Les communiqués de presse officiels


Jean-Marie TRIMBOUR, journaliste épicurien, a ciselé un compte-rendu quotidien du raid. Nous avions eu l’occasion de le rencontrer autour d’un café le samedi précédent le départ et d’apprécier son style riche en références littéraires.

COMMUNIQUE J-1 par Jean-Marie TRIMBOUR


Dimanche 27 juillet


Depuis trois jours, venus des quatre coins du pays mais ausssi d’Espagne, de Belgique ou de Grande Bretagne, ils n’ont cessé d’affluer vers leur base d’envol, un vaste espace agreste et verdoyant jouxtant la forêt de Rambouillet. But de cette rencontre inédite autant qu’internationale ? Participer au Raid CanéO Nature, une grande première en matière de sport nature aventure.


Qu’on en juge. Pour la première fois 136 athlètes pluridisciplinaires vont traverser l’Hexagone, de Versailles à Marseille, en une douzaine de jours. La France plus que profonde, la France cachée, sauvage, inattendue, ces quatre-vingt quinze hommes et quarante et une femmes vont la découvrir au long d’un sillon de 1112 km qu’ils déclineront ainsi : 334 km en kayak (mer, fleuves, canaux et rivières) 481 km à VTT, 135 km en course orientation pédestre, 81 km de parcours équestre, 41 km de bike and run, 28 km de roller plus 10 km de canyoning, le tout agrémenté d’une pincée de spéléologie !


Il s’agit là, on en conviendra, d’un authentique exploit nécessitant une parfaite condition physique, un mental à toute épreuve et…un matériel très performant. Aussi depuis trois jours, à Rambouillet, les frondaisons bruissent plus de cliquetis que de chants d’oiseaux. La joie quasi juvénile de se retrouver pour vivre intensément une même passion, s’accompagne pour nos sportifs d’un travail de scupuleuse vérification des équipements, travail essentiel dans la mesure où le moindre détail peut se révéler, en course, d’une importance vitale. Dans le même ordre d’idées, l’organisation du Raid CaneO Nature, vérifie aussi les compétences de chacun dans les diverses disciplines à caractère technique telles que varape ou spéléologie.


Ce soir, à Rambouillet, les 136 concurrents ainsi que leurs coéquipiers d’assistance en ont fini avec les ultimes préparatifs. Le dernier travail se fait, désormais, dans les têtes. Demain dès 9h, ils s’élanceront à cheval, depuis le parc du château de Versailles, à la découverte d’un pays nouveau. D’une France redevenue, sous leurs pas, terra incognita…

COMMUNIQUE N°1

par Jean-Marie Trimbour

Lundi 28 juillet 2008

Ce matin à 9h35, accompagné dans sa tâche par Denis Brogniart, présentateur vedette de TF1 et Renaud Meger-Tissière, co président du directoire de CanéO, Gérard Fusil, patron de l’épreuve, a donné le départ du premier Raid CanéO Nature. En l’occurrence, au pied du château de Versailles, il venait de lancer vers les allées cavalières bordant la majestueuse pièce d’eau des Suisses une forte escouade de soixante-six chevaux accompagnés d’autant de coureurs à pied. Le Raid CanéO nature s’ouvrait en effet sur un parcours de « ride and run ».

Après un premier rush plutôt mouvementé, la petite troupe faisait un tour d’honneur autour du grand bassin, histoire de calmer à la fois l’ardeur des montures et l’appréhension des hommes.Tout étant rentré dans l’ordre, les trente-trois équipes entreprenaient alors un long périple de 56 km. Par forêts, collines et vallées, piétons et cavaliers – ces derniers souvent amenés à mettre pied à terre sur ce parcours très technique et rendu plus éprouvant encore par une chaleur étouffante – les concurents gagnaient l’abbaye des Vaux de Cernay pour une halte salutaire de deux heures.

En début d’après midi, le classement provisoire de cette demie étape plaçait en première position l’équipe de Karine BAILLET (n° 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN). Un premier coup de semonce pour cette grande championne qui prenait, d’emblée, plus de vingt minutes à ses poursuivants. Ceux-ci, à savoir la 5, VAUCLUSE AVENTURES EVASIONS, la 6, ABSOLUE RAID DECATHLON SAINT ORENS ,la 24, SOFERMI RAID NATURE 46, la 33, PETIT CASINO, la 31, TEAM SPORT 2000 LAFUMA VIBRAM, la 14, CAP OPALE et la 30, MARINE NATIONALE LATTITUDE 55 se tenaient dans une étroite fourchette d’une demi-heure. Le reste de la troupe rejoignait l’abbaye sur un rythme d’accordéon se traduisant par plus de deux heures de retard pour les derniers.

Vingt kilomètres supplémentaires attendaient encore hommes et montures avant que les 132 athlètes n’enfourchent des VTT cette fois pour un long voyage de cent kilomètres qui devait les mener au bout de la nuit. Le Raid CanéO Nature venait ainsi d’entrer, par la grande porte, dans le petit monde des courses sport nature internationales.

ZOOM

Une entame animée

par Loïc Le Bras,

Composée d’un couple habitant les Yvelines et de deux professeurs de l’Essonne, les deux départements traversés pour cette première journée, l’équipe 25-LES MUREAUX DÉFIS SPORTS AVENTURES a bénéficié d’un petit traitement de faveur au départ du Raid. « C’est vrai qu’hier, on est rentré dormir à la maison, avoue Patricia Ugolini Henri, l’équipière féminine. Cela nous a permis de décompresser, de bien manger et bien dormir ». Quelques minutes avant le départ, entouré de la famille et des amis, le quatuor local pose avec les deux chevaux qu’on vient de leur attribuer, Dark Boy et Opium. « Donne-lui un bout de pain pour qu’on fasse connaissance » demande Dominique Grégoire à son équipier avant de s’élancer pour le ride & run de 35 km jusqu’à l’Abbaye des Vaux de Cernay où l’équipe est arrivée 14e à 1h02’ des premiers.

Par cette chaleur torride, prendre soin des chevaux était une obligation sine qua non pour finir cette première partie de course en temps voulu. Une donnée que l’équipe 27-BAYER-VET ADVENTURE TEAM composée de vétos ou futurs vétos ne pouvait ignorer. « Il y avait des passages en plein cagnard ! Les chevaux n’ont pas assez bu. On a donc fini en marchant. Pour eux, il était temps que ça s’arrête » avouent-ils en se restaurant à l’ombre d’un parasol. Bien qu’un peu inquiets au moment du départ, ils ont pris le temps d’apprécier cette première partie qu’ils terminent 11e à 41 minutes des leaders. « On a traversé des endroits superbes, vu plein de châteaux. Le parcours est vraiment chouette ! »

Un sentiment également partagé par les leaders eux-mêmes, l’équipe 29-WILSA SPORT HELLY HANSEN de Karine Baillet. « On imagine pas des espaces de verdure comme ça en région parisienne. C’est dépaysant ! » Ce début de course aurait pu mal tourner pour Karine, victime d’une chute de cheval. « Mon cheval était craintif. J’ai dépensé beaucoup d’énergie pour le tenir. A un moment où il fallait s’arrêter, il est parti sur le côté et a glissé hors de la piste. On a chuté et il m’a marché sur le mollet en se relevant. Heureusement, plus de peur que de mal. Mais le ride & run est une discipline à ne pas prendre à la légère ! » On l’avait compris…


COMMUNIQUE N° 2
Mardi 29 juillet 2008
Par Jean-Marie Trimbour

La deuxième étape du Raid CanéO Nature a été, pour l’essentiel, aquatique. Les 132 athlètes qui, la veille, avaient enchaîné, non stop, l’équitation, le VTT puis la course orientation se sont mués aujourd’hui en kayakistes, pagayant sans relâche sur un tronçon du canal de Bourgogne de 96 kilomètres de long. Dure journée pour tous et plus encore pour les concurrents de la catégorie extrême. Ceux-ci, alors que le programme s’achevait à Venarey-les-Laumes pour les catégories « raider » et « aventure », devaient retrouver leurs VTT pour rallier, à quarante kilomètres de là, Pouilly-en-Auxois, terme de la deuxième étape. Les meilleures équipes ne sont pas attendues dans la cité bourguignonne avant le petit jour. C’est dire que, pour la deuxième fois consécutive, la plupart des participants au Raid CanéO Nature auront traversé la nuit sans fermer l’œil.

L’étape inaugurale courue sous une chaleur étouffante avait déjà mis les organismes à rude épreuve. Troquant leurs chevaux contre des VTT, les équipes avaient dû se frayer un chemin à travers une forêt de Fontainebleau rendue exténuante par les éléments déchaînés. Les pluies d’orage, la nuit, les roches glissantes, le tracé tortueux entraînant de nombreux portages de vélo, avaient souvent eu raison des plus forts. Ceux-là, parvenus au contrôle final de la première étape, totalisaient plus de 18 heures de course. Les derniers à pointer à Fontainebleau l’ont fait aujourd’hui, en fin de matinée. Trois heures à peine les séparaient de l’étape kayak …

Le classement, au départ de celle-ci donnait en tête la 29, WILSA SPORT HELLY HANSEN avec 18h38 de course. Suivaient la 6, ABSOLUE RAID DECATHLON SAINT ORENS à 45’, la 31 TEAM SPORT 2000 LAFUMA VIBRAM à 48’ et la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 à 58’. Dix autres équipes, avec des retards allant d’une à deux heures, complètent le classement « extrême ».

Sur un parcours allégé par rapport au précédent, l’équipe 19, VESALIS, prend la tête du classement raider avec un temps de 2h18. Elle devance dix autres équipes dans cette même catégorie. Six équipes, enfin, poursuivent l’épreuve en « aventure ». Leur leader est l’équipe belge INTERSPORT LIEGE (13) qui signe un temps de course de 17 heures et 29 minutes.
Zoom sur les équipes 6 et 33…
Par Loïc Le Bras

Pour l’équipe 06-ABSOLUE RAID DÉCATHLON ST-ORENS, se classer deuxième de la première étape derrière la reine des raids aventures Karine Baillet est une belle performance. « Mais c’est un pur hasard ! avoue en rigolant Philippe Lachaumette. Notre objectif au départ était de finir le mieux classé possible en catégorie « extrême ». Mais un podium serait un vrai bonheur ! Pour l’instant, on ne se prend pas le chou avec cette deuxième place, ce n’est que la première étape… » Au départ de l’étape 2 à Saint-Florentin (Yonne), son équipe affiche néanmoins une petite appréhension. « On n’a jamais fait d’étape aussi longue de Kayak (96 km). On part dans l’inconnu. 10 heures ? 12 heures ? On ne sait pas combien de temps cela va durer, ajoute Eric Maire, avec l’accent du Midi. Mais le plus dur, finalement, c’est de monter dans le kayak tellement c’est instable ! » Leurs kayaks en fibres font partie des plus performants. Juste avant de partir, Eric réajuste le safran. Chaque détail compte…

Sixième à 2h02 des leaders à la fin de la première étape, l’équipe 33-PETIT CASINO sait que les 96 km de kayak sur le canal de Bourgogne vont être très longs. Eux non plus n’ont jamais autant pagayé d’affilée. « Au bout d’un moment, on va trouver notre rythme, pense l’Auvergnat de l’équipe Jean-François Valleix, embarqué dans le team il y a seulement un mois pour pallier un forfait tardif. Mais avec des kayaks en plastique rotomoulé, plus lourds et plus larges que ceux en fibres, ils savent qu’ils vont perdre environ 3 km par heure sur leurs adversaires mieux équipés. « On espère quand même tenir 8km/h de moyenne sur l’ensemble du parcours, mais c’est sûr qu’on va manger ! » Manger, oui, surtout dans le premier sens du verbe… En plus des 4 litres d’eau par personne, ils embarquent chacun pour cette section deux ou trois sandwiches, 5 barres, des fruits secs, des compotes, des crèmes desserts et même un œuf dur pour l’un d’entre eux… Venus de quatre régions différentes, les quatre équipiers ont vite trouvé leurs marques pour leur premier raid tous ensemble. « On a bien géré la première étape en restant à notre rythme, ajoute Jeff. Dans la nuit, certaines équipes nous ont doublé plusieurs fois… Ils allaient plus vite, mais pas au bon endroit ! On n’a pas raté notre orientation, et pourtant, il y avait moyen de se tromper facilement… »

COMMUNIQUÉ N°3

Mercredi 30 juillet 2008
par Jean-Marie TRIMBOUR

Le canal de Bourgogne avec ses cent kilomètres à parcourir en kayak aura été le premier grand juge de paix du Raid CanéO Nature. Bien des athlètes, marqués par les conditions très éprouvantes de la veille, n’ont pu aller cette fois jusqu’au bout de leur effort. Une quinzaine d’équipes, exténuées, ont rendu les armes avant d’avoir pu achever le très long chemin aquatique. La direction de course les a autorisées à se faire rapatrier par leurs assistances sur Pouilly-en-Auxois, terme de l’étape.

En revanche, dix-huit équipes sont arrivées dans les temps à Venarey-les-Laumes, fin de la section kayak. Les dix meilleures, courant en catégorie « extrême », ont poursuivi leur route à VTT sur 39 kilomètres jusqu’à Pouilly. C’est de cette même cité bourguignonne que toutes les équipes, regroupées en fin de matinée, sont reparties à 13h35. Elles retrouvaient leurs kayaks et le canal de Bourgogne qui, en ce point de partage des eaux entre les bassins de la Seine et du Rhône, traverse les entrailles de la ville par un impressionnant tunnel de 3333 mètres de long.

Quinze kilomètres plus loin, une section de 50km à VTT les attendait, agrémentée(?) d’une descente sur cordes des Falaises du Bout du Monde, ce rappel sur quarante mètres de verticale impliquant à la fois hommes et machines. Roller (17km) puis à nouveau kayak (71 km), VTT (33km), roller (11km) et VTT (92 km) devraient amener les premiers concurrents demain vers 13 heures à St Symphorien-sur-Coire terme de la troisième étape. Une troisième nuit passée sur le terrain attend donc les athlètes du Raid CanéO Nature.

Dix équipes sont classées en « extrême » à l’arrivée de Pouilly-en-Auxois. Restée en tête, la 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN, avec un peu plus de 35 heures totalisées à son compteur, devance la 31 TEAM SPORT 2000 LAFUMA VIBRAM de 1h20, la 2 WILSA WCUP CHTI RAID (3h40) et la 9 COLUMBIA LOZERE SPORT NATURE (3h51). Les six autres équipes s’échelonnent avec des écarts atteignant plus de onze heures pour la dernière de ce classement.

Les évènements de la nuit n’avaient pas permis de classer précisément les autres équipes. On notera cependant que douze d’entre elles sont en « raider » et neuf en « aventure ». Une équipe complète, la 19 VESALIS et deux équipes réduites à trois éléments après l’abandon d’un de leurs coéquipiers, la 36 DENIV’ et la 30 MARINE NATIONALE LATTITUDE 55 poursuivent l’épreuve hors classement.
Zoom sur…
par Loïc Le Bras

Les Ch’tis ont le vent en poupe sur le Raid CanéO Nature. En plus de quelques coureurs éparpillés dans plusieurs équipes, dont Karine Baillet vainqueur des deux premières étapes et originaire du Pas-de-Calais, trois équipes nous viennent de la région Nord-Pas-de-Calais : la 02-WILSA WCUP CHTI RAID, la 03-CELLUMAT-LEROUX-WILSA et la 26-VALMO RAID PINK TEAM-DECATHLON SEQUEDIN. Sélection naturelle dans l’effort – surtout par 30°C – chacune d’elle dispute le Raid CanéO Nature dans une catégorie différente. Les premiers cités en « extrême », les suivants en « raider» et les derniers en « aventure ».

Troisième de l’étape 2 ainsi qu’au classement général provisoire, l’équipe 02-WILSA WCUP CHTI RAID n’a pas ménagé son effort pour occuper cette belle troisième place provisoire. « Depuis le départ de Versailles, on a dormi à peu près 4 heures en trois jours ! constate Mickael Vignal, dit Mike. Physiquement, ça va, mais on ne pensait pas que ça serait aussi dur au niveau du sommeil. Le parcours est plus long que prévu… » La nuit dernière, épuisé de fatigue, Mike s’est même endormi en pagayant, provoquant le chavirage de son embarcation. « On a perdu une bonne dizaine de minutes et ils ont eu froid pendant tout le reste du parcours » ajoute Carine Poret, l’équipière féminine, un peu inquiète juste avant le départ de la troisième et plus grosse étape du raid. Près de 300 km de kayak, VTT et roller, entrecoupés d’un petit rappel d’une quarantaine de mètres le long d’une paroi.

Dans l’équipe se trouve un spécialiste du kayak, Laurent Beauquey, champion de France en 95. « Vu la distance à parcourir en kayak, il a voulu qu’on prenne des kayaks de course en ligne, explique Yannick Wojtkowski, le pompier de l’équipe. Ils sont très rapides, mais super instables. Au début, on se retournait tout le temps. On a dû s’entraîner trois fois par semaine pour les maîtriser. Avec de tels engins, le départ est primordial. Il faut partir vite pour ne pas se faire coincer dans la partie étroite du canal. » Fidèle à son engagement, l’équipe Ch’ti a pris l’un des meilleurs départs de cette troisième étape à Pouilly-en-Auxois (Côte d’Or). Deuxième à l’entrée du long et étroit tunnel du canal de Bourgogne, ils ont profité quelques mètres après la sortie d’un petit souci de gouvernail chez les leaders pour s’emparer, pour la première fois, des commandes de la course…
COMMUNIQUÉ N°4
Par Jean-Marie TRIMBOUR

Jeudi 31 juillet 2008

En abordant sa troisième étape, le Raid CanéO Nature semble aborder aussi à des rivages plus paisibles. Il est en train, somme toute, de trouver sa vitesse de croisière.

Hier en début d’après midi, les 132 concurrents avaient renoué avec le canal de Bourgogne le temps, pratiquement, de traverser le tunnel de Pouilly-en-Auxois. Ce matin, la plupart d’entre eux ont fait connaissance avec les eaux, à peine moins calmes, de la Saône, qu’ils devaient abandonner à Mâcon. Dans la ville chère à M. de Lamartine le temps pour eux ne suspendait son vol que pour quelques minutes, histoire de troquer kayaks contre VTT pour 33 km avant de terminer en roller la fin du parcours. En fin de journée plusieurs équipes avaient bouclé la troisième étape.

Evénement dans le classement « extrême » : la 31 TEAM SPORT 2000 LAFUMA qui faisait la course jusqu’alors en deuxième position a décidé d’abandonner, l’un de ses équipiers, complètement épuisé, ayant dû être hospitalisé d’urgence. L’équipe 28, RAID NATURE 09 a quitté la catégorie supérieure et continue hors classement. Reste donc huit équipes en « extrême » où l’on note que la 9 COLUMBIA LOZERE SPORT NATURE prend la deuxième place alors que la britannique 37 HELLY HANSEN UK rétrograde d’un cran.

Le classement « raider » compte neuf équipes avec, en tête, la 22 SPORT OUTDOOR. COM. Elle devance de deux heures la 33 PETIT CASINO, celle-ci ayant quatre heures d’avance sur sa suivante. Cinq équipes, drivées par les Belges de la 13 INTERSPORT LIEGE, toujours leader, composent le classement « aventure » alors que neuf équipes poursuivent désormais l’épreuve hors classement. On relève un abandon individuel depuis le départ et, depuis ce matin, l’abandon d’une équipe complète.

Zoom sur…
par Loïc Le Bras

Seulement deux sports ne sont pas interrompus par un coup de sifflet final ou bien par la nuit : la voile et les raids aventure. Sur le Raid CanéO Nature, la gestion du sommeil est un véritable challenge et l’un des principaux obstacles à gérer. L’équipe espagnole 15-NAT’S COLLA DEL MATI-BOMBERS DE LLEIDA l’a appris à ses dépens. Sportifs, entraînés, ils espéraient tenir sur le parcours « extrême », même s’ils savaient que cela allait être très dur. Mais après trois jours de raid, ils doivent se rendre à l’évidence. Ils sont exténués. À cette fatigue s’ajoute une autre difficulté, le barrage de la langue. Difficile pour eux de comprendre les méandres du règlement, de lire le raid book ou bien d’exprimer clairement leurs questions.

Incapables physiquement de poursuivre, les Espagnols ont préféré écourter la troisième étape pour récupérer une journée entière et pouvoir poursuivre le Raid CanéO Nature jusqu’à Marseille. Deux autres équipes ont suivi leur exemple, la 20-IMI GROUPE et la 34-MADE AGENCEMENT-LATTITUDE 55, cette dernière étant composée en partie de Réunionnais. « On est très déçu de lâcher l’épreuve au troisième jour, se désole Léonie Cartier. On est des compétiteurs. Cela fait plus de six mois que l’on prépare ce raid, c’était notre gros objectif de l’année. Mais, malheureusement, nous n’avons pas d’autre choix possible que d’arrêter. Physiquement, ça va, mais le sommeil est un très gros problème. On n’a dormi que 3 heures en 3 jours ! Le parcours est plus long que prévu, et du coup, certaines portions du raid se parcourent de nuit au lieu de jour. Avec la fatigue et le manque de lucidité, cela devient dangereux. » Après une bonne journée de repos, ces trois équipes pourront donc repartir et terminer la course, mais hors classement. Alors que le Raid CanéO Nature aborde à partir de vendredi la Lozère, l’Ardèche et le Gard, il eut été dommage de manquer ses merveilleux paysages, ainsi que les épreuves de canyoning et de spéléo qui les attendent. Hors classement, l’aventure continue…
COMMUNIQUÉ N° 5

Vendredi 1er août 2008

Poursuivant son élan vers le sud, le Raid CanéO Nature a quitté le département du Rhône hier soir pour mieux reprendre sa course en Lozère ce matin. D’avoir franchi la ligne des oliviers, la grande épreuve sport nature progresse désormais dans des paysages grandioses et sévères tout à la fois.

Passés les aimables reliefs bourguignons, les athlètes découvrent la vieille montagne cévenole aux croupes arrondies mais aux flancs entaillés de vallées profondes, de gorges tortueuses et de gouffres sans fond. Ce matin, battant de leurs pelles multicolores les eaux noires du lac de Naussac, ils se sont lancés, à leur tour, dans la « traversée des Cévennes » rendue fameuse en son temps par l’écrivain Stevenson.

Pas d’ânesse pour compagnon, mais des VTT pour le moins aussi performants qui les menèrent au pied du Mont Lozère. Avec le mythique sommet cévenol, le Raid CanéO Nature atteignait aussi le point culminant de son long parcours. Dans la soirée, les équipes redescendaient vers Prévenchères et l’ancienne place forte de la Garde-Guérin. A l’ombre des nobles murailles, leur veillée d’armes consistait à se préparer pour les riches heures à venir, consacrées au canyoning, à la spéléologie et à la progression en via cordata.

À Naussac, terme de la troisième étape, sept équipes figuraient en catégorie « extrême » au classement général. En tête, la 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN totalisait un temps de 64h 58m 37s. À 4h venait la 9 COLUMBIA LOZERE SPORT NATURE, elle-même suivie de la 2 WILSA WCUP CHTI RAID à 6h23, de la 5 VAUCLUSE AVENTURES ÉVASION à 7h12, de la 37 HELLY HANSEN UK à 8h53, de la 6 ABSOLUE RAID DÉCATHLON SAINT ORENS à 9h42. La 23 FOUS DE BASSIN TDR BX fermait la marche.

La catégorie « raider » comptait huit équipes menées par la 22 SPORT OUTDOOR.COM alors que six équipes en « aventure » avaient la 33 PETIT CASINO pour leader. Le reste des équipes poursuivaient la course hors classement. On note un nouvel abandon individuel dans l’équipe 30 MARINE NATIONALE LATTITUDE 55 désormais réduite à deux éléments et l’abandon de toute l’équipe 15 NAT’S COLLA DEL MATI-BOMBERS DE LLEIDA.

Zoom sur…

C’est un miracle que l’équipe 23-FOUS DE BASSIN TDR BX soit encore dans la catégorie « extrême ». Depuis, le départ de Versailles, ces quatre-là courent après le temps et enchaînent les mauvaises fortunes. Dès le premier jour, après 5 minutes de cheval, Karine Sanson se casse le petit doigt sur un poney récalcitrant. L’animal n’avance pas, mais ils refusent d’abandonner leur monture, et terminent les vingt derniers kilomètres en marchant et tirant le canasson têtu. Au même moment, leur assistance heurte un plot et casse le radiateur du véhicule, entraînant une course contre la montre pour réparer et rejoindre les points d’assistance à temps. Impossible alors de se reposer puisqu’il faut aider l’assistance. Depuis, ils ne cessent de courir après le temps… La portion de kayak sur le canal de Bourgogne sera un vrai calvaire pour l’équipe aquitaine. « Nous avons des kayaks de mer qui pèsent 50 kg chacun ! raconte Karine. A chaque écluse, c’était un chemin de croix. » Épuisée de fatigue, elle a failli s’endormir hier sur son VTT. Pascal Mouchague, lui, a eu des hallucinations. Il voyait une fille assise sur le porte-bagages – qui n’existe pas – de son équipier devant lui ! Ce n’est qu’à 3h30 qu’ils terminent vendredi matin la section de VTT. Ils s’entassent alors dans leur camionnette pour rejoindre le départ de l’étape 4 à Langogne (Lozère) mais se perdent en route et parcourent plus de 300 km (au lieu de 200) en s’arrêtant toutes les 50 bornes pour remettre de l’eau dans le radiateur qui fuit ! Résultat : ils arrivent juste à temps pour prendre le départ à 9h20 sans, une nouvelle fois, se reposer. « Mais ça vaut le coup de tenir. Si on passe le cap d’aujourd’hui, on devrait réussir à rester en extrême, précise Karine. On aimerait bien pouvoir exprimer notre potentiel, mais jusque-là, on est toujours limite en timing… »

À l’inverse, l’équipe 01-EMSA RAID’ÉPERNON ne court pas après le chrono. Bien au contraire ! « On prend notre temps et on prend du plaisir, même si parfois c’est dur, assure Frédéric Clares. Notre unique objectif est d’arriver classés à Marseille. Nous n’avons jamais abandonné un raid. » Ils n’ont jamais disputé non plus de raid de plus de deux jours et abordent le Raid CanéO Nature comme on gère un marathon. Sans partir trop vite… C’est donc dans la troisième catégorie, celle « aventure », qu’ils ont décidé de se bagarrer dès le premier jour. Et tout se passe au mieux pour cette équipe qui a constamment le sourire. L’intégration de leur équipière féminine Yoanna Gervais, qu’ils n’ont connu que le temps d’un week-end d’entraînement dans le Jura, s’est parfaitement opérée. Avec un seul raid d’une journée dans les pattes, elle se lance dans le grand bain avec confiance et envie. Quant à leur assistant Bruno, tout seul depuis le départ, ils le considèrent tous comme le cinquième équipier à part entière. À l’odeur du colombo de dinde et haricots verts qu’il leur prépare avant la course d’orientation sur le Mont Lozère, on comprend mieux la parfaite harmonie qui règne dans cette équipe.
COMMUNIQUÉ N° 6

Samedi 2 août 2008

Lavande, thym, serpolet. L’Ardèche sent le Midi et le Raid CanéO Nature se sent bien en Ardèche. La quatrième étape entamée la veille à Naussac s’est poursuivie ce matin par un long et splendide canyoning dans les gorges du Chassezac. Amples draperies calcaires tombant sur la rivière en plans inclinés traîtreusement glissants ou montagne ruinitique laissant rouler ses rochers en éboulis désordonnés : entre ces chausse-trapes présentant pour eux un danger permanent souvent synonyme de blessure voire d’abandon, les concurrents ont dû se frayer un chemin des plus éprouvants.

A la mi-journée, le parcours basculait. On passait du canyoning à la spéléologie, des entailles aux entrailles de la terre. Le Raid CanéO Nature abordait alors la Dragonnière de Banne, une grotte profonde de 70 m et longue de 250m. Au sortir de cette progression souterraine de plusieurs heures, les concurrents avaient encore droit à une via cordata suivie d’une course orientation à VTT de 27 km ponctuée en final par 9km de spéléo. Les premières équipes, dans ces conditions, n’étaient pas attendues à Vallon-Pont-d’Arc avant le milieu de la nuit. Au terme de cette quatrième étape, elles bénéficieront, dans la cité ardéchoise d’un repos de vingt-quatre heures bienvenu pour tous.

Ce matin, la première équipe « extrême » à sortir du canyoning était la 37 HELLY HANSEN UK suivie de la 2 WILSA WCUP CHTI RAID à 7’ et de la 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN à 27’. Le classement général restait inchangé. Dans la catégorie « raider » la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 émergeait en tête, précédant la 11 OAHU de 10’ et la 10 FLYING AVENT’HURE PALFINGER d’une demi-heure. Au classement général la première est la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 que suivent la 10 FLYING AVENT’HURE PALFINGER à 23’ et la 11 OAHU à 1h15’. Avec elles quatre autres équipes participent au classement « raider ».

En « aventure » le canyoning a consacré la 22 SPORT OUTDOOR.COM devant la 33 PETIT CASINO à 1’ et la 26 VALMO RAID PINK TEAM à 5’. Au classement général de cette catégorie où figurent sept équipes, la tête est toujours tenue par la 27 BAYER VET ADVENTURE TEAM devant la 1 EMSA RAID ÉPERNON à 1h45’ et la 13 INTERSPORT LIÈGE à 2h10.

Huit équipes complètes ayant manqué une partie du parcours ou incomplètes suite à des abandons poursuivent hors classement sur les parcours « raider » et « aventure ». Ce soir, à l’étape, l’équipe 7 LYS AVENTURE a décidé d’arrêter la compétition.
Zoom sur…

Pour près d’un tiers des équipes, le Raid CanéO Nature est une aventure qu’on partage en famille. Nombreux sont les couples qui courent ensemble à l’instar de Vanessa et Julien Frapier (10-FLYING AVENT’HURE PALFINGER), les Belges Hedwige et Michel Tilkin (13-INTERSPORT LIÈGE), Sybille et Thierry Galindo (22-SPORT-OUTDOOR.COM), Karine Sanson et Pascal Mouchague (23-FOUS DE BASSIN TDR BX), Patricia et Nicolas Ugolini (25-LES MUREAUX-DÉFI SPORTS AVENTURES), Heidy et Maxime Leroy (26-VALMO RAID PINK TEAM-DÉCATHLON SÉQUEDIN) ou encore Magali Moreau et Anthony Rabeau (31-TEAM SPORT 2000-LAFUMA-VIBRAM) qui ont abandonné suite à l’intoxication alimentaire et la déshydratation d’un de leurs équipiers.

Dans l’équipe 11-OAHU, on trouve même deux couples. Christine et Hervé Lamouche, qui courent avec Stéphane Bernier dont la femme gère seule l’assistance de l’équipe. Pour eux, l’organisation d’avant raid comprenait aussi la gestion des enfants qui partent chez les grands-parents ou en stage en Angleterre. « Entre la préparation du raid et les enfants, on n’a pas eu le temps d’entrer des points dans notre GPS alors que d’autres équipes en ont une centaine » consent Christine qui précise que « la nuit, c’est quand même rassurant d’avoir le GPS ! » Avec Patrick Lamarre, le pilote d’hélicoptère qui complète l’équipe, les deux couples ont galéré hier lorsque les roulements d’une des roues de la vieille remorque qu’on leur a prêtée ont rendu l’âme. Par chance, ils ont trouvé un garage tout proche pour réparer et une équipe, la 25-LES MUREAUX-DÉFI SPORTS AVENTURES, pour prendre en charge une partie de leurs affaires pendant que la remorque étalait ses malheurs devant le garagiste…
Classés dans la catégorie « raider », ils attendaient avec impatience les portions de canyoning et de spéléo de cette journée de samedi. La cerise sur le gâteau du raid…

Dans l’équipe 24-SOFERMI-RAID NATURE 46, l’histoire de famille se joue entre un père, Jean-Marc Marion, et sa fille Lucie. « C’est sympa de partager la même passion, raconte Lucie. Il m’a donné le goût de l’aventure, de se dépasser. Ça se passe super bien, mais on a une relation de coéquipiers pendant le raid. » Depuis deux jours, le goût du dépassement est augmenté du plaisir de traverser des paysages grandioses et variés. « C’était magnifique dans le canyon ce matin (samedi) avec la lumière du petit jour. Le parcours est très ludique. J’appréhende un peu la spéléo cet après-midi et je rêve de la journée de repos de dimanche. » Leader du classement « raider », l’équipe originaire de Midi-Pyrénées regrette d’avoir manqué le parcours « extrême » à cause d’une blessure au genou d’un des leurs. Mais la victoire finale en catégorie « raider » pourrait être une autre source de satisfaction…
COMMUNIQUÉ N° 7

Dimanche 3 août 2008

Après quatre étapes, neuf départements traversés et 780 km parcourus, le Raid CanéO Nature s’est accordé une journée de repos à Vallon-Pont-d’Arc, au sortir des gorges de l’Ardèche. Journée de repos amplement méritée au vu des cinq nuits blanches passées par les 114 athlètes encore en course. Journée de repos fortement obérée pourtant par l’arrivée tardive de la plupart des équipes. En effet, si la moitié des concurrents avait rallié le point de contrôle final de la quatrième étape avant six heures du matin, l’autre moitié pointait selon un horaire s’étalant de 7h à 15h30.

Au terme des quatre premières étapes, le classement général de la catégorie extrême compte six équipes menées, depuis le début, par la 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN avec un temps total de 3 jours, 14 heures et 57 minutes. Suivent la 9 COLUMBIA LOZÈRE SPORT NATURE à 5 heures, la 5 VAUCLUSE AVENTURE ÉVASION à 12h, la 2 WILSA WCUP CHTI RAID (4ème), la 37 HELLY HANSEN UK (5éme) et la 6 ABSOLUE RAID DÉCATHLON (6ème). On notera que la 2 perd une place au profit de la 5.

Le classement « raider » compte désormais huit équipes. La première reste la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 qui signe un temps de 3 jours 18 h et 57 minutes. La 11 OAHU suit à huit heures et la 32 PIC SAINT LOUP AVENTURE à une heure de plus. Ces deux équipes gagnent une place alors que la 10 FLYING AVENT’HURE PALFINGER en perd deux.

En « aventure » la 27 BAYER VET AVENTURE TEAM en 4 jours 52 heures et 46 minutes tient la tête devant la 1 EMSA RAID ÉPERNON et la 13 INTERSPORT LIÈGE, classement inchangé en haut de ce tableau où l’on dénombre six équipes. Dix équipes, certaines incomplètes, poursuivent sur les parcours « raider » ou « aventure » mais hors classement bien entendu.

Zoom sur…

Suite à l’abandon de l’équipe espagnole, il ne reste plus que deux équipes étrangères sur ce premier Raid CanéO Nature. La première, la 37-HELLY HANSEN UK, britannique de passeport, est composée d’une Écossaise et de trois Anglais. Cinquième actuellement du classement « extrême », ces quatre-là sont des raiders aguerris. Samedi, dans la grotte de la Dragonnière de Banne, ils ont réparé une corde usée qui bloquait la progression de toutes les équipes. Cela n’a pas empêché Nicola MacLeod, l’équipière féminine, de détester les grottes et plus particulièrement les chatières, ces boyaux étroits qui relient les salles. En vue de la dernière grotte demain, Ski Sharp, le capitaine de l’équipe annonce avec humour qu’il a prévu des bouchons d’oreille pour les trois hommes pour ne plus entendre leur équipière se plaindre… Un humour so british qui traduit l’excellente ambiance qui règne dans cette équipe affûtée qui peut encore viser le podium final à Marseille.

Chez les Belges de l’équipe 13-INTERSPORT LIÈGE, 3e du classement « aventure », l’humour ne s’érode pas non plus avec l’effort ni les déconvenues. « On aurait dû appeler notre équipe “Objectif Bouillabaisse“, plaisante Michel Tilkin. Maintenant, notre objectif est vraiment d’atteindre Marseille ». La Belgique possède son propre village gaulois, à Liège. Une bande d’irréductibles Wallons y pratiquent le sport nature sous toutes ses formes. « On fait partie de ces gens qui courraient et en ont eu marre du bitume » résume Laurent Mignon. « Il y a une culture sport outdoor à Liège. Tous les mois, il y a au moins une grosse course de plus de 50 km. » Dans leur catégorie « aventure », ils se sentent un peu délaissés. « Les différences de parcours entre « extrême », « raider » et « aventure » ne sont pas assez accentuées, se plaignent-ils. À cause de l’embouteillage à l’entrée de la grotte, on n’a pas pu faire de spéléologie, et ensuite, de nuit, on n’a pas trouvé l’accès à la via cordata. C’est dommage ! » Heureusement, outre la beauté des paysages actuellement traversés, ils ont découvert sur ce raid une complicité et une solidarité entre les équipes. « Lorsque Jean-Philippe (Degey) a chuté de VTT, une équipe s’est arrêtée pour nous passer sa pharmacie. Puis une autre est arrivée à qui nous avons prêté du matériel pour réparer un VTT. Et nous nous sommes attendus pour tous repartir ensemble. » Partagée avec de nouveaux amis, la bouillabaisse est encore meilleure…
COMMUNIQUÉ N° 8

Lundi, 4 août 2008

Une entaille de plus de deux cents mètres de profond. Des méandres dessinés d’un doigt capricieux sur trente kilomètres. Tout au fond, coule une rivière : l’Ardèche. Dès potron-jacquet – la nuit, une fois encore avait été sérieusement écornée – les trente et une équipes du Raid Cané0 Nature ont entamé la descente en kayak des gorges comptant parmi les plus célèbres du Vieux continent.

Hormis quelques virements de bord plus ou moins bien programmés entraînant presque autant de chavirages, l’épreuve kayak ne fut pas trop cruelle pour les concurrents qui enchaînaient aussitôt avec quarante kilomètres de VVT s’achevant à Tharaux et plus précisément à l’entrée de la grotte des Fées. Trois heures passées en spéléo éprouvante ramenaient les premiers en surface. Il s’agissait cette fois d’une marche orientation de vingt-trois kilomètres en terre gardoise. La journée s’achevait à la moitié de cette cinquième étape dans la localité de Collias sur les rives du Gardon.

La quatrième étape de ce Raid CanéO Nature, étape que Gérard FUSIL a voulu dédier à Jean GILLY, grand raider qui avait réalisé le tracé Lozère-Ardèche et s’est tué lors d’une escalade en juin dernier, cette étape donc avait fait l’objet d’un classement général que la journée d’aujourd’hui ne devrait pas modifier pour l’essentiel.

À la grotte aux Fées, les équipes du parcours « extrême » passaient dans l’ordre suivant : 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN, 5, VAUCLUSE AVENTURE, 9 COLUMBIA LOZÈRE SPORT NATURE, 37 HELLY HANSEN UK. Toutes ces équipes se tenaient dans la demi-heure, seule la 2 WILSA CUP CHTI RAID accusant une heure de retard sur le leader.

En « raider », la 24, SOFERMI RAID NATURE 46, toujours en tête, émargeait à la grotte devant la 32 PIC SAINT LOUP et la 23 LES FOUS DE BASSIN. Cinq autres équipes suivaient dans ce même classement.

En « aventure » enfin, sept équipes restent menées par la 27 BAYER VET ADVENTURE TEAM qui, toutefois, dans cette partie spéléologie, est arrivée deuxième derrière la 22 SPORT OUTDOOR.COM. Aucun abandon n’a été enregistré lors de cette journée.
Zoom sur…

Dans les grottes, il est parfois possible de reconnaître une équipe sans la voir… Juste à l’entendre ! Entre les équipes Ch’tis, celles de Midi-Pyrénées ou d’autres de la région PACA, les accents varient, chantent, roulent les R, transforment les A en O ou se terminent par une note aiguë qui résonne comme le « ding » de la cloche, accentuée par l’écho de la grotte.

Venus du Vaucluse et du Var, les quatre copains de l’équipe 05-VAUCLUSE AVENTURES ÉVASIONS, reconnaissables à leur accent du sud, occupent la troisième place au classement général provisoire dans la catégorie « extrême ». Lundi à l’aube, leur journée a commencé par la descente de l’Ardèche en kayak. « C’était superbe, un vrai régal » assure Frédéric Fabre. Quelques heures plus tard, dégoulinant de sueur sous la canicule, la motivation pour pénétrer dans la grotte des Fées était toute relative. « La spéléologie n’est pas notre discipline préférée » précise Jean-Michel Cateau. De leur point de vue, le seul intérêt de cette descente sous terre est d’éviter les heures les plus chaudes de la journée – 35°C dehors contre 14°C dans la grotte ! Deux kilomètres et trois heures plus tard, ils étaient presque heureux de retrouver la chaleur et de se jeter à l’eau dans la Cèze, même si « c’était une super grotte, très jolie et plus facile que la première ». Avec plus de 12 heures de retard sur le premier et près de 8 heures sur le deuxième au classement général, leur objectif sur les deux dernières étapes est de conserver leur troisième place – le 4e accuse 3h30 de retard. « On assure, il faut éviter de se faire mal » poursuit Frédéric. Mais ils restent des compétiteurs dans l’âme et sont entrés et sortis en deuxième position de la grotte. Tout reste possible…

Quatrième du classement « aventure » après 4 étapes, l’équipe Ch’ti 26-VALMO RAID PINK TEAM-DÉCATHLON SEQUEDIN n’est pas venue pour la compétition mais pour découvrir un raid longue durée et des disciplines qu’ils pratiquent peu dans le Nord, comme la spéléologie ou le canyoning. Ils sont architectes, éducateur ou prof de sport. Leur budget est riquiqui comparé aux grosses équipes. Dans Lille, ils ont organisé des rallyes touristiques pour faire vivre aux gens leurs aventures et financer un peu leur projet – ça a payé les cartes IGN ! Seul Heidy Leroy, la femme de Maxime, n’avait jamais fait le moindre raid. « Cela me plaît bien, mais je ne suis pas sûre d’en refaire un autre » avoue-t-elle avec son joli sourire. Bien qu’ayant déjà gagné des raids dans leur région, ils sont conscients de leur niveau et se sont tout de suite positionnés en catégorie « aventure ». « On a étudié le road book avant le départ et on s’est assez vite rendu compte où était notre niveau et qu’en “aventure“, on s’amuserait plus » précise Axel Ricquebourg. Une sage décision qui leur a permis de dormir toutes les nuits et de conserver une certaine fraîcheur physique comparée à d’autres équipes, notamment grâce « au formidable travail » de leurs deux assistants, Hélène et Patrick. « Certains rigolaient au départ lorsqu’on disait qu’on voulait courir en “aventure“, se souvient Thomas Bartos. Aujourd’hui, ils se sont cramés et ont abandonné ou sont avec nous en “aventure“… » Comme pour beaucoup, ils espèrent surtout terminer ce Raid CanéO Nature, peu importe le classement – ils sont actuellement 4e en « aventure ». Du coup, des affinités se créent avec d’autres équipes, notamment la 27-BAYER-VET AVENTURE TEAM. « Nous sommes les deux plus jeunes équipes et avons les mêmes kayaks bien lourds, ça crée des liens. » Et de sacrés souvenirs…
COMMUNIQUÉ FINAL

Jeudi, 7 août 2008

Première à passer la ligne d’arrivée de la sixième et ultime étape – une boucle kayak en rade de Marseille autour des îles du Frioul – l’équipe n° 29 WILSA HELLY HANSEN se classe également première dans la catégorie « extrême ». Elle est ainsi la première à remporter le premier Raid CanéO Nature de l’histoire.

En 5 jours, 3 heures et 37 minutes, Karine BAILLET et ses coéquipiers, Sébastien SXAY, Franck SALGUES et Marcel HAGENER ont parcouru 1112 km, de Versailles à Marseille, le plus long raid jamais organisé en France, une France profonde, méconnue voire inconnue, que les 132 athlètes ont découverte, émerveillés, au fil des onze jours de compétition.

Derrière le leader, la 9 COLUMBIA LOZÈRE SPORT NATURE emmenée par Benjamin MONIER , prend une belle deuxième place à près de 3 heures du vainqueur. Au total six équipes, dont une britannique, se retrouvent dans le classement « extrême ».

La première équipe « raider » est la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 qui boucle son parcours en 5 jours, 12 heures et 11 minutes. Elle se compose de Jean-Marc et Lucie MARION, père et fille, de Laurent LESTARQUIT et Charles LOUBSENS. À 8 heures, la deuxième dans ce classement est la 11 OAHU drivée par Christine LAMOUCHE. Six autres équipes se classent en « raider ». À noter que la 23 FOUS DE BASSIN TDR BX, septième des « raider », a passé l’ultime ligne d’arrivée juste derrière le vainqueur de l’épreuve.

Six équipes – dont celle de Liège – constituent la catégorie « aventure » où la 33 PETIT CASINO (Wilfrid GROSSOEUVRE, Claire LAGACHE, Jean-François VALLEIX, Frédéric COSSON) prend une première place qui lui fut longtemps disputée par la 22 SPORT OUTDOOR.COM. Moins de deux heures séparent ces deux formations.

Une équipe n’a pas pris le départ. Deux autres ont abandonné en cours de route. Onze équipes hors classement – effectifs réduits ou parcours incomplets – ont rallié Marseille aujourd’hui après avoir suivi soit le parcours « raider » soit le parcours « aventure ».

Le prochain Raid CanéO Nature qui aura lieu dans un an pourrait se courir toujours en France, d’est en ouest cette fois.

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