InoXman (2004)


Un seul Flying présent à cette édition 2004 de l’NOXMAN de La Palmyre, épreuve mythique du grand ouest sauvage, à côté de laquelle l’IRONMAN d’Embrun fait figure de sortie du Dimanche matin pour pensionnaires d’un centre de rééducation fonctionnelle…  L’épreuve, dont le déroulement est intimement lié aux caprices de l’océan, devait se terminer cette année pour tous les concurrents aux environs de 22 h, heure d’étale de marée basse. L’heure de départ de chacun était par conséquent variable, calculée en fonction du temps estimé pour réaliser la boucle.

Départ du Flying à 13 h 45, en compagnie de 3 triathlètes de Royan, dans le 6° paquet. Le chapeau de pêcheur met une note champêtre au milieu des tenues bigarrées issues de la conquête spatiale. VTT sur le front de mer, puis descente sur la plage à La Grande Côte. Là, il faut rapidement dégonfler les pneus avant de foncer, entre déferlantes et nudistes, sous un soleil de plomb, vers le Petit Poucet. Le Flying, efficace au dégonflage, part devant, bientôt doublé par un des triathlètes, dont il se met à sucer la roue sans vergogne. Ce sursaut d’orgueil lui vaudra d’arriver complètement explosé au bout de la plage, et de gravir la falaise le chapeau de travers, le coeur à 180, la sueur dégoulinant sur son visage cramoisi. Son assistant-coach, Olive, lui conseille d’arrêter de faire le malin en essayant de s’accrocher à des mecs pareils.

Malgré tout, le Flying part en tête du petit groupe pour l’épreuve de course-nage, les 3 triathlètes se regroupant pour se pomponner à l’étape. La course s’enchaîne bien, le Flying résiste à la tentation de marcher dès que ça lui pique un peu les genoux et se présente seul à la conche de Saint-Palais. La houle est beaucoup moins forte qu’à l’édition 2003. Mise à l’eau résolue suivie d’une démonstration de nage indienne dont l’efficacité propulsive n’a pas été démontrée à ce jour. Pas de trace des poursuivants, le Flying se met à rêver de coupes, médailles, Vahinés, sélection pour les Jeux Olympiques de Pékin… Course de nouveau, puis re-mise à l’eau à Nauzan. La seconde traversée est presqu’achevée lorsque les triathlètes apparaissent. Le Flying parvient à limiter la casse et sort encore devant.

Course encore, puis dernière section nage à Pontaillac. Un tiers de la traversée est laborieusement accompli quand le Flying voit les 3 triathlètes s’immerger à sa suite, talonnés de près par un autre paquet de 6 concurrents, ayant pris le départ 15 mn plus tard. Agitant désespérément ses bras et ses jambes, telle la coccinelle à quelques secondes de l’ultime tasse, le Flying se fait bientôt doubler dans un crawl impeccable par un triathlète parisien équipé de plaquettes de main, qui lui demande, grand seigneur, si ça va bien… Finalement, le Flying sort de l’eau en compagnie de « Hervé les yeux clairs » issu, lui aussi du groupe de 6 poursuivants.

Après ces 9 km de course-nage, descente vers le casino de Pontaillac pour récupérer les VTT. Sandwiche au jambon en roulant, pour traverser la presqu’île d’ouest en est ; dans un plan pareil, il est important de s’alimenter régulièrement en profitant du VTT pour ingérer des sucres lents qu’on sera bien contents de trouver en fin de parcours. Dans le petit port de Mornac, ça repart pour 5 km de course dans les marais avec 4 immersions qui seront fatales aux pistaches stockées au fond des poches du short. À Chatressac a lieu le départ en canoë ou kayak, selon qu’on se présente seul ou à deux. Descente de la Seudre. Le Flying serre les dents dans son kayak trop petit pendant une cinquantaine de minutes… Il en profite quand même pour reprendre « Hervé les yeux clairs » qui fait avec son kayak, de magnifiques cercles sur la rivière, ainsi que les frères Brother en canoë, qui l’avaient doublé en course à pied, avec d’autres concurrents, à l’étape précédente… Rapide liaison VTT dans les marais, jusqu’à La Tremblade, avec un franchissement aquatique, avant d’aborder une nouvelle bavante de 8 km en course à pied autour de Ronce-les-bains.

Comme l’avait annoncé el Professor Philippe l’organisateur : « C’est ici que l’Inoxman commence vraiment ». Le Flying, que la course à pied n’a jamais fait rire, alterne des sections marche entre deux tentatives de course, ce qui lui vaut d’être doublé par quelques coureurs chevronnés dont 2 des triathlètes qui avaient pris le départ avec lui en début d’après-midi. Dans une exploitation conchylicole, alors qu’il commet sa seule erreur d’itinéraire de la journée, le Flying voit passer Yankell, futur vainqueur de l’édition, ayant pris le départ 2 h après lui, qui lui adresse un geste complice, genre « t’as pas vu la flèche ? ». Plus loin, après un crochet à peine réglementaire sur le bitume, sur les traces de triathlètes Royannais, la mer grignotant les rochers du remblais, cette partie s’achève dans les roseaux, en compagnie de « Hervé les yeux clairs », pas trop bien non plus. Ensuite, il faut enchaîner à VTT, d’abord sur un parcours technique et cassant au milieu des pins, puis sur Côte Sauvage, au bord de l’océan, jusqu’au phare de La Coubre qui, fermé à cette heure tardive, ne sera pas escaladé cette année. La nuit s’installe quand le Flying prend le départ du dernier morceau de ce « Dog Day Afternoon ».

De nouveau 6 km de course dans le sable, avec la difficulté de lire le terrain pour ne pas s’engager dans des cul-de-sac laissé par les baïnes. Le Flying est bientôt repris par le 3° triathlète de son groupe de départ, le moins affûté mais le plus facétieux, qui poursuit, sur un rythme petit mais régulier, sa course vers l’arrivée. Le Flying abandonne toute idée de Vahiné, d’exploits asiatiques, se promet de penser à ne pas se réinscrire à ce truc de Oufs l’année prochaine, et trottine par saccades à la recherche de la petite lumière rouge qui doit permettre de se caler pour le franchissement technique, à Bonne Anse, du dernier bras de mer.

Finalement le fanal apparaît et le Flying y retrouve le triathlète facétieux, en perdition avec sa boussole. Celui-ci trouve enfin le bon cap (du moins le croit-il…) et part devant. À sa suite, le Flying tape un azimut en direction des lumières du village-vacances sur le continent, et galope dans les trous d‘eau jusqu’au bras de mer. À l’horizon, un cyclope : la frontale de Zonzon, ange-gardien nyctalope qui veille sur cette équipée interlope. Ici, pas de trace du triathlète facétieux qu’on pense perdu à jamais, emporté par le courant de cette gigantesque chasse d’eau. Nage au milieu des bars et mulets qui chassent, course de nouveau, en faisant jaillir toute une vie aquatique à chaque foulée dans les flaques, puis ultime mise à l’eau pour entrer dans le port de la Palmyre qui finit de se vider, en se cramponnant aux rochers pour lutter contre le fort courant de la fin de marée descendante.

Encore quelques gesticulations peu productives entre les bateaux qui sommeillent attachés à leurs pontons, et soudain cris, lumières, encouragements, l’arrivée est proche… Pendant que Philippe appelle son avocat au téléphone, le Flying sort de l’eau, sous les vivas des InoXmen et InoXwomen déjà tirés d’affaire. Et, tout en attendant avec eux l’arrivée des derniers concurrents perdus, échoués là où le courant les a déposés, scotchés au milieu des parcs à huîtres, des vasières, il se dit qu’avec un peu d’entraînement à la course, l’année prochaine, après tout….

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