Le raid Canéo dans le rétro – ETAPE 3 : Kanksé condor ?


Mercredi 30 & Jeudi 31 ( 3° et 4° jours de raid ). Une étape longue, sur deux jours avec un menu copieux : kayak (18), VTT (50), roller (17), kayak (71), VTT (33), roller (11)

Les soucis de la famille coin-coin :

On démarre cette étape par un p’tit coup de kayak, des fois qu’on aurait perdu la main… Canal de Bourgogne, toujours. Particularité, un tunnel long de 3,3 km, au départ, à Pouilly-en-Auxois, qui sépare les bassins versants de la Seine et du Rhône. Une succession d’écluses à franchir, parfois très rapprochées. On tente même une fois de tirer les embarcations sur l’herbe du halage, tellement la distance est dérisoire. Mais ça tue bien, alors on remet à l’eau les autres fois. Les talus sont bas et les manoeuvres sont donc moins physiques que la veille..

On reste au contact de l’équipe de Karine Baillet, leader du raid. On navigue en bonne compagnie, avec les « Fous de Bassin » notamment. Le point d’assistance, au terme de certte section est bien Rock’n Roll, au bord d’une route fréquentée. Pendant la transition, on se prend soudain un gros déluge de flotte sur la tête, qui surprend nos assistants en petite tenue, ça devient « raid » pour eux aussi, mais ils conservent leur bonne humeur.

On part pour une section VTT avec gros de dénivellé, au début de laquelle on voit redescendre un équipier de la Team « Sport 2000 Lafuma » qui court en « extrême », en facheuse posture. A le voir, enroulé dans sa couverture de survie, on pense à une chute avec clavicule en l’air, mais il n’en n’est rien. Il s’agit en fait d’une grosse intoxication alimentaire qui nécessitera une hospitalisation (son sandwich avait trempé dans l’eau du canal). Le raid continue à faire des dégâts…

Le circuit présente une succession de grosses montées suivies de superbes descentes, en Côte-d’Or. On progresse sur un bon rythme, mais l’heure de la barrière horaire du soir approche alors qu’il nous reste deux bornes de montée komak à effectuer. On risque de sauter en « Aventure » ! Ces barrières ne sont pas tenables, les sections ont du être testées par des mutants (si elles ont été testées)… On arrive finalement un peu à la bourre à la fontaine où notre assistance doit nous remettre le matos de rappel.

Bonne nouvelle ! une fois de plus l’Organisation a ajusté ses prévisions et la barrière est repoussée de 2h30. On reste donc dans la course en « Raider » et on fête ça en restant honteusement longtemps au point d’assistance : bon repas, bain de pieds à la bétadine, papotage avec nos deux assistants, sous un magnifique coucher de soleil…

On finit par repartir, regonflés à bloc. Mais il faut trouver le départ du rappel et ça ne se passe sans mal, donnant lieu à l’une des rares petites crises entre nous :

Scène ménage pour trouver l’accès au rappel : carte ou GPS ? :

On se recale avec l’équipe d’Adrien et on finit par arriver au départ du rappel. Lydie, la pointeuse, nous annonce une heure d’attente qu’on peut mettre à profit pour dormir dans le champ. Lorsque notre tour arrive enfin, Thierry met le doigt dans la balise Sportident lorsque l’orage s’abat subitement sur le bord de la falaise. Les B.E. escalade remontent et demandent à tout le monde de se mettre à l’abri, à l’autre bout du champ. On se recroqueville sous une couverture de survie pendant que les éclairs fracassent tout le quartier.

Quatre babaches sous l’orage :

Lorsque les éléments sont calmés, on part à la recherche des BE pour qu’ils nous envoient dans le rappel. Deux lignes : une avec fractionnement, l’autre en fil d’araignée avec le vélo accroché au baudard par une longe.

Ju, qui appréhendait tout ce qui est franchissements, assure comme un chef.

Arrivée en bas, crevaison sur le VTT d’Olive qui s’était benné dans un buisson d’épines. Aussitôt, un périmètre de sécurité est dressé par les trois autres. Olive, catastrophe-man de son état, n’a pas le droit d’approcher pendant que Thierry, Ju et Vaness effectuent la réparation.

Première crevaison :

Il nous reste une vingtaine de bornes à faire en VTT, et avec ce qu’il est tombé, ça devient peu, voire pas roulant. On rencontre une boue très amoureuse, genre Bardenas des mauvais jours… Il faut pousser et décrotter tous les 10 mètres. On a une pensée pour ceux qui sont passés avant l’orage et ont pu expédier cette section comme une lettre à la poste.

Vers la fin, une boucle du GR nous emmène au sommet d’un plateau calcaire d’où la vue, de jour, doit être magnifique. Nous, on ne peut qu’imaginer le panorama…

Panorama nocturne :

On redescend en longeant le bord de l’abîme, faisant très attention à ne pas faire un tout-droit plein gaz et on rejoint finalement le bord d’un canal, à côté duquel court une piste cyclable que nous enquillons en rollers.

Le jour commence à poindre lorsque nous retrouvons nos assistants. Départ kayak avant 6h30 obligatoire ! Faut enchaîner… La transition est très rapide. On se retrouve de nouveau embarqués pour une grosse bavante en kayak : 71 km, dabord sur un bout de canal, puis sur la Saône de Châlon à Macon, via Tournus. Nous espérions du courant, voire du vent, et bien on peut s’asseoir dessus, ça sera à la pagaie et pis c’est tout !

Dès le début, Olive tape un petit roupillon, de guingois à l’avant, pendant que le gars Thierry gère en solo. Dans l’autre embarcation, Ju et Vaness pagaient de concert. L’eau est recouverte d’hydrocarbure, ça pue et c’est pas trop nature…

La matinée passe, monotone. On voit de temps à autre quelques équipes, toujours les mêmes, dont « Oahu » qui court en « Raider » comme nous. Le vent finit par se lever, mais de face ! Ca génère une belle houle.

Pour ne pas s’endormir, on tape de temps en temps des sprints de psychopathes, les pagaies bêchent l’eau vigoureusement et les kayaks piquent des pointes à 11 km/h à travers la houle. Les jupes sont indispensables. On change de nouveau les équipages, remettant la mule et la dyslexique ensemble.

En fin de matinée, on s’arrête un quart d’heure pour manger du lyophilisé chaud en bord de Saône et, dans le début de l’après-midi, on stoppe de nouveau une vingtaine de minutes sur une plage, casse-croûte et micro-sieste. Franchissement d’un gigantesque barrage, surf sur les vagues générées par le passage des péniches et bateaux, sprints de gogols, on avale les kilomètres…

Vers le cinquantième kilomètre, l’Organisation abrège une fois de plus la section, les meilleurs équipes ne rentrant pas dans les temps estimés, en raison, principalement du vent contraire. Navette camion jusqu’à Mâcon.

A suivre une section VTT roulante. On part à bloc, on roule groupés, en prenant des relais, n’importe quoi, vraiment ! Un peu de cafouillage dans les différents bras de la rivière, la fatigue qui s’installe bien comme il faut, la fin est laboriseuse, Olive pioche pas mal et ralentit l’ensemble. Un sursaut d’énergie pour faire les malins quand on passe d’autres équipes…

On arrive au départ de la dernière section de cette troisième étape : un coup de rollers sur une voie verte, relativement roulante mais encombrée de débris végétaux et parfois de gravillons. Il faut rester concentrés pour éviter une chute stupide. On avance à notre petit rythme, genrte 12 km/h, et on se fait prendre par deux équipes qui envoient du gros, en ligne.

Fin de l’étape pour nous, il reste un gros VTT pour les « Extrême ». La maman de Thierry a fait le déplacement spécialement pour lui masser les épaules et, accessoirement, nous gérer une navette voiture plus confortable en direction du départ de l’étape 4, au lac de Naussac, en Lozère.

Bain de pieds à la Bétadine, bières et limos fraîches, douche au cul du camion, petit coup de peigne et nous voilà complètement requinqués…

La maman de Thierry ne nous avait pas mijoté une spécialité à base de champignons hallucinogènes. Ce sont tout simplement nos têtes à mi-raid.

Petit jeu : qui est raider ? qui est assistant ? Indices : les yeux, les joues. Attention ! il y a des pièges…

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