Raid Oléron (2006)


Cinq ans après une apparition remarquée à la dernière édition de l’ère Ferrera, nous ne pouvions manquer la première réalisation de l’ère Da Silva. Nous y allâmes donc.

Samedi matin, briefing. La salle est comble et on salue de nombreuses têtes connues :
– Les frères Lucas – Robie et Jakson – vieux routards du raid, organisateurs de feu le raid de la Venise verte, celui par lequel tout avait commencé pour Olive.

– Yannis et ses comparses d’Angoulême Raid Aventure, organisateurs du raid Cognac.

– Les Inoxman, qui présentaient 2 équipes : une jeune, affûtée, prétendante au podium, voire au titre, ainsi qu’une plus rustique : les anciens, épaulés par 2 armoires ( Alain Superman et Thierry le Vidéoman ) reconstituant ainsi un quatuor mythique des grandes heures du raid Oléron. 

– Les locaux de « Tu T’uses Tes Semelles Oléron », alignant une solide équipe mixte.

– Les bécasseaux, équipe de pittbuls de la presqu’île d’Arvert, habitués à ne pas lâcher le morceau, qu’on embarque parfois dans nos délires.

– Les renards des vignes qu’on a croisés sur de nombreux raids régionaux.

Y’a beaucoup de gonzesses, on pense que ça va être dur d’accrocher le podium mixte…

En attendant le départ, les concurrents s’échauffent, trottinant dans tous les sens. Pour sa part, Olive, qui suppute que le raid sera long et que chaque foulée comptera dans la nuit, préfère discourir, avec le nouveau pote qu’il vient de se faire, des bombardements, des restrictions et de l’exode, quand les boches faisaient du tourisme sur l’île ; mais cétait il y a bien longtemps… 
 
  
La détonation du calibre 12 claque enfin sur la place de Grand Village et le raid Oléron, nouvelle formule, est lancé pour un trail fléché de 9 km.

On arrive sur le port du Château d’Oléron afin d’embarquer pour 2 h de canoë en mer. C’est hyper ludique, on cherche à bien profiter de la houle qui déroule dans le bon sens. Sur l’esquif de tête, Vaness réussira même parfois à pagayer dans le vide au sommet des vagues…

Débarquement à Boyardville. On sort de l’eau en 6° position. Épreuve de tir à l’arc, no soussaï. Toutes les flèches dans la cible, pas de victimes à déplorer.

Course d’orientation, dans la forêt des Saumonards, sur carte au 1/11 000 °, s’il vous plaît ! Et s’il vous plaît pas, c’est pareil, z’aviez qu’à écouter à l’école pendant les cours de calcul mental ! On progresse en restant sur les chemins. Olive proposera bien une sortie de poste à l’arrache qui ne sera pas concluante et on se fera reprendre par Angoulême Raid Aventure à cette occasion. Cet adepte de l’azimut sanglier ne renouvellera pas ses conneries et on enchaîne sans souci majeur, Vaness emmenant l’orient. Pourtant, on lâche un peu la concentration vers la fin quand on tombe sur l’équipe TTTS Oléron, ce qui nous fait jardiner 10 minutes entre deux chemins. Plus loin, l’équipe se scinde à l’occasion d’une sortie de poste et a du mal à se reconstituer. Encore 10 minutes de perdues… Il est temps que ça s’arrête, on fait trop de conneries. Ju, à l’assistance, commence à trouver le temps long, voyant rentrer des équipes qui avaient démarré la C.O. après nous. Finalement, les Flyings sortent du bois. Ravito, puis en route pour une grosse section VTT.
 
   
 
Les balises sont cartées sur la carte IGN au 1/25 000° de l’île et on doit bâtir notre itinéraire au mieux. Direction le phare de Chassiron, à la pointe Nord, que nous devrons gravir (sans les VTT, les organisateurs ne sont quand même pas des monstres !) avant de redescendre côté Ouest jusqu’à La Remigeasse. Au phare, Ju se fera un petit plaisir en restant un peu pour savourer la vision des raideurs en cales automatique s’engager dans l’escalier en colimaçon.

Sur le premier tronçon, on est de nouveau dans le top 6, on navigue en solo, sans croiser d’autres équipages. Olive est concentré sur la carte, ça enchaîne bien, c’est fluide, les balises sont là où il faut. Juste deux petits cafouillages avant la balise 121 et après la 140 nous feront faire 2 km inutiles. C’est Vaness qui écope du doigt électronique pour pointer les balises et doit donc faire l’effort de relancer la machine après chaque bip pendant que les trois garçons dorment sur leur vélo.
 
À l’arrivée, on prend le temps de souffler un peu en profitant du ravito pantagruélique que Ju a concocté à notre intention. On sait que c’est maintenant que le raid commence vraiment : 45 km à pied de nuit, ça va être sélectif et on doit s’alimenter et se vêtir correctement pour aborder cette section importante. L’assistance de l’équipe Inox1 assiste goguenarde à nos préparatifs, les protégés de Céline étant repartis depuis belle lurette.
 
La première partie, sur carte au 1/25 000°, démarre de la plus mauvaise façon qui soit : on est à la rue sur la deuxième balise, qu’on jardine pendant une demi-heure alors que la nuit s’est installée. On croise quelques autre équipes en perdition dans le même secteur, personne ne sait où on est sur la carte, la tension monte, le ton aussi. Finalement, on reprend notre sang-froid, on recoupe les données carte-terrain et on finit par se recaler, à 500 m du spot. C’est principalement Vaness qui gère l’orient’, Olive – qui après avoir été longtemps casse-couilles a tendance à devenir presbyte – n’y voyant rien sur la carte dans cette obscurité.
Sur cette section, on fait l’effort de courir lorsque le terrain n’est pas trop défoncé, sur des sections bitume principalement. Mais bientôt tout le monde est cuit et on marche quasiment tout le temps. On est repris par quelques équipes.
 
On sait qu’à l’allure à laquelle on progresse nos chances de tout shooter sur les 2 C.O. de nuit sont compromises, mais on fait l’effort d’aller pointer toutes les balises pour l‘instant, le classement devant se faire au nombre de balises pointées, comme il a été annoncé au briefing et confirmé par une question très pertinente de Philipe l’Inox aux organisateurs.

À plusieurs reprises, des choix d’itinéraires qui nous paraissent imparables sur le papier se montrent désastreux sur le terrain. Pour rejoindre la 157, à Vertbois, on butte sur une sorte d’enclos à gibier qu’on rechigne à traverser (on a tous vu Jurassik Park). Alors, on tente le contournement, ça queute dans les ronces, on finit par rebrousser chemin, on longe sur une route parallèle le long des maisons, y’a pas de passage… On ouvre en catimini le portail d’une résidence qu’on remonte à l’équerre à pas de loups, on franchit un grillage au fond de la propriété, on se jette dans un bois qu’on traverse au feeling pour tomber finalement sur notre cible. Devant nous, on reconnaît les silhouettes de l’équipe Inox2, avec qui on fera un petit bout de chemin (pas plus de 500 m, sinon ils auraient dit qu’on leur a sucé la roue tout le long du raid…)

Dans Saint-Trojean, les moins entamés de l’équipe, sentant l’écurie, envoient un peu plus en course à pied, laissant les deux autres 300 m derrière. Alors forcément, à la faveur du slalom dans les rues obscures, les deux paires se perdent de vue. Les deux attardés se retrouvent sur le front de mer, sans carte et sans idée de la direction à prendre. Droite ou gauche ? Droite ! Mauvaise pioche ! Finalement, Vaness viendra récupérer les deux babaches pour les montrer aux messieurs du contrôle à l’antépénultième balise (la 167 pour ceux qui manqueraient de vocabulaire !)
 
 Il est 3 h 30, on retrouve notre assistant de choc qui nous a fait un café pour nous réveiller un peu avant qu’on aille attaquer la deuxième C.O. de nuit, sur carte au 1/10 000°, dans la forêt de St Trojean. On apprend que pas mal d’équipes ont explosé sur cette première partie de nuit et l’horizon se dégage un peu. Comme on n’aura pas le temps de faire carton plein, on se fait bien expliquer la règle du jeu par le chef orient’ du raid avant de partir : si on peut zapper des balises, il faut malgré tout respecter la chronologie pour que les postes soient validés. On se donne comme objectif : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 15, 16, 17, 18, 19 si ça déroule bien. Vaness emmène l’orient de main de maître et on optimise le parcours en 2 heures de temps.  
 
On croisera les Inox2 et les Bécasseaux à la fin de cette virée. Il est 5 h 45, on peut retirer nos pompes et constater que des ampoules énormes agrémentent nos pieds. On verra demain, pour l’instant au lit ! Quelques ronflements plus tard, il est 6 h 30 et Ju sonne déjà le réveil. Au classement provisoire, on est première équipe mixte, et 4° au général. C’est assez inespéré. La ténacité de cette nuit a payé et on a profité de quelques défaillances au sein des grosses équipes.

La journée du dimanche commence par un parcours acrobranché dans le parc géré par François F., l’organisateur des raids Oléron du passé. Il y a 4 niveaux de difficulté, c’est récréatif, pas d’incidence sur le classement. On prend le temps de soigner nos pieds et de « noker » les parties sensibles de nos anatomies avant d’attaquer un trail de 5 km. Une longue piste à travers la forêt conduit jusqu’à la plage, qu’on longe vers le Nord en coastering. 
  
 
À la sortie, on récupère les VTT pour un road-book un peu merdique dans des sentiers forestiers sablonneux. On perd du temps au début, on cafouille un peu au milieu avec les indications approximatives, mais on chope malgré tout toutes les balises. On finit ce tronçon dans le paquet du milieu et on retrouve Ju qui piaffait d’impatience sur la place de Dolus ne nous voyant pas arriver suffisamment tôt à son goût.

Dernière épreuve : 7 km de bike and run fléché. On fait des relais courts, jetant les vélos dans les palisses. Le train est assez élevé et on reprend quelques équipes. On ramasse toutes les balises, notre classement ne devrait pas bouger… Arrivée finale sur la place de Saint-Pierre. On est en assez bonne forme, pas explosés, pas déglingués. 

On l’a pas mal géré ce raid. La bise à notre assistant qu’a été super à la hauteur. Une reconversion bien négociée pour ce jeune retraité de la compétition !
 
Mais une sale rumeur se répand parmi les concurrents : la règle du jeu aurait changé ! Incroyable ! Le classement ne se ferait plus au nombre de balises, comme cela avait été annoncé puis confirmé au briefing, mais au temps ! Avec une pénalité de 15 mn par balise non pointée. Sachant qu’on s’est bagarré toute la nuit pour shooter le maximum de balises, n’hésitant pas à cramer 45 mn sur certaines d’entre elles, cette stratégie devient débile avec le nouveau mode de calcul. Ça favorise ceux qui ont tracé direct et sont allés se coucher de bonne heure. Tout ça à cause de l’ordi qu’est pas capable de faire une addition… On est super déçus de ce manque de considération envers les concurrents. Au final, on reste premiers mixtes, mais on passe 6° au scratch. Le cœur n’y est pas au moment de monter sur le podium, on s’est un peu fait voler la fin du raid…

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :