Le raid Canéo dans le rétro – ETAPE 6 : Marseille, enfin !


Dernière étape et on est toujours dans la course ! Si tout va bien, ce soir, on dormira au bord de la Grande bleue, pendant la Dark Zone, au cours de la dernière section : 60 km de kayak de mer. Mais dans un premier temps, nous devons effectuer 25 km de Ride & Run.

Les chevaux viennent d’arriver. Ce sont de vrais camarguais, pas très grands, blancs, nerveux.

En attendant de se voir attribuer leurs compagnons de voyage, les équipes discutent entre elles. Oahu (en vert) n’en reviennent toujours pas qu’on soit devant eux au classement. En effet, une erreur de saisie (oubli du temps d’une section) nous place artificiellement à la deuxième place en « Raider ». Cette erreur sera réparée dans la journée, nous serons classé à notre vraie place, la quatrième, et Oahu rétabli dans ses droits. Mais pour l’instant ils l’ont mauvaise…

Les équipes sont lâchées par groupes de 5 ou 6, dans l’ordre inverse du classement. Nous partons dans l’avant-dernier paquet. La foire au bétail commence pour notre groupe et Olive choisit le seul cheval marron de Camargue. Il est plus balèze que la moyenne et il a une selle grand confort, relevée à l’avant et à l’arrière. Ju gueule car ce cheval a l’air d’être aussi plus nerveux que la moyenne…

Mais Olive le sent bien ce cheval. Et en plus, on apprendra plus tard qu’il s’appelle… Olivier ! Ca ne s’invente pas des trucs pareils… Olivier, quel drôle de nom pour un chwal !

Au moment de prendre le départ, on sent de la tension entre Gérard Fusil et les loueurs de chevaux : ceux-ci ne veulent pas nous laisser partir en solo. Ils veulent encadrer les groupes, gérer l’allure. Peut-être ont-ils eu des infos comme quoi le premier Ride & Run, à Versailles, avait été traumatisant pour les animaux… Toujours est-il que l’Organisation n’a pas le dernier mot et Gérard nous gratifie d’un « bonne promenade ! » narquois quand nous partons. On n’apprécie pas trop qu’il se foute de notre gueule comme ça. On n’a pas choisi de faire du promène-couillons sur cette section, on aurait préféré chevaucher en liberté en Camargue. Peut-être qu’ils avaient mal négocié le cahier des charges avec les loueurs locaux, lors de la conception du raid… De toute façon, 2h30 pour faire les 25 bornes, ça ne permet pas de faire beaucoup d’excès.

On arrive quand même, de temps en temps, à tromper la vigilance de notre accompagnatrice pour se taper, en douce, des petites accélérations.

Ces chevaux camarguais sont nerveux, on le savait. Une équipière concurrente l’a appris à ses dépends. Nous tairons son nom, par esprit sportif, et ne délivrerons ses coordonnées que contre une somme rondelette…

Au terme de la section, Thierry part pointer tout seul la balise pendant que les autres rangent les chwaux dans les camions. Bilan : 1 h de pénalité pour pointage en équipe incomplète. Ca, c’est fait !

Nous enchaînons par 44 km de Bike and Run (41 annoncés). Nous sommes repris par l’équipe de Karine Baillet (Wilsa Sport – Helly Hansen), leader en « Extrême », dans les premiers kilomètres. On pourra dire que, pendant un court moment, on aura été devant eux, pendant ce raid… Sur la deuxième partie de la section, notre vitesse se stabilise au rythme de l’équipe « Pinky » (Valmo Raid Pink Team – Décathlon Sequedin) avec une nana en pleine forme et un garçon un peu à la ramasse.

Les places sur les vélos sont chères, dans notre équipe : Vaness a une cheville dans le sac et court comme son arrière grand-mère, Ju n’a pas la caisse et se traîne largement en dessous de ses performances habituelles, quand à Olive, il est égal à lui-même, progressant à la vitesse d’une enclume au galop. Seul Thierry se sent des ailes et assume de longues sections de course, laissant les deux vélos aux trois autres. Mais il finit par piocher à son tour et on repasse à une config classique, par doublettes.

Le circuit commence sur la « digue à la mer », continue le long des marais salants et se finit sur du bitume. Au bout d’une langue de terre, se trouve l’arrivée, sur la plage de Piémanson. Et là, nous apprenons qu’une nouvelle modif’ a eu lieu : la mer étant grosse, l’Organisation a décidé de stopper là la course pour aujourd’hui et de réduire la dernière section en la faisant démarrer demain matin, de la plage de Carro, plus à l’Est, que les équipes devront rejoindre en véhicule, avec leur assistance.

Bon, ben alors, puisque c’est comme ça, au lieu de ramer on va plutôt aller buller et se baquer. Ca devient vraiment cool, cette fin de raid…

Oh, Katia ! C’est koa c’travail ? V’la t’y pas que les assistants sont plus claqués que les coureurs, maintenant !

Barbe de huit jours, bronzage agricole, odeur de chacal, ça va emballer sec, à Piémanson…

Olive, il dort en permanence avec sa boussole, comme ça il sait toujours où il est, quand il se réveille.

Bréva nous a dégotté une clé 3G qui nous permet de nous connecter à Internet, à partir de cette plage du bout du monde. On peut faire un coucou en direct live à ceux qui nous suivent à distance et aller voir les messages sur le blog. C’est fou comme ce raid a du être dur pour certains d’entre vous, levés aux aurores, connectés au milieu de la nuit, toujours à la limite de l’entorse de l’index à force de pianoter sur le clavier… Chapeau ! on ne se rendait pas bien compte du courage qu’il vous a fallu.

La nuit va tomber, on plie les gaules et direction le port de Carro, via un petit détour au restau. Trop facile, cette fin de raid, vraiment ! On va même pouvoir dormir quelques heures sur le bitume à côté du camion. Deux nuit consécutives à récupérer, on croit rêver…

Jeudi matin, aux aurores, le vent souffle de plus belle et la mer est grosse. En plus, Carro c’est le seul gros spot de surf de la Méditerranée, alors, la barre, on n’est pas près de la passer en kayak, il doit y avoir des creux de deux mètres. Nouvelle décision de Gérard Fusil : nous rejoignons la plage du Prado, à Marseille, pour une petite régate finale.

Ca se barre en sucette cette fin d’épreuve… On a l’impression que le raid est fini depuis le mardi soir, au terme de la cinquième étape et qu’on bidouille depuis. Ca manque de rythme, ça traîne en longueur. Mais bon, on se met à la place de l’organisateur, il ne voudrait pas une hécatombe à la fin de son épreuve, ça ferait désordre au J.T. de TF1.

Le J.T., on a d’ailleurs bien failli le faire tout seuls, comme des grands : en effet le timon de la remorque rend l’âme quand on se gare sur le parking de la plage. On imagine la même chose à 130 sur l’autoroute, ou en haut d’une belle descente fréquentée.

Il faut gérer un dépannage express. Nous laissons Katia en caution à un truculent dépanneur Marseillais dans l’espoir qu’il nous restitue nos vélos.

Notre remorque vient de partir avec Katia, quand soudain, un hurluberlu fond sur nous en hurlant. C’est koa ce binz ? Ben, en fait, c’est tout simplement notre pote Thierry, cuistot aventurier voyageur, sponsor de dernière minute, qui arrive en avion de Corse où il travaille en ce moment, pour nous encourager avant cette dernière étape. Un dingue, on vous dit…

Pour le punir de nous avoir foutu les chtouilles, on décide aussi sec de le crucifier sur le camion.

Au milieu de la matinée, le départ est donné pour une boucle d’une vingtaine de kilomètres en kayak qui fera le tour des îles du Frioul, passera le long du château d’If, avant de revenir au Prado. Le départ doit être impeccable, entre les bouées jaunes. Gérard Fusil est un peu tatillon, ce qui met le capitaine de l’équipe Belge dans un état voisin de la démence : il amorce un mouvement de mutinerie et fend, en hurlant, la foule des bateaux agglutinés pour passer la ligne comme kamikaze solitaire…

Lorsque nous nous éloignons des côtes, on trouve une mer formée, avec de la houle, du courant. C’est ludique, on se marre bien, on regrette que les conditions météo nous aient privés d’une section de kayak de mer longue et engagée. D’autres équipages trouve ça moins marrant. Des fusées de détresse sont lancées, qui déclenchent l’intervention de la vedette des secours maritimes. Ju et Vaness se portent au secours d’un kayak plein d’eau à ras bord, pour aider les occupants à récupérer leur écope, imprudemment laissée enfermée dans un caisson étanche.

Nos kayaks filent maintenant à bonne vitesse, sautant sur les vagues, vers l’arrivée. Lors des réceptions, les violents impacts à l’arrière des embarcations sectionnent l’axe de nos gouvernails, presque simultanément sur les deux bateaux. Ca bastonne quand même pas mal ! En s’approchant de la plage, on retrouve une mer beaucoup plus calme.

On accoste, on retrouve nos assistants – Katia est déjà de retour, intacte, avec une remorque ressoudée – et on passe ensemble l’arche d’arrivée.

Ju a l’oeil vif du vieux loup de mer, défoncé au Canéo…

Pour ces deux-là, les vacances commencent maintenant !

L’après-midi, nous allons bader sur le vieux port en attendant la proclamation des résultats qui a lieu, dans la soirée, à l’Hôtel de Ville. Nous finissons 4° du classement « Raider » et 10° au général. 10, c’est notre numéro de dossard.

Ah ! si on avait un peu moins traîné pour envoyer l’inscription…

FIN DE L’AVENT’HURE…

2 Réponses

  1. « Olivier »: rien d’étonnant pour un nom de bourrin, mais ça pourrait aussi convenir à un mulet !…

  2. même pas drôle…

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