parce que jamais la question de s’arrêter et faire demi-tour n’a effleuré notre esprit. On était là pour aller en haut, pas pour faire de la philosophie. Tant que le corps fonctionnait à peu près correctement et que les conditions météo ne transformaient pas l’équipée en errance dangereuse, le mental a fait le reste.

Au bout d’un moment, on décide de redescendre, y’a rien à faire là-haut, pas même une cabane à frites… Le retour dépote évidemment plus que la montée, on croise des cordées engagées dans l’assaut final, d’autres échouées au bord de la trace. Il faut être attentif dans les croisements et les dépassements. C’est pas le moment de se la coller ! Soudain Kikos dégueule tripes et boyaux et s’agenouille la bave aux commissures. Un jeune Anglais qui monte en solo propose de l’eau. On lui est reconnaissant, d’autant plus qu’il nous fait comprendre qu’il nous laisse toute sa demi-bouteille. Nos chemins se séparent, on enchaîne vers le bas. Ça ne descend pas tout le temps et les sections de dénivelés positifs entre les bosses sont un vrai chemin de croix, qu’on parcourt avec nos à-coups atypiques. Dans la descente du Dôme, notre tente apparaît en bas, toute petite tâche sombre sur l’immensité immaculée. Avant de l’atteindre, on a l’occasion de discuter avec une cordée de trois jeunes Français qui redescendent, emmenée par une nana qui a bien la caisse. Ils nous indiquent l’itinéraire le plus court pour redescendre jusqu’en bas dans la vallée, sachant qu’on n’a pas de tunes pour payer le tramway : après le Nid d’Aigle, un chemin nous conduira au parking du Crozat, à Bionnassay, en une heure trente environ. C’est ce chemin qu’ils ont emprunté la veille, dans l’autre sens, pour l’ascension depuis tout en bas.

Arrivé à notre tente, on se couche pour une paire d’heures réparatrices, puis on démonte tout le camp, on refait les sacs chargés à toc avec le maximum de vêtements à l’intérieur, car il fait très chaud. Quatre petites bosses, le refuge du Goûter, et la descente de l’arête commence. On mettra autant de temps qu’à la montée, les pas de désescalade, chargés comme des mules, n’étant pas plus faciles. On croise des cordées qui montent encore en ce début d’après-midi, mais le trafic est moins dense que la veille. La traversée du Grand Couloir, qu’on aborde en même temps que des Italiens, des Hollandais et des Espagnols, réserve son lot de tension, avec des projectiles de tailles conséquentes qu’il faut éviter. Les Espagnols resteront même un long moment en observation après le passage, dans l’espoir d’assister en direct à un drame.

Il y a longtemps que l’eau qui nous a été offerte à deux reprises a été consommée, on a la gorge sèche depuis des lustres et c’est avec avidité qu’on se jette sur le petit torrent formé par l’eau de fonte du glacier de Tête Rousse. On ne laisse pas le temps réglementaire aux pastilles de Micropur de faire leur effet, pour boire goulûment à nos bouteilles remplies d’eau fraîche. Il faut maintenant essayer d’établir le contact avec Lydie et Daniel, dans la vallée pour leur indiquer où et quand on va atterrir. Oliv avise un couple un peu en dessous, et va à leur rencontre, afin de tenter de squatter un téléphone portable. Ce sont des Tchèques qui ne parlent pas du tout le Français. Oliv explique son problème dans un charabia où les mots de différentes langues se mêlent. Le couple finit par comprendre et le gars compatissant sort un téléphone portable de sa poche pour nous dépanner. Ouf, ce ne sont pas des Tchèques en bois ! Mais ça queute parce qu’aucun de nous ne connaît l’indicatif international à composer avant le numéro. Pas de contact avec le camion donc, il faut continuer à descendre, on verra bien plus tard…

On a laissé tous les dangers derrière nous, le reste du retour ne devrait être qu’une formalité. Mais la montagne est un milieu qui peut réserver bien des mauvaises surprises… Au passage sur le chemin qui traverse le glacier, Kikos pose le pied sur la glace vive apparue grâce au soleil entre deux zones neigeuses et se pète proprement la figure. Il se fracasse au sol et manque de partir en glissade dans la pente vers on ne sait où. L’alerte a été chaude, il faut remonter le curseur de la vigilance d’un cran.

À l’approche du sentier de retour vers le Nid d’Aigle, un groupe de personnes stationne et Oliv retente de choper un portable. C’est un jeune Anglais d’une cordée de deux en repos au cours de la montée qui permettra de laisser un rapide message à Lydie et Daniel, leur indiquant notre point de chute en bas. Descente vers le Nid d’Aigle ; la concentration en Français est beaucoup plus conséquente ici que plus haut : ils sont montés par le tramway, ont un peu marché sur le sentier pour prendre un bouquetin en photo, sont allés boire un Coca au refuge, et se dirigent vers la gare pour le retour en tram. On avise un vieux papy marcheur d’au moins quatre-vingt-dix ans qui devrait connaître le coin. Notre parking Crozat ne lui dit rien, mais il sort de son sac une magnifique carte IGN 1/25000 agrandie au 1/10000, plastifiée et pliée en accordéon qui nous permet de voir où choper le départ du fameux sentier. Un randonneur monté par ce chemin le matin, nous en confirme l’accès à proximité de la gare d’arrivée du tramway.

Dernière ligne droite ! Qui n’est pas, mais alors pas droite du tout… le sentier serpente paresseusement dans la moyenne montagne. Il est temps qu’on arrive parce que la descente dans les cailloux nous fracasse l’avant des pieds dans les « grosses ». Le cadre est magnifique, les animaux sont omniprésents (chamois, marmottes), on longe le glacier de Bionnassay, on descend des courbes de niveau de fou, le temps passe, pas un panneau, mais on ne devrait pas être loin de la fin. On rattrape une petite famille en route vers Bellevue pour prendre le tram ou le téléphérique ; on ne veut pas les affoler mais on pense qu’ils ne sont pas sur la bonne route, ou alors qu’il vont avoir un dénivelé de psychopathe à regrimper sur la fin, avant que la nuit les surprenne. Mais rien ne vient troubler leur bel optimisme.

Finalement on atteint une sorte de grande vallée en altitude, on s’attend à tout moment à voir Daniel venu à notre rencontre à un détour du chemin, ou bien la masse blanche du camion au loin. Mais que dalle ! Les enjambées s’enchaînent, sans qu’on puisse estimer le temps restant. On tombe sur une famille venue camper ici au fin fond du monde avec une vieille bagnole ; le pater familias nous dit qu’on en a encore pour une bonne heure. On croit à une mauvaise blague ! Le trio, là-haut, avait estimé cette descente à une heure trente environ, et ça fait sûrement le double qu’on y est. Sur la carte de « l’ancien », au Nid d’Aigle, il y avait trois chemins possibles, on s’est sûrement embarqués sur le plus tortueux ; mais nous n’avons pas vraiment eu le choix, n’ayant rencontré aucune intersection ni aucun panneau pendant la descente. Le mental est éraflé, mais faut continuer. On finit par tomber sur des panneaux – Crozat 30 mn – ça sent vraiment la fin ! Mais alors que d’habitude, on divise quasiment les temps indiqués par deux, ici il faut presque les doubler. Ce sont des Golgoths de la marche à pied dans l’coin ! Ou bien c’est qu’on est complètement cuit et plus assez lucide pour s’en rendre compte…  Les indications sur les panneaux deviennent de plus en plus fantaisistes ; si on tient le type qui les a conçus, on l’étrangle, on l’empale avec ses panneaux, on les lui fracasse sur le tête, on le lapide… Ces échanges barbares nous permettent de progresser encore. Une dernière longue descente interminable et Bingo ! le parking (alt 1400m) avec Lydie et Daniel qui nous attendent au camion. Il est presque 20h.

Vite, on retire les chaussures et on savoure une boisson sucrée dans un fauteuil. Ça a quand même été une grosse journée…

Les jours suivants, nous avons enchaîné, avec un Daniel en pleine forme et d’autres avent’huriers par du bloc à La Berarde et deux grandes voies à l’aiguille de la Dibona, dans le massif des Ecrins, en Oisans. Mais ceci est une autre histoire

16 Réponses

  1. putain c’était un poil engagé qd même… ça donne envie qd même, rien que pour les vomitos qui sont là pour rappeler que l’on se tape bien dedans ! mais merde moi j’ai le vertige fé iech !

    ju

  2. IMPRESSIONNANT !!! On se dit quand même que ça a pu être imprudent qqfois, non ? (surtout concernant la bouffe). Jolie histoire en tous cas du papa qui tient sa promesse… Encore bravo pour la performance, mais aussi pour ce récit qui nous fait vivre cette glaciale aventure dans notre salon, devant un ventilateur…

  3. Le Mont Blanc, c’est fait !
    Bravo, vous êtes pas des mickey, heureusement que vous avez le physique, sur le matos et la flote ça semblait un peu limite.

  4. Olive, ton imagination me laisse une fois encore pantois !
    Mais où vas-tu donc chercher tout ça ?

  5. Bien dans l’esprit « sanglier »: à l’arrache et sans vaseline!!!
    Avec la belle histoire du papa qui tient une promesse faîte au fiston!
    Ca a faillit m’arracher une larmichette!

    Chapeaux bas pour ce bel exploit de barbare , et aussi pour l’excellente écriture de cette épopée par le rédacteur en chef du « + bô journal du monde »!

  6. Rien à rajouter sur ce qui a été dit au dessus: vous êtes définitivement des psychopathes!!!! Beau récit et super photos!!!
    Maintenant annapurna?, Everest? A plus

  7. Magnifique récit et superbes photos qui me donneraient presque envie d’ aller l’ été à la montagne . Bravo à tous les trois .

  8. Antoine c’est bien ce que tu as fait.
    Vraiment je te félicite pour ton exploit sportif et surtout pour ton grand coeur. Car monter la-haut avec ton pauvre vieux père grabataire et grincheux sur les épaules ça a pô dû être chose facile, mais je sais que ça lui a fait tellement plaisir !
    Surtout profite de la raréfaction de l’oxygène et de l’état second dans lequel il devait se trouver la-haut pour le laisser continuer à croire qu’il est monté à la force de ses jarrets.

    • Pour moi, c’est la même réflexion que Ju, Bravo pour l’exploit, ça doit être super, et sûrement faisable physiquement, mais, avec mon vertige de malade, vu les photos, c’est impossible…

  9. L’ascenscion du tilleul à couper se féra par la face est, un refuge à mi parcours offrira gateau et friandises. Quand au retour au refuge en dure.. (espacé de 50 m de l’arbre bicentainenaire en question) Une côte de boeuf maintenu au chaud avec des echalottes en guise de couverture peuvent servir à redonner un niveau de protéine satisfaisant.

    Félicitation bel exploit et fort bien narré. Un peu l’arrache mais réalisé autrement, l’exploit aurait été moins gouteux. Notre papy fait de la resistance et file encore la pile au jeunes! allez bewoa un p’tite ascension à la dune du Pyla.

  10. Chapeau bas!!!!! Ca fait à la fois peur et rêver… Je l’aurai bien fait depuis longtemps mais mon père ne veut pas m’emmener, sinon … un coucher de soleil sur la plage c’est beau aussi, en attendant…
    BRAVO

  11. T’es mon neveu, mais t’es fou d’avoir fait ça dans ces conditions avec ton  »gamin ». Certes c’est un beau récit, bien écrit, bien illustré et ….vivant….., je veux bien croire qu’il n’y a pas eu que le facteur chance qui a joué et que le physique et le mental ont été determinants, mais par respect pour mon vieux coeur, promets moi une meilleure préparation pour ta prochaine expédition; et parce que tu as pu l’écrire, je vous félicite quand même..

    • Don’t stress, tonton Pierrot, on n’a quand même pas fait nimportnawak, complètement à l’arrache ; c’était géré en amont, globalement anticipé koâ…
      Mais promis, quand on te rejoindra sur l’île de Beauté pour galoper avec toi sur le GR20, on soignera les ravitos (saucisson, rillettes, rouge, fromage local)…
      Oliv

  12. j’suis l’autre tonton, comme le frangin j’suis épaté et fier d’appartenir à la famille (pas d’escalator..bécause moi avoir v’eltige à deux mètres du sol) mais enfin bravo c’est une belle perfomance d’ailleurs c’est du Frison Roche tout cuit,,,mais incroyable la populace qui si rends encore bravo . voir le p’tiot tout juste sachant marcher, escalader les rochers et montrer la voie à son père il présentait dès son jeune âge, toutes les dispositions requises, donc il ne faut pas être étonné de son exploit il était là pour porter éventuellement aide à son père……la prochaine expédition c’est quand..??? et pour qu’elle destination…??? le marais poitevin n’est pas mal non plus et surtout plus plat, bref ,bibis aux champions….et encore bravo….jc-myse

  13. Tu ne crois pas si bien dire, tonton JC, en effet le Marais Poitevin est notre future destination…

    …à l’occasion du raid Flying Avent’Hure 2012, en avril prochain.

    Et comme toi et Maryse avez découvert et apprécié le château de Cherveux à l’occasion du raid 2009, on a trouvé une autre forteresse dans le secteur pour une nouvelle tyro de psychopathes qu’on proposera le samedi aux concurrents de l’Ultra…

    Affaire à suivre…

    Oliv

  14. Oliv, j’ai trouvé la dédicace !!!
    Ecrire ce message, c’est permettre aux habitués (et aux autres) de (re)lire cet article…qui nous procure le froid qui nous manque cet hiver…

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