Nos amis les bêtes : Mr X, bourrin de chez bourrin


Monsieur X, gendarme de son état, n’est pourtant pas un mauvais garçon. La preuve : adepte du bourrinage, il est venu exercer ses talents sur quelques raids Flying, lorsque ses occupations ne le retenaient pas à l’autre bout du monde, à la date fatidique.

Mais Monsieur X n’en avait pas assez. Il lui fallait du lourd, du costaud, du brutal ! Alors, Monsieur X a décidé un jour d’aller passer les tests de sélection du GIGN. Il nous fait ici le récit de la première étape de sélection.

Mais, relativisons en méditant la remarque d’un instructeur à l’issue de cette semaine : « Vous venez de franchir la première marche, maintenant il vous reste la montagne à gravir…

Putain, ça craint !!!

gign

Présentation rapide de la bête :

Prénom : Confidentiel

Surnom : Mr X

Biotope : Ouest de la France

Espèce : BOURRIN

Variété : OPTIMISTE

Age : La petite trentaine au moment des faits

Qualité : Toujours de bonne humeur

Hobbie : Les bourre-pif

 Une autre façon de bourriner : les tests du GIGN

Gendarme et sportif du dimanche, j’adore les défis physiques, je m’entraîne régulièrement et apprécie la bonne chair. Néanmoins, un truc me démangeait depuis longtemps : voir jusqu’où je pouvais aller (mais pas seulement…) C’est pourquoi j’ai décidé de me porter volontaire pour participer aux sélections du GIGN à Versailles.

Un beau dimanche de septembre, j’ai été convié à la semaine de sélection physique du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, on était alors 120 (dont 6 filles). En regardant tous les participants, on devine pour tous les efforts qui ont été nécessaires pour s’entraîner et être au top de sa condition physique pour cette semaine. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que je manque un peu de bras face à certains ( t-shirts moulants à l’appui, pectoraux saillants…..) Bref, le royaume de la testostérone!

Première épreuve en cette fin de dimanche après-midi, le remplissage des formulaires administratifs et autres formalités, plus un petit test de mémorisation visuel, et voilà, un repas du dimanche soir bien mérité! Au dodo pour les épreuves du lendemain….

Lundi :

Debout 6 heures, petit déj, et dans la foulée formation des groupes par 20, présentation de la matinée: agrès. Le premier groupe part, et le 2 ème se prépare. Echauffement musculaire important car on est parti pour enchaîner une corde de 8m bras seuls, un maximum de tractions, un maximum d’abdos en 2 minutes ( pieds tenus, mains croisées derrière la tête, un mouvement = épaules au sol, montée du buste à toucher les genoux, retour au sol) et enfin un maximum de pompes (la poitrine devant aller toucher la main posée sur le sol de notre suiveur, les bras devant être totalement dépliés à la fin du mouvement). Tout cela avec seulement 2 minutes de pause entre chaque atelier.

C’est mon tour, la corde passe bien, mais les 2′ de récup sont courtes, et les tractions me paraissent plus dures qu’à l’entraînement!Je ne réussis à en faire que 19, suivent les abdos (87) et enfin les pompes où je me déchire car c’est le mouvement que je déteste! On devient super lactique avec si peu de temps de récup!

Je ressors rincé avec l’impression de n’avoir pas montré grand chose, mais alors que j’attends, un candidat abandonne déjà à la corde! Ce ne sera que le premier, car à chaque épreuve manquée, le résultat est le retour à la maison.
 
pont-de-singe

Départ pour le centre d’entraînement à 60km de là, il est déjà 14 heures.

Epreuve de l’après midi, le parcours d’audace, avec tyroliennes montantes, corniches, échelles spéléo à descendre, grimper de gouttière, cordes à monter en opposition, suivre un boot de corde dans l’obscurité, cheminée à grimper, sauter d’un toit sur un palier en contre-bas (de2/3m), et enfin sprint pour arriver à l’arrivée. Top chrono. A bout de souffle. On donne tout ce qu’on a. On ne sait jamais ce qu’a fait l’autre.

Regroupés par 5/6, départ pour une nouvelle épreuve. On nous demande d’attendre et de prendre de quoi nous éclairer. Pas de souci, la frontale est là! En regardant au loin, un bâtiment isolé, de la fumée qui s’en échappe et un membre du Groupe qui vient nous chercher avec son masque à gaz : pas de doute, le parcours lacrymogène nous attend.

A mon tour de passer, je patiente à 20 m de la maison et déjà je tousse et pleure alors qu’il n’y a presque rien en fumée autour de moi. Mission pour moi, trouver des indices dans un sous-sol rempli de lacry en moins de 2′ sans masque à gaz! Prêt? Ben oui, j’ai pas le choix. Première impression : je vais mourir dans un nuage de lacry dans lequel je ne vois pas à plus de 20cm, même avec la frontale! Chercher, pleurer, avoir envie de vomir, ne plus respirer même en en ayant envie, suffoquer, tels sont les symptômes qui suivent l’inhalation du gaz. Au bout de 2′, retour du sous-sol et débriefing, qu’avez vous vu? Je réponds entre deux crachat et hauts-le- cœur; tout va mieux, l’air revient enfin dans mes poumons.

Fin pour aujourd’hui, nous allons dormir dans un vieux bâtiment où les stagiaires effectuent normalement leur entraînements aux arts martiaux, le tatami nous servira de lit!
 
Mardi :

Réveil 5h30, petit déj, et départ pour la marche course de 8-9 km en treillis-rangers avec un sac à dos de 11kg sur le dos. Il faudra être rentrés en moins de 50 minutes pour les plus lents. On a de la chance il fait beau, mais c’est bien la seule compensation, car le parcours est horriblement escarpé et dès le 1er km, on a 600 m de côte à grimper, ça augure bien de la suite!!! 42 minutes plus tard, 5 côtes et 8km plus loin, c’est la fin de l’épreuve. Pas de bobos aux pieds, c’est une bonne chose.

Il est moins de 10 heures et la journée est loin d’être terminée (il y a déjà quelques abandons).

Par paquets nous rejoignons la nouvelle épreuve, il s’agit de la « Buse ». Accrochés par un pied au bout d’une corde, nous devons progresser le plus vite possible dans une buse de 40cm de diamètre et 12 m de long, et ressortir de l’autre côté afin d’arrêter le chrono. Nous attendons depuis quelque temps quand on nous demande si cela ne nous fait rien si les filles nous passaient devant? Bien sûr que non, répondons-nous. Et là, la première à passer met 45 » pour terminer les 12m! Pour ne pas gâcher, la deuxième nous pulvérise le temps en 37 ». Désormais, nous savons que nous serons moins bons qu’une fille, car quand on met la tête dans la buse, et que l’on sent ses épaules frotter, on sait que cela ne va pas avancer aussi vite que l’on pourrait croire!!! Bref, plusieurs minutes plus tard et 1kg et quelque de poussières ingérés, fin de la visite guidée du boyau. Petite plaisanterie de l’instructeur « tous ceux qui auront fait un moins bon temps que les filles sont éliminés. » Ah !ah !ah .

Pour continuer, tir au FAMAS à 200m et tir au pistolet à 25m. Juste pour voir si on peut mettre les balles dans la cible! Ce serait presque reposant si on était pas observé en permanence!

L’après-midi arrive avec son lot d’épreuves : un parcours de stress, avec recherche de renseignements et restitution à l’arrivée, il est 22h et on va attendre jusquà 4h du matin dans un bâtiment délabré. Certains se sont fait choper et arborent un nez sanguinolent.

Une fois que nous sommes récupérés, nous avons droit à 1h30 de sommeil avant le petit déj suivant!!!

 Mercredi :

Ce matin, course d’orientation. Mais ce ne serait pas amusant si nous n’étions pas en treillis-rangers, bref, que du bonheur. Il fait beau.

Départ toutes les 2′ pour un parcours qui a l’air d’être long et effectivement, à posteriori, il s’avère qu’il fait 18 Km. Je mets 1h50 de temps sur un parcours qui ne m’en demanderait que 1h20 en baskets, mais bon, j’ai trouvé toutes les balises, alors quand même heureux, d’autres moins chanceux termineront leurs sélections ici.

Après un repas copieux, nous retournons vers Versailles et un parcours « bras » très instructif. En effet, il s’agit rien moins que d’utiliser ses bras pour progresser, le tout entourés d’arbres. Au menu, cordes 4 brins( imaginer 4 cordes dynamiques qui pendent ensemble et qu’il faut remonter à la force des bras ), tyrolienne montante, pont de singe, sprint, asperge (tronc d’arbre sur lequel il faut sauter afin de se laisser glisser jusqu’en bas), rail métallique oblique, et la montée dans la cheminée (3m50 de montée sur une corde qui continue dans une cheminée cylindrique de 5m de long où l’on a juste la place de progresser), et retour au point de départ.

Là aussi, certains seront invités à quitter les sélections.

Pour terminer la journée en se délassant, nos G.O. nous ont prévu un passage par la piscine.

Au programme, 100 mètres chrono, 50m pieds et poings liés, 50m en apnée et enfin le saut de 10m.

Après cette journée bien remplie, il est 2h du mat’ quand nous allons nous coucher. Nous sommes encore une soixantaine à résister.

tour-daudace

Jeudi :

Ce jour commence avec un parcours du combattant classique, et c’est l’occasion de démontrer que l’on a encore des réserves (déclinantes bien sûr !). Une fois tous les participants passés, on nous met en attente dans les chenils du GI ( les chiens sont bien logés!) et nous passons un par un à la tour d’instruction.

Cette tour fait 28m, et propose sur une de ses faces un mur d’escalade, sur une autre, des étages avec une gouttière qui monte tout du long. L’épreuve consiste à escalader le plus vite possible la face escalade, redescendre en moulinette, puis de grimper la gouttière jusqu’en haut. Pour ceux qui terminent cette épreuve, ils se voient offrir l’opportunité de découvrir un point de vue magnifique à 28m de haut au bout d’un petit portique en fer, long de 3m et large de un pied! L’occasion de vérifier si l’on n’est pas sujet au vertige.

Encore une fois tout le monde ne réussit pas .

La fin de la journée approche et tous autant que nous sommes pensons en avoir fini, mais à 00h00, réveil!

« Messieurs, vous avez 6mn pour vous rendre à la piscine en petites foulées, à tout de suite. »

La piscine étant située à vol d’oiseau à 1km500, il ne faut pas traîner! Une fois arrivés, une nouvelle épreuve: un parcours nocturne d ‘apnée. 4 apnées de 15m avec un boot à suivre sous l’eau et des obstacles à franchir, avec 20 secondes de récup entre chaque apnée. Autant dire qu’avec tout çà, nous ne sommes pas nombreux à réussir cette épreuve. En effet, il faut passer dans un tuyau de 3m de long, puis remonter respirer dans une caisse en polystyrène de 30cm sur 40cm, passer sous une bâche sous-marine qui s’appuie sur nous quand on passe dessous et enfin suivre le boot dans un parcours d’obstacle et fin.

 Vendredi :

6h30 réveil, puis à 8h, début de la dernière épreuve de la semaine pour les derniers survivants (32 en tout): l’épreuve d’agressivité.

Elle consiste en 2 rounds de 2′ de boxe. Au premier round, coups de pieds et de poings autorisés, au second idem, mais on peut y ajouter des projections. Ceci pourrait ressembler à un match de boxe normal, sauf que l’assistance est composée des membres du groupe qui nous fait passer les épreuves, plus ceux qui sont disponibles ou en repos, et qui viennent voir nos performances….

Autant dire que cela ressemble plus à une salle de K1 que de boxe anglaise. L’attente est ponctuée des cris d’encouragement, des coups de gong ainsi que de certains temps morts dus aux K.O. techniques.
 
A mon passage, je tombe sur un camarade qui n’aime visiblement pas cette épreuve et passe 2 minutes à essayer de lui faire toucher le sol. C’est exténuant, et quand le gong retentit, je suis content de passer au deuxième round avec ses projections(car il est alors possible de se « reposer » un peu lors des phases au sol). Ce sentiment passe alors très vite quand l’arbitre vient vers mon coin et dit: « on te change d’adversaire, tu repars pour 2′ pieds/poings » Sale coup pour moi, car je vois mon adversaire flambant neuf, qui lui ne vient pas de se taper 2′ de boxe!!! Tant pis, va falloir y aller. Le gong retentit et pendant 45 », je ramasse pas mal, mais hors de question de passer à côté et je remets les gaz. Au final, je gagne. Satisfait, je suis moins touché que prévu.

Il est 11h45 quand les combats se terminent et nous allons manger.

A l’issue, 16 continueront les présélections (dont 3 filles), 9 seront sur liste d’attente, et le reste est invité à revenir tenter sa chance une autre fois..

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