Le raid Canéo dans le rétro – ETAPE 1 : La chevauchée fantastique


Lundi 28 Juillet, le jour J ! On arrive de bonne heure sur la contre-allée près du château de Versailles, où déjà, les chevaux attendent, placides, attachés deux par deux à des arbres. Y’en à de toutes les couleurs, des grands, des petits, voire minuscules, et au fond, isolé, un gigantesque.

Les autres équipes arrivent rapidement. On connait « Les fous de Bassin » des Bordelais emmenés par « Karine les couettes » qu’on croise sur des raids dans le Sud/Ouest depuis quelques années.

On retrouve aussi une autre Karine de nos connaissances dans une équipe qui était 100 % féminine à 3 jours du raid, avant qu’une équipière se casse le poignet sur une chute de vélo. Les 3 rescapées durent chercher rapidement un(e) remplaçant(e) et c’est Franck, fringuant quinquagénaire, qui complète le trio. Nous baptisons rapidement cette équipe « Franky et ses drôles de dames ».

On voit aussi les Ch’tis et les Vétos de Maisons-Alfort, qu’on avait découverts via leurs sites Internet, ainsi qu’une équipe de costauds emmenée par Adrien, croisé sur des raids en Auvergne.

Gérard Fusil nous regroupe et Régis, le responsable équitation de cette première section, nous briefe. Un temps minima à respecter, des contrôles vétérinaires, devraient permettre de ménager les montures. 3h30 pour faire les 35 premiers kilomètres de ride & run, ça fait une moyenne déjà fort honorable.

Maintenant, Caro nous attribue les chevaux, par ordre de numéro d’équipe, en fonction de la taille et de l’expérience des cavaliers. Pour nous ça sera Bel-Ami et … Iznogood dit-elle en nous désigant la montagne, le monstre, le Golgoth !!! On est contents mais aussi un peu inquiets de se voir attribuer ce cheval hors du commun.

Donne la papatte à tonton Juju…

On fait connaissance avec nos montures. Pour monter sur Iznogood qui fait 1,92 m au garrot, faut se faire la courte échelle, étant donné qu’on a l’étrier à hauteur du sternum ! Les premiers essais ne sont pas très concluants, Olive a l’impression de ne pas appuyer sur les bons boutons ; le chwal fait nimportnawak. Le cavalier peine à rester sur la selle. Une pelle de cette hauteur laisserait forcément des traces… Thierry observe avec inquiétude les yeux de merlan frit dudit Olive et un grand moment de doute saisit l’équipe.

Un monstre, on vous dit…

Un Golgoth…

Une montagne…

Finalement, le départ est donné, par vagues de 6 équipes toutes les 30 secondes, soit 12 chevaux. Le bordel s’installe très rapidement, les chevaux des dernières vagues galopant comme des psychopathes pour rejoindre les premiers. Des cavaliers sont éjectés (doigt, clavicule cassés), leurs chevaux affolés, les étriers dans le vent, courent à tort et à travers. Certains retournent au camion. Caro regroupe son petit monde et autorise finalement les équipes encore en état à enchaîner après le tour de la Pièce d’eau des Suisses. Le raid Canéo est maintenant vraiment lancé.

Petit passage bitume/bagnoles puis nous nous engageons dans les bois de Satory. Ju et Olive se relaient sur Iznogood, Vaness et Thierry sur Bel-Ami. Le temps est lourd et chaud, on raccourcit donc les relais en course à pied par rapport à nos prévisions (qui étaient de 40 mn pour Ju et Thierry et 30 mn pour Vaness et Olive). On reste toujours à peu près à vue. Les chevaux fonctionnent bien, finalement, et c’est plaisant. On a une pensée pour Valérie, notre prof d’équitation, qui nous a bien débourrés, quand on voit d’autres équipes bien à la ramasse avec leurs chwaux.

Au bout de quelques kilomètres, on a à peine le temps de se ranger sur un côté du sentier quand un cheval arrive dans notre dos comme une balle et vient s’exploser dans les deux montures devant nous, projetant son cavalier à plusieurs mètres. Plus loin, à l’entrée d’un tunnel, un autre cheval dérappe sur le sol lisse, le cavalier (de l’équipe des fous de bassin) est deséquilibré, tombe sur le côté, le pied prisonnier de l’étrier. Le cheval continue à paniquer et dérape de plus belle, projettant le cavalier sur le sol et contre le mur. Ju intervient rapidement pour maintenir la bête et aider au sauvetage. Quel Dieu, ce Ju !

On arrive finalement au terme de cette demi-section à l’Abbaye des Vaux de Cernay où un repas pantagruélique nous est servi par des maîtres d’hôtel endimanchés. On croit rêver, c’est koa ce raid ? On a une pensée pour Philippe l’Inoxman, adepte forcené et militant de l’autosuffisance en raid, qui aurait déjà porté sa première réclamation à cette occasion.

Mais cette pause gastronomique est l’arbre qui cache la forêt, la dernière cigarette du condamné, car toute la suite du raid se fera sur un rythme endiablé, dans des conditions des plus spartiates comme vous allez le découvrir.

On décapsule des bouteilles d’eau d’Evian pour faire le plein de notre camel-bag, au diable l’avarice… Après une petite sieste sous les arbres qui achève cet arrêt de deux heures obligatoires, on va rechercher nos compagnons. Surprise ! Le véto est passé par là et la donne a changée : presque la moitié des chevaux sont explosés et n’ont pas encore récupéré. Nous devrons donc repartir avec un seul cheval pour quatre, ce qui est synonyme de course à pied supplémentaire. Une vingtaine de kilomètres encore, à faire en deux heures minimum. Bel-Ami n’est pas autorisé à repartir, Iznogood vient d’être attribué à une autre équipe, c’est donc Gold qui sera notre nouveau compagnon de voyage.

La seconde partie du ride & run se passe sans difficulté notable. Nous sommes fréquemment au contact des équipes Oahu et Bayer (les vétos). On arrive au terme de cette section et on enchaîne par 80 km de VTT sur des chemins, dans des venelles lorsqu’on traverse des agglomérations, puis sur les petits sentiers sableux des GR dans la forêt de Fontainebleau. A noter trois portions immondes sur la fin, à escalader et désescalader les blocs de grès en évitant de se foutre par terre avec les vélos. Des heures de progression pour une distance ridicule. On a joué le jeu (notre balise Géopointer peut en témoigner) même si on a trouvé ça vraiment sans intérêt. On remarque quelques équipes qui se la jouent direct, à bloc sur le roulant…

La nuit nous surprend assez vite, l’étape se déroulant sur un timing beaucoup plus lent que nos prévisions.

On hésite un moment à emprunter le RER à la gare de St Chéron, mais on y renonce, la Team Manager estimant que c’est pô dans l’esprit.

Premiers déboires de Ju avec le pliage des cartes. Il n’a pas arrêté de nous faire ch… avec ça pendant tout le raid. On constatera plus tard que la plupart des équipes « extrêmes » fonctionnaient avec des sorties A4 plastifiées et aggrafées. On le saura pour la prochaine fois…

On finit par arriver à l’endroit où les parcours « extrême » et « raider » se séparent. On opte, comme prévu, pour le « raider », soit un trail de 15 km pour finir cette première étape. On part, en marchant le plus souvent, en trottant dans les descentes, car la fatigue se fait déjà bien sentir au milieu de la nuit. Long cafouillage au tunnel des druides, un CP obligatoire, où on jardine plus d’une heure en se fiant au GPS, suite à une mauvaise lecture des consignes. C’est finalement Vaness qui, étant partie assouvir, au lever du jour, un besoin naturel, sans lampe, sans boussole, sans sac, en suivant le lapin blanc (nan, merde, ça c’est Alice…) en suivant donc le fléchage bleu un bon bout de temps, se retrouve au pied de la balise, mais hors de vue de ses coéquipiers qui somnolaient à côté des sacs. Les hurlements d’angoisse de la Team Manager rameutent bientôt le reste de la troupe, ainsi que deux équipes fraîchement arrivées sur les lieux, qui n’ont donc pas à chercher bien longtemps le fameux tunnel…

On fait la fin de cette section avec « Franky et ses drôles de dames » et on arrive vers 8/9 h le mardi matin, au bout de 22h35 de course non-stop, au stade de la Faisanderie où on peut prendre une des rares douches du raid.

Finalement, on n’a pas l’air trop entamés par ce premier opus…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :